dimanche 8 février 2026

La hanche de Jacob

 

"Voyant qu'il ne pouvait le vaincre, cet homme le frappa à l'emboîture de la hanche; et l'emboîture de la hanche de Jacob se démit pendant qu'il luttait avec lui" (Genèse 32:25).

Quelqu'un a demandé: "Que vient faire la hanche de Jacob en toute cette affaire?"  

Une partie de sa vie, Jacob s'est battu par ses propres forces. Déjà, à la naissance d'Esaü, il est dit que "sa main tenait le talon d'Esaü" (Genèse 25:26); ensuite, avec ruse, il lui ravit son droit d'ainesse, ainsi que la bénédiction liée à ce droit d'ainesse (Genèse 27: 18-29). Plus tard, il usa de nouveau de ruse envers son beau-père, Laban (Genèse 30:32-43) et il s'enrichi considérablement à ses dépends. 

Jacob était jusque là le type même de celui qui croit en Dieu, mais qui n'a pas encore fait mourir sa chair. Tant qu'elle n'a pas été crucifiée avec Christ à la croix, nous verrons ce type d'actions dans la vie du croyant. Nous pourrions dire que c'est une confiance en soi qui est un peu trop développée, et elle nuit à la confiance que nous sommes sensés placer en Dieu. En effet, lorsque, en nous nous appuyant sur nos propres forces, sur nos propres idées, sans en référer à Dieu, et que tout semble aller à merveille, il n'est nul besoin d'avoir une grande foi! 

Lorsque les épreuves et les vents contraires de la vie nous accablent, c'est là que, peu à peu, nous apprenons à délaisser le surplus de confiance que nous avons en nous-mêmes et que nous commençons à nous en remettre à Dieu. 

C'est un peu ce que nous voyons ici avec Jacob. Alors qu'il revient dans son pays, il sait qu'il devra affronter son frère Esaü, et il a peur. Il ne sait pas si Esaü veut encore le faire mourir. Il dit à Dieu : "Délivre-moi, je te prie, de la main de mon frère, de la main d'Esaü ! Car je crains qu'il ne vienne, et qu'il ne me frappe, avec la mère et les enfants" (Genèse 32:11). Encore une fois, Dieu, dans Son grand amour, place Jacob dans une situation où il doit apprendre à se dépouiller de lui-même afin de Lui laisser plus de place dans sa vie. 

Nous vivons dans une génération où nous n'acceptons plus le moindre contre-temps. La moindre contradiction dans nos vie est vue comme une plaie envoyée par l'enfer, alors que, bien souvent, Dieu les utilisent pour nous transformer, pour nous épurer, pour nous apprendre à nous dépouiller de nous-mêmes. Ce n'est pas que Dieu soit l'auteur du mal, mais Il tourne le mal en bien; ce que l'ennemi aurait voulu pour notre destruction, Dieu l'utilise pour nous reconstruire afin que nous devenions peu à peu comme Il le souhaite. 

À ce moment de sa vie, Jacob se retrouve devant un problème qu'il a lui-même créé dans le passé, à cause de sa ruse envers son frère. Après avoir prié Dieu de le délivrer de la main de son frère, il ajoute, au verset 12 : "Et toi, tu as dit: Je te ferai du bien, et je rendrai ta postérité comme le sable de la mer, si abondant qu'on ne saurait le compter."

Il fait bien. Il se rappelle les promesses de Dieu, et c'est une bonne manière de prier. C'est comme s'il disait: "Dieu, Tu as promis que ma postérité soit innombrable, et pourtant, voit où j'en suis; peut-être mon frère va t'il exterminer tous ceux qui sont avec moi. Souviens-Toi de Tes promesses, ô Dieu, et délivre-moi".

Au verset 14, il commence à se dépouiller. Des animaux en grand nombres ; il les envoie vers Esaü par ses serviteurs, il fait passer femmes et enfants devant lui, et lui-même passe la nuit à cet endroit. Seul. Comme s'il était paralysé par la peur; mais ce qui semble une faiblesse va devenir sa force.

Il est dit au verset 24 qu'alors, "un homme lutta avec lui jusqu'au lever de l'aurore". Même si, au cours de cette nuit, il s'était déjà beaucoup dépouillé de bien matériels, Jacob était encore à ce moment-là "au sommet de sa force". Nous l'apprenons par Osée 12:3, où il est dit que, "dans sa vigueur, il lutta avec Dieu". Mais il comprenait tout de même que la bataille contre son passé ne pouvait être gagnée par ses propres forces. Il devait prier. Il lutta, c'est à dire qu'il pria avec ardeur "jusqu'au lever de l'aurore". Genèse 32:24 dit qu'il lutta avec un homme, tandis que Osée 12:4 dit qu'il lutta avec un ange. Les deux concordent. Il lutta littéralement en prière avec Jésus-Christ, qui allait être, dans la suite des temps, à la fois corps et Esprit. 

Les anges qui vinrent à Sodome avaient une apparence humaine; Abraham nourrit aussi les anges de l'Éternel en Genèse 18. Il n'y a donc rien d'étonnant à cette "vision" de Jacob lors de sa prière suppliante à Dieu. En effet, Osée 12:4 dit encore "qu'il pleura et lui adressa des supplications". Il est dit au verset 25 que, "voyant qu'il ne pouvait le vaincre, cet homme le frappa à l'emboîture de la hanche; et l'emboîture de la hanche de Jacob se démit pendant qu'il luttait avec lui".

