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dimanche 14 décembre 2025

Le chrétien en armure complète, par William Gurnall, 38e partie

 

Une seconde exhortation à s'armer, et un argument à l'appui de cette exhortation.

C'est pourquoi, prenez toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir résister dans le mauvais jour, et tenir ferme après avoir tout surmonté (Éphésiens 6:13).

L'apôtre reprend ici son exhortation précédente, mentionnée au verset 11, et la réaffirme avec une force nouvelle, suite à la révélation plus précise qu'il fait de l'ennemi au verset 12. Tel un éclaireur fidèle, il y décrit en détail la grande puissance et la malice de Satan, et dévoile également le dangereux dessein qu'il nourrit à l'encontre des saints : les dépouiller de tout ce qui est céleste. 

Face à cela, il les met une seconde fois en garde et leur ordonne : "Armez-vous ! Armez-vous ! Prenez donc l'armure complète de Dieu !" 

Considérons ces paroles : Premièrement, l'exhortation et son sous-entendu : "Prenez donc l'armure complète de Dieu." Deuxièmement, l'argument qui sous-tend cette exhortation, et qui est double : Premièrement, "Afin que vous puissiez résister au jour du mal." Deuxièmement, "Ayant tout fait, tenir bon". c'est-à-dire, être capables de combattre et de vaincre.

L'exhortation par l'analogie

"C'est pourquoi, prenez toutes les armes de Dieu". Quant à la première exhortation générale, nous n'en tiendrons pas compte sur le fond, car elle est identique à celle du verset 11. Deux points méritent d'être soulignés : d'une part, la répétition de cette même exhortation si rapidement, avec un seul verset intercalé ; d'autre part, le verbe employé par l'apôtre, différent de celui du verset 11, qui lui confère une signification particulière. Au verset 11, il s'agit de "revêtez-vous" ; ici, il s'agit de "prenez".

Première observation.

Pourquoi l'apôtre renouvelle-t-il si tôt la même exhortation ; et quelles vérités les ministres doivent prêcher?

Remarquez ici la répétition de la même exhortation, et ce en si peu de temps. Ce n'est certainement pas par manque de matière, mais plutôt par zèle, qu'il insiste une seconde fois sur le même point. En effet, mieux vaut enfoncer un seul clou à coups répétés que celui qui veut en enfoncer beaucoup mais n'en fixe aucun. De tels prédicateurs, passant d'une vérité à l'autre sans s'attarder sur aucune, ont peu de chances d'atteindre les consciences. Tous les auditeurs ne sont pas aussi prompts que le prédicateur à saisir une idée dès qu'elle est lancée ; de même, rares sont ceux qui retiennent une grande partie d'un sermon décousu, où à peine un point est-il mentionné qu'il est aussitôt écarté, et un autre surgit avant même que le premier n'ait été solidement ancré dans les consciences. C'est bien plus efficace lorsque le discours est homogène et qu'une vérité essentielle est exposée, martelée et martelée avec insistance.

Ainsi, le sujet du discours est cohérent, et la remémoration d'une partie permet de se souvenir de l'autre ; tandis que dans le premier cas, on ne se souvient de l'autre que de façon superficielle. 

De brèves allusions et des conclusions hâtives peuvent plaire à un érudit, mais ne sont pas aussi profitables à d'autres. L'une convient mieux aux écoles, l'autre à la chaire. Si je devais acheter un vêtement dans une boutique, je préférerais celui qui me présente une ou deux belles pièces que je pourrai examiner attentivement, plutôt que celui qui déballe tout son étalage et empile les vêtements les uns sur les autres, simplement pour montrer son stock, jusqu'à ce que, faute de variété, je ne puisse plus en apprécier aucune tant elles sont superposées.

De même, s'il est profitable d'insister ainsi sur les vérités, il n'est pas indigne d'un ministre de prêcher les mêmes vérités encore et encore. Paul répète ici et encore la même exhortation (versets 11 et 13), et ailleurs, il nous dit que cela ne lui est "pas pénible", mais que pour eux, "cela est salutaire" d'entendre les mêmes choses encore et encore (Philippiens 3:1). Il y a trois sortes de vérités qui doivent être souvent prêchées dans notre ministère.

Première catégorie. Les vérités fondamentales, ou, comme nous les appelons, les points de catéchèse, qui contiennent les vérités nécessaires à connaître et à croire. Le poids de tout l'édifice repose sur ces fondements, plus que sur les vérités super structurelles. 

Dans un royaume, il existe des produits et des commerces essentiels, sans lesquels le bien commun ne pourrait subsister, comme la laine, le blé, etc. Il convient de les encourager plus que d'autres qui, bien qu'ornants pour la nation et contribuant à sa richesse, ne sont pas aussi indispensables à sa subsistance. Il en va de même ici. Nos autres activités ministérielles sont excellentes, car elles contribuent à embellir et à enrichir le chrétien par la connaissance des mystères spirituels. Mais ce qui importe avant tout, c'est la présentation fidèle et constante des vérités fondamentales de l'Évangile. Ce sont là nos repères, qui nous indiquent les limites de la vérité.

Et comme c'est souvent le cas dans les villes qui se touchent, si les habitants ne se promènent pas de temps en temps, et ne parcourent pas les limites de leurs terres, pour montrer aux jeunes ce qu'elles sont, lorsque les anciens notables auront disparu, la génération suivante risque de perdre tous ses privilèges à cause de ses voisins envahisseurs, car elle ne saura plus ce qui lui appartient.

Il n'existe pas de vérité fondamentale qui ne soit entravée par quelque voisin malfaisant; l'hérésie, je veux dire. Si l'esprit d'erreur a tant empiété sur la vérité ces dernières années, c'est précisément parce que nous n'avons pas suffisamment accompagné notre peuple dans l'enseignement et l'approfondissement de ces points fondamentaux, avec la fréquence et le soin requis. Le peuple est en grande partie coupable, car il méprise tellement cette œuvre qu'il considère tout sermon portant sur de tels points comme une perte, une simple nourriture pour enfants.

Deuxième catégorie. Il s'agit des vérités qu'il faut souvent prêcher, celles que les ministres constatent être le plus sapées par Satan, ou ses instruments, dans les jugements et la vie de leur peuple. 

Le prédicateur doit lire et étudier son peuple avec autant de diligence que n'importe quel livre de sa bibliothèque, et, selon ce qu'il découvre, leur prodiguer ses conseils comme un fidèle intendant. Paul remarque que les Galates ont été maltraités par de faux apôtres, qui les ont même ensorcelés pour les ramener à la loi sur ce point crucial de la justification, et voyez avec quelle insistance il se concentre sur ce point précis.

Notre peuple se plaint sans cesse que nous réprimandons toujours la même erreur ou le même péché, alors que la faute leur incombe, car ils s'y obstinent. Qui blâmera le chien d'aboyer sans cesse alors que le voleur est dans la cour ? Hélas ! Hélas ! Il ne suffit pas de s'élever une ou deux fois contre le péché. Si le peuple pense que le pasteur fait preuve de paresse parce qu'il prêche toujours les mêmes choses, il fait peut-être plutôt preuve de patience en continuant d'exhorter et de reprendre ceux qui s'opposent, attendant que Dieu leur accorde enfin la repentance et la reconnaissance de la vérité. On nous enjoint d'élever la voix comme une trompette, mais voudriez-vous que nous nous taisions tant que dure le combat, ou que nous battions en retraite alors qu'il s'agit d'un véritable combat ? 

Troisième catégorie. Les vérités d'usage et de pratique quotidiennes. Ce sont comme le pain et le sel ; quoi qu'il y ait d'autre, ils doivent être présents à chaque repas.

Saint Pierre était de cet avis : « Je ne négligerai pas de vous rappeler sans cesse ces choses, bien que vous les connaissiez » (2 Pierre 1, 12). Il parlait, comme vous le voyez, de grâces et de devoirs tels qu’ils ne pouvaient passer un jour sans les pratiquer, et c’est pourquoi il serait toujours leur guide, afin d'éveiller en eux la pureté de leur esprit. Tout ne va pas bien quand un homme se lasse de sa nourriture ordinaire et ne veut rien avaler d'autre que des mets rares. L'estomac est malade quand un homme préfère picorer une salade plutôt que de manger un met consistant ; et combien notre époque délicate est plongée dans cette maladie spirituelle ! Je pense que peu sont parvenus à se comprendre suffisamment pour y réfléchir et le déplorer. 

Messieurs, ne vous lassez pas, comme vous le faites, de même que vous ne vous lassez pas d'écouter ces savoureuses vérités prêchées dont vous avez l'habitude d'entendre parler quotidiennement, car vous les connaissez et les avez souvent entendues. La foi et la repentance seront une bonne doctrine à prêcher et à entendre jusqu'à la fin des temps ; autant se quereller avec Dieu, car il n'a créé qu'un seul ciel et un seul chemin pour y accéder, qu'avec le prédicateur, qui répète sans cesse ces mêmes choses. Si ton cœur était humble et ton palais spirituel, les vérités anciennes te seraient nouvelles à chaque fois que tu les entendrais. Au ciel, les saints puisent tout leur vin de joie, pour ainsi dire, d'un seul trait, et ce pour l'éternité, sans jamais en perdre la saveur.

Dieu est l'unique objet qui remplit leurs âmes et dont elles ne se lassent jamais. Est-ce que quoi que ce soit qui vient de Dieu et de son amour puisse-t-il vous lasser, ici présents? Je n'ai jamais été, jusqu'à présent, le défenseur de celui qui traîne dans la vigne du Seigneur, ni de celui qui, paresseusement, se consacre à l'œuvre de l'Évangile, et qui laisse son talent s'enliser dans l'oisiveté ou l'enfouit sous terre, où, peut-être, il bêche et joue aux mondains toute la semaine, et n'a rien à offrir à son peuple le jour du Seigneur, sinon un ou deux vieux pains moisis, pétris il y a bien longtemps. Ce n'est pas là être un bon intendant.

Voici les vieilles choses, mais où sont les nouvelles qu'il devrait tirer de son trésor ? Si le pasteur ne s'efforce pas d'accroître son patrimoine, il est le pire voleur de la paroisse. Il est abominable qu'un homme chargé d'améliorer le sort des orphelins les laisse mourir ; à plus forte raison pour un pasteur de ne pas faire fructifier ses dons, que je peux appeler le patrimoine de la ville, donné pour le bien des âmes, riches comme pauvres. 

Si ce prédicateur sage, selon Ecclésiaste 12:9, est celui qui "enseigne encore au peuple la connaissance", c’est-à-dire qui s’efforce constamment de les élever dans le savoir, et qui, pour ce faire, "prête une attention particulière, recherche et met en ordre de nombreux proverbes", alors il sera assurément prouvé à la fin qu’il est un prédicateur insensé, celui qui gaspille son temps dans la paresse, ou qui en consacre plus à étudier comment accroître son patrimoine aux dépens de celui de son peuple, qu’à accroître leurs dons et leurs grâces, tandis qu'il s'efforce consciencieusement d'augmenter les siens.  

