Trois croix sont dressées sur une colline de Jérusalem. Trois hommes endurent le supplice réservé aux pires malfaiteurs. Deux de ces hommes ont mérité leur condamnation. Celui qui est au milieu n'a rien fait de mal. C'est Jésus de Nazareth. Et pourtant, c'est pour le péché que ce troisième doit mourir. Non pas pour ses propres péchés, car il n'en a pas commis, mais pour les péchés du monde; même pour les péchés de ces deux larrons crucifiés avec Lui.
Il convenait que Jésus fût crucifié avec des malfaiteurs, puisque, sur cette croix, il prend la place de tous les malfaiteurs, c'est à dire, de tous les hommes. Car la Bible affirme que tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu. Le salaire du péché, c'est la mort, et ici, au Calvaire, Jésus se charge de nos péchés. Il souffre la mort pour tous. Le prophète Esaïe avait annoncé: "Ce sont nos souffrances qu'Il porte, ce sont nos douleurs dont Il s'est chargé, Il est blessé pour nos péchés, brisé pour nos iniquités, le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur Lui, et c'est par Ses meurtrissures que nous sommes guéris. Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait sa propre voie, et l'Éternel a fait retomber sur Lui l'iniquité de nous tous. Il s'est livré Lui-même à la mort, Il a été mit au nombre des malfaiteurs, Il a porté les péchés de beaucoup d'hommes, Il a intercédé pour les coupables".
Mais les deux brigands, sont-ils conscients de cela? Connaissent-ils Celui qui est crucifié avec eux? Savent-ils que cet homme qui meurt avec eux est le Prince de la vie? Au-dessus de Sa tête, on peut lire l'inscription suivante: "Celui-ci est le roi des Juifs". Se rendent-ils compte de ce que Jésus peut leur ouvrir les portes du royaume Céleste? Les évangélistes Matthieu et Marc nous rapportent que les deux brigands, au début, l'insultaient et le raillaient avec autant de méchanceté que les passants, les prêtres, les scribes et les anciens.
Mais Luc nous dit que, tandis que l'un des malfaiteurs continuait à l'injurier; "n'est-il pas le Christ, sauve-toi toi-même, et sauve-nous", l'autre le repris fermement en disant: "Ne crains-tu pas Dieu, toi qui subit ce qu'ont mérités nos crimes? Mais celui-ci n'a rien fait de mal". Puis, se tournant vers Jésus, il lui dit: "Souviens-toi de moi, quand tu viendras dans ton règne".
Dans l'exemple de ces deux brigands, nous retrouvons les différents effets que produit la croix de Jésus. Lorsque, dans la prédication de l'Évangile, elle est présentée aux hommes. Tous, comme eux, sont des malfaiteurs. Ils sont tous coupables devant Dieu. Mais tandis qu'aux uns, la croix est une occasion de s'enfoncer plus profondément encore dans le mal, elle est pour les autres comme une bouée providentielle au milieu du naufrage. "La croix est une folie pour ceux qui périssent", écrit l'apôtre Paul, mais pour ceux qui sont sauvés, elle est une puissance de Dieu".
En effet, le premier de ces brigands s'endurcit jusqu'au bout. Bien qu'il soit en proie à une douleur extrême, dans la vallée même de la mort, son esprit orgueilleux ne s'humilie pas. Le Christ ne lui inspire que mépris et répulsion. Et pourtant, Jésus l'aime. Il donne Sa vie pour lui aussi, mais l'autre refuse cette rançon. Un cœur incrédule et impénitent ne peut recevoir la grâce qui lui est offerte. Cet homme s'enfonce dans l'éternité sans Dieu, sans Christ, sans espérance.
L'autre brigand ressent au contraire une grande émotion devant Jésus de Nazareth, son compagnon de souffrance. Il pressent la grandeur et la puissance de l'innocente victime; un merveilleux changement se produit en lui. Un remord l'envahit, profond, à cause de ses crimes. Il entrevoit une lueur d'espoir en considérant ce Roi des Juifs qu'il vient de railler, et qui, tout à l'heure, implorait encore le pardon de Dieu sur Ses propres bourreaux.
"Je te le dis, en vérité, aujourd'hui, tu seras avec moi dans le paradis". Ces paroles incroyables sont un monument à la miséricorde divine. Tout homme, fût il le pire des pécheurs, peut bénéficier du pardon total de Dieu, pourvu qu'il se repente. Le cas de ce brigand ne doit cependant pas inciter certains hommes à remettre leur repentir jusqu'au dernier moment, afin de "profiter" de l'existence au maximum. Car bien qu'un vrai repentir n'arrive jamais trop tard, un repentir volontairement retardé est rarement sincère. Il y a là une sorte de préméditation aussi sordide que stupide.
En outre, qui peut être sûr d'avoir l'occasion de se repentir tout à son aise s'il remet à plus tard ce changement de cœur? Il est intéressant de considérer les différentes étapes par lesquelles est passé le brigand repentant. D'abord, il reprend son compère, en lui disant: "Ne crains tu pas Dieu?" Voilà, au fond, l'une des causes du péché. L'homme n'a pas respecté la justice de Dieu, ni Sa vérité, ni Ses commandements. "La crainte de Dieu n'est pas devant leurs yeux", dira l'apôtre Paul dans sa lettre aux Romains.
Cet homme qui a vécu toute sa vie dans le tourbillon de ses passions désordonnées, est maintenant frappé par sa conscience et par la présence du Christ. Il dit en somme à l'autre: "Je crains Dieu; je n'ose plus agir en insensé".
Ensuite, il avoue qu'il mérite son châtiment. Ceux qui sont réellement repentants reconnaissent la justice de Dieu lorsqu'il inflige un châtiment à cause du péché. Enfin, le brigand met toute sa confiance en Christ. Il n'ose même pas l'implorer, tant son salut lui paraît impossible. Il dit seulement: "Souviens Toi de moi quand tu viendras dans Ton règne". Ces paroles sont surprenantes, par la foi lumineuse qu'elles expriment. Jésus est Lui-même aux portes de la mort, tous l'ont abandonné, Son Père céleste semble Lui-même s'être détourné de Lui, et pourtant, l'homme croit en Lui. Il ne pense même pas à son pauvre corps, à sa pauvre vie; il pense à son âme. Il entrevoit une vie meilleure, inaugurée par Jésus, et il veut participer à cette vie.
"Souviens Toi de moi, quand Tu viendras dans Ton règne".
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