Il frappa Jacob dans sa vigueur, dans la force qu'il croyait avoir. Un homme ne peut pas marcher efficacement avec la hanche déboîtée; il doit prendre appui sur quelqu'un ou quelque chose. Et ici, Jacob (après s'être dépouillé de ses biens matériels en les envoyant vers son frère) apprend à se dépouiller de la confiance qu'il pouvait avoir en lui-même pour la placer en Dieu seul. Nous l'avons vu, Osée dit "qu'il pleura et supplia" l'homme avec qui il luttait. Jacob était engagé dans une bataille spirituelle, et il persévéra dans la prière jusqu'à recevoir une réponse à ses supplications. 

Il ne s'accroche plus à lui même ou à des ruses. Il voit maintenant où cela l'a conduit. Au verset 26, l'homme (ou l'ange) lui dit: "Laisse-moi aller, car l'aurore se lève. Et Jacob répondit: Je ne te laisserai point aller, que tu ne m'aies béni". Maintenant, celui qu'il "combattait" est son soutien. Osée dit qu'il fût vainqueur, et il le fût en ce qu'il s'est finalement rendu à Dieu, reconnaissant qu'il ne pouvait rien sans Lui. 

Comme Jacob, nous devons reconnaître, lorsque nous nous approchons de Dieu, qu'Il détient tout pouvoir et qu'Il fera selon Sa volonté. Il a un plan, et il est souvent au-delà de notre compréhension. Nous devons apprendre malgré nos doutes et nos questionnements qu'à la fin, "tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu" (Romains 8:28). Cela ne signifie évidemment pas de ne plus prier, soit disant parce que, "de toute manière, Dieu va faire ce qu'Il veut".

Ce n'est pas ce que Jacob nous montre au verset 26. "Jacob répondit: Je ne te laisserai point aller, que tu ne m'aies béni". Il persévère encore plus, car il croit maintenant qu'il n'a aucune puissance en lui-même. Il doit donc regarder à plus grand que lui pour obtenir le secours dont il a besoin. Et le verset 29 dit "qu'il le bénit là". Mais Osée 12:4 nous dit bien que Jacob pria "avec des larmes et des supplications". Lorsque nous pensons à ce type de supplication, nous ne pouvons faire autrement que de penser à Jésus, qui, "ayant présenté avec de grands cris et avec larmes des prières et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort, et ayant été exaucé à cause de sa piété " (Hébreux 5:7). 

C'est incroyable! Est-ce que le Christ, au moment de cette supplication, était faible? Non! Si cela avait été possible, Il n'aurait jamais été aussi fort! Il priait avec insistance, et en cela, il accomplissait Son propre enseignement, lorsqu'Il dit en Matthieu 11:12 : "Depuis le temps de Jean-Baptiste jusqu'à présent, le royaume des cieux est forcé, et ce sont les violents qui s'en emparent."

Jacob a forcé en quelque sorte la main de Dieu, avec sa prière et sa supplication fervente, et il a été béni. Ainsi, Jésus, avant le Calvaire, dans Ses cris et Ses larmes, reçu l'exaucement de Sa prière. Non, Il n'a pas été épargné de la croix, et de la même manière, nous ne serons pas toujours épargnés par les épreuves et les tribulations, mais Il a été soutenu et fortifié malgré Son épreuve, Il est ressuscité, Il a été exalté et Il a été réuni avec le Père après avoir accompli Sa volonté. Il a obtenu la victoire sur la mort, non seulement pour Lui-même, mais pour nous qui croyons en Lui.   

La hanche de Jacob qui se démit, c'est l'homme qui perd tout appui qu'il pensait avoir en lui-même ou en ce monde, et qu'il ne lui reste plus que le Seigneur comme véritable appui. Quelqu'un a déjà dit : "La chrétienté, c'est une béquille pour les faibles". La réponse est: "Bien sûr, et Dieu est la meilleure des béquilles pour tous ceux qui savent qu'ils sont perdus et qu'ils ont besoin d'un Sauveur".

Jacob se voyait perdu, corporellement et matériellement, avec tous ceux qu'il aimait; nous nous reconnaissons perdus, non seulement dans les choses de ce monde, mais aussi spirituellement, et nous avons besoin d'un Sauveur, et Il est là, prêt à recevoir tous ceux qui, comme Jacob, cessent de lutter avec leurs propres armes et qui prennent appui sur Lui pour obtenir sagesse et secours en toutes circonstances. 

Éternel, mon rocher, ma forteresse, mon libérateur! Mon Dieu, mon rocher, où je trouve un abri! Mon bouclier, la force qui me sauve, ma haute retraite! Je m'écrie: Loué soit l'Éternel! Et je suis délivré de mes ennemis. Les liens de la mort m'avaient environné, et les torrents de la destruction m'avaient épouvanté; les liens du sépulcre m'avaient entouré, les filets de la mort m'avaient surpris. Dans ma détresse, j'ai invoqué l'Éternel, J'ai crié à mon Dieu; de son palais, il a entendu ma voix, et mon cri est parvenu devant lui à ses oreilles (Psaume 18:2-6).

Que toute la gloire soit rendue à Dieu seul, Amen.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire