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dimanche 21 juin 2026

Est-ce moi?

 

"Pendant qu'ils mangeaient, il dit: Je vous le dis en vérité, l'un de vous me livrera. Ils furent profondément attristés, et chacun se mit à lui dire: Est-ce moi, Seigneur?" (Matthieu 26:21-22).

"L'un de vous me livrera". Les disciples se regardent, attristés par la condition de leur propre cœur, et un après l'autre, posent la question à Jésus: "Est-ce moi"? Il semble que tous se sentirent visé par cette affirmation de Jésus. Tous sauf un: Judas, celui qui allait réellement le trahir. Matthieu 26:25 nous dit que, après eux tous, Judas prit la parole et dit: "Est-ce moi, Rabbi"?

Cela ne ressemble-t-il pas à nos services, où certains chrétiens sont plus occupés à se demander si le pasteur parle d'un tel péché à cause d'un frère ou d'une sœur de l'église, plutôt que de regarder leur propre cœur? Pourquoi ne prendrions-nous pas exemple sur les disciples, qui, tout attachés qu'ils étaient à Jésus, savaient qu'il avaient cette méchanceté attachée au fond de leur cœur qui pouvait les livrer à toutes sortes de mal?

Prenons garde à cet orgueil, cette enflure de l'âme qui ronge et qui détruit de l'intérieur! Il rend la personne incapable de se voir telle qu'elle est; loin de reconnaître ses propres vices, comme Judas, elle ne cherche même pas à examiner sa propre conduite pour savoir si son cœur est en règle avec Dieu. Il a vu ce que nous croyons être les onze autres disciples être soudains remplis d'inquiétude, se sachants capables d'accomplir une chose aussi abominable, mais ne voulant pas le faire. Dans son propre cœur? Rien de tel. Il s'était habitué à ses vices et il les aimait. Les intentions étaient là, mais il n'en éprouvait aucun chagrin. 

Quel triste condition que celle du chrétien qui a apprivoisé ses péchés et qui n'en éprouve plus aucune honte devant le Seigneur! Comme les onze, Judas avait été avec Jésus, il avait mangé avec Lui, marché avec Lui, il s'était assis à ses pieds pour écouter Ses enseignements, mais nous le voyons ici, sur le point de livrer le Juste, commettant l'acte le plus abominable jamais commit par l'homme, livrant l'homme-Dieu Jésus-Christ, innocent et parfait, au courroux d'hommes méchants et sans scrupules, et pourtant, l'Écriture nous montre qu'il n'en éprouve aucun chagrin.

"Judas, qui le livrait, prit la parole et dit: Est-ce moi, Rabbi? Jésus lui répondit: Tu l'as dit" (Matthieu 26:25). Le cœur froid, dur comme le roc. Il sait que c'est lui, et pendant que tous les autres disciples se morfondent, lui se tait. Il n'est plus capable de voir le bien et le mal; le péché et la sainteté. Il ne pense qu'à ce qui peut lui rapporter quelque chose. Tant que Jésus attirait les foules, il aimait bien être en Sa présence. Il l'a vu prouver à maintes reprises qu'Il était Fils de Dieu, mais cela ne l'intéressait pas. "Que peut me rapporter le fait de me tenir avec Jésus?" Et, quand Jésus a commencé à parler de Sa mort, il a encore pensé: "Qu'est-ce que sa mort pourrait me rapporter?"

Nous voyons cette même attitude aujourd'hui, alors que plusieurs faux pasteurs ne sont pas là pour prêcher l'Évangile, mais pour tirer un gain personnel de la parole de Dieu. Ils entraînent à leur suite beaucoup de pauvres gens qui suivent aussi le Christ pour recevoir quelque chose en retour. Glorifier Dieu? Dans la soumission à Sa sainte volonté? Quel concept désuet et arriéré! Le dieu de ce siècle en est un au service de l'homme, et non l'inverse!

Que peuvent faire de telles personnes? Comment revenir à Dieu avant qu'il ne soit trop tard?

L'exemple des disciples et de Judas dans ce passage nous montre quelques clés. 

Premièrement, nous avons l'exemple à ne pas suivre: celui de Judas. Il n'étudie pas son cœur, il ne le soumet pas à Dieu. Il ne demande rien au Christ, sauf quand, peut-être, la Bible ne nous le dit pas, mais c'est probable, le regard des onze se tourne vers lui, qui n'a toujours pas dit un mot. Ils le regardent, non pas pour le juger, mais parce qu'il est le seul à n'avoir encore rien dit. Alors il dit, plus pour l'approbation des hommes que pour être rassuré par le Christ: "Est-ce moi, Rabbi?"

Jésus n'est pas son Seigneur, il n'est qu'un maître. Un bon maître, certes, mais pas le Seigneur de sa vie. Nous voyons, par la formulation même de sa question, la distance dans son cœur entre lui et le Christ, contrairement aux autres disciples. "Est-ce moi, Rabbi?" "Dis, ta mort me rapportera bien quelque chose, n'est-ce pas, Rabbi?" Froid comme la mort. Aucune humilité. Aucun désir de plaire à Dieu. Aucune tristesse de déplaire à Dieu. Il ne pensait qu'à lui. Il avait oublié que c'est la piété qui est un gain, et non pas ce que peut lui rapporter une fausse piété. Ne faisons pas cette erreur, au risque de le regretter amèrement.       

Car nous avons aussi l'exemple des vrais disciples, qui, malgré leurs défauts, étaient prêts à se reconnaître tel que le Seigneur les voyait. Non seulement ils n'ont pas été de ceux qui étaient prêts à se réjouir de la faute d'un frère pour pouvoir le répéter à plus de gens possible, mais ils aimaient sincèrement le Christ, et ne voulaient pas le décevoir. Il faut de l'humilité pour être prêt à se voir tel que nous sommes, sans chercher à couvrir la réalité de notre petitesse, d'où leur question au Seigneur, presque un cri du cœur : "Est-ce moi, Seigneur?" "Je sais que je suis faible, je sais que je suis pécheur, et je ne voudrais pas faire une telle chose, mais qui sait? Toi, tu sais tout, Seigneur, s'il te plaît, ne me dit pas que c'est moi?" 

Nous ne savons pas où l'ennemi peut nous tenter, c'est pourquoi, ne marchons pas avec présomption! Demeurons petits à nos propres yeux, examinons notre conduite à la lumière de la parole de Dieu. C'est ce que nous dit Paul en 2 Corinthiens 13:5 : "Examinez-vous vous mêmes, pour savoir si vous êtes dans la foi; éprouvez-vous vous-mêmes." Dieu, parla bouche de Ses prophètes, l'a souvent répété. Par Jérémie : "Recherchons nos voies et sondons"; par Aggée : "Ainsi parle maintenant l'Eternel des armées: considérez attentivement vos voies!" 

Ainsi, nous voyons le Christ placer Ses disciples dans une situation où ils ont à sonder leur cœur, comme le dit les Écritures, et ils y voient la corruption, le manque de foi, etc, et cela les effraie.

Quelle attitude exemplaire les disciples ont eu ici! C'est là la marque du vrai chrétien, celui qui marche avec humilité, ne voulant être un objet de chute pour personne, et encore moins faire du tord au beau nom de Jésus-Christ! Il est toujours prêt et disposé à étudier son propre cœur, à savoir s'il ne tolère pas quelque chose dans sa vie qui ne glorifierait pas Dieu et qui attristerait le Saint-Esprit. "Est-ce moi"? demande-t-il dans ses prières. "Sonde-moi, ô Dieu, et connais mon cœur! Éprouve-moi, et connais mes pensées! Regarde si je suis sur une mauvaise voie, et conduis-moi sur la voie de l'éternité! (Psaume 139:23-24).

Dieu voit chacun de nos cœurs, Il sait si nous sommes prêts à reconnaître un péché s'Il nous le montre, ou si, comme Judas, nous sommes de ceux qui demeurons indifférents à Son appel d'examiner notre conduite, à savoir si nous sommes réellement sur la voie du salut. Qui sait, peut-être est-ce, come Judas, un appel de la dernière chance? Cela ne suffit pas de prétendre connaître le Christ, encore faut-il réellement marcher avec Lui de manière à honorer Son nom!

Que toute la gloire soit rendue à Dieu seul, Amen.

dimanche 10 mai 2026

Le chrétien en armure complète, par William Gurnall, 50e partie

 

Les différentes pièces de l'armure complète de Dieu.

Première pièce : la ceinture spirituelle du chrétien.

"Ayez à vos reins la vérité pour ceinture" (Éphésiens 6:14). L’apôtre ayant indiqué aux Éphésiens, et par extension à chaque chrétien, la posture à adopter face à l’ennemi, il en vient maintenant à détailler les différentes pièces de cette armure, dont il ne leur avait auparavant parlé que dans son ensemble. La première est la ceinture de vérité : "Avoir la vérité ceinte à vos reins". Une double question s’impose ici : premièrement, que signifie pour lui la vérité ? Deuxièmement, que signifie "avoir les reins ceints de vérité" ?

Première question. Qu’est-ce que la vérité ici ? Certains l’entendent comme le Christ, qui est d’ailleurs appelé ailleurs "la vérité". 

Pourtant, à mon avis, ce passage n'est pas correctement compris, car l'apôtre y cite plusieurs pièces d'armure, distinctes les unes des autres. Or, on ne saurait dire que le Christ soit une pièce unique servant à défendre telle ou telle partie, mais plutôt le tout en qui nous sommes complets. C'est pourquoi, en Romains 13:14, on compare le Christ à l'armure complète : "Revêtez-vous du Seigneur Jésus", c'est-à-dire, revêtez-vous du Christ comme un soldat porte son armure complète. Certains entendent par vérité la vérité de la doctrine ; d'autres, la vérité du cœur, la sincérité. 

Ceux qui, à mon avis, englobent les deux aspects sont justes ; c'est ainsi que je procéderai. En effet, les deux sont nécessaires pour que la ceinture soit complète. L'un ne saurait se passer de l'autre. Il est possible de trouver de bonnes intentions et une certaine sincérité sans, voire contre, la vérité. Nombreux sont ceux qui suivent l'erreur comme Absalom, dans la simplicité de leur cœur. De tels individus font le mal malgré leurs bonnes intentions. Les bonnes intentions ne rendent pas plus une action bonne qu'une cible bien visée ne rend un tir précis à un archer maladroit. Dieu n'appréciait pas le zèle de Saul lorsqu'il persécutait l'Église chrétienne, bien qu'il pensât, sans aucun doute, lui rendre service.

Il ne suffit pas d'avoir la vérité de notre côté si nous ne l'avons pas dans nos cœurs. Jéhu était farouchement opposé à l'idolâtrie, mais son hypocrisie l'a complètement discrédité. Les deux sont donc nécessaires : la sincérité pour poursuivre un but juste, et la connaissance de la parole de vérité pour nous guider sur le bon chemin vers ce but.

Deuxième question. Que signifie ici l'expression "Avoir la ceinture de vérité" ?

Les reins doivent être comme la ceinture. Il s'agit d'une dimension spirituelle, et par conséquent, il en va de même. Pierre nous aidera à interpréter Paul : "Ceignez les reins de votre esprit" (1 Pierre 1:13). Ce sont nos esprits et nos pensées qui doivent porter cette ceinture, et il est tout à fait approprié de les comparer aux reins. Les reins sont le siège principal de la force corporelle. À propos du béhémoth, il est dit : "Sa force réside dans ses reins" (Job 40:16).

Les reins sont au corps ce que la quille est au navire. Le navire tout entier y est attaché et soutenu par elle. De même, le corps est attaché aux reins ; si les reins faiblissent, le corps tout entier coule. C'est pourquoi l'expression "frapper les reins" signifie destruction et ruine (Deutéronome 33:11) : des reins faibles et un homme faible. Au moindre signe de fatigue, la nature nous incite à nous appuyer sur nos reins pour les soutenir, car ils constituent notre principale force. Ainsi, selon les facultés et les pouvoirs de notre esprit et de notre âme, nous sommes des chrétiens forts ou faibles.

Si l'entendement est clair dans sa compréhension de la vérité, et la volonté sincère, vigoureuse et résolue dans ses desseins pour ce qui est saint et bon, alors il est un chrétien fort ; mais si l'entendement est obscur ou incertain dans ses notions, comme un œil malade qui ne peut bien discerner son objet; incapable de mener ses pensées à une conclusion, et si la volonté est vacillante et instable, comme une aiguille qui tremble entre deux aimants, alors l'homme est faible, et tout ce qu'il fera le sera aussi.

Un esprit faible provoque un pouls erratique et irrégulier ; de même, le manque de force mentale pour connaître la vérité et le manque de résolution de la volonté pour poursuivre ce qu'il sait être saint et bon, font vaciller l'homme dans son cheminement. 

L'utilité de ces deux éléments, premièrement la vérité de la doctrine pour l'esprit, et deuxièmement la vérité du cœur ou la sincérité pour la volonté, est donc de les unir et de les consolider. Ils accomplissent cela lorsqu'ils sont enlacés autour de l'âme, comme la ceinture autour des reins. Bien que les reins soient la force du corps, ils ont besoin du soutien de la ceinture pour maintenir ces parties unies et consolider leur force ; sans cela, lorsque l'homme s'efforce de déployer ses forces dans une tâche, il ressent un tremblement et un relâchement dans ses reins. C'est pourquoi l'expression "chanceler des reins" (Psaume 69:23) exprime la faiblesse. De même, notre esprit et notre âme ont besoin de cette ceinture pour les fortifier dans tout ce que nous entreprenons, sans quoi nous n'agirons pas avec vigueur.

La vérité de la doctrine comme ceinture pour l'esprit.

Nous commencerons par la vérité de la doctrine, ou vérité de la Parole, appelée "la Parole de vérité" (Éphésiens 1.13), car elle est la Parole de Dieu, qui est le Dieu de vérité. Il incombe à tout chrétien d’être pleinement imprégné de cette vérité. "Résistez au diable", dit Pierre, "fermes dans la foi" (1 Pierre 5.9) ; c’est-à-dire dans la vérité; présentant ici comme l’objet de notre foi la vérité de Dieu, proclamée dans la doctrine de l’Évangile. C’est "la foi qui a été transmise une fois pour toutes aux saints" (Jude 3) ; c’est-à-dire la vérité qui leur a été transmise pour qu’ils y croient et la gardent fermement.

Quant à l'importance de demeurer fermes dans la foi, l'apôtre Pierre, au verset suivant du passage cité précédemment, le montre par sa prière fervente et ardente pour eux, demandant à Dieu de les "affermir, de les fortifier et de les rendre inébranlables". L'insistance de ces paroles souligne le grand danger qu'ils couraient d'être déstabilisés par Satan et ses instruments, et la nécessité pour eux de rester fermes et inébranlables dans la foi. Rien n'est plus fréquemment enseigné que cela dans les Épîtres ; et d'autant plus qu'en ces temps troublés, il était impossible de préserver leur foi sans ce rempart inébranlable. Or, de même que Satan poursuit un double dessein pour dépouiller les chrétiens de la vérité, il est doublement nécessaire de s'en imprégner.

Premièrement, Satan se présente comme un serpent sous les traits de faux enseignants, et par eux, il s'efforce de nous tromper et de nous duper en nous faisant passer l'erreur pour la vérité. Pour nous prémunir contre ce dessein, il est nécessaire que notre intelligence soit revêtue de la vérité, que notre jugement soit établi dans les vérités du Christ. Deuxièmement, Satan se présente parfois sous les traits d'un lion, incarné par des persécuteurs sanguinaires, et s'efforce d'effrayer les chrétiens et de les détourner de la vérité par le feu et la violence. Pour nous prémunir contre cela, nous devons être ceints de vérité, afin qu'avec une sainte résolution, nous puissions maintenir notre profession de foi face à la mort et au danger.

Commençons par le premier point. Le devoir du chrétien est de travailler à l’établissement d’un jugement fondé sur la vérité.

Puisque Satan vient comme un serpent sous les traits de faux enseignants, et qu'il s'efforce par eux de nous tromper et de nous faire passer l'erreur pour la vérité, il est nécessaire, pour nous prémunir contre ce dessein, que notre intelligence soit revêtue de vérité, que notre discernement soit fondé sur les vérités du Christ. Tout chrétien devrait s'attacher à acquérir un discernement solide dans la vérité. Les Béréens sont grandement loués pour l'étude qu'ils ont menée des Écritures afin de confirmer leurs jugements concernant la doctrine prêchée par Paul. Leur foi n'était pas aveugle, mais elle résultait d'un discernement mûrement réfléchi, après une recherche assidue, convaincus par les preuves scripturaires (Actes 17.11). Il est dit là "qu'ils examinaient chaque jour les Écritures pour voir si ce qu'on leur disait était vrai".

Ils transposèrent la doctrine du prédicateur dans les Écritures et la comparèrent à celles-ci ; et remarquez : "c’est pourquoi beaucoup d’entre eux crurent" (verset 12). Comme ils n’avaient pas cru auparavant, ils n’osaient pas ne pas croire maintenant. Je me souviens de Tertullien, parlant de certains hérétiques et de leur manière de prêcher : "Ils enseignent par la persuasion, et non par l’enseignement; ils persuadent, c’est-à-dire qu’ils courtisent et séduisent les cœurs de leurs auditeurs sans les convaincre du bien-fondé de leur prédication".

En effet, il serait difficile pour l’adultère de convaincre sa femme qu’il se prostitue, que cela est licite ; non, il procède autrement. D'abord, par quelques insinuations amoureuses, il séduit son cœur, et une fois ensorcelés, on ne s'interroge guère sur l'autre, car il est facile pour les sentiments de juger leur camp. Certes, l'erreur, tel un voleur, s'introduit par la fenêtre ; mais la vérité, comme le véritable maître des lieux, se plaît à entrer par la porte de l'entendement, pour ensuite gagner la conscience, et ainsi imprégner la volonté et les affections. Celui qui découvre la vérité et s'en réclame avant d'en avoir perçu l'excellence et la beauté céleste par son entendement, ne peut la considérer comme digne de sa naissance et de sa descendance divines.

C'est comme un prince voyageant déguisé : inconnu, donc non honoré. La vérité n'est aimée et chérie que par ceux qui la connaissent. Et ne pas désirer le connaître, c'est le mépriser, tout comme le connaître, c'est le rejeter. Il ne serait pas difficile, assurément, de tromper cet homme de vérité qui ignore ce qu'il possède. Vérité et erreur ne font qu'une pour l'ignorant, et l'erreur n'a que le nom de vérité.

Léa et Rachel étaient toutes deux semblables aux yeux de Jacob dans l'obscurité. En effet, il est dit : "Au matin, voici, c'était Léa" (Genèse 29:25). Ainsi, au matin, lorsque le jour se lève pour l'entendement, l'homme trompé verra qu'il a porté une fausse épouse dans son sein ; il s'écriera : "Voici, c'était une erreur que je prenais pour la vérité !"

Vous avez peut-être entendu parler de l'avare qui se serrait contre les nombreux sacs d'or qu'il possédait, sans jamais les ouvrir ni s'en servir. Lorsque le voleur lui prit son or et lui laissa ses sacs remplis de cailloux dans la pièce, il fut aussi heureux que lorsqu'il avait son or, car il ne regarda ni l'un ni l'autre. Et en vérité, l'ignorant n'est pas mieux loti avec la vérité qu'avec l'erreur. Pour lui, l'une et l'autre sont identiques, elle sont comme le jour et la nuit pour un aveugle.

Mais poursuivons et donnons quelques détails supplémentaires.

Pourquoi le chrétien devrait œuvrer pour un jugement établi dans la vérité.

Je me contenterai de trois raisons. La première tient à la nature pernicieuse des fausses doctrines ; la seconde à la subtilité des séducteurs qui cherchent à entraîner les gens dans de fausses doctrines ; et la troisième à l’influence universelle qu’un jugement établi exerce sur l’homme tout entier et sur la vie entière du chrétien.

Première raison: De par la nature pernicieuse des fausses doctrines, elles s'attaquent à la précieuse vie des âmes, ainsi que tout autre péché. Un mensonge dans la tête est souvent aussi mortel qu'un mensonge dans l'estomac. Un jugement corrompu sur les vérités fondamentales tue aussi sûrement qu'un cœur pourri. En effet, le récit se poursuit ainsi.

Les enfants de Jézabel sont menacés d'être "tués de mort" (Apocalypse 2:23). Et qui sont ces enfants, sinon ses disciples, qui boivent à la coupe de sa fornication et embrassent ses doctrines corrompues ? Mais certains n'y croient pas, eux qui, bien que très stricts dans leur vie et paraissant aussi tendres en matière de morale que Lot l'était avec ses hôtes, sont pourtant très laxistes dans leurs principes et leurs jugements, s'exposant, comme lui ses filles, à être souillés par toute doctrine corrompue qui se présente à leur porte.

Ils voudraient nous faire croire qu'ici, les hommes ne jouaient qu'à des broutilles et que leurs âmes n'étaient pas en jeu, comme pour d'autres péchés. Comme s'il n'y avait pas une telle question à se poser au grand jour : quelles opinions professons-nous ? Et si notre foi était saine ? En un mot, comme si les fausses doctrines n'étaient qu'une chose innocente, non pas comme la courge sauvage qui apporta la mort dans le chaudron des prophètes (2 Rois 4:39-40), transformant les aliments sains auxquels elle était mêlée en un poison mortel, mais plutôt comme l'herbe de John dans le chaudron, qui ne fait ni bien ni mal.

Certains affirment qu'un homme peut être sauvé dans n'importe quelle religion, pourvu qu'il suive sa lumière. Et ces hommes ne sont-ils pas charitables ? Parce qu'ils veulent limiter au maximum le nombre de damnés, ils créent autant de chemins vers le ciel que l'Écriture nous en indique de chemins vers l'enfer. Mais ceci est contraire à l'enseignement du Christ, qui ne nous parle d'aucun autre chemin vers la vie que par lui. "Je suis le chemin, la vérité et la vie" (Jean 14, 6). Ce qu'ils disent est en contradiction flagrante avec saint Jean, qui ne nous parle que d'une seule doctrine, celle du Christ, et que celui qui ne la suit pas est voué à la perdition. "Quiconque s'égare et ne demeure pas dans la doctrine du Christ n'a pas Dieu" (2 Jean 9, 10).

Et à quelle distance de l'enfer, je vous prie, se trouve l'homme qui n'a pas Dieu ? Celui qui n'a pas Dieu avant de mourir, le diable l'aura après sa mort. Eh bien, messieurs, le temps approche, oui, il se hâte, quelles que soient les faveurs et la bonté que les doctrines corrompues trouvent ici-bas de la part de l'homme, où l'hérétique obstiné recevra la même loi des mains du Christ que l'ivrogne impénitent. Vous les verrez tous deux sous la même condamnation, attachés ensemble pour l'enfer, Galates 5:20, 21 : "Je vous le dis maintenant", dit l'apôtre, "comme je vous l'ai déjà dit, ceux qui font de telles choses n'hériteront pas du royaume de Dieu."

Et voyez, je vous en prie, si vous ne trouvez pas le nom de l'hérétique parmi eux ? L'ignorance des principes fondamentaux est accablante, et l'erreur sur ces mêmes principes l'est encore davantage. Si une livre fait pencher la balance, il ne fait aucun doute qu'une pierre le fera aussi. Si le moindre péché précipite en enfer, comment pouvons-nous raisonnablement penser que le plus grave y échappera ? L'erreur est plus éloignée de la vérité, et même plus diamétralement opposée à elle, que l'ignorance. L'erreur est une ignorance fatale. Celui qui mange peu ou rien est voué à mourir, à plus forte raison celui qui ingère un poison!

L’apôtre ne se contente pas de nous parler de "voies pernicieuses" et "d’hérésies damnées", mais il nous dit qu’elles "entraînent une destruction rapide" pour ceux qui les suivent (2 Pierre 2:1-2). Remarquez l’importance qu’il accorde à la destruction causée par ces doctrines corrompues ; il la qualifie de "destruction rapide". Tous les fleuves finissent par se jeter dans la mer d’où ils prennent leur source, mais certains y retournent plus vite que d’autres. Si quelqu’un veut raccourcir son voyage vers l’enfer, qu’il se jette dans ce courant de doctrine corrompue, et il ne tardera pas à y passer.

Deuxième raison. Puisque les imposteurs sont si subtils, il incombe donc au chrétien d'établir et de fortifier son jugement dans les vérités du Christ. Ils forment une génération d'hommes habiles à détruire la foi d'autrui. Il existe dans le monde une forme de perversité savante, comme on l'appelle, une sorte de malice savante, dont certains ont besoin pour corrompre l'esprit des hommes. L'Esprit de Dieu les met en lumière, les comparant parfois à des marchands qui peuvent embellir leur marchandise contrefaite par de belles paroles ; on dit d'eux, dans 2 Pierre 2:3, qu'ils "font commerce d'âmes avec des paroles trompeuses" (2 Corinthiens 2:17), parfois, ils sont comparés à des colporteurs qui coupent leur vin avec de l'eau; parfois à des tricheurs qui ont l'habileté de truquer les dés (Éphésiens 4:14). D'autre fois, à des sorcières elles-mêmes : "Qui vous a ensorcelés ?" demande l'apôtre en Galates 3:1. Des choses étranges se sont produites de nos jours sur ceux que Dieu a permis qu'on leur jette des sorts ; et quel meilleur contre-sort qu'un jugement établi ?

Il est à noter qu'en 2 Timothée 3:8, l'apôtre compare les séducteurs de son époque aux magiciens Jannès et Jambrès qui s'opposèrent à Moïse, et montre quel genre de personnes étaient celles qui tombèrent dans leur piège; des personnes "toujours en train d'apprendre", mais qui ne parvinrent jamais "à la connaissance de la vérité" (verset 7); il s'adresse ensuite à Timothée en disant : "Mais toi, tu as pleinement connu ma doctrine" (verset 10). Comme s'il avait dit : "Je n'ai aucune crainte pour toi ; tu es bien ancré dans la doctrine de l'Évangile, tu n'en sera pas facilement dupé".

En effet, ceux que les séducteurs guettent sont surtout des personnes faibles et instables ; car, comme le dit Salomon : "C’est en vain que l’on tend le filet sous les yeux de l’oiseau" (Proverbes 1:17). Le diable a préféré s’en prendre à Ève plutôt qu’à Adam, car il la considérait comme la plus vulnérable ; et depuis lors, il agit de la même manière. Il s’efforce de se glisser là où la protection est la plus faible et la résistance la plus fragile.

On peut observer trois types de personnes parmi celles qui se laissent le plus souvent séduire. 1. On les appelle les "simples", eux qui sont séduits "par des paroles flatteuses et de beaux discours" Romains 16:18. Ils sont bien intentionnés, mais ils manquent de sagesse pour discerner ceux qui ont de mauvaises intentions. 2. On les appelle "enfants". "Ne soyez plus des enfants, ballottés à tout vent de doctrine", Éphésiens 4:14. 

Les enfants sont très crédules, enclins à croire quiconque leur adresse de belles paroles. Ils pensent que tout est bon, pourvu que ce soit agréable. Il n'est pas difficile de leur faire passer du poison pour du sucre. Ils ne sont pas guidés par leurs propres principes, mais par ceux des autres. L'enfant lit, interprète et analyse sa leçon au fur et à mesure que son maître le lui dicte, et la considère donc comme juste. Ainsi, pauvres créatures qui connaissent peu la parole elles-mêmes, elles se laissent facilement persuader d'une manière ou d'une autre, simplement parce que ceux qu'elles apprécient veulent bien les guider. Que la doctrine soit douce, elle passe sans effort.

Comme Isaac, ils bénissent leurs opinions par le sentiment, non par la vue. C’est pourquoi tant de pauvres créatures s’attribuent tant la joie qu’elles ont trouvée depuis qu’elles suivent tel ou tel jugement. Incapables d’éprouver le réconfort et la douceur que leur procure la vérité de leur voie selon la Parole, elles se contentent d’y croire par leur propre ressenti, et ainsi, pauvres créatures, elles bénissent l’erreur pour la vérité.

3. Ce sont des personnes "instables", "séduisant les âmes mal affermies" (instables), 2 Pierre 2:14, qui manquent de fondement et de principes. La vérité qu’elles professent n’a pas d’ancrage dans leur entendement, et elles sont ainsi à la merci du vent, bientôt à la dérive et emportées par le courant des opinions en vogue à l’époque et tant vantées, telles des poissons morts au gré des marées.

Troisième raison. Nous devons rechercher un jugement établi sur la vérité, en raison de son influence universelle sur l'être humain tout entier.

1. Sur la mémoire, grandement aidée par l'entendement. Plus on appuie sur le sceau, plus l'empreinte est profonde sur la cire. La mémoire est cette faculté qui porte les images des choses. Elle retient ce que nous recevons et constitue le trésor où nous accumulons ce que nous désirons utiliser et avec quoi nous voulons converser plus tard. Or, plus notre connaissance d'une chose est claire et certaine, plus elle s'enracine profondément et plus elle est solidement ancrée dans la mémoire.

2. Sur les affections. La vérité est comme la lumière : plus le miroir de l'entendement est stable et fixe, à travers lequel ses rayons se projettent sur les affections, plus vite celles-ci s'embrasent. "Nos cœurs ne brûlaient-ils pas au-dedans de nous", dirent les disciples, "tandis qu'il nous expliquait les Écritures ?" (Luc 24, 32). Ils avaient sans doute entendu le Christ prêcher une grande partie de ce qu'il disait alors, avant sa passion ; mais jamais ils n'avaient été aussi convaincus et affermis qu'à ce moment-là, lorsque les Écritures et l'entendement furent révélés ensemble, et que cela fit "brûler" leurs cœurs.

Le soleil, dans le firmament, étend son influence là où il ne répand pas ses rayons, c'est-à-dire dans les entrailles de la terre, mais le Soleil de justice n'exerce son influence que là où sa lumière pénètre. Il répand les rayons de la vérité dans l'entendement, pour l'éclairer ; et tandis que la créature repose sous ses ailes, une douce chaleur vivifiante naît en son sein. Ainsi, nous constatons que même lorsque l'Esprit est promis comme consolateur, il vient convaincre (Jean 16:13); il console par l'enseignement. Et assurément, si tant d'âmes tremblantes et démunies ressentent si peu la chaleur de la joie céleste dans leur cœur, c'est parce qu'elles manquent de lumière pour comprendre la nature et la durée de l'alliance de l'Évangile. Plus une âme est éloignée de la lumière de la vérité, plus elle est nécessairement éloignée de la chaleur du réconfort.