Les meilleurs des saints sujets au déclin de leurs grâces, et pourquoi nous devons rechercher leur rétablissement

La seconde observation que l'on peut faire dans cette exhortation se tire du verbe employé par l'apôtre qui signifie non seulement prendre, mais aussi reprendre, récupérer ce que nous avons perdu, ou reprendre ce que nous avons temporairement laissé de côté.

L’apôtre, écrivant aux saints d’Éphèse, dont beaucoup n’avaient pas encore revêtu cette armure par la conversion, ni accompli la première œuvre de foi, qui sans doute s’était déjà répandue parmi eux, leur donne, ainsi qu’aux croyants jusqu’à la fin du monde, une autre signification : qu’ils resserrent leur armure là où elle est lâche, et qu’ils se rétablissent là où ils ont négligé un devoir ou décliné dans la grâce.

La note est donc: Doctrine. Que le chrétien doit veiller tout particulièrement à réparer son armure brisée, à recouvrer ses grâces défaillantes. Cette armure peut être abîmée; je pourrais en donner de tristes exemples. La ceinture de vérité et de sincérité de Jacob n'a-t-elle pas été débouclée lorsqu'il a eu recours à cette politique pécheresse pour obtenir la bénédiction ? Il n'était plus l'homme simple, mais le supplantateur ; pourtant, il aurait tout aussi bien pu attendre le moment voulu par Dieu. Il fût puni par les siens. Il trompe son père ; et Laban ne l’a-t-il pas trompé lui aussi, en donnant Léa pour Rachel ?

Que dites-vous de la cuirasse de justice de David dans l'affaire d'Urie ? N'a-t-elle pas été transpercée, et cet homme saint, si terriblement blessé qu'il resta alité près d'un an, d'après ce que nous lisons de lui, avant de reprendre ses esprits et de prendre pleinement conscience de son péché, jusqu'à ce que Nathan, un chirurgien fidèle, soit envoyé pour examiner la plaie et la débarrasser de la chair morte qui la recouvrait ?

Et Jonas, par ailleurs un saint prophète, lorsque Dieu l'envoya en mission à Ninive, il devait "chausser ses sandales", c'est-à-dire la préparation et la disponibilité dont son esprit aurait dû être chaussé, pour répondre au premier appel.

Le bon roi Ézéchias, nous voyons combien son espoir a failli être anéanti. Il nous confie lui-même ses pensées au jour de sa détresse : "Je ne verrai pas le Seigneur sur la terre des vivants", persuadé que Dieu ne le lâcherait jamais, jusqu'à ce que, tel un lion, il se soit brisé les os et ait finalement succombé.

Abraham, célèbre pour sa foi, connut aussi des accès d'incrédulité et de doute, même dans son cœur vaillant. Ainsi, le chrétien doit s'attacher à réparer rapidement son armure. Un casque cabossé est pratiquement inutilisable. La grâce dans la déchéance est comme un homme terrassé par la maladie ; si l’on ne fait rien pour le rétablir, il ne sera d’aucune utilité et l’on n’en retirera que peu de réconfort. C’est pourquoi le Christ donne ce conseil à l’Église d’Éphèse, à qui Paul a écrit cette épître : "Se souvenir d’où elle est tombée, se repentir et revenir à ses premières œuvres." Combien de personnes un chrétien en déclin nuit-il à la fois ?

Premièrement. Il offense Dieu, et ce de façon grave, car il s'attend à recevoir davantage d'honneur par la grâce de ses saints que de tous les autres talents que ses créatures peuvent exercer dans le monde. Il supporte mieux, d'une certaine manière, les péchés manifestes du monde que la dégradation de la grâce de ses saints. Eux, en abusant de leurs talents, ne le dépouillent que de son huile, de son lin et de sa laine ; mais le chrétien, par le reste, le prive de la gloire qui devrait lui être rendue pour sa foi, son zèle, sa patience, son abnégation, sa sincérité et tout le reste. Imaginez qu'un maître confie son argent à un serviteur et son enfant à un autre ; ne serait-il pas plus affligé de voir son enfant bien-aimé blessé, voire presque tué par la négligence du premier, que de voir son argent volé par l'insouciance du second ?

La grâce est la nouvelle créature ; la naissance de l’Esprit, lorsque celle-ci est altérée par la conduite insouciante du chrétien, cela doit nécessairement toucher davantage le cœur de Dieu que le tort qu’il subit du monde, à qui rien de semblable n’est confié.

Deuxièmement. Celui qui décline dans la grâce et ne s'efforce pas de la restaurer fait du tort à ses frères, qui ont part à la grâce les uns aux autres. Il fait du tort à son propre corps tout entier s'il ne cherche pas à guérir une blessure qui affecte l'un de ses membres. Il nous est demandé de "nous aimer les uns les autres" (2 Jean 5) ; mais comment manifester cet amour ? 

Les paroles qui suivent nous éclaireront. "L’amour consiste à marcher selon ses commandements" (verset 6). En effet, nous témoignons peu d’amour envers nos frères en péchant, car nous sommes ainsi certains de les piéger ou de les attrister ; et comment laisser la grâce descendre sans que le péché ne monte, voilà une énigme pour quiconque connaît leur nature.

Troisièmement. Le chrétien se fait du tort à lui-même en ne s'efforçant pas de réparer son armure brisée et de recouvrer sa grâce déclinante. Ce faisant, il perd la preuve de son héritage, ou du moins la trouble au point de ne plus pouvoir la percevoir aussi clairement. Un chrétien en déclin est forcément un chrétien qui doute, car le symptôme commun de l'hypocrite est de s'user et de se consumer, tel un pieu planté en terre qui pourrit, tandis que la vraie grâce, telle un arbre, croît.

N'est-ce pas là le nœud que le diable pose à tant d'âmes infortunées, et qu'il leur faut des années pour dénouer ? Si tu étais chrétien, tu progresserais. Les justes vont de force en force, et toi, tu vas de force en faiblesse. Ils gravissent la colline vers Sion (chaque ordonnance et chaque providence est un pas qui les rapproche du ciel) mais toi, tu descends la colline et tu es plus loin de ton salut qu'au moment où tu as cru pour la première fois, comme tu le pensais. 

Est-il sage, chrétien, de mettre un bâton dans la main du diable, un argument dans sa bouche, pour contester ton salut ? Si vous possédiez un bien par la vie d'un enfant, et qu'à sa mort vous perdiez tout, cet enfant, je vous le garantis, serait bien soigné ; il n'aurait pas mal à la tête sans que vous ne consultiez le médecin. Je vous prie, quelle est la preuve de cet état glorieux que vous espérez ? N'est-ce pas le Christ en vous ? Cette nouvelle créature, que l'on peut à juste titre appeler Christ en raison de sa ressemblance avec lui, n'est-elle pas le jeune héritier de la gloire céleste ? 

Et quand la santé décline, n'est-il pas temps de tout mettre en œuvre pour la rétablir ? Tant que l'on est dans cet état, on ne peut ni vivre ni mourir sereinement. Non seulement vivre ! Un homme atteint de tuberculose trouve peu de joie dans la vie ; il ne trouve ni saveur dans sa nourriture, ni plaisir dans son travail, comme le fait un homme en bonne santé. Oh ! combien douce est la promesse de la foi, lorsqu'elle est active et vigoureuse ! Combien le joug du commandement est facile à porter pour le chrétien, lorsque sa conscience n'est pas tourmentée par la culpabilité, ni sa force affaiblie par la tentation ! 

Mais le chrétien en déclin ne goûte pas à la promesse ; chaque commandement lui est pénible, chaque devoir lui pèse ; il souffre comme un homme dont le pied est déboîté, même si le chemin n’est jamais agréable. Et il est aussi inapte à mourir qu’à vivre. Un tel homme n’apprécie pas plus d’apprendre la nouvelle de sa mort qu’un locataire qui attend son loyer d’apprendre qu’il doit payer le trimestre. C’est pourquoi David implora Dieu de lui accorder un peu de temps : "Ô, accorde-moi un peu de temps, afin que je puisse recouvrer des forces." 

dimanche 22 septembre 2024

Les sages seront confondus; la grâce incomprise

 

Les sages seront confondus... (Jérémie 8:9)


De quoi parle-t-on ici? Quels sont les sages qui seront confondus? Et de quelle manière le seront-ils?

Pour bien comprendre le contexte du chapitre 8, retournons d'abord au chapitre 7. Nous y trouvons l'Éternel adressant des reproches à Juda par la bouche du prophète Jérémie. Il dira par exemple aux versets 8-10 : "Vous vous livrez à des espérances trompeuses, qui ne servent à rien. Quoi! dérober, tuer, commettre des adultères, Jurer faussement, offrir de l'encens à Baal, aller après d'autres dieux que vous ne connaissez pas! Puis vous venez vous présenter devant moi, dans cette maison sur laquelle mon nom est invoqué, et vous dites: Nous sommes délivrés!... Et c'est afin de commettre toutes ces abominations". Au verset 4, Il leur avait aussi dit: "Ne vous livrez pas à des espérances trompeuses, en disant: C'est ici le temple de l'Éternel, le temple de l'Éternel, Le temple de l'Éternel!" 

Les reproches qu'Il fait à Juda sont assez clairs; ils vivaient dans le péché, ils n'en faisaient qu'à leur tête, ils méprisaient les commandements de Dieu, commettant les mêmes abominations que les peuples autour, mais ils "espéraient" tout de même en Dieu, à cause des sacrifices qu'ils offraient au temple. Mais les sacrifices qu'ils faisaient n'étaient même pas offerts à Dieu, mais ils étaient destinées à toutes sortes d'autres divinités! Ils étaient en abomination aux yeux de l'Éternel, mais ils pensaient que Dieu les acceptait tel quel. C'est pourquoi Il leur dit que leur espérance est trompeuse.

C'est pourquoi aux versets 5 à 7, Il dit : "Si vous réformez vos voies et vos œuvres, si vous pratiquez la justice envers les uns et les autres, si vous n'opprimez pas l'étranger, l'orphelin et la veuve, si vous ne répandez pas en ce lieu le sang innocent, et si vous n'allez pas après d'autres dieux, pour votre malheur, alors je vous laisserai demeurer dans ce lieu, dans le pays que j'ai donné à vos pères, d'éternité en éternité". Il leur dit : "Si vous vous repentez, si vous délaissez les abominations que vous commettez et que vous vous mettiez en règle avec Moi, alors votre espérance ne sera plus trompeuse, et alors Je ne vous punirai pas". Nous verrons de nouveau ce type d'exhortation au chapitre 8 de Jérémie, parce que Dieu ne prend pas plaisir à la perte des pécheurs, mais Il veut que tous viennent à la repentance (2 Pierre 3:9).

En Jérémie 7:12, Il leur rappelle ce qui est arrivé à Silo: "Allez donc au lieu qui m'était consacré à Silo, où j'avais fait autrefois résider mon nom. Et voyez comment je l'ai traité, à cause de la méchanceté de mon peuple d'Israël". Ce qui est mit par écrit dans les Écritures; les mauvaises actions, les égarements, c'est justement pour nous avertir de ne pas faire la même chose, non pas pour faire pareil et espérer que notre récompense sera différente, parce que supposément, "nous serions sous la grâce". C'est encore pire! La grâce ne nous permet pas de désobéir volontairement, elle nous permet d'obéir à Dieu, chose qui est impossible à l'homme naturel et non régénéré. 

Paul dira en 1 Corinthiens 10:11-13 : "Ces choses leur sont arrivées pour servir d'exemples, et elles ont été écrites pour notre instruction, à nous qui sommes parvenus à la fin des siècles. Ainsi donc, que celui qui croit être debout prenne garde de tomber! Aucune tentation ne vous est survenue qui n'ait été humaine, et Dieu, qui est fidèle, ne permettra pas que vous soyez tentés au delà de vos forces; mais avec la tentation il préparera aussi le moyen d'en sortir, afin que vous puissiez la supporter". Il dit: "Ces chose qui leurs sont arrivées, vous ne devez pas les répéter, vous devriez savoir mieux, vous devriez plutôt en tirer instruction; ce n'est pas parce que vous vous dites "religieux" que vous êtes réellement forts; prenez donc garde de ne pas tomber de la même manière qu'eux".

Mais le peuple refusa d'écouter la voix du prophète et de se repentir. Ainsi, aux verset 13 à 15, Dieu leur dit : "Puisque je vous ai parlé dès le matin et que vous n'avez pas écouté, puisque je vous ai appelés et que vous n'avez pas répondu, Je traiterai la maison sur laquelle mon nom est invoqué, sur laquelle vous faites reposer votre confiance, et le lieu que j'ai donné à vous et à vos pères, de la même manière que j'ai traité Silo; et je vous rejetterai loin de ma face". Vous subirez le même sort que celui réservé aux autres rebelles, parce que vous refusez de vous repentir. Mais aujourd'hui, plusieurs chrétiens de nom marchent de la même manière, selon les convoitises de leur cœur pécheur, et ils espèrent s'en tirer, se moquant de la grâce de Dieu en l'utilisant comme prétexte pour pécher et désobéir volontairement à Sa Parole. C'est simplement là un signe que leur cœur est non régénéré, parce qu'ils n'ont pas en eux l'amour de Dieu, ils ne peuvent pas aimer Sa parole; encore moins la mettre en pratique! C'est pourquoi Jésus dira en Jean 14:23-24 : "Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera; nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui. Celui qui ne m'aime pas ne garde point mes paroles."   

Donc au verset 16 (encore du chapitre 7), Dieu dit à Jérémie: "Et toi, n'intercède pas en faveur de ce peuple, n'élève pour eux ni supplications ni prières, ne fais pas des instances auprès de moi; car je ne t'écouterai pas". Dieu ne veut pas que le prophète prie pour le peuple rebelle, car Il a résolu de leur faire payer leurs crimes.

Verset 24 : "Et ils n'ont point écouté, ils n'ont point prêté l'oreille; Ils ont suivi les conseils, les penchants de leur mauvais cœur, ils ont été en arrière et non en avant". Comme malheureusement beaucoup aujourd'hui, malgré les avertissements, ils sont rebelles, ils n'écoutent pas les reproches de l'Éternel. Ils se voient sans reproches et bons spirituellement, ils tournent volontairement le dos à Dieu, tout en prétendant ne pas L'avoir complètement rejeté, mais ils ne Lui obéissent pas, et par là ils prouvent qu'ils ne Lui appartiennent pas. 

Versets 27:28 : "Si tu leur dis toutes ces choses, ils ne t'écouteront pas; si tu cries vers eux, ils ne te répondront pas. Alors dis-leur: C'est ici la nation qui n'écoute pas la voix de l'Éternel, son Dieu, et qui ne veut pas recevoir instruction; la vérité a disparu, elle s'est retirée de leur bouche". Cela ressemble à notre génération perverse. Chacun prétendait posséder sa propre vérité, ainsi, ils n'étaient pas en mesure d'accepter la parole et les avertissements du prophète Jérémie concernant le sort qui les attendait. La seule vérité de Dieu était rejetée, et ils marchaient selon les convoitises de leur cœur incrédule. Ainsi, Il dira à Jérémie aux versets 29 à 31 : "Prononce une complainte! Car l'Éternel rejette et repousse la génération qui a provoqué sa fureur. Car les enfants de Juda ont fait ce qui est mal à mes yeux, dit l'Éternel, ils ont placé leurs abominations dans la maison sur laquelle mon nom est invoqué, afin de la souiller. Ils ont bâti des hauts lieux à Topheth dans la vallée de Ben-Hinnom, pour brûler au feu leurs fils et leurs filles: ce que je n'avais point ordonné, ce qui ne m'était point venu à la pensée". 

Au temps du roi Manassé, Juda sacrifiait à Baal, à Astarté et se prosternait "devant toute l'armée des cieux", et il bâtit même de ces autels démoniaques dans la maison de l'Éternel (2 Rois 21:3-4). Ils adoraient "l'armée des cieux", c'est à dire le ciel et les étoiles. C'est probablement à cela qu'il fait référence ici.

L'Éternel poursuit donc au verset 33, par la bouche de Jérémie: "Les cadavres de ce peuple seront la pâture des oiseaux du ciel et des bêtes de la terre; et il n'y aura personne pour les troubler". La déchéance totale. 

C'est ainsi que commence le chapitre 8 de Jérémie, où on lit aux versets 1 et 2 : "En ce temps-là, dit l'Éternel, on tirera de leurs sépulcres les os des rois de Juda, les os de ses chefs, les os des sacrificateurs, les os des prophètes, et les os des habitants de Jérusalem. On les étendra devant le soleil, devant la lune, et devant toute l'armée des cieux, qu'ils ont aimés, qu'ils ont servis, qu'ils ont suivis, qu'ils ont recherchés, et devant lesquels ils se sont prosternés; on ne les recueillera point, on ne les enterrera point, et ils seront comme du fumier sur la terre". Ils seront livrés à leurs ennemis, à cause de leurs désobéissances. Depuis longtemps, ils avaient tourné le dos à Dieu, maintenant, Il allait faire de même avec eux. 

C'est une grande punition que d'être livrés à nous-mêmes par Dieu! La génération d'aujourd'hui pense que si elle se libère de Dieu, de Sa parole, donc de Ses commandements, tout sera agréable et merveilleux, mais elle se trompe terriblement. Existe-il pire situation que celle d'un homme ou d'une femme qui a abandonné Dieu après L'avoir connu, et qui, Lui, en retour, fini par laisser une telle personne à elle-même, subissant les conséquences de ses choix désastreux parce qu'elle a suivi "les penchants de son cœur"? 

Bien sûr, Dieu est patient. Il a patienté Juda de longues années avant d'en arriver au point où Sa colère ne pouvait plus être contenue. Mais qu'en est-il de nous aujourd'hui? Après avoir connu la vérité, comment pouvons-nous encore mépriser Sa grâce en péchant de différentes manière et en prétendant toujours "être sous la grâce"? C'est de faire une moquerie du sacrifice de Christ! "Prenez garde, frères, que quelqu'un de vous n'ait un cœur mauvais et incrédule, au point de se détourner du Dieu vivant" (Hébreux 3:12). Si cet avertissement se trouve dans les Écritures, c'est que c'est possible d'en venir à ce point où la bouche prétend croire et servir Dieu, mais le cœur est éloigné de Lui comme il ne l'a jamais été auparavant (Matthieu 15:8-9). 

 Ainsi, en Jérémie 8:3, Il dit: "La mort sera préférable à la vie pour tous ceux qui resteront de cette race méchante". Voici un peuple qui a tout reçu et tout vu de la part de Dieu, et qui en arrive au point où Il enlève Sa main de restriction contre leurs ennemis afin qu'ils leurs fassent du mal. C'est une situation terrible pour un peuple qui aurait dû être béni dans cette terre qui leur était promise, terre "où coulent le lait et le miel". 

Malgré ces avertissements, nous voyons que Dieu ne prend pas plaisir à la perte du pécheur, Il ne prend pas plaisir à la punition autant qu'à la bénédiction, c'est pourquoi Il ajoute, aux versets 4 et 5: "Est-ce que l'on tombe sans se relever? Ou se détourne-t-on sans revenir? Pourquoi donc ce peuple de Jérusalem s'abandonne-t-il à de perpétuels égarements? Ils persistent dans la tromperie, ils refusent de se convertir." C'est encore un appel à la repentance lancé à un peuple rétrograde! Il demande au peuple: "Lorsque l'on tombe, lorsque l'on pèche, doit-on rester dans cette situation? Ne serait-il pas préférable de se repentir; de changer de vie? Pourquoi ne vous repentez-vous pas? Pourquoi ne revenez-vous pas à Moi? 

Il poursuit donc au verset 6 en disant: "Je suis attentif, et j'écoute: Ils ne parlent pas comme ils devraient; aucun ne se repent de sa méchanceté, et ne dit: Qu'ai-je fait?" Cette situation rappelle celle de Sodome et Gomorrhe, où les villes auraient été épargnées si dix justes s'y étaient trouvés, mais il ne s'y trouvait même pas dix justes. Elle rappelle aussi celle de tous nos "chrétiens" modernes qui se réclament du beau nom de Jésus mais qui se rendent coupables de choses que même les païens ne font pas, prétextant qu'ils "sont sous la grâce de Dieu". Il y a des limites à la patience de Dieu; est-il possible qu'une personne soit assez bête pour en tester les limites? 

"C'est une chose terrible que de tomber entre les mains du Dieu vivant" (Hébreux 10:31). Les Hébreux à qui cette lettre était adressée, n'étaient-ils pas eux aussi sous la grâce? Ne faisons pas de la grâce de Dieu un prétexte pour justifier le péché, c'est ajouter à la punition qui est justement réservée pour ceux qui, comme au temps de Jérémie, sont impénitents et n'ont aucune intention de se détourner de leurs péchés.
 
