"Joseph vit avec déplaisir que son père posait sa main droite sur la tête d'Ephraïm; il saisit la main de son père, pour la détourner de dessus la tête d'Ephraïm, et la diriger sur celle de Manassé" (Genèse 48:17).
"Mais Dieu a choisi les choses folles du monde pour confondre les sages; Dieu a choisi les choses faibles du monde pour confondre les fortes" (1 Corinthiens 1:27).
À l'époque, la coutume était de bénir le premier-né. C'est pourquoi Joseph dira au verset 18: "Pas ainsi, mon père, car celui-ci est le premier-né; pose ta main droite sur sa tête". Mais cet exemple nous montre une fois de plus que Dieu ne pense pas comme nous. Souvenons-nous lorsque le prophète Samuel eut à oindre un nouveau roi pour remplacer Saül. L'épisode en est presque comique, lorsqu'Isaï fit passer ses sept fils devant Samuel, mais aucun n'était le choix de Dieu.
Mais Dieu dit une chose intéressante au verset 16 de 1 Samuel: "Lorsqu'ils entrèrent, il se dit, en voyant Eliab: Certainement, l'oint de l'Éternel est ici devant lui. Et l'Éternel dit à Samuel: Ne prends point garde à son apparence et à la hauteur de sa taille, car je l'ai rejeté. L'Éternel ne considère pas ce que l'homme considère; l'homme regarde à ce qui frappe les yeux, mais l'Éternel regarde au coeur".
La grâce de Dieu est source de salut pour tous (Tite 2:11), mais malheureusement, ce ne sont pas tous qui l'acceptent. Et lorsque nous marchons à Sa suite, notre Seigneur ne nous accorde pas tous les mêmes dons et les mêmes grâces. Nous n'avons à jalouser qui que ce soit pour leurs grâces, Dieu ne se trompe pas lorsqu'Il accorde à l'un et à l'autre, selon Son bon vouloir. C'est pourquoi Israël répondit à Joseph, au verset 19: "Je le sais, mon fils, je le sais; lui aussi deviendra un peuple, lui aussi sera grand; mais son frère cadet sera plus grand que lui, et sa postérité deviendra une multitude de nations".
C'est une image de notre deuxième verset d'introduction; Dieu choisi souvent les choses qui semblent folles aux yeux des sages de ce monde afin de les confondre. Plus nous semblons faibles et fous, plus la grâce et la gloire de Dieu peut rayonner en nous et à travers nous. Lorsque nous sommes suffisants et fiers, lorsque le nom le plus grand dans notre vie est celui que nous portons, lorsque le nom que nous défendons le plus est le nôtre plutôt que celui de Jésus-Christ, alors nous sommes dans le pétrin spirituellement, et il est peu probable que nous soyons utilisés par Dieu pour quoi que ce soit, hormis que, pour d'autres, nous servions un jour d'exemple de tout ce qu'il ne faut pas faire.
Bien sûr, Dieu utilise les hommes de toutes le classes de la société, riches ou pauvres, éduqués ou illettrés, mais le plus souvent, nous l'avons vu dans l'Histoire, ce sont de simples hommes qu'Il a utiliser pour porter l'Évangile au pus grand nombre, comme les disciples, comme Pierre, qui ne savait même pas écrire (1 Pierre 5:12), mais, poursuit-il, "je vous atteste que la grâce de Dieu à laquelle vous êtes attachés est la véritable".
Est-ce surprenant qu'il en soit ainsi? Qu'est-il dit de Jésus en Esaïe 53? Les hommes ne l'ont point connu, ni reçu, parce que le Seigneur s'est élevé "comme une faible plante, sans beauté, ni éclat", n'ayant rien dans son aspect pour nous plaire. Et il est dit de Lui au verset 3: "Méprisé et abandonné des hommes", et pourtant, au verset 4, "ce sont nos souffrances qu'il a portées, c'est de nos douleurs qu'il s'est chargé".
Dieu a utilisé le Christ pour nous sauver, Lui qui n'avait rien pour attirer les acclamations d'un monde déchu, mais qui avait grandement, et qui a toujours grandement besoin d'un Sauveur. Il n'est donc pas surprenant qu'Il utilise encore de nos jours ceux qui, selon les "experts" de ce monde, manquent "d'estime de soi". Il est vrai que cela ne nous est d'aucune utilité de nous déprécier sans raison, mais comprenons que notre vraie valeur nous est donnée par le Christ en nous; le reste est appelé à disparaître, car, nous sommes poussière, et nous retournerons à la poussière (Genèse 3:19).
Au temps de Jésus, il a plu à Dieu d'utiliser ceux qui n'avaient aucune raison de se glorifier eux-mêmes, et il en est de même aujourd'hui. C'est ainsi qu'Il humilie les "grands" de ce monde, ceux qui ne considèrent pas les voies de Dieu comme étant dignes d'être suivies.
Trop souvent, les chrétiens marchent selon les apparences, ils se contentent d'un voile religieux pour couvrir leur manque de piété, et quand quelqu'un marchant véritablement avec le Seigneur remarque leur hypocrisie, plutôt que de se repentir et de changer de voie, ils ajoutent un voile, disant: "Seul Dieu me juge". Et ils ont raison, ils se placent sous Son jugement, mais il ne sera pas celui espéré. Dieu n'a rien à faire de l'image que nous tentons de projeter aux autres. Attention donc de ne pas prétendre seulement marcher avec Christ, tout en ne considérant pas attentivement Ses voies. Dieu ne regarde pas aux apparences, mais Il regarde le coeur de chacun. Nous ferions bien de ne pas l'oublier.
Après avoir vu les sept fils d'Isaï, et ayant su que l'Éternel ne choisit aucun d'eux, Samuel demanda: "Sont-ce là tous tes fils?" Et Isaï répondit: "Il reste encore le plus jeune, mais il fait paître les brebis" (1 Samuel 16:11). Les bergers étaient mal vus, ils étaient considérés comme des moins que rien, et on le voit clairement dans cette famille, où le père, jusqu'à ce que Samuel lui pose la question, ne daigna même pas parler de David. Pourtant, c'est lui que Dieu avait choisit.
Cette idée que les bergers étaient de mauvaises personnes persista même jusqu'au temps de Jésus. Et n'est-il pas intéressant que le Christ, le "fils de David", se soit Lui-même désigné comme étant le "Bon Berger" (Jean 10:14)? Trop souvent, en lisant ce passage, nous mettons l'accent que sur les brebis, c'est à dire, sur nous. "Oh, comme c'est bon de savoir que le Bon Berger veille sur moi". C'est vrai, c'est bien, c'est encourageant, mais nous manquons une partie du message si nous nous arrêtons là.
Car, en y réfléchissant, n'est-il pas intéressant de constater que le Christ se soit appelé Lui-même du nom de ceux qui étaient parmi les plus rejetés des hommes de son époque? Quelle audace avons-nous alors, lorsque nous défendons avec hargne notre propre nom plutôt que le Sien, sachant que Lui, le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs, s'est appelé lui-même du nom de ceux qui était parmi les plus moqués et les plus rejetés de Son époque!
Cela devrait nous amener à réfléchir sur notre marche chrétienne. Quelles sont nos priorités? Qui est à la première place dans notre vie? Dans notre attitude, dans nos propos, quel nom élevons-nous, le nôtre ou celui de notre Seigneur et Maître? Suis-je parmi les choses folles du monde, ou suis-je constamment en train d'essayer de me hisser parmi celles qui sont considérées comme sages par ce monde? Attention qu'il ne soit pas dit de nous : "Ne prends point garde à son apparence, car je l'ai rejeté". Encore une fois, c'est très important, Dieu n'a rien à faire de l'apparence de notre piété, Il voit notre cœur, rien ne Lui est caché.
Qu'il soit dit de nous que, lorsque nous nous battons pour quelque chose, nous le faisons sur nos genoux, courbés dans la poussière du sol, et non pas avec la tête haute comme si nous étions un souverain défendant sa propre bannière. Les temps sont courts, plus que jamais, il faut marcher dans l'humilité, car Dieu résiste aux orgueilleux, mais Il fait grâce aux humbles (Jacques 4:6).
"Les corps des animaux, dont le sang est porté dans le sanctuaire par le souverain sacrificateur pour le péché, sont brûlés hors du camp. C'est pour cela que Jésus aussi, afin de sanctifier le peuple par son propre sang, a souffert hors de la porte. Sortons donc pour aller à lui, hors du camp, en portant son opprobre. Car nous n'avons point ici-bas de cité permanente, mais nous cherchons celle qui est à venir" (Hébreux 13:11-14).
"Cherchez l'Eternel, vous tous, humbles du pays, qui pratiquez ses ordonnances ! Recherchez la justice, recherchez l'humilité! Peut-être serez-vous épargnés au jour de la colère de l'Eternel" (Sophonie 2:3). Que toute la gloire soit rendue à Dieu seul, Amen.
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