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dimanche 2 novembre 2025

Le chrétien en armure complète, par William Gurnall, 34e partie

 

Pourquoi le chrétien ne devrait pas se reposer sur une quelconque œuvre de grâce.

Premièrement. Ta grâce ne peut prospérer tant que tu t'appuies sur elle. Un esprit légaliste n'est pas ami de la grâce ; au contraire, il en est un ennemi acharné, comme l'ont montré les pharisiens au temps du Christ. La grâce ne vient pas de la loi, mais du Christ ; tu peux la maintenir assez longtemps avant de recevoir la vie de la grâce dans ton âme, ou une vie plus profonde dans ta grâce. Si tu veux cela, tu dois te placer sous les ailes du Christ par la foi. De son Esprit, dans l'Évangile, seul vient cette douce chaleur naturelle qui fait éclore ton âme à la vie de sainteté et accroît ce que tu possèdes. Tu ne peux pas te placer sous les ailes du Christ tant que tu n'es pas sorti de l'ombre de l'autre, en renonçant à toute attente de tes propres œuvres et services. Tu connais la malédiction de Ruben : il ne pouvait pas exceller, car il était monté dans le lit de son père. Lorsque les autres tribus se multipliaient, a sienne était peu nombreuse.

En te fiant à tes propres œuvres, tu fais pire, car cela concerne Christ; excelleras-tu en grâce ? Peut-être certains d'entre vous professez être chrétiens depuis longtemps et pourtant, vous n'avez guère progressé dans l'amour de Dieu, l'humilité, la vocation céleste, la mortification ; il vaut la peine de creuser pour voir ce qui est à la racine de votre profession : s'il n'y a pas un principe légaliste qui vous a trop influencé.

N'avez-vous pas pensé que vos devoirs et vos services soient fait avec Dieu, et n'avez-vous pas trop misé sur vos propres actions ? Hélas ! C'est comme une terre morte qu'il faut jeter dehors et remplacer par les principes de l'Évangile. Essayez seulement cette voie, et vous verras si la source de votre grâce ne jaillira pas rapidement. David raconte comment il s'est établi et s'est épanoui, alors que des hommes riches et puissants se sont soudainement flétris et réduits à néant. 

"Voici", dit-il, "cet homme-là n'a pas fait de Dieu sa force, mais s'est confié sur l'abondance de ses richesses. Moi, je suis comme un olivier verdoyant dans la maison de Dieu ; je me confie en la miséricorde de Dieu pour toujours et à jamais" Psaume 52:7-8. Tandis que d'autres se confient aux richesses de leur propre justice et de leurs services, et ne font pas de Christ leur force, renonce à tout et mets ta confiance en la miséricorde de Dieu en Christ, et tu seras comme un olivier verdoyant tandis que l'autre se fanera.

Deuxièmement. Chrétien, tu ne trouveras pas le vrai réconfort tant que tu te reposeras sur une œuvre de grâce inhérente et que tu ne t'éloigneras pas de tes propres actions et de ta justice. Le réconfort évangélique naît d'une racine évangélique, qui est Christ. « Nous sommes la circoncision, nous qui rendons un culte à Dieu en esprit, qui nous glorifions en Jésus-Christ, et qui ne mettons pas notre confiance dans la chair » (Philippiens 3:3). 

Or, une âme qui se repose sur une certaine sainteté en elle-même greffe sa consolation sur elle-même, et non sur Christ. Il place sa confiance en lui-même et non en Christ, faisant ainsi du Christ une nourrice sèche (et inutile); quel réconfort peut-il pousser sur cet arbre sec ? L’Esprit est notre consolateur, notre maître et notre conseiller. Or, comme l’Esprit, lorsqu’il enseigne, ne vient pas avec une vérité nouvelle ou étrangère, mais prend de Christ; ce qu’il trouve dans la Parole, de même, lorsqu’il console, il le prend de Christ; sa justice, et non la nôtre. Le Christ est la matière et le fondement de son réconfort. 

Tous les réconforts ne sont que le Christ distillé et composé de promesses diverses ; son action, non la nôtre ; sa souffrance, non la nôtre ; sa sainteté, non la nôtre. Il ne dit pas : "Âme, réjouis-toi ! Tu es sainte", mais : "Âme, triomphe ! Christ est juste, et le Seigneur est ta justice" ; non pas : "Âme, prie doucement, ne crains rien", mais : "Tu as un Avocat auprès du Père, Jésus-Christ le juste" ; de sorte que le premier pas pour recevoir le réconfort de l'Esprit est de renoncer à tout réconfort qui nous est propre. 

De même que, pour apprendre de l'Esprit, celui qui veut être instruit par lui doit d'abord devenir fou, c'est-à-dire ne pas s'appuyer sur sa propre intelligence, de même celui qui veut être consolé doit d'abord se dépouiller de tout appui personnel, ne pas se fier à son propre confort. De même qu’un médecin demande d’abord à son patient de se débarrasser de tous les autres médecins qu’il a consultés, lui demande quel remède il a reçu d’eux, enlève leurs pansements, jette leurs médicaments et reprend son travail à nouveau ; de même l’Esprit, lorsqu’il vient consoler une âme en détresse, persuade d’abord cette âme de se séparer de tous ses anciens conforts.

"Oh", dit l’âme, "j’ai été soumise à un tel devoir, à une telle obéissance, et je pensais désormais que le bien-être et le réconfort m’attendraient, maintenant que j’accomplis ce devoir, engagé sur une voie si sainte". "Eh bien", dit l'Esprit, "si tu veux que je fasse quoi que ce soit, il faut rejeter tout cela". Maintenant, et seulement maintenant, l'âme est digne de recevoir les
consolations de l'Esprit.

C'est pourquoi, mes amis, si vous chérissez votre paix intérieure, prenez garde à la source de votre réconfort. La grâce est limitée, et ne peut donc pas se permettre grand-chose. Elle s'écoule et ne peut donc durer longtemps ; vous buvez dans un vase fendu, vous qui puisez votre réconfort dans votre propre grâce. Elle est imparfaite et donc faible ; et une grâce faible ne peut apporter une consolation forte, pourtant, tel est votre besoin, surtout dans les conflits les plus violents. Bien plus, enfin, le réconfort que vous y puisez vous est volé ; vous ne l'obtenez pas honnêtement, et les réconforts volés ne prospéreront pas en vous. 

Oh ! quelle folie pour un enfant de jouer au voleur, alors qu'il peut recevoir librement et pleinement de son père, qui donne sans reproche ! Ce réconfort que tu voudrais dérober à ta propre justice et à tes devoirs, le voici, il t'est réservé en Christ. De sa plénitude, tu peux puiser autant que ta foi le permet, et nul ne peut t'en empêcher. Plus tu t'appuies sur Christ pour ton réconfort, plus il est accueilli chaleureusement. Il nous est demandé d'ouvrir grand la bouche, et il la remplira! 

Troisième forme d'orgueil spirituel; l'orgueil des privilèges.

L'orgueil des privilèges est la troisième forme d'orgueil spirituel, par laquelle ces esprits malins s'emploient à détruire le chrétien.

Voici trois exemples de ces privilèges : Premièrement, lorsque Dieu appelle une personne à une place éminente ou l'utilise pour accomplir un service particulier. Deuxièmement, lorsque Dieu honore un saint en lui confiant les souffrances nécessaires à la vérité ou à la cause qu'il défend. Troisièmement, lorsque Dieu manifeste son amour de façon extraordinaire et remplit l'âme de joie et de réconfort. Ces privilèges ne sont pas accordés à tous de la même manière ; c'est pourquoi, là où ils se manifestent, Satan en profite pour attaquer les personnes avec orgueil.

Premier privilège. Lorsque Dieu appelle une personne à une place éminente ou l'utilise pour accomplir un service particulier. Il faut en effet une grande grâce pour garder son cœur humble quand on occupe une position élevée. L'apôtre, parlant des qualifications requises pour un ministre de l'Évangile, dit qu'il ne doit pas être « novice » ou jeune converti, "de peur qu'enflé d'orgueil, il ne tombe sous la condamnation du diable" (1 Timothée 3:6) ; comme s'il avait dit : "Cet appel est honorable, mais s'il n'est pas équilibré par l'humilité, un souffle de Satan le fera basculer dans ce péché". 

Les soixante-dix que le Christ envoya les premiers prêcher l'Évangile, et qui triomphèrent miraculeusement de Satan, même ceux-là, alors qu'ils marchaient sur la tête du serpent, celui-ci se retourna et faillit les piquer par orgueil. Notre Sauveur le perçut lorsqu'ils revinrent triomphants et racontèrent les grands miracles qu'ils avaient accomplis ; c'est pourquoi il les dépouilla de cette gloire, de peur qu'elle ne dégénère en vaine gloire, et leur dit : "Ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis, mais réjouissez-vous plutôt de ce que vos noms sont écrits dans les cieux", Luc 10:20. Comme s'il avait dit : "Ce n'est ni l'honneur de votre vocation, ni le succès de votre ministère qui vous sauveront". 

Certains de ceux qui seront jetés aux démons, diront alors : "Seigneur, Seigneur, en ton nom nous avons chassé les démons." "Ne vous enorgueillissez donc pas de cela, mais considérez plutôt cela comme une preuve pour vos âmes que vous êtes mes élus, ce qui vous sera plus profitable au grand Jour que toutes ces choses".

Second privilège. Un second privilège est celui où Dieu honore une personne de souffrir pour sa vérité. C'est un grand privilège. "Il vous a été donné, par rapport à Christ, non seulement de croire en lui, mais aussi de souffrir pour lui", Philippiens 1:29. Dieu n'offre pas à ses saints des présents sans valeur ; il y a en eux une valeur inestimable, imperceptible à l'œil charnel. La foi, direz-vous, est un grand don, mais la persévérance est plus grande encore (sans laquelle la foi serait vaine) et la persévérance dans la souffrance est, par-dessus tout, honorable. Cela fit dire à John Careless, notre martyr anglais qui, bien que n'étant pas mort sur le bûcher, mourut en prison pour le Christ : "Quel honneur, un honneur que même les anges ne reçoivent pas ! Que Dieu me pardonne mon ingratitude !"

Or, lorsque Satan ne parvient pas à faire sortir une âme de prison, il s'efforce de l'enorgueillir ; lorsqu'il ne parvient pas à la faire s'apitoyer sur son sort, il la flatte jusqu'à ce qu'elle prenne la grosse tête. L'affliction venant de Dieu expose à l'impatience, l'affliction pour Dieu, à l'orgueil. C'est pourquoi, chrétiens, efforcez-vous de vous fortifier contre cette tentation de Satan. Vous ignorez combien de temps vous serez appelés à une œuvre de souffrance; de tels nuages ​​se lèvent souvent très vite. 

Ainsi, pour garder ton cœur humble lorsque tu es honoré de souffrir pour la vérité, réfléchis à ce qui suit:

1. Bien que tu ne mérites pas ces souffrances infligées par les hommes, tu peux, à cet égard, te glorifier de ton innocence, car tu ne souffres pas comme un malfaiteur ; pourtant, tu ne peux que confesser qu'il s'agit d'une juste affliction de Dieu à cause du péché en toi, et cela, à mon avis, devrait te maintenir humble. La même souffrance peut être un martyre aux yeux des hommes, et pourtant une correction paternelle pour le péché aux yeux de Dieu. Nul n'a souffert sans péché, si ce n'est le Christ, et par conséquent nul ne peut se glorifier des souffrances, si ce n'est lui; le Christ dans les siennes, nous dans les siennes. "Loin de moi la pensée de me glorifier, sinon de la croix de notre Seigneur Jésus-Christ", Galates 6:14.

Cela maintint M. Bradford dans l'humilité face aux souffrances endurées pour la vérité. Nul ne s'en est plus réjoui, ni n'a béni Dieu plus à leur sujet, et nul n'a été plus humble sous leur autorité que lui. Qu'est-ce qui le maintenait dans cette humilité ? Lisez ses lettres pieuses, et vous constaterez que dans presque toutes, il déplore ses péchés et ceux des protestants sous le règne du roi Édouard : "Il était temps", dit-il, "que Dieu mette son bâton entre les mains des papistes. Nous étions devenus si orgueilleux, si guindés, si stériles, au point de haïr et de mépriser les moyens de la grâce, alors même que nous en jouissions. C'est pourquoi Dieu a fait s'abattre sur nous la roue de la persécution." De même qu'il considérait l'honneur comme source de gratitude, il considérait le péché comme source d'humilité.

2. Considère qui te soutient et te porte à travers tes souffrances pour le Christ. Est-ce ta grâce ou la sienne qui est suffisante pour une telle œuvre ? Ton esprit ou celui du Christ, par lequel tu parles lorsqu'on t'appelle à témoigner de la vérité ? Comment se fait-il que tu sois un souffrant et non un persécuteur ? Un confesseur et non un reniant, voire un traître au Christ et à son Évangile ? Tu le dois à Dieu. Il ne te doit rien, au point que tu te sépares de tes biens, de ton crédit ou même de ta vie pour lui ; si tu avais mille vies, tu les lui devrais toutes!

Tu es infiniment redevable à Dieu, car il te les réclame de cette manière, qui comporte tant d'honneur et de récompense. Il aurait pu te laisser vivre dans tes convoitises et finalement souffrir la perte de tout cela pour elles. Oh ! combien meurent sur l'échafaud en martyrs pour la cause du diable, pour des crimes, des viols et des meurtres ! Ou bien il pourrait te retirer sa grâce et te laisser à ta propre lâcheté et à ton incrédulité, et alors tu ne tarderais pas à révéler ton vrai visage. Même les plus fervents défenseurs du Christ ont appris leur faiblesse si le Christ se retire. 

Certains ont témoigné avec force de leur foi et de leur résolution pour la cause du Christ, allant jusqu'à frôler la mort pour son nom, se livrant eux-mêmes au bûcher et au feu. Pourtant, leur cœur a flanché, comme celui de ce saint homme, M. Benbridge, dans notre martyrologe anglais, qui repoussa les fagots et s'écria : "Je me renie ! Je me renie !" Mais cet homme, fortifié dans sa foi et revêtu de la puissance divine, put, une semaine seulement après cette terrible épreuve, mourir sur le bûcher avec sérénité.

Celui qui a vaincu la mort pour nous, c’est celui qui la vainc toujours en nous. Et qui devrait être ton chant, sinon Celui qui est ta force ? Ne te glorifie pas toi-même, mais bénis-le. C’est l’un des noms de Dieu ; il est appelé "la gloire de la force de son peuple" (Psaume 89,17). Plus tu te glorifies en Dieu qui te donne la force de souffrir pour lui, moins tu te vanteras de toi-même. Un cœur reconnaissant et un cœur orgueilleux ne peuvent coexister.

3. Considère la tache infâme que l'orgueil donne à toutes tes souffrances ; lorsqu'il n'est ni déploré ni combattu, il en change la donne. Un vieux dicton dit que ce n'est pas le châtiment, mais la cause qui fait le martyr. On peut affirmer sans risque d'erreur que ce n'est pas seulement la cause, mais la sincérité du cœur dans la souffrance pour une juste cause qui fait d'un homme un martyr aux yeux de Dieu. Même si tu devais livrer ton corps aux flammes, si tu n'as pas l'humble cœur d'un martyr pour le Christ, tu ne fais que te vendre; tu ne fais que renier une partie de toi-même pour en ériger une autre ; tu cours au péril de ta vie et de ton rang, peut-être pour gagner quelques applaudissements et ériger un monument à ta gloire aux yeux des hommes.

En cette affaire, tu n'agis pas plus qu'un soldat qui, pour se donner un nom de bravoure, s'aventure au péril de sa vie ; seulement, tu manifestes ton orgueil sous un voile de religion ; mais cela
n'arrange rien, au contraire, cela ne fait qu'empirer les choses. Si tu veux, dans tes souffrances, être un sacrifice agréable à Dieu, tu dois non seulement être prêt à offrir ta vie pour sa vérité, mais aussi à sacrifier ton orgueil, sinon tu risques de tomber d'un feu à l'autre : souffrir ici-bas de la part des hommes, en te prétendant champion de l'Évangile, et dans l'autre monde de la part de Dieu, pour l'avoir dépouillé de sa gloire par tes souffrances.

Troisième privilège. Un troisième privilège se manifeste lorsque Dieu se déverse sur nous avec des manifestations de son amour plus qu'ordinaires. Alors, le chrétien risque de voir son cœur s'enorgueillir secrètement. En effet, l'effet authentique et naturel que de telles révélations de l'amour divin ont sur une âme pieuse est de l'humilier. La vue de la miséricorde accroît le sentiment du péché, et ce sentiment dