"Pendant qu'ils mangeaient, il dit: Je vous le dis en vérité, l'un de vous me livrera. Ils furent profondément attristés, et chacun se mit à lui dire: Est-ce moi, Seigneur?" (Matthieu 26:21-22).
"L'un de vous me livrera". Les disciples se regardent, attristés par la condition de leur propre cœur, et un après l'autre, posent la question à Jésus: "Est-ce moi"? Il semble que tous se sentirent visé par cette affirmation de Jésus. Tous sauf un: Judas, celui qui allait réellement le trahir. Matthieu 26:25 nous dit que, après eux tous, Judas prit la parole et dit: "Est-ce moi, Rabbi"?
Cela ne ressemble-t-il pas à nos services, où certains chrétiens sont plus occupés à se demander si le pasteur parle d'un tel péché à cause d'un frère ou d'une sœur de l'église, plutôt que de regarder leur propre cœur? Pourquoi ne prendrions-nous pas exemple sur les disciples, qui, tout attachés qu'ils étaient à Jésus, savaient qu'il avaient cette méchanceté attachée au fond de leur cœur qui pouvait les livrer à toutes sortes de mal?
Prenons garde à cet orgueil, cette enflure de l'âme qui ronge et qui détruit de l'intérieur! Il rend la personne incapable de se voir telle qu'elle est; loin de reconnaître ses propres vices, comme Judas, elle ne cherche même pas à examiner sa propre conduite pour savoir si son cœur est en règle avec Dieu. Il a vu ce que nous croyons être les onze autres disciples être soudains remplis d'inquiétude, se sachants capables d'accomplir une chose aussi abominable, mais ne voulant pas le faire. Dans son propre cœur? Rien de tel. Il s'était habitué à ses vices et il les aimait. Les intentions étaient là, mais il n'en éprouvait aucun chagrin.
Quel triste condition que celle du chrétien qui a apprivoisé ses péchés et qui n'en éprouve plus aucune honte devant le Seigneur! Comme les onze, Judas avait été avec Jésus, il avait mangé avec Lui, marché avec Lui, il s'était assis à ses pieds pour écouter Ses enseignements, mais nous le voyons ici, sur le point de livrer le Juste, commettant l'acte le plus abominable jamais commit par l'homme, livrant l'homme-Dieu Jésus-Christ, innocent et parfait, au courroux d'hommes méchants et sans scrupules, et pourtant, l'Écriture nous montre qu'il n'en éprouve aucun chagrin.
"Judas, qui le livrait, prit la parole et dit: Est-ce moi, Rabbi? Jésus lui répondit: Tu l'as dit" (Matthieu 26:25). Le cœur froid, dur comme le roc. Il sait que c'est lui, et pendant que tous les autres disciples se morfondent, lui se tait. Il n'est plus capable de voir le bien et le mal; le péché et la sainteté. Il ne pense qu'à ce qui peut lui rapporter quelque chose. Tant que Jésus attirait les foules, il aimait bien être en Sa présence. Il l'a vu prouver à maintes reprises qu'Il était Fils de Dieu, mais cela ne l'intéressait pas. "Que peut me rapporter le fait de me tenir avec Jésus?" Et, quand Jésus a commencé à parler de Sa mort, il a encore pensé: "Qu'est-ce que sa mort pourrait me rapporter?"
Nous voyons cette même attitude aujourd'hui, alors que plusieurs faux pasteurs ne sont pas là pour prêcher l'Évangile, mais pour tirer un gain personnel de la parole de Dieu. Ils entraînent à leur suite beaucoup de pauvres gens qui suivent aussi le Christ pour recevoir quelque chose en retour. Glorifier Dieu? Dans la soumission à Sa sainte volonté? Quel concept désuet et arriéré! Le dieu de ce siècle en est un au service de l'homme, et non l'inverse!
Que peuvent faire de telles personnes? Comment revenir à Dieu avant qu'il ne soit trop tard?
L'exemple des disciples et de Judas dans ce passage nous montre quelques clés.