"Je suis attentif, et j'écoute". En d'autres mots, avant d'assurer définitivement la sentence, Dieu leur laisse encore une chance, Il espère qu'ils se détourneront de leur mauvaise voie pour revenir à Lui. C'est la même chose pour nous aujourd'hui; cessons d'excuser le péché. Ce que Dieu a appelé péché est péché. Ce n'est pas parce que nous vivons sous la grâce qu'Il a cessé de détester le péché, surtout lorsqu'il consiste en ce que l'homme ou la femme se détourne volontairement de Lui pour marcher selon ses propres convoitises, et se met à chercher dans la Parole des passages pour approuver ses péchés! Beaucoup font cela! Non satisfaits de pécher, ils y joignent le fait d'ajouter ou d'enlever à la Parole, chose qui nous est interdit de faire en Apocalypse 22:18-19, mais aussi dans l'Ancien Testament en Deutéronome 4:2 et en Proverbes 30:5-6, où il est écrit: "Toute parole de Dieu est éprouvée. Il est un bouclier pour ceux qui cherchent en lui un refuge. N'ajoute rien à ses paroles, de peur qu'il ne te reprenne et que tu ne sois trouvé menteur".

En Jérémie 8:8, nous lisons justement à ce sujet: "Comment pouvez-vous dire: Nous sommes sages, la loi de l'Éternel est avec nous? C'est bien en vain que s'est mise à l'œuvre la plume mensongère des scribes". C'est comme plusieurs qui disent aujourd'hui: "Nous sommes sages, nous sommes instruits spirituellement, nous lisons la Parole, et nous croyons toujours en Dieu malgré tout ce que nous faisons qui est contraire à ce qu'Il attend de nous". Ils n'ont aucune intention de se repentir de quoi que ce soit. En fait, ils sont tellement sous une puissance d'égarement qu'ils ne peuvent même plus reconnaître qu'ils vivent dans le péché (2 Thessaloniciens 2:11-12; Romains 1:28). Ils ont pourtant sous les yeux la Parole de Dieu dans laquelle ils peuvent plonger les regards à tous moments!

Poursuivons notre lecture en Jérémie 8:9 : "Les sages sont confondus, ils sont consternés, ils sont pris; voici, ils ont méprisé la parole de l'Éternel, et quelle sagesse ont-ils?" Les "sages" sont confondus, consternés. Ils ne s'attendaient pas à ce qui leur arrive. Paul dit en 2 Corinthiens 10:12 : "En se mesurant à leur propre mesure et en se comparant à eux-mêmes, ils manquent d'intelligence". C'est ce que font les "sages" de cette génération; ils abaissent les standards de Dieu aux leurs et à ceux du monde;  ils se comparent au monde, et ils se voient bons et parfaits! Quelle bêtise!

N'oublions pas, il ne s'agit pas de païens qui n'ont jamais entendu parler de Dieu ou de Jésus-Christ, il est question ici de gens "religieux", qui se croient pieux, mais qui ne le sont qu'en apparence seulement. Oh, devant les hommes, le verni religieux dont ils se peignent tient peut-être encore, mais Dieu voit au cœur de chacun d'entre nous. Et ce que nous avons ici est un peuple rétrograde et pervers, qui croit que Dieu est de son côté, et qu'il est lui-même du côté de Dieu, malgré toutes ses désobéissances, et donc, qui n'a aucun besoin de repentance. "Je me suis jadis repenti une fois, c'est suffisant". Mais c'est faux.

Jérémie 8:10 : "C'est pourquoi je donnerai leurs femmes à d'autres, et leurs champs à ceux qui les déposséderont. Car depuis le plus petit jusqu'au plus grand, tous sont avides de gain; depuis le prophète jusqu'au sacrificateur, tous usent de tromperie". En d'autres mots: "Je laisserai l'ennemi ravager le pays. Je détournerai le regard, Je lèverai ma main protectrice d'au-dessus d'eux,; Je ne les protégerai plus". Ce verset parle du jugement de Dieu s'abattant sur un peuple rebelle et impénitent. Non, Dieu n'approuve pas le mal. Non, Dieu n'approuve pas le divorce comme certains supposés chrétiens modernes aiment à le penser en citant ce verset hors de son contexte pour essayer d'approuver leur conduite pécheresse. C'est terrible lorsqu'on y pense; utiliser un verset comme celui-ci, qui nous parle du résultat de la colère de Dieu contre le péché, pour tenter d'approuver le péché... Quel aveuglement spirituel! Quelle moquerie de la Parole sainte de Dieu! Nous voyons dans ce passage des Écritures le résultat de la rébellion d'un peuple ou d'individus contre Dieu; la destruction que cela amène sur les foyers et sur une nation. Nous voyons comment les "sages" sont confondus et consternés par le résultat de leur rébellion.

"Ne vous y trompez pas: on ne se moque pas de Dieu. Ce qu'un homme aura semé, il le moissonnera aussi. Celui qui sème pour sa chair moissonnera de la chair la corruption; mais celui qui sème pour l'Esprit moissonnera de l'Esprit la vie éternelle (Galates 6:7-8-).

Il y aurait long à dire sur ce sujet, mais posons nous simplement cette question: Que faisons-nous de ces avertissements qui sont encore valables aujourd'hui? C'est à chacun de répondre à cette question en examinant sa propre conduite, non pas selon ses standards, mais à la lumière de la Parole de Dieu. S'il y a lieu, que chacun se repente et revienne vers Dieu, car Il ne prend pas plaisir à la perte du pécheur, mais Il veut pardonner ceux qui viennent, ou reviennent à Lui d'un cœur sincère.   
 
Que toute la gloire soit rendue à Dieu seul, Amen.

dimanche 30 juillet 2023

Le coeur endurci

Prenez garde, frères, que quelqu'un de vous n'ait un cœur mauvais et incrédule, au point de se détourner du Dieu vivant (Hébreux 3:12).


Qu'est-ce que le cœur endurci? C'est l'obscurcissement de l'intelligence par tout ce qui ne vient pas de Dieu. Parce que celui ou celle qui reçoit la vérité mais qui ne la met pas en pratique aura sûrement un désintéressement profond de tout ce qui vient de Dieu. Son cœur n'est pas entier à Lui. "Leur cœur est partagé, ils vont en porter la peine", dira l'Éternel ai prophète Osée (Osée 10:2). 

Notre verset à l'étude parle justement du cœur qui a reçu la Parole puisqu'il lui est enjoint de ne pas se "détourner du Dieu vivant". Au verset 8 de ce même chapitre, il est dit: "N'endurcissez pas vos cœurs, comme lors de la révolte, le jour de la tentation dans le désert". Les Israélites avaient été sortis par la puissance seule de Dieu de l'esclavage en Égypte ; et par cette main puissante, ils allaient entrer dans le pays "où coule le lait et le miel". Ils avaient une promesse, mais leur cœur était partagé. Ils avaient grandi au milieu des idoles de l'Égypte, et il leur était difficile de concevoir que l'Éternel Dieu, qu'ils ne pouvaient pas voir ni toucher, allait réaliser pour eux ce qu'Il avait promis. Il pourrait être facile de les juger et de penser: "Mais voyons, après tout ce que Dieu a fait pour eux, comment pouvaient-ils encore douter de Lui"? 

Eh bien, après tout ce que Dieu a fait pour nous, après nous avoir fait connaître la vérité et nous avoir sorti de l'esclavage du péché, comment se fait-il que de nombreux chrétiens retournent dans le monde après avoir reçu la promesse d'un héritage éternel en Jésus-Christ? C'est pour la même raison: la chair dans laquelle nous vivons toujours ne peut concevoir un si grand salut, et comme elle est issue du péché, elle cherche constamment à nous y ramener, malgré tout ce que Dieu a fait par amour pour nous. 

L'apôtre Paul dira en 2 Timothée 1:13-14: "Retiens dans la foi et dans l'amour qui est en Jésus-Christ le modèle des saines paroles que tu as reçues de moi. Garde le bon dépôt par le Saint-Esprit qui habite en nous". Comment peut-on garder intacte en nous cette vérité reçue si nous nous laissons aller à marcher dans l'incrédulité et dans l'indifférence, par la désobéissance à Dieu? C'est impossible! 

Comment éviter qu'une telle situation se produise? Nous voyons, en lisant ce passage de l'épître aux Hébreux, comment un cœur s'endurci, c'est par l'acceptation du péché. "Vos pères me tentèrent", "Ils virent mes œuvres pendant quarante ans" (v.9). Ils ont vu la grâce et la miséricorde, la puissance et l'amour de Dieu à l'œuvre pendant quarante ans, et pourtant, ils se laissèrent tenter par leurs pensées mauvaises. Oh, il peut arriver que nous trébuchions, mais toujours nous retournerons à Dieu dans la repentance, pleurant sur nos désobéissances. Mais le cœur qui commence à s'endurcir va commencer à trouver des raisons pour sa désobéissance, comme si le péché pouvait être expliqué ou approuvé de Dieu de quelque manière que ce soit. Alors la dureté de cœur prend place, la personne cédant de plus en plus facilement au péché, parce qu'elle s'est trouvé elle-même des excuses pour ses agissements. C'est ainsi que l'incrédulité s'installe, et cette personne ne lit plus l'Évangile pour être instruite et corrigée, mais si elle le lit, c'est pour y trouver des passages approuvant sa conduite, ou encore, pour y trouver des raisons pour ne plus croire, arguant comme les païens que "ce Livre se contredit" ou "n'est plus à l'ordre du jour".

Le cœur endurci dont il est question ici mène tout droit vers l'apostasie. Nous la voyons tout autour de nous dans ces jours qui sont les derniers. Pour ne pas y sombrer, nous devons nous rappeler notre place de serviteurs au service d'un grand Maître. Nous devons nous imprégner de la Parole de Dieu, dans les bons et les mauvais moments, en ne donnant surtout pas accès au péché dans nos vies. Aussi, ne cajolons pas de péché dans nos vies. Tout péché, ou toute désobéissance quelle qu'elle soit, doit être amenée à Dieu dans la repentance, sachant que nous avons un avocat auprès du Père, notre Seigneur Jésus-Christ (1 Jean 2:1). Le péché semble séduisant, mais le prix en est toujours la mort. Nous ne vivons plus selon la chair pour en satisfaire les désirs. Or, dira Paul en Romains 8:8, "ceux qui vivent selon la chair ne sauraient plaire à Dieu". Et Hébreux 3:13 poursuivra ainsi: "Mais exhortez-vous les uns les autres aussi longtemps qu'on peut dire: Aujourd'hui, afin qu'aucun de vous ne s'endurcisse par la séduction du péché". Parce que nous vivons au présent; demain sera peut-être déjà venu le moment d'entrer dans l'éternité. Nous savons que toute une génération d'Israélites ne pût entrer en terre promise à cause de son incrédulité (Hébreux 3:19). 

Exhortons-nous donc les uns les autres, et exhortons-nous nous-mêmes à marcher, un jour à la fois dans la parole en nous attachant au-delà de toutes choses à notre Seigneur Jésus, sachant que les promesses de Dieu en Jésus-Christ "sont oui et amen" (2 Corinthiens 1:19-20). 

Que toute la gloire soit rendue à Dieu seul, Amen.