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dimanche 29 mars 2026

Deux brigands sur la croix, par Richard Andrejewski

 

Trois croix sont dressées sur une colline de Jérusalem. Trois hommes endurent le supplice réservé aux pires malfaiteurs. Deux de ces hommes ont mérité leur condamnation. Celui qui est au milieu n'a rien fait de mal. C'est Jésus de Nazareth. Et pourtant, c'est pour le péché que ce troisième doit mourir. Non pas pour ses propres péchés, car il n'en a pas commis, mais pour les péchés du monde; même pour les péchés de ces deux larrons crucifiés avec Lui. 

Il convenait que Jésus fût crucifié avec des malfaiteurs, puisque, sur cette croix, il prend la place de tous les malfaiteurs, c'est à dire, de tous les hommes. Car la Bible affirme que tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu. Le salaire du péché, c'est la mort, et ici, au Calvaire, Jésus se charge de nos péchés. Il souffre la mort pour tous. Le prophète Esaïe avait annoncé: "Ce sont nos souffrances qu'Il porte, ce sont nos douleurs dont Il s'est chargé, Il est blessé pour nos péchés, brisé pour nos iniquités, le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur Lui, et c'est par Ses meurtrissures que nous sommes guéris. Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait sa propre voie, et l'Éternel a fait retomber sur Lui l'iniquité de nous tous. Il s'est livré Lui-même à la mort, Il a été mit au nombre des malfaiteurs, Il a porté les péchés de beaucoup d'hommes, Il a intercédé pour les coupables".

Mais les deux brigands, sont-ils conscients de cela? Connaissent-ils Celui qui est crucifié avec eux?  Savent-ils que cet homme qui meurt avec eux est le Prince de la vie? Au-dessus de Sa tête, on peut lire l'inscription suivante: "Celui-ci est le roi des Juifs". Se rendent-ils compte de ce que Jésus peut leur ouvrir les portes du royaume Céleste? Les évangélistes Matthieu et Marc nous rapportent que les deux brigands, au début, l'insultaient et le raillaient avec autant de méchanceté que les passants, les prêtres, les scribes et les anciens.  

Mais Luc nous dit que, tandis que l'un des malfaiteurs continuait à l'injurier; "n'est-il pas le Christ, sauve-toi toi-même, et sauve-nous", l'autre le repris fermement en disant: "Ne crains-tu pas Dieu, toi qui subit ce qu'ont mérités nos crimes? Mais celui-ci n'a rien fait de mal". Puis, se tournant vers Jésus, il lui dit: "Souviens-toi de moi, quand tu viendras dans ton règne". 

Dans l'exemple de ces deux brigands, nous retrouvons les différents effets que produit la croix de Jésus. Lorsque, dans la prédication de l'Évangile, elle est présentée aux hommes. Tous, comme eux, sont des malfaiteurs. Ils sont tous coupables devant Dieu. Mais tandis qu'aux uns, la croix est une occasion de s'enfoncer plus profondément encore dans le mal, elle est pour les autres comme une bouée providentielle au milieu du naufrage. "La croix est une folie pour ceux qui périssent", écrit l'apôtre Paul, mais pour ceux qui sont sauvés, elle est une puissance de Dieu".

En effet, le premier de ces brigands s'endurcit jusqu'au bout. Bien qu'il soit en proie à une douleur extrême, dans la vallée même de la mort, son esprit orgueilleux ne s'humilie pas. Le Christ ne lui inspire que mépris et répulsion. Et pourtant, Jésus l'aime. Il donne Sa vie pour lui aussi, mais l'autre refuse cette rançon. Un cœur incrédule et impénitent ne peut recevoir la grâce qui lui est offerte. Cet homme s'enfonce dans l'éternité sans Dieu, sans Christ, sans espérance. 

L'autre brigand ressent au contraire une grande émotion devant Jésus de Nazareth, son compagnon de souffrance. Il pressent la grandeur et la puissance de l'innocente victime; un merveilleux changement se produit en lui. Un remord l'envahit, profond, à cause de ses crimes. Il entrevoit une lueur d'espoir en considérant ce Roi des Juifs qu'il vient de railler, et qui, tout à l'heure, implorait encore le pardon de Dieu sur Ses propres bourreaux. 

"Je te le dis, en vérité, aujourd'hui, tu seras avec moi dans le paradis". Ces paroles incroyables sont un monument à la miséricorde divine. Tout homme, fût il le pire des pécheurs, peut bénéficier du pardon total de Dieu, pourvu qu'il se repente. Le cas de ce brigand ne doit cependant pas inciter certains hommes à remettre leur repentir jusqu'au dernier moment, afin de "profiter" de l'existence au maximum. Car bien qu'un vrai repentir n'arrive jamais trop tard, un repentir volontairement retardé est rarement sincère. Il y a là une sorte de préméditation aussi sordide que stupide.   

En outre, qui peut être sûr d'avoir l'occasion de se repentir tout à son aise s'il remet à plus tard ce changement de cœur? Il est intéressant de considérer les différentes étapes par lesquelles est passé le brigand repentant. D'abord, il reprend son compère, en lui disant: "Ne crains tu pas Dieu?" Voilà, au fond, l'une des causes du péché. L'homme n'a pas respecté la justice de Dieu, ni Sa vérité, ni Ses commandements. "La crainte de Dieu n'est pas devant leurs yeux", dira l'apôtre Paul dans sa lettre aux Romains. 

Cet homme qui a vécu toute sa vie dans le tourbillon de ses passions désordonnées, est maintenant frappé par sa conscience et par la présence du Christ. Il dit en somme à l'autre: "Je crains Dieu; je n'ose plus agir en insensé". 

Ensuite, il avoue qu'il mérite son châtiment. Ceux qui sont réellement repentants reconnaissent la justice de Dieu lorsqu'il inflige un châtiment à cause du péché. Enfin, le brigand met toute sa confiance en Christ. Il n'ose même pas l'implorer, tant son salut lui paraît impossible. Il dit seulement: "Souviens Toi de moi quand tu viendras dans Ton règne". Ces paroles sont surprenantes, par la foi lumineuse qu'elles expriment. Jésus est Lui-même aux portes de la mort, tous l'ont abandonné, Son Père céleste semble Lui-même s'être détourné de Lui, et pourtant, l'homme croit en Lui. Il ne pense même pas à son pauvre corps, à sa pauvre vie; il pense à son âme. Il entrevoit une vie meilleure, inaugurée par Jésus, et il veut participer à cette vie.

"Souviens Toi de moi, quand Tu viendras dans Ton règne". 

dimanche 17 septembre 2023

La correction de Dieu

"Supportez le châtiment; c'est comme des fils que Dieu vous traite; car quel est le fils qu'un père ne châtie pas?" (Hébreux 12:7).


De quelle manière supportons-nous la correction de Dieu? Personne n'est parfait, et, en partie du moins, de notre attitude face à la correction de Dieu dépend notre épanouissement spirituel. 

Car le Seigneur châtie celui qu'il aime (Hébreux 12:6). Donc le chrétien qui fait tout ce qu'il veut et n'est jamais repris par Dieu a des questions à se poser sur sa vie spirituelle et sur sa relation avec Dieu. Évidemment, Dieu ne nous corrige pas pour nous infliger une douleur quelconque, mais Il nous montre ainsi qu'Il s'occupe de nous. Mais notre monde ne veut plus être corrigé. Tous le monde croit avoir raison et le droit de faire ce qu'il fait, et malheur à celui ou celle qui ose questionner son comportement! De nombreuses vérités bibliques sont ignorées, parce que 'église est aussi infectée par cette mentalité. Pourtant ce passage est clair: Dieu reprend et corrige ceux qui Lui appartiennent. Ce n'est pas vrai que nous recevons tout ce que nous demandons parce que nous avons fait une déclaration de foi un jour donné; la réponse sera souvent "Non". Parce que la volonté de l'homme et celle de Dieu ne sont pas les mêmes. Surtout lorsque nous ne regardons pas entièrement à Christ et que nous poursuivons les choses de ce monde. Nous devons réapprendre la soumission. C'est un mot qui a disparu du vocabulaire chrétien moderne, parce qu'il poursuit souvent les mêmes buts que le monde déchu.

Supportez le châtiment. Lorsque Dieu nous reprend, de quelque manière que ce soit, il ne s'agit pas d'abandonner la foi, mais de nous soumettre à Sa volonté. Avec foi, avec patience. Dieu permet parfois les épreuves venant de l'ennemi pour nous corriger et nous remettre sur le droit chemin. Il est écrit en Jacques 1:12: "Heureux l'homme qui supporte patiemment la tentation". Parce qu'il ne s'agit pas seulement ici de tentations charnelles, mais de toute épreuve ou tribulation venant sur notre route qui mettrait au défi notre foi et notre confiance en Dieu. 

Pour accepter la correction, il faut d'abord accepter de nous voir tel que Dieu nous voit. Nous pouvons Lui demander dans la prière de nous montrer qui nous sommes réellement, et, à la lumière des Écritures, Il nous le montrera certainement! Il faut ensuite accepter la réponse, voire la correction, avec humilité. De même que le père terrestre n'accorde pas toujours à son enfant tout ce qu'il désire, parce qu'il sait mieux que lui ce qui est bon pour sa santé et pour son développement, notre Père céleste ne veut que notre bien. Il sait ce qui est bon pour nous, nettement mieux que nous-mêmes! Donc nous ne comprenons pas toujours sur le moment pourquoi Il nous refuse ce que nous Lui demandons, ou pourquoi telle épreuve est venue nous barrer la route, mais plus tard nous Lui sommes toujours reconnaissants lorsque nous comprenons quel plan Il avait pour nous. 

Nous devons comprendre que si le Seigneur ne nous corrigeait pas, nous aboutirions sur un chemin qui n'est pas le Sien. Mais Il est le Berger, et nous sommes Ses brebis. Il nous appelle, et nous entendons et reconnaissons Sa voix. La question suivante est donc: Que faisons-nous après avoir entendu les appels du bon Berger? Il s'occupe de nous, nous ne Lui sommes pas étrangers, c'est pourquoi, si nous Lui faisons la sourde oreille, Il devra se faire entendre, parce qu'Il ne laisse pas s'éloigner de Lui à tout jamais ceux qu'Il considère comme Ses enfants. La correction du Seigneur est littéralement une preuve de Son amour à notre endroit. C'est ainsi qu'Il nous édifie et, à travers tout cela, nous apprenons à Lui faire entièrement confiance.   

Dans le Psaume 73, nous avons une belle illustration de ce que nous pensons souvent lorsque nous sommes sous la correction de Dieu. Nous regardons avec regret les méchants qui pèchent et font tout ce qu'ils veulent, et qui ne semblent jamais être repris ni contrariés. Asaph va jusqu'à dire, aux versets 3 à 5: "Je portais envie aux insensés, en voyant le bonheur des méchants. Rien ne les tourmente jusqu'à leur mort, et leur corps est chargé d'embonpoint. Ils n'ont aucune part aux souffrances humaines, ils ne sont point frappés comme le reste des hommes". Et il poursuit au verset 13: "C'est donc en vain que j'ai purifié mon cœur". Est-ce en vain que je marche avec Dieu? Pourquoi ces choses m'arrivent-elles? N'est-Il pas supposé prendre soin de moi? Y a-t-il un avantage quelconque à persévérer dans ma marche chrétienne? Qu'ais-je à gagner? Pourquoi ces luttes, ces outrages, ces épreuves? Qu'elle utilité ont-elles? Et Asaph poursuit au verset 14: "Chaque jour je suis frappé, tous les matins mon châtiment est là". C'est comme s'il dit ici: Ma vie est une suite d'épreuves. Je ne connais pas le bonheur. La calamité s'attache à moi et je suis misérable. 

Aux versets 16-17, c'est un rappel pour nous tous. Il dit: "J'ai réfléchi là-dessus pour m'éclairer, la difficulté fût grande à mes yeux, jusqu'à ce que j'eusse pénétré dans les sanctuaires de Dieu, et que j'eusse pris garde au sort final des méchants". Il est allé dans la présence de Dieu. Il a ouvert Sa parole, ainsi que son propre cœur. Il a sondé les Écritures et il y a vu les révélations concernant les plans de Dieu pour les justes ainsi que pour les méchants. Parce que nous ne pouvons pas comprendre ce que Dieu fait par un simple raisonnement humain. Nous devons nous soumettre à Lui et continuer de sonder et méditer les Écritures, car elles sont une connaissance et une sagesse pour ceux qui Lui appartiennent. 

Aux versets 21 et 22, il poursuit: "Lorsque mon cœur s'aigrissait, et que je me sentais percé dans les entrailles, j'étais stupide et sans intelligence". En d'autres mots il dit ici: Mon cœur était affligé, j'étais insatisfait. J'étais malheureux, parce que je me concentrais sur moi-même. Je ne connaissais pas le bonheur, parce que je ne marchais pas dans les voies que je désirais suivre. J'étais donc stupide et sans intelligence, parce que je ne chérissais pas les voies de Dieu, et tant que j'agissais de cette manière, je ne cherchais pas Sa sagesse et je ne Le laissais pas transformer mon intelligence. Je doutais de Dieu, je ne Lui faisais pas confiance pour me conduire vers "les verts pâturages" (Psaume 23:2). 

Mais Dieu est patient et Il comprend cela. Nous sommes faibles, mais Il ne veut pas nous détruire. Il désire simplement nous corriger et nous instruire. Il ne casse pas le roseau courbé (Esaïe 42:3). Il veut nous relever et nous élever un jour en Sa présence. C'est ainsi nous lisons en Psaume 73:23-24 : "Cependant je suis toujours avec toi, tu m'as saisi la main droite, Tu me conduiras par ton conseil, puis tu me recevras dans la gloire". Gloire à Dieu! Comme c'est encourageant lorsque nous comprenons cela! Nous sommes portés à l'oublier, mais notre demeure n'est pas ici bas. Nous n'y sommes que de passage. Nous sommes des étranger et des voyageurs sur cette terre. Nous nous trompons lorsque nous voulons tant nous y sentir à l'aise. Notre demeure là haut dans la gloire en présence de notre Créateur et Père éternel. 

Nous sommes gardés dans la foi par la grâce de Dieu. Il désire que nous Lui apportions nos questionnements. Il ne nous chasse pas; Il veut que nous ouvrions les Écritures et que nous venions en Sa présence, en cherchant Sa face en Lui ouvrant notre cœur. "Tu m'as saisi la main droite". Tu m'as tendu la main. Tu m'as saisi la main, pour me garder près de Toi. Ce verset est si puissant! Comme Asaph, nous reconnaissons que la correction de Dieu n'est pas pour nous détruire, mais à travers toutes choses, Il nous tient la main, comme un Père aimant tient la main de son enfant pour traverser la rue. Alors que nous traversons la vie dans ce monde, avec ses hauts et ses bas, puissions-nous ne jamais oublier que nous sommes dans la main d'un Dieu tout-puissant, dont l'amour est insondable. Il est notre seul Protecteur, et Il nous guide par Ses conseils et Ses enseignements. 

Que toute la gloire soit rendue à Dieu seul, Amen.

dimanche 23 octobre 2022

Ô Dieu, nous avons péché contre toi

Les enfants d’Israël crièrent à l’Éternel, en disant: Nous avons péché contre toi, car nous avons abandonné notre Dieu et nous avons servi les Baals (Juges 10:10).


Si mon peuple sur qui est invoqué mon nom s’humilie, prie, et cherche ma face, et s’il se détourne de ses mauvaises voies, je l’exaucerai des cieux, je lui pardonnerai son péché, et je guérirai son pays (2 Chroniques 7:14).

Nous connaissons tous l'état misérable de notre monde, et nous savons que cela est dû au fait que nos nations se sont détournées du Dieu vivant. Personne ne peut prétendre avoir le pouvoir de régler les problèmes qui nous accablent, parce qu'ils sont d'ordre spirituel. Abandonnez Dieu, et Il vous abandonnera à votre stupidité et à vos sens réprouvés (Romains 1:18-32). Pire, Il accorde à ces nations des dirigeants selon leur cœur corrompu, ce qui fait en sorte que ces nations s'éloignent à une vitesse vertigineuse de tout ce qui est bien, allant jusqu'à légiférer pour que le bien selon Dieu soit maintenant appelé "mal", et tout ce que Dieu considère mal est légalisé. Tout cela fait en sorte que nous nous enfonçons toujours plus loin dans le mal, et la main de Dieu s'appesantit de plus en plus sur nous. 

La situation est-elle désespérée? Point de vue humain, oui. Nous sommes à un stade critique du jugement de Dieu. Lorsqu'Il abandonne une nation à son insanité, le mal ne fait que progresser car il n'a plus aucune retenue. C'est l'histoire de l'humanité. C'est l'histoire du peuple d'Israël. Et ça sera l'histoire de cette génération si elle ne se repent pas. Nous avons été des témoins privilégiés de ce qui arrive lorsqu'une nation se détourne de Dieu, mais nous faisons pire encore. Comment pouvons-nous imaginer un instant que Dieu nous protègera malgré notre rejet complet de qui Il est et de Ses commandements, et de Son salut qu'Il nous offre gratuitement en Jésus-Christ? Cette génération est sans excuse. C'est sciemment qu'elle rejette Dieu. La Parole a été répandue partout, nous l'avons vu à l'œuvre, mais cette génération a préféré les ténèbres et a entrepris de faire la guerre à Dieu et aux siens. 

Israël avait la mauvaise habitude, en tant de paix, de se détourner de Dieu et d'adorer les Baals. Nous avons fait la même chose. Oh, peut-être n'adorons-nous pas Baal, mais Moloch est bien présent dans nos nations, avec le culte du corps, de la personnalité et de l'épanouissement de soi qui conduit à tant d'avortements, qui sont autant de petites voix qui crient vers Dieu, Lui demandant de venger leur sang innocent. Mamon est bien présent dans nos sociétés corrompues, où la cupidité des hommes les conduits à tuer leur prochain de toutes les manières imaginables sans même le regretter, et cela, du simple citoyen aux grandes corporations et aux chefs de gouvernements. 

Tout au long du livre des Juges, nous voyons ce modèle qui revient: Dieu délivre Son peuple, celui-ci, lorsqu'il a été délivré, oublie la reconnaissance dû à son Dieu et se tourne vers les idoles; Dieu les abandonne à eux-mêmes, ce qui ôte par le fait même Sa protection de sur eux; la main de leurs ennemis s'appesantit sur Israël; le peuple crie vers Dieu et se repent, Dieu se laisse "attendrir" et Il les délivre de nouveau de la main de leurs ennemis, et le cycle recommence. Ainsi nous lisons en Juges 10:8-9 : "Ils opprimèrent et écrasèrent les enfants d’Israël cette année-là, et pendant dix-huit ans tous les enfants d’Israël qui étaient de l’autre côté du Jourdain dans le pays des Amoréens en Galaad. Les fils d’Ammon passèrent le Jourdain pour combattre aussi contre Juda, contre Benjamin et contre la maison d’Éphraïm. Et Israël fut dans une grande détresse".

Alors, le peuple se souvint de son Dieu, et accompli la parole prononcée par l'Éternel en 2 Chroniques 7:14: "Si mon peuple sur qui est invoqué mon nom s’humilie, prie, et cherche ma face, et s’il se détourne de ses mauvaises voies, -je l’exaucerai des cieux, je lui pardonnerai son péché, et je guérirai son pays". "Les enfants d’Israël crièrent à l’Éternel, en disant: Nous avons péché contre toi, car nous avons abandonné notre Dieu et nous avons servi les Baals" (Juges 10:10). 

N'imaginons pas que nos nations connaîtrons un meilleur sort que celui subit par le peuple même que Dieu s'était réservé. Cela n'arrivera pas. L'histoire nous démontre que Dieu fait en sorte que le châtiment d'une nation est égal à la multiplication de ses péchés et de ses idoles. Et les péchés de nos nations sont terribles, et ils sont en grand nombres! Les chrétiens ont une grande responsabilité en ce que plusieurs ont cessé d'être des portes-lumière dans un monde de ténèbres, préférant s'associer aux ténèbres plutôt que d'être haï par l'ennemi de notre salut et ses serviteurs. Nous nous contentons d'un évangile dilué, sans fondement biblique, où le nom de Jésus est à peine prononcé en chaire, où Christ n'est plus le seul Sauveur, et où Dieu ne rend jamais justice à chacun selon son obéissance ou sa désobéissance. Notre chrétienté est devenue tiède, où chacun s'empresse de servir le "Dieu" qui lui convient. En cela même, nous ne différons guère des Israélites qui se détournaient aisément de Dieu pour adorer les dieux des peuples qui les entouraient. Pareillement, selon l'humeur et le goût du jour, nous en sommes venus à créer un dieu qui se conforme aux affections de la chair et qui se soumet à nos sentiments et à notre volonté, et qui n'a plus rien à voir avec le Dieu véritable de la Bible qui est un Dieu d'amour, mais qui est fidèle et juste et qui ne peut se renier Lui-même. 

Quelqu'un a dit que "les temps faciles créent des hommes faibles". Je ne sais si cela est vrai, mais il est une chose qui est certaine, c'est que la facilité dans bien des pays a créé dans le cœur des gens une recherche d'encore plus de facilité et de bien-être, créant de toute pièce une religion basée sur un soi-disant "amour" et sur l'estime de soi, et mettant de côté tout ce qui, dans la Bible, pourrait aller à l'encontre de ce courant de pensée égoïste et mensonger. Si quelqu'un était rempli d'amour, c'est bien Jésus, et cela ne l'a jamais conduit à prêcher un évangile de facilité au détriment de la vérité. Et ultimement, cela l'a conduit à la croix. Réfléchissons à cela un instant. Nous ne pouvons pas servir Dieu et être aimé d'un monde qui se perd, c'est impossible. L'amour se trouve dans la vérité. Et la vérité se trouve en Christ. Et nous trouvons Christ dans la parole de Dieu, dans la Bible. Malheur à celui qui ajoute ou retranche une parole à ce livre (Apocalypse 22:18). 

Ce n'est pas sans raison que l'apôtre Paul écrira en Romains 1:18 que "la colère de Dieu se révèle contre (...) les hommes qui retiennent injustement la vérité captive". Le fondement d'une vie spirituelle solide repose sur la vérité de la révélation de Dieu qui se trouve dans Sa parole. Lorsque nous commençons à jouer avec Ses vérités en les adaptant à la mode du jour, il est impossible de vivre et de marcher d'une manière droite devant Dieu, parce que nous retenons ainsi la vérité captive de l'impiété et de l'impureté de cœurs non régénérés par le sang de Christ. Lorsque cette seule vérité est retenue captive, nous aboutissons à la génération qui est la nôtre: elle n'a ni boussole, ni gouvernail. Elle est comme un navire livré aux caprices du vent et des vagues sans possibilité aucune de corriger la route qui le mène droit sur un récif où il s'échouera et se brisera. La seule boussole dans un monde de mensonge sera toujours la vérité divine. Et il est de la responsabilité de tous ceux qui se prétendent chrétiens d'y demeurer fermement, étant ainsi des phares construits sur le Roc inébranlable, insensibles aux modes et aux philosophies mondaines et puériles. 

L'oppression des peuples qui les entouraient conduisit les Israélites à remettre en question leur conduite et croyances; l'inutilité et l'impuissance du culte qu'ils rendaient à leurs dieux de bois et de fer. De même, si nos cœurs ne sont pas totalement alourdis par la propagande diabolique qui sévit aujourd'hui, cherchant à rendre les chrétiens confortables dans un monde qui n'a jamais été aussi ouvertement rebelle et en guerre avec son Créateur, nous devrions réfléchir et remettre en question les évangiles faibles et sans puissance qui se sont multipliés au cours des vingt ou trente dernières années et qui trompent tant de personnes qui ne lisent plus leur Bible. Car l'image de Dieu que nous nous créons et qui n'est pas telle qu'Il s'est fait connaître à nous dans la Bible ne vaut pas mieux que les idoles que servaient les Israélites. Nous avons un peuple nombreux de soi-disant chrétiens qui ont fait de la poursuite des choses du monde leur priorité numéro un dans la vie. Il n'y a aucune différence entre ces gens et ceux qui ne croient en rien; ils ont la même ardeur à poursuivre les choses qui sont vouées à la destruction et qui ne peuvent les sauver du juste jugement de Dieu qui s'abat sur tous les rebelles.  

De toutes ces choses futiles que le monde offre, certaines ne sont pas mal en elles-mêmes, mais elles le deviennent lorsqu'elles prennent la place de Dieu en devenant des idoles. Lorsque notre âme est éveillée, par la grâce de l'Esprit du Dieu vivant, nous constatons rapidement à quel point l'éloignement de la vérité de Dieu nous séparait de Sa présence, de Sa bénédiction et de Sa protection. Et c'est ce qui est arrivé aux Israélites. Lorsque la main de leurs oppresseurs s'est suffisamment appesantie sur eux, ils sont, pour ainsi dire, rentré en eux-mêmes et ont réfléchi à leur conduite à la lumière de la parole de Dieu. Et ils ont reconnu à quel point ils avaient besoin d'un Sauveur, et pas n'importe lequel: le seul Dieu vivant, le Créateur de toutes choses, visibles et invisibles; Celui qui les avait fait sortir d'Égypte d'une manière surnaturelle et qui, de la même manière, leur avait donné le pays promis, lorsqu'Il marchait devant eux. 

De la même manière, notre génération a besoin de rentrer en elle-même et de constater les dégâts causés par son éloignement de Dieu. Rien ne peut nous délivrer sauf Celui-là même qui donne la vie et qui la reprend. Nous avons besoin d'aide, et cette aide ne viendra d'aucun politicien ou d'aucune vedette de cinéma. Il nous faut retrouver l'humilité et le chemin de la prière; il nous faut nous repentir et rejeter cet orgueil destructeur et fléchir de nouveau les genoux devant le grand Dieu vivant, dans la prière et les supplications. Il faut que cette repentance soit sincère, et que nos cœurs soient réellement affligés par nos péchés. Car Dieu dira à Son peuple, au verset 13: "Mais vous, vous m’avez abandonné, et vous avez servi d’autres dieux. C’est pourquoi je ne vous délivrerai plus". Ce qu'Il désirait, c'était une repentance sincère, et non pas une espérance de délivrance pour aussitôt retourner dans une vie mauvaise. Il voulait que leur cœur soit réellement désespéré de la condition dans laquelle ils s'étaient eux-mêmes plongées, car leur problème était plus profond que seulement la main de leurs oppresseurs s'appesantissant sur eux. Leur problème était d'ordre spirituel, car ils s'étaient rebellés contre Dieu, comme nous l'avons fait dans cette génération.

Le Psalmiste pose la question en Psaumes 11:3 : "Quand les fondements sont renversés, le juste, que ferait-il?" Alors que les nuages menaçants s'amoncellent au-dessus de la Terre, annonciateurs d'une tempête non plus à venir, mais qui est déjà là, la même question se pose à nous, qui sommes croyants: Alors que les fondements de nos sociétés sont ébranlés et que l'ennemi destructeur a installé ses serviteurs à tous les niveaux de la société, jusqu'aux plus hautes autorités, que faisons-nous? Il faut plus que jamais, comme jadis les Israélites l'ont fait, qu'un cri de désespoir jaillisse du cœur des vrais croyants pour tous les perdus qui ne sont pas actuellement en mesure de crier eux-mêmes pour recevoir le secours de Dieu. Il faut que les chrétiens s'attachent au véritable Évangile, en ignorant les fables habilement conçues pour détourner les cœurs du plus grand nombre de la seule vérité qui peut nous affranchir de l'esclavage du péché et de la mort. Cette vérité, elle ne se trouve qu'en Jésus, qui a dit qu'Il était "le chemin, la vérité et la vie" (Jean 14:6). Il nous faut reconnaître notre égarement, peut-être en tant qu'individus, mais aussi en tant que société, et nous devons espérer en la miséricorde de Dieu, qui ne prend pas plaisir à la perte des pécheurs. 

Dieu s'est révélé à nous dans la Bible, mais Il s'est aussi révélé à Son peuple au cours de l'histoire, et ce qui ressort est Sa grandeur et Sa majesté. Il semble que, même parmi les chrétiens, nous ayons oublié notre petitesse devant un si grand Dieu. L'aspect de la gloire de l'Éternel était comme un feu dévorant (Exode 24:17). La gloire du Dieu saint, de l'Éternel Dieu tout-puissant n'est pas quelque chose à prendre à la légère. Tous les prophètes de l'Ancien Testament se prosternaient, le visage contre terre lorsqu'ils étaient confrontés à leur propre petitesse devant un si grand Dieu. Jésus va bientôt juger ce monde, mais souvenons-nous qu'Il n'est pas d'abord venu pour juger, mais pour sauver. Il nous faut être réconcilié avec Dieu par Lui. C'est un Dieu Juste et Saint. Nous ne pouvons pas nous élever à ces standards afin d'éviter le jugement sans nous accrocher étroitement à Jésus en nous livrant totalement à Lui. C'est par Lui que Dieu a choisi de Se réconcilier le monde, et aujourd'hui plus que jamais, il est temps de venir ou de revenir à Jésus, agenouillés devant Sa majesté, acceptant son offre de pardon, Lui qui, dans Sa grâce, veut pardonner le pire des pécheurs. 

Si le méchant revient de tous les péchés qu’il a commis, s’il observe toutes mes lois et pratique la droiture et la justice, il vivra, il ne mourra pas. Toutes les transgressions qu’il a commises seront oubliées; il vivra, à cause de la justice qu’il a pratiquée. Ce que je désire, est-ce que le méchant meure? dit le Seigneur, l’Éternel. N’est-ce pas qu’il change de conduite et qu’il vive? (Ézéchiel 18:21-23). 

Que toute la gloire soit rendue à Dieu seul, Amen.

dimanche 27 mai 2018

Contradiction... Vraiment? L'Éternel et Caïn

"L’Éternel dit à Caïn: Où est ton frère Abel?" (Genèse 4:9)
"Quelqu’un se tiendra-t-il dans un lieu caché, sans que je le voie? dit l’Éternel (Jérémie 23:24). 

Certains avancent qu'il se trouve ici une flagrante contradiction. 

En Genèse, Dieu sait parfaitement ce qu'il s'est passé entre Caïn et son frère Abel. Il dit à Caïn: "Qu'as-tu fais? La voix du sang de ton frère crie de la terre jusqu'à moi" (Genèse 4:10). Car, quelqu'un tiendra-t-il un péché caché sans qu'Il ne le voit? 

Les incroyants haïssent par-dessus tout l'idée d'un Dieu qui voit tout, qui entend tout, pour la simple et bonne raison qu'ils veulent bien pouvoir pécher tranquillement, sans avoir à se soucier d'en rendre compte un jour. C'est la raison pour laquelle ils s'emploient comme ils le font à nier l'existence d'un Dieu omnipotent et omniscient. Certains consacrent leur vie à combattre Dieu. Ils écrivent des livres, ils font des conférences partout dans le monde. Quand on y pense, c'est une énorme dépense d'énergie pour combattre quelqu'un qui n'est pas censé exister et qui, selon eux, n'existe que dans un livre de fable appelé "Sainte Bible"!  

Quoiqu'il en soit. nous les remercions d'avoir si patiemment fouillé la Bible afin d'y trouver une apparente contradiction et d'y avoir trouvé ces deux versets qui se complètent si bien. Il n'existe probablement pas un seul théologien qui aurait eu l'idée de faire un rapprochement entre ces deux versets! Pourtant il est clair en Genèse que l'Éternel Dieu, qui avait été témoin de tout, essayait de faire reconnaître son péché à Caïn, comme il l'avait précédemment fait avec ses parents lorsque ces derniers désobéirent (Genèse 3:9). Où es-tu? Qu'as-tu fait? Caïn, as-tu vu l'état de ton frère? Que lui est-il arrivé? La voix de sa conscience le torturait, et le pauvre pécheur, comme le petit gamin pris en flagrant délit de vol de bonbon, plutôt que de reconnaître son péché, tente de se disculper, disant: "Je ne sais pas; suis-je le gardien de mon frère"? Il tentait si fort de se convaincre que son péché n'était pas aussi grave qu'il en avait l'air qu'il essaya même de le cacher de Dieu, comme si cela était possible.  

Depuis le début des temps, la gravité du péché nous a été démontrée à travers les écrits bibliques, mais nous les chrétiens sommes les premiers à nous employer à essayer de nous disculper nous-mêmes plutôt que de nous présenter tels que nous sommes devant notre Créateur, implorant Sa miséricorde, évoquant le précieux sang de Jésus versé comme une rançon pour ceux qui veulent bien se réfugier sous la croix. 

Caïn tomba en disgrâce, et il devint errant et vagabond sur la terre. C'est le sort réservé à tous les pécheurs qui fuient la grâce de Dieu. Nul bien ne peut sortir d'une telle situation. Ils errent ça et là, cherchant à convaincre l'un et l'autre de leur bonne humanité, mais la somme de leurs péchés qu'ils tiennent cachés ainsi que les malédictions qui leurs sont liées sont un fardeau qui est lourd à porter. Regardons pour preuve la réaction de Caïn au châtiment de Dieu: "Mon châtiment est trop grand pour être supporté" (Genèse 4:13). 

Il n'est pas de pire état que celui d'un pécheur qui n'est pas prêt à pleurer sur son péché, mais sur le châtiment qui lui est lié. Nous l'avons vu plus haut: c'est la raison pour laquelle beaucoup d'incroyants s'emploient à essayer de prouver la non-existence de Dieu; ils tentent ainsi d'éviter le juste châtiment que méritent leurs péchés. Mais il y a pire situation encore que celle-là: c'est lorsque le supposé chrétien agit comme si Dieu n'était pas un Dieu de justice. S'il n'était pas justice, Il ne serait pas miséricorde non plus. Que nous le voulions ou non, miséricorde et pardons sont liés à la justice. Si nous voulons d'un Dieu miséricordieux et compatissant, nous devons être prêts à accepter le Dieu de justice, qui rend à chacun selon son obéissance ou selon sa désobéissance. Mais cette justice se trouve en Christ, et en Christ seul. Ne fuyons pas la croix; mais saisissons-nous en! Il n'y a qu'en Christ crucifié et ressuscité que les cris de nos péchés cesseront de hanter notre conscience, de la même manière que le sang d'Abel criait à Dieu. Peut-être bien qu'en ce moment nos péchés cachés crient à la face de Dieu, mais il existe une chose qui crie encore plus fort vers Lui, et qu'Il est tout disposé à entendre: c'est le sang de Jésus! Gloire à Dieu! Réfugions-nous donc sous la grâce de Dieu, en Christ ressuscité!  Présentons-nous devant lui sincèrement, avec repentance, et nous serons certainement épargné du juste châtiment qui nous était destiné.

Que toute la gloire soit rendue à Dieu seul, Amen.

dimanche 25 décembre 2016

Pas de place pour Lui

Luc 2:6-7 : "Pendant qu’ils étaient là, le temps où Marie devait accoucher arriva, et elle enfanta son fils premier-né. Elle l’emmaillota, et le coucha dans une crèche, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans l’hôtellerie."

Il n'y avait pas de place pour le Roi des rois, pour le Seigneur des seigneurs. La venue du Messie avait été prophétisée des milliers d'années à l'avance, mais lorsqu'Il est venu, les gens étaient tous trop occupés pour le reconnaître. Il n'y avait pas de place pour Lui. Pourtant, ce soir-là, il est probable que dans les synagogues du pays, beaucoup d'Israélites, à qui la promesse avait été faite, étaient réunis. Peut-être aussi que le passage des Écritures qui était lu ce soir-là à la synagogue de Bethléhem était celui-ci: "Et toi, Bethléhem Ephrata, petite entre les milliers de Juda, de toi sortira pour moi celui qui dominera sur Israël, et dont l’origine remonte aux temps anciens, aux jours de l’éternité." (Michée 5:2) 

La situation de l'époque était difficile en Israël. Les armées romaines dominaient sur la Judée, et un lourd impôt était exigé aux Juifs. Depuis des générations, depuis la sortie d'Égypte, le peuple Juif espérait la venue du Messie. Moïse avait d'ailleurs prophétisé de la part de Dieu: "Je leur susciterai du milieu de leurs frères un prophète comme toi, je mettrai mes paroles dans sa bouche, et il leur dira tout ce que je lui commanderai (Deutéronome 18:18-19). Il était coutume de dire que ce Messie ferait son apparition d'une manière triomphale, un Dieu venant directement des cieux pour sauver son peuple du courroux Romain. Mais après des années et des années d'attente, cette espérance venait à laisser place à une certaine indifférence. À l'évidence, il semblait que le Messie ne viendrait pas au cours de cette génération-ci non plus. Les gens assistaient donc aux réunions à la synagogue, plus par tradition que par une foi vivante en un Dieu en plein contrôle de toutes choses. La noirceur spirituelle régnait à cette époque, et les maîtres de la loi ne comprenaient à peu près pas les Écritures. (Luc 10:25) Comment pouvaient-ils inculquer une quelconque connaissance spirituelle à ceux qui les écoutaient? Aussi ce soir-là, les gens écoutèrent-ils d'une oreille distraite les tentatives d'explication du docteur de la loi, qui essaya d'expliquer ce passage de Michée 5:2 au mieux de ses capacités, mais lorsque la réunion fût terminée, on ne pouvait pas dire que les gens qui y étaient réunis comprenaient beaucoup mieux ce passage que quelques heures auparavant.

L'un venait de s'acheter cinq paires de bœufs, et devait les essayer. Un autre venait de se marier. Un autre encore venait d'acheter un champ, et il avait très hâte d'aller le voir. Tous avaient fort à faire, et peu prenaient du temps pour leur vie spirituelle. Aussi, lorsque la rumeur se répandit dans la région que des voyageurs étrangers appelés "mages" cherchaient de lieu en lieu le "roi des Juifs" afin de l'adorer, à peu près personne ne s'émeut à ce propos. Ce ne fut probablement qu'un léger sujet de discussion, les gens se demandant qui étaient ces voyageurs et d'où ils venaient. En ce qui concernait le "roi des Juifs" nouveau-né, cela devait venir de leur lubie d'étudier les étoiles, car ne prétendaient-ils pas "avoir vu son étoile en Orient"? Les seuls dans tout le pays qui s'émurent à propos de Jésus furent le roi païens Hérode et ses proches collaborateurs, car s'il s'avérait exact que ce nouveau-né était destiné à être roi, son règne pouvait être menacé. Du moins le croyait-il! 

Ici, n'est-il pas intéressant de constater que celui qui crut le plus à la prophétie de Michée fût un païen? Hérode, ayant été joué par les mages qui ne retournèrent pas lui dirent où ils avaient trouvé le Messie, fit périr tous les garçons âgés de deux ans et au-dessous de Bethléhem et dans tout son territoire, tellement il avait peur pour son règne! Mais où étaient les sacrificateurs, les scribes, les docteurs de la loi? Ils avaient les rouleaux des Écritures devant eux tous les jours. Ils citèrent eux-mêmes le passage du livre du prophète Michée au roi Hérode. Mais aucun d'entre eux n'eut à cœur de trouver Jésus. Trois étrangers venus d'Orient, et un roi païen cherchèrent Jésus, le Christ. (Il y a bien eu aussi quelques bergers, divinement avertis en vision de la naissance de Jésus, Luc 2:8-18) Les uns pour l'adorer, l'autre pour l'éliminer. Mais personne en Israël, à qui la promesse d'un sauveur avait été faite, ne crût à la prophétie de Michée. La vie continuait, alors que le sort de l'humanité était en train de s'écrire. Il n'y avait pas de temps ni de place pour Christ. "Il s’est élevé devant lui comme une faible plante, comme un rejeton qui sort d’une terre desséchée; il n'avait ni beauté, ni éclat pour attirer nos regards, et son aspect n’avait rien pour nous plaire. Méprisé et abandonné des hommes, homme de douleur et habitué à la souffrance, semblable à celui dont on détourne le visage, nous l’avons dédaigné, nous n’avons fait de lui aucun cas" (Esaïe 53:2-3). 

Nous imaginons aisément Marie et Joseph allant d'hôtel en hôtel, et, désespérés, sortant de la ville et peut-être même frappèrent-ils par hasard à la porte de l'homme cité plus haut qui venait de s'acheter cinq paires de bœufs, espérant trouver un abri et un peu de chaleur pour l'enfant à naître. Mais tout le monde leur répondait, non sans un peu de gêne: "Désolé, nous n'avons pas de place pour vous, allez voir ailleurs". Alors que les douleurs de l'enfantement étaient à leur paroxysme, n'ayant plus d'espoir de trouver un abri parmi les hommes, ils virent soudain une modeste étable, ouverte aux quatre vents. Lorsqu'ils y entrèrent, les animaux qui essayaient d'y trouver un peu de chaleur firent respectueusement de la place pour les nouveaux venus, et c'est ainsi que le Christ naquit à Bethléhem. Non pas dans une demeure royale, comme il l'eut mérité, Lui, Dieu-homme, car les hommes ne voulaient pas de Lui; mais parmi les bêtes. Les premiers pleurs de Jésus, les larmes de Marie, l'anxiété de Joseph. Personne n'en fût témoin; sinon quelques animaux chétifs qui, entendant l'appel du Berger, se rapprochèrent plus près du nouveau-né et de sa famille, comme pour partager un peu de chaleur et de compassion. Le Messie était né, dans la plus complète indifférence. 

Aujourd'hui, c'est aussi dans l'indifférence la plus complète que les hommes vivent la vie qui leur est prêtée. Il n'y a pas vraiment de place pour Christ. Même parmi les chrétiens, une demi-journée par semaine consacrée aux choses du Royaume de Dieu suffit trop souvent à leurs yeux. Nous voulons bien le salut qu'Il a à nous offrir, mais... La génération dans laquelle nous vivons ne jure que par le confort et la recherche de la satisfaction de notre bien-être par-dessus toutes choses. Ce cancer ronge la vie spirituelle des chrétiens comme il empêche bon nombres de païens de venir au salut, privilégiant ainsi les plaisirs pendant soixante, soixante-dix ans, ou peut-être quatre-vingt ans, à l'éternité. Mais que sont ces plaisirs passagers, ici-bas, qui sont souvent suivis d'amères conséquences et qui ne remplissent pas le vide de nos cœurs? Jamais rien ni personne ne pourra prendre la place que Dieu seul devrait avoir en nous. Nous le savons bien, mais puisque la marche avec Jésus implique de nous soumettre à la volonté de Dieu... Cette génération ne veut plus se soumettre à rien. Chacun veut vivre selon ses propres désirs, à sa manière propre, sans se soucier des autres ni de ce que Dieu en pense. Bien ou mal? Peu leur importe, car ils aiment à croire que cela est personnel. Ce que toi tu appelles mal, disent-ils, moi j'appelle cela bien, et je fais ce que je veux, et personne n'a rien à dire. Dans leur orgueil, aussi insignifiants soient-ils, ils lancent contre Dieu leurs petits poings et croient ainsi, avec leur rébellion, avoir le dernier mot. Peut-être seront-ils libres sur Terre, car Dieu n'est pas un tyran pour forcer qui que ce soit à le suivre, mais les règles sont les mêmes pour tout le monde; et les règles d'entrées dans la présence de Dieu pour l'éternité ont été fixées par Dieu Lui-même, en Jésus-Christ, et rien ni personne ne pourra y changer quoi que ce soit. Soit que nous marchions comme Jésus a marché, soit que nous continuions à marcher comme le monde. Il n'y a pas de zone grise, pas d'entre-deux. 

Et la fête de Noël n'y échappe pas. Elle ne représente plus pour les uns qu'une fête commerciale où les gens s'endettent pour s'offrir des cadeaux qu'ils ne peuvent même pas se payer. Pour d'autres, cette fête représente une occasion parmi d'autres de se saouler et/ou de tromper leur épouse ou leur mari. Pour d'autres encore, elle est synonyme de tristesse, de séparation, de division ou d'abandon. En un peu plus de 2000 ans, rien n'a changé. Qui prend le temps pour Jésus? L'un vient de s'acheter le jeu vidéo dernière génération, et il doit l'essayer. Un autre vient de se trouver une nouvelle concubine, et il doit l'essayer également. Un autre encore vient de s'acheter le terrain de ses rêves sur lequel il construira - en s'endettant lourdement - un palace dans lequel il s'ennuiera une fois installé. Jésus? Parlez-leur de Jésus. Parfois gêné, parfois non, ils vous répondront: "Désolé, nous n'avons pas de temps pour cela, allez voir ailleurs". 

"Cependant, ce sont nos souffrances qu’il a portées, c’est de nos douleurs qu’il s’est chargé; et nous l’avons considéré comme puni, frappé de Dieu, et humilié. Mais il était blessé pour nos péchés, brisé pour nos iniquités; le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris. Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait sa propre voie; et l’Éternel a fait retomber sur lui l’iniquité de nous tous. Il a été maltraité et opprimé, et il n’a point ouvert la bouche, semblable à un agneau qu’on mène à la boucherie, à une brebis muette devant ceux qui la tondent; il n’a point ouvert la bouche. Il a été enlevé par l’angoisse et le châtiment; et parmi ceux de sa génération, qui a cru qu’il était retranché de la terre des vivants et frappé pour les péchés de mon peuple?" (Esaïe 53:4-8)

Prions.

Seigneur, nous sommes devant Toi en ce jour où nous nous souvenons de Ton sacrifice ultime. Tu n'as pas voulu qu'Abraham sacrifie son fils Isaac, car cela n'aurait servi à rien, mais c'était une ombre des choses à venir où Ta Parole sortirait de Toi et viendrait jusqu'à nous, prendrait un corps de chair, comme nous, et souffrirait, comme nous, et cette Parole est appelée ton Fils, Jésus, le Christ. Oui, cette parole a été faite chair, elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité, et en elle, en Toi Jésus, nous contemplons la gloire de notre Père céleste. Humblement Tu es venu, humblement Tu as vécu, Tu as offert toi-même de quitter temporairement la gloire du Père lorsque Tu as dit: "je publierai ton nom parmi mes frères, je te célébrerai au milieu de l’assemblée." Aide-nous s'il te plaît à marcher humblement, comme Tu as marché, à aimer comme Tu nous as aimés, sans compromis. Tu es venus dans l'indifférence la plus totale; personne ne se souciait de Ta venue; ils ne pouvaient pas savoir que tes petites mains et tes petits pieds seraient plus tard percées par les clous rageurs, ni que ta douce peau serait arrachée par le fouet romain, ou que tes petits cheveux seraient maculés de ton propre sang à cause de la couronne d'épine qui a été posée sur ta tête. Ton amour était si grand; toute ta vie Tu n'as fait que le bien. Pourtant déjà lorsque Tu étais à Jérusalem, tu te demandais si tu trouverais la foi sur la Terre, lors de Ton retour. 
L'indifférence spirituelle est aujourd'hui partout; c'est pourquoi nous te supplions de renouveler en nous ce vif désir de vivre pour Toi, car c'est la moindre des choses que nous puissions faire après tout ce que Tu as fait pour nous. Apprends-nous à nous oublier pour notre prochain. Tu as porté nos péchés, Tu as intercédé pour les coupables, dont nous sommes tous et tu t'es chargé du juste châtiment qui nous était réservé. S'il te plaît, augmente notre foi et notre connaissance de Ta parole, afin que nous ne vivions pas en vain. Accorde-nous Ta joie et Ta paix du cœur, afin qu'en toutes situations, nous persévérions sur le sentier du salut. Prends en nous la place qui te revient; la première place. Nul n'est comme Toi, et nous te sommes infiniment reconnaissants pour le pardon de nos péchés et pour le salut que Tu nous accordes. Ta grâce est infinie, et à cause d'elle, Tu aimes et Tu désires délivrer et pardonner le pire des pécheurs. Touches les intelligences les plus endurcies, transforme les cœurs de pierre en cœur de chair. Oui, que Ton Esprit vienne faire son oeuvre transformatrice parmi les hommes de cette génération perdue, et délivre-nous de l'indifférence. Nous ne voulons pas être cette génération qui, comme Bethléhem il y a un peu plus de 2000 ans, était endormie et indifférente lors de la venue de son Sauveur. Ta venue est proche, elle est certaine comme celle de l'aurore; aides-nous à demeurer éveillés et vigilants, car nous savons que l'ennemi veut nous faire périr comme il a cherché à Te faire périr lors de Ta naissance. Mais Père Éternel, soit que nous vivions, soit que nous mourrions, nous savons que rien ne nous séparera jamais de Ton amour manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur et Sauveur personnel, pourvu que nous tenions ferme dans l'obéissance à Ta parole et à Ta sainte volonté. Avec ton aide, nous te louerons, nous t'adorerons tous les jours de notre vie. À Dieu soit la gloire, pour aujourd'hui et pour toujours, Amen.