3. Un jugement établi exerce une puissante influence sur la vie et les paroles. L'œil guide le pied. Celui qui ne voit pas son chemin marche très mal, et celui qui n'est pas certain d'avoir raison ou tort est mal à l'aise. Ce qui se meut doit reposer sur quelque chose d'immobile. Un homme ne pourrait marcher si la terre se dérobait sous ses pieds. Or, les principes que nous avons à l'esprit sont, pour ainsi dire, le fondement sur lequel reposent toutes nos actions ; s'ils vacillent et chancellent, notre vie et nos pratiques le seront bien plus.

Il est aussi impossible à une main tremblante d'écrire droit qu'à un jugement incertain de tenir une conversation équilibrée. L'apôtre associe la fermeté et l'inébranlabilité à l'abondance dans l'œuvre du Seigneur (1 Corinthiens 15:58). Et si je ne m'abuse, il entend principalement, en ce lieu, la fermeté du jugement dans la vérité de la résurrection, fermeté que certains avaient mise à l'épreuve. Ce ne sont pas les nombreuses idées que nous possédons, mais notre affermissement dans la vérité qui font de nous de forts chrétiens, à l'image d'un homme fort dont les articulations sont solides et bien jointes, et non d'un homme étiré à l'excès mais insuffisamment robuste pour sa taille.

Comme le dit si bien quelqu'un : "Les hommes sont ce qu'ils voient et jugent ; certains n'atteignent pas leur plein potentiel, mais nul ne le dépasse." Une vérité contestée dans l'entendement reste, pour ainsi dire, bloquée dans la tête ; elle ne peut ni naître dans le cœur, ni se mettre en pratique dans la vie. Mais lorsqu'elle y est clairement perçue, et que, après avoir été approuvée, elle est accueillie dans la volonté et les affections, alors elle s'y ancre fermement et exerce une influence puissante sur la vie. L'Évangile, dit-on, est parvenu aux Thessaloniciens "avec une pleine assurance", c'est-à-dire avec la preuve de sa vérité (1 Thessaloniciens 1:5).

Et vous voyez combien cela était répandu et efficace : "Vous êtes devenus nos imitateurs et ceux du Seigneur, ayant reçu la parole au milieu de beaucoup de souffrances, avec la joie du Saint-Esprit" (verset 6). Ils étaient assurés que la doctrine venait de Dieu, et cela les a soutenus avec joie à travers les plus grandes épreuves qui l’accompagnaient.

dimanche 16 février 2025

La lettre et l'esprit

 

"Car la lettre tue, mais l'esprit vivifie" (2 Corinthiens 3:6).

Aux versets 2 et 3, Paul nous parle d'une première "lettre". Il dit: "C'est vous qui êtes notre lettre, écrite dans nos cœurs, connue et lue de tous les hommes. Vous êtes manifestement une lettre de Christ, écrite, par notre ministère, non avec de l'encre, mais avec l'Esprit du Dieu vivant, non sur des tables de pierre, mais sur des tables de chair, sur les cœurs." De quoi parle-t-il ici? Si nous retournons au verset 1, nous voyons que son ministère était attaqué. Il dit: "Commençons-nous de nouveau à nous recommander nous-mêmes?" Des gens essayaient d'influencer les Corinthiens et de les entraîner loin des enseignements de Paul en leur enseignant un évangile dilué. En effet, en 2 Corinthiens 2:17, Paul dit : "Nous ne falsifions point la parole de Dieu, comme font plusieurs; mais c'est avec sincérité, mais c'est de la part de Dieu, que nous parlons en Christ devant Dieu." 

Nous voyons que déjà à cette époque, les faux enseignants étaient à l'œuvre pour tromper les chrétiens et les éloigner de la vérité. L'ennemi a toujours agit ainsi; il essaie de détourner les chrétiens de la vérité en leur faisant croire des mensonges, ou sinon il essaie de les influencer en leur faisant tout rejeter. Il n'y a rien d'étonnant à cela, il dira en 2 Corinthiens 11: 14-15 que "Satan lui-même se déguise en ange de lumière. Il n'est donc pas étrange que ses ministres aussi se déguisent en ministres de justice." Et il ajoute: "Leur fin sera selon leurs œuvres."

Leurs œuvres prouvent qui ils servent. Nos œuvres prouvent qui nous servons. Si nous faisons les œuvres de la chair, c'est que nous servons la chair; si nous désobéissons à Dieu, c'est que nous avons un cœur rebelle qui n'a pas été régénéré et qui n'est donc pas centré sur Christ, mais sur le "soi". Il ne peut donc pas chercher à obéir à Dieu, car il ne le peut pas. Il en est incapable! Ce sont encore là des œuvres de mort. Et Paul a constamment attaqué dans ses lettre ces faux qui se prétendent croyants, mais qui s'infiltrent dans l'église pour tromper ceux qui sont faibles dans la foi, ou ceux qui sont encore dans la chair et qui désirent un évangile approuvant leur conduite réprouvée. 

Retournons en 2 Corinthiens 2:14, où il dit: "Grâces soient rendues à Dieu, qui nous fait toujours triompher en Christ, et qui répand par nous en tout lieu l'odeur de sa connaissance!" Paul ne cherchait pas son propre intérêt, sans quoi il aurait cessé d'œuvrer dans le ministère dès les premiers vents contraires! Ce qui l'intéressait, c'était l'avancement du royaume de Dieu. Dans tous ses écrits, nous voyons qu'il tirait sa joie de Christ; il se réjouissait malgré les afflictions, il se réjouissait même lorsque le Christ était annoncé par ceux qui se faisaient ses ennemis, car, dit-il: "Christ n'est pas moins annoncé: je m'en réjouis, et je m'en réjouirai encore" (Philippiens 1:17-18). 

Ici, il se réjouit du succès qu'ils ont eu lors de ce que nous appellerions aujourd'hui la "campagne d'évangélisation" auxquelles il a participé. Loin de lui l'idée de se vanter, il est simplement heureux de voir l'Évangile progresser parmi les païens, mais aussi "parmi ceux qui sont sauvés". En effet, il dit au verset 15: "Nous sommes, en effet, pour Dieu la bonne odeur de Christ, parmi ceux qui sont sauvés et parmi ceux qui périssent". C'est dire que la vérité qu'il prêchait redressait ou affirmait ceux qui marchaient déjà avec Christ, et l'avancement qu'il voyait dans l'œuvre que Dieu lui avait donné à faire était pour lui une source de joie, mais c'était aussi une preuve que Dieu approuvait ce qu'il prêchait. "Nous sommes pour Dieu la bonne odeur de Christ". Il ne dit pas: "Nous sommes approuvés des hommes, ô quelle joie", non, mais "pour Dieu" nous prêchons Christ. 

Il dira en 1 Corinthiens 2:2 : "Car je n'ai pas eu la pensée de savoir parmi vous autre chose que Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié."  Et en 2 Corinthiens 4:5 : "Nous ne nous prêchons pas nous-mêmes; c'est Jésus-Christ le Seigneur que nous prêchons". Et cet enseignement était pour Dieu "la bonne odeur de Christ". Les sacrifices que Paul faisait pour le ministère qui lui avait été confié étaient agréables à Dieu. Il dit en Romains 12: 1 : "Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable." Il n'a pas qu'exhorté les autres à s'offrir ainsi comme un sacrifice vivant, c'est ce qu'il vivait!

Du milieu de ses épreuves et de ses tribulations, il se réjouissait de ce que Dieu faisait; des cœurs qui étaient touchés et des vies qui étaient transformées. L'Évangile et la connaissance de Christ se répandait "comme une bonne odeur", et ainsi, ceux qui croyaient étaient, comme le dira Paul en 2 Corinthiens 3:2, comme une "lettre de Christ" écrite par son ministère, c'est à dire que Christ utilisait évidemment le ministère de Son apôtre pour attirer les perdus à Lui. Et ces chrétiens convertis par le ministère de Paul l'ont été non pas à cause de lettres écrites avec de l'encre, mais à cause de l'action du Saint-Esprit qui a gravé en lettres de feu sur les cœurs de ces auditeurs le paroles de l'apôtre. Ils ont ainsi été convaincus "de péché, de justice et de jugement" (Jean 16:8). 

Paul poursuit donc en disant: "Cette assurance-là, nous l'avons par Christ auprès de Dieu." De quelle assurance parle-t-il ici? Il fait référence à ce qu'il a dit plus tôt au chapitre 2; savoir "qu'il était pour Dieu la bonne odeur de Christ". Les fruits, les chrétiens issus de son enseignement étaient la preuve qu'il enseignait de la part de Dieu. N'oublions pas que Corinthe était dégénérée, et pourtant, beaucoup de pécheurs qui y résidaient sont venus à Christ suite aux enseignements de Paul dans cette ville pécheresse. Il savait mieux que quiconque que l'œuvre qui y avait été faite était au-delà de toute capacité humaine; c'était une œuvre divine, surnaturelle. Ces païens convertis étaient, dit-il, "une lettre de Christ", écrite par l'Esprit du Dieu vivant. 

Il poursuit sa pensée en disant au verset 5 : "Ce n'est pas à dire que nous soyons par nous-mêmes capables de concevoir quelque chose comme venant de nous-mêmes. Notre capacité, au contraire, vient de Dieu." En d'autres mots: "Je ne suis pas en train de dire que toutes ces conversions sont le fruit de mes capacités, car cela vient de Dieu seul". Il n'y a aucun raisonnement, aucune prédication de notre part qui peut conduire quelqu'un à Christ si l'Esprit n'est pas à l'œuvre en cette personne pour lui faire comprendre l'ampleur de son péché et son ardent besoin d'un Sauveur. Notre travail est de propager avec fidélité l'Évangile de vérité, en parole et en actions, et le reste appartient à Dieu. Paul le dira ainsi en 1 Corinthiens 3:6-7 : "J'ai planté, Apollos a arrosé, mais Dieu a fait croître, en sorte que ce n'est pas celui qui plante qui est quelque chose, ni celui qui arrose, mais Dieu qui fait croître." 

Il poursuit donc au verset 6 en disant: "Il nous a aussi rendus capables d'être ministres d'une nouvelle alliance, non de la lettre, mais de l'esprit; car la lettre tue, mais l'esprit vivifie." Il parle ici d'une autre lettre. Mais d'abord, que dit-il? Il sous-entend qu'il n'est pas grand chose, car, dit-il, "Il (Dieu) nous a rendus capables d'être ministres d'une nouvelle alliance". Encore une fois, il veut que les Corinthiens comprennent bien que c'est Dieu est tout et qui fait tout; lui n'est tout au plus qu'un simple serviteur n'accomplissant que la tâche que Dieu lui a confié. Mais quelle tâche Dieu lui avait-il confié? Évidemment, c'était de proclamer l'Évangile de Jésus-Christ. C'est la raison pour laquelle il dit qu'il a été rendu capable par Dieu "d'être ministre d'une nouvelle alliance". Nous savons tous que l'ancienne alliance est la loi de Moïse, qui ne pouvait pas sauver, mais qui annonçait qu'un Sauveur allait venir; Jésus-Christ.

Le verset se poursuit, et Paul dit: "non de la lettre, mais de l'esprit". Il fait référence ici aux Pharisiens et aux maîtres de la loi de son époque; ils étaient forts sur la lettre, mais ils ne mettaient pas en pratique. Ils avaient le texte annonciateur du Messie, mais ils ne comprenaient pas ce qu'ils lisaient, parce qu'ils s'intéressaient plus aux rites et aux formes extérieures de la religion que de marcher humblement et avec obéissance envers le Seigneur. C'est pourquoi Jésus dira à ses disciples: "Faites donc et observez tout ce qu'ils vous disent; mais n'agissez pas selon leurs œuvres. Car ils disent, et ne font pas" (Matthieu 23:3). 

Ce n'est donc pas sans raison que Jésus passera une partie de son ministère à combattre l'hypocrisie des Pharisiens, qui prenaient un soin jaloux de l'apparence extérieure de leur piété, mais qui étaient remplis de malice et de péchés. Ils prétendaient observer la loi, mais ils croyaient qu'ils se sauvaient eux-mêmes par leurs œuvres. Leur cœur n'était pas droit devant Dieu. Ils n'étaient pas en règle avec Lui. Ils auraient dû connaître le Psaume 51, où David, après son péché avec Bath-Schéba, dira aux versets 16 et 17 : "Si tu eusses voulu des sacrifices, je t'en aurais offert; mais tu ne prends point plaisir aux holocaustes. Les sacrifices qui sont agréables à Dieu, c'est un esprit brisé: O Dieu! tu ne dédaignes pas un cœur brisé et contrit." Oh ils le connaissaient, mais ils étaient incapables de se reconnaître tels qu'ils étaient; le cœur brisé et contrit? Ce n'était pas pour eux. C'était pour le collecteur d'impôts là bas, et pour l'ivrogne là en bas de la rue. 

Paul poursuit donc en disant: "Car la lettre tue, mais l'esprit vivifie." La loi de Moïse avait pour but de provoquer une condamnation du péché; elle faisait connaître ce qui était bien et mal, mais elle ne pouvait pas sauver. Aujourd'hui, nous avons reçu l'Évangile de vérité. Jean dira dans son évangile, au chapitre 1 verset 17 : "Car la loi a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ." La loi de Moïse avait pour but de dénoncer le péché et de produire une condamnation; regardons encore une fois le cœur de David. Il dira au Psaume 32 versets 3 et 4 : "Tant que je me suis tu, mes os se consumaient, Je gémissais toute la journée; car nuit et jour ta main s'appesantissait sur moi, ma vigueur n'était plus que sécheresse, comme celle de l'été". a conscience le condamnait, il ressentait le poids de son péché et, à cause de cela, il savait et reconnaissait qu'il avait besoin d'un Sauveur pour être pardonné. Il poursuit au verset 5 : "Je t'ai fait connaître mon péché, je n'ai pas caché mon iniquité ; j'ai dit : J'avouerai mes transgressions à l'Éternel! Et tu as effacé la peine de mon péché."

Ces étonnant de voir les "chrétiens" modernes citer ce passage de 2 Corinthiens 3:6 pour attaquer celui qui les reprend par rapport à leurs péchés. "Pasteur, tu n'es qu'un légaliste, ne sais-tu pas ce que Paul a dit? Que la lettre tue, mais que l'Esprit vivifie? Sache que je marche par l'Esprit et que je ne suis plus sous l'emprise de la lettre". Ces gens sont ignorants spirituellement car ils se comparent à eux-mêmes. S'ils marchaient par l'Esprit, il leur donnerait de bien comprendre ce passage des Écritures, car en réalité, ce passage les condamne dans leurs péchés! L'esprit de cette nouvelle alliance vivifie; l'Esprit-Saint qui en découle ne nous permet pas de marcher dans le péché, donc dans la mort, car, par l'évangile de grâce, nous sommes  libérés de l'emprise du péché et de la mort!

Jean a dit que la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ. Lorsqu'un tel enseignement est reçu et a fait son œuvre dans le cœur du croyant, ce dernier ne peut plus être le même. Il doit changer. C'est obligé, sinon c'est la preuve que l'Esprit n'est pas à l'œuvre en lui. Lorsque les fruits du péché abondent dans une personne dite "chrétienne", c'est la preuve que ce prétendu croyant est encore dans la mort et qu'il a besoin de repentance. Car l'Esprit vivifie. L'Esprit-Saint ne donne pas le feu vert pour pécher à ceux qu'il dirige. Au contraire, il active tous les signaux d'alarmes lorsque ce dernier s'approche trop près du précipice et qu'il est sur le point de succomber à la tentation! 

Paul dira en Galates 5:17 que la chair a des désirs contraires à ceux de l'Esprit, et que l'Esprit a des désirs contraires à ceux de la chair; ils sont opposés entre eux, "afin que vous ne fassiez point ce que vous voudriez." C'est très clair ici; lorsque nous sommes libérés du pouvoir de la mort en étant morts avec Christ à la croix, nous recevons une vie nouvelle qui n'est en rien comparable à celle d'où nous avons été tirés! Contrairement à la loi de Moïse, qui ne pouvait qu'offrir des rites aux pécheurs en attendant qu'ils puissent recevoir le pardon de Dieu, nous avons maintenant un avocat auprès du Père; Jésus-Christ le juste. Pourquoi voudrions-nous justifier nos péchés alors que nous avons un avocat prêt à plaider pour nous?  

"Si quelqu'un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus-Christ le juste" (1 Jean 2:1). C'est la grâce. C'est l'espérance du pardon, mais encore faut-il avoir l'humilité de reconnaître nos fautes et de ne pas y persévérer! David n'est-il pas un exemple pour chacun de nous aujourd'hui? Il ne dit pas à Nathan: "Oh tu sais, ce n'est pas bien ce que j'ai fait, mais Dieu est avec moi quand même. La preuve? Je me sens bien quand je suis avec Bath-Schéba. En fait, je n'ai jamais été aussi bien de toute ma vie". Non, ce n'est pas ce que David dit. Il a dit: "O Dieu! aie pitié de moi dans ta bonté; selon ta grande miséricorde, efface mes transgressions. Lave-moi complètement de mon iniquité, et purifie-moi de mon péché. Car je reconnais mes transgressions, et mon péché est constamment devant moi" (Psaume 51:1-3). Et il n'essaie même pas de se soustraire à la punition, car il ajoute au verset 4: "J'ai péché contre toi seul, et j'ai fait ce qui est mal à tes yeux, en sorte que tu seras juste dans ta sentence, sans reproche dans ton jugement."

Wow! Voilà pourquoi il a été appelé "un homme selon le cœur de Dieu". C'est ce que Dieu cherche dans le cœur de celui ou celle qui a péché; ce cœur contrit et brisé par son iniquité. Nous ne parlons pas ici seulement d'être contrit par le fait qu'il y aura peut-être une punition attachée au péché, non, mais un cœur brisé d'avoir brisé celui de Dieu en péchant devant Sa face, après tout ce qu'Il a fait pout nous! C'est cette humilité que nous devons avoir en tant qu'enfants de Dieu nés de nouveau!

Et Paul poursuit donc au verset 12 en disant: "Ayant donc cette espérance, nous usons d'une grande liberté". Encore une fois ici, plusieurs comprennent mal ce que Paul veut dire ici. Il ne veut absolument pas dire que nous sommes libres de faire tout ce que nous voulons, même si c'est contraire à la Parole de Dieu! Jamais! Il dira en Romains 8:24 que "c'est en espérance que nous sommes sauvés". Il est très possible que Paul fasse référence à cette espérance ici; nous vivons dans l'attente d'être réuni avec notre Sauveur pour l'éternité. Mais en attendant, que faisons-nous? Persévérons-nous dans la foi ou dans la poursuite de l'accomplissement de tous nos désirs et de ce que notre nature pécheresse recherche?

Il poursuit en disant aux versets 13 et 14 : "Nous ne faisons pas comme Moïse, qui mettait un voile sur son visage, pour que les fils d'Israël ne fixassent pas les regards sur la fin de ce qui était passager. Mais ils sont devenus durs d'entendement. Car jusqu'à ce jour le même voile demeure quand, ils font la lecture de l'Ancien Testament, et il ne se lève pas, parce que c'est en Christ qu'il disparaît". Oh que cela soit un avertissement pour chacun de nous! Ils ont fixé les regards sur ce qui était passager, c'est à dire terrestre, et ils sont devenus durs d'entendement. Ils ne comprenaient rien aux choses spirituelles, malgré le fait qu'ils avaient avec eux un prophète comme il y en a eu peu sur la Terre; Moïse! Cet endurcissement du cœur s'est poursuivi de génération en génération, et Paul dit: "Jusqu'à ce jour le même voile demeure quand, ils font la lecture de l'Ancien Testament, et il ne se lève pas, parce que c'est en Christ qu'il disparaît".

Prenons garde de ne pas être de ceux qui se justifient eux mêmes et qui sondent les Écritures pour trouver quelque chose pour couvrir leurs péchés. Ils deviennent durs d'entendements, et lorsqu'ils font la lecture du Nouveau Testament, ils ont un voile devant les yeux, et il ne se lève pas, parce que c'est en Christ qu'il disparaît. Puissions-nous nous revêtir d'humilité et nous reconnaître et nous présenter tels que nous sommes devant notre avocat, Jésus-Christ, afin d'obtenir le pardon de nos fautes. 

Jésus dira bien en Luc 21:34 : "Prenez garde à vous-mêmes, de crainte que vos cœurs ne s'appesantissent par les excès du manger et du boire, et par les soucis de la vie, et que ce jour ne vienne sur vous à l'improviste". Le manger et le boire représentent la poursuite des désirs de nos cœurs, qui ne doivent pas être alignés sur ceux de ce monde. Ces choses peuvent d'abord sembler anodines, et puis lorsque nous mettons le doigt dans cet engrenage, nous devenons accaparés par elles et elles nous éloignent de Dieu et endurcissent notre cœur. Quelqu'un a dit : "Prenez garde à vous-mêmes, afin que vous ne soyez pas accablés par les tentations, ni trahis par vos propres corruptions", et cela est tellement vrai! Nous ne savons pas le jour ni l'heure où sera redemandé le souffle de vie qui est en nos narines. Assurons-nous d'être prêts à rencontrer le Seigneur en demeurant dans la force qu'Il nous donne pour résister à l'ennemi qui voudrait nous amener ou nous ramener vers les choses qui nous détruisent et nous séparent de Dieu. 

Terminons en donnant la parole à l'apôtre Paul, qui dit en 2 Corinthiens 18 : "Nous tous qui, le visage découvert, contemplons comme dans un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur, l'Esprit". La gloire de Dieu a été manifestée pour nous en Jésus-Christ, et nous la voyons encore dans Sa Parole, l'Évangile de vérité dans laquelle nous pouvons plonger nos regards à tous les jours. Et celui qui y plonge les regards et qui ne se contente pas de lire ou d'écouter sans mettre en pratique sera certainement transformé, par l'œuvre du Saint-Esprit en lui, à l'image de Celui qui nous a créé et qui désire tant (malheureusement trop souvent plus que nous-mêmes) nous avoir avec Lui pour l'éternité.

"Mais celui qui aura plongé les regards dans la loi parfaite, la loi de la liberté, et qui aura persévéré, n'étant pas un auditeur oublieux, mais se mettant à l'œuvre, celui-là sera heureux dans son activité" (Jacques 1:25). Car Jésus a dit en Jean 8:32: "Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira". 

Que toute la gloire soit rendue à Dieu seul, Amen.

dimanche 11 octobre 2020

Jusqu'à quand clocherez-vous des deux côtés?

 Alors Elie s'approcha de tout le peuple, et dit: Jusqu'à quand clocherez-vous des deux côtés? Si l'Éternel est Dieu, allez après lui; si c'est Baal, allez après lui! Le peuple ne lui répondit rien. (1 Rois 18:21)


Cette même question pourrait malheureusement être posée à beaucoup de chrétiens de notre temps. La crainte de l'Éternel est quasi inexistante. Certains ne croient même plus à l'existence de l'enfer! Ils n'ont aucune intimité avec Dieu. Cette parole du prophète Esaïe reprise par Jésus s'applique à nous: ce peuple m'honore des lèvres, mais son cœur est éloigné de moi (Matthieu 15:8). La vraie foi a été remplacée par une foi superficielle et cupide, qui espère seulement pour les choses de ce monde, mais qui a mis en veilleuse la vie spirituelle en Dieu. Ces gens n'ont plus que l'apparence de la piété, ayant peut-être sans le vouloir, depuis longtemps déjà, renié Celui qui est seul digne d'être adoré: Jésus-Christ.   

D'un nouveau sondage parmi deux milles personnes se disant chrétiennes aux États-Unis, il ressort que quarante-quatre pourcent d'entre eux trouvent que la Bible n'est pas claire au sujet de l'avortement et que trente-quatre pourcent d'entre eux considèrent que l'avortement est moralement acceptable. 
Ce sondage démontre à quel point la chrétienté occidentale est perdue, pourrie par les faux enseignements et par les influences du monde et qu'elle est de moins en moins basée sur les saintes écritures. Ce n'est pas normal que, de nos jours, nous ayons tant de difficulté à faire la différence entre beaucoup de chrétiens et d'incroyants! Ils sont ensemble, vous les regardez et il n'y a aucune différence dans leurs agissements, dans leurs manières de s'habiller, de parler, de vivre. Et vous apprenez par hasard que monsieur un tel allait à l'église; vous ne l'auriez jamais deviné! 
Et cela n'est pas surprenant, puisque les enseignements sur le salut en aucun autre que Christ, sur la gravité du péché, sur la repentance, sur l'obligation de marcher comme Jésus a marché, ou tout autre sujets inconfortables aux pécheurs sont laissés de côté pour faire place à des enseignements sur l'estime de soi et sur la prospérité ou toute autre tendance du moment; la Bible n'est plus enseignée dans ces églises ou émissions sur internet, faisant place à des "enseignements" sur le racisme systémique et sur la justice sociale. Au cours de ces "prédications"', certains réussissent même le tour de force de ne citer aucun verset biblique! Mais si vous voulez la justice, et mettre fin à la haine, comment pouvez-vous y arriver sans la parole de Dieu, puisque si l'injustice et la haine règnent en maître sur Terre, c'est précisément parce que la parole de Dieu a perdu sa place dans nos vies?! Ce n'est peut-être pas l'intention de ces prédicateurs, mais le résultat est celui recherché par l'ennemi de nos âmes: la vérité est de moins en moins prêchée, laissant les "brebis" dans une noirceur spirituelle effrayante. Nous savons que Jésus a dit: "Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira". Mais s'il ne se trouve plus personne pour pointer vers cette vérité, qui la connaîtra, et qui se repentira de ses péchés pour être sauvé? 

En 1 Rois 18:18, Élie reproche à Achab d'avoir abandonné les commandements de l'Éternel et d'être allé après les Baals. Nous ne pouvons rien espérer de bon lorsque, jusque dans les plus hautes autorités d'un pays, les commandements de Dieu sont rejetés et remplacés par des décrets humains. Il en va de même pour les autorités d'une église, et pour les croyants en général. L'esprit de Dieu ne peut pas être insulté impunément en l'homme (Éphésiens 4:30; Genèse 6:6-7). Il faut que tous les croyants s'attachent à Christ et à ses enseignements avant toutes choses. Christ est le chemin, la vérité et la vie (Jean 14:6), c'est une certitude que nous avons, que personne ne peut nous enlever lorsque nous croyons à la parole de Dieu. 

La pression de ce monde vendu au péché ne devrait pas suffire à entraîner les chrétiens hors de la vérité. Les Israélites du temps d'Élie étaient soumis au règne tyrannique d'Achab et de sa Jézabel. Nous savons qu'elle servait les Baals, et il est possible que bien des gens du peuple adoraient les idoles pour être bien vus d'elle et pour accéder à des postes plus élevés. Que cela nous serve de leçon! N'abandonnons pas la vérité pour être bien vus de ce monde, dans la poursuite d'une vaine gloire éphémère. 

Les autels de Baal sont nombreux autour de nous; le culte du "moi"; la télévision; l'internet; les plaisirs de toutes sortes; la prospérité financière, et quoi encore! Et la question d'Élie est la même qui se pose aux chrétiens modernes: Jusqu'à quand clocherez-vous des deux côtés? Si l'Éternel est Dieu, allez après lui; si c'est Baal, allez après lui! 

En Osée 10: 2, l'Éternel dit de son peuple qu'il a le cœur partagé, et qu'il en portera la peine. Jésus a dit en Matthieu 6:24 que nous ne pouvons pas servir deux maîtres à la fois. En 1 Corinthiens 10:21-22, l'apôtre Paul dira: Vous ne pouvez boire la coupe du Seigneur, et la coupe des démons; vous ne pouvez participer à la table du Seigneur, et à la table des démons. Voulons-nous provoquer la jalousie du Seigneur? Sommes-nous plus forts que lui? 

Ne soyons pas comme le renard qui voit deux proies devant lui et qui ne parvient pas à décider laquelle il va chasser. S'il court tantôt après l'une, tantôt après l'autre, il est certain qu'il se privera lui-même de déjeuner! 

Nous avons un combat spirituel à mener, et il commence en chacun de nos cœurs. À chercher ce que ce monde a le mieux à offrir tout en prétendant servir Dieu, ces "croyants" se priveront certainement eux-mêmes de la récompense à venir. En effet, nous lisons en 1 Jean 2:15-17 : "N'aimez point le monde, ni les choses qui sont dans le monde. Si quelqu'un aime le monde, l'amour du Père n'est point en lui; car tout ce qui est dans le monde, la convoitise de la chair, la convoitise des yeux, et l'orgueil de la vie, ne vient point du Père, mais vient du monde. Et le monde passe, et sa convoitise aussi; mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement". 

Jésus dira en Matthieu 12:30: "Celui qui n'est pas avec moi est contre moi, et celui qui n'assemble pas avec moi disperse". L'apôtre Paul écrira dans sa lettre aux Romains que l'affection de la chair, ou pour les choses de ce monde, est inimité contre Dieu. Si la grâce de Dieu nous suffit, comme nous le chantons avec certains cantiques de louange, alors nous n'avons pas besoin du Baal moderne, de la pensée de ce monde voué à la destruction. 

Il est une chose que nous ne devons pas oublier, c'est que nous sommes ici-bas des serviteurs (Matthieu 6:24). Assurons-nous de servir le vrai Dieu, afin d'avoir part à Son royaume promis en Jésus-Christ. Marcher comme Jésus signifie de marcher dans Ses traces, sans compromis. Allons devant Dieu, et accusons devant Lui toutes les idoles de nos vies. Repentons-nous, abandonnons-les! Ne chérissons pas ce qui nous éloigne de la présence de Dieu. Aujourd'hui est le moment de prendre position une fois pour toute; il faut nous engager en tant que peuple de Dieu a marcher dans les pas de Jésus. Sincèrement. Fermement. Nous ne voulons pas servir les idoles; délaissons-les une fois pour toute, et attachons-nous à la vérité! Soyons entièrement consacrés à Dieu. Soyons comme une lampe sur le chandelier divin; que la lumière de Sa parole éclaire les ténèbres, afin que nous ne trébuchions point, et qu'elle illumine aussi ceux qui sont autour de nous, pour la gloire de Dieu. 

Amen.