Premièrement, nous avons l'exemple à ne pas suivre: celui de Judas. Il n'étudie pas son cœur, il ne le soumet pas à Dieu. Il ne demande rien au Christ, sauf quand, peut-être, la Bible ne nous le dit pas, mais c'est probable, le regard des onze se tourne vers lui, qui n'a toujours pas dit un mot. Ils le regardent, non pas pour le juger, mais parce qu'il est le seul à n'avoir encore rien dit. Alors il dit, plus pour l'approbation des hommes que pour être rassuré par le Christ: "Est-ce moi, Rabbi?"
Jésus n'est pas son Seigneur, il n'est qu'un maître. Un bon maître, certes, mais pas le Seigneur de sa vie. Nous voyons, par la formulation même de sa question, la distance dans son cœur entre lui et le Christ, contrairement aux autres disciples. "Est-ce moi, Rabbi?" "Dis, ta mort me rapportera bien quelque chose, n'est-ce pas, Rabbi?" Froid comme la mort. Aucune humilité. Aucun désir de plaire à Dieu. Aucune tristesse de déplaire à Dieu. Il ne pensait qu'à lui. Il avait oublié que c'est la piété qui est un gain, et non pas ce que peut lui rapporter une fausse piété. Ne faisons pas cette erreur, au risque de le regretter amèrement.
Car nous avons aussi l'exemple des vrais disciples, qui, malgré leurs défauts, étaient prêts à se reconnaître tel que le Seigneur les voyait. Non seulement ils n'ont pas été de ceux qui étaient prêts à se réjouir de la faute d'un frère pour pouvoir le répéter à plus de gens possible, mais ils aimaient sincèrement le Christ, et ne voulaient pas le décevoir. Il faut de l'humilité pour être prêt à se voir tel que nous sommes, sans chercher à couvrir la réalité de notre petitesse, d'où leur question au Seigneur, presque un cri du cœur : "Est-ce moi, Seigneur?" "Je sais que je suis faible, je sais que je suis pécheur, et je ne voudrais pas faire une telle chose, mais qui sait? Toi, tu sais tout, Seigneur, s'il te plaît, ne me dit pas que c'est moi?"
Nous ne savons pas où l'ennemi peut nous tenter, c'est pourquoi, ne marchons pas avec présomption! Demeurons petits à nos propres yeux, examinons notre conduite à la lumière de la parole de Dieu. C'est ce que nous dit Paul en 2 Corinthiens 13:5 : "Examinez-vous vous mêmes, pour savoir si vous êtes dans la foi; éprouvez-vous vous-mêmes." Dieu, parla bouche de Ses prophètes, l'a souvent répété. Par Jérémie : "Recherchons nos voies et sondons"; par Aggée : "Ainsi parle maintenant l'Eternel des armées: considérez attentivement vos voies!"
Ainsi, nous voyons le Christ placer Ses disciples dans une situation où ils ont à sonder leur cœur, comme le dit les Écritures, et ils y voient la corruption, le manque de foi, etc, et cela les effraie.
Quelle attitude exemplaire les disciples ont eu ici! C'est là la marque du vrai chrétien, celui qui marche avec humilité, ne voulant être un objet de chute pour personne, et encore moins faire du tord au beau nom de Jésus-Christ! Il est toujours prêt et disposé à étudier son propre cœur, à savoir s'il ne tolère pas quelque chose dans sa vie qui ne glorifierait pas Dieu et qui attristerait le Saint-Esprit. "Est-ce moi"? demande-t-il dans ses prières. "Sonde-moi, ô Dieu, et connais mon cœur! Éprouve-moi, et connais mes pensées! Regarde si je suis sur une mauvaise voie, et conduis-moi sur la voie de l'éternité! (Psaume 139:23-24).
Dieu voit chacun de nos cœurs, Il sait si nous sommes prêts à reconnaître un péché s'Il nous le montre, ou si, comme Judas, nous sommes de ceux qui demeurons indifférents à Son appel d'examiner notre conduite, à savoir si nous sommes réellement sur la voie du salut. Qui sait, peut-être est-ce, come Judas, un appel de la dernière chance? Cela ne suffit pas de prétendre connaître le Christ, encore faut-il réellement marcher avec Lui de manière à honorer Son nom!
Que toute la gloire soit rendue à Dieu seul, Amen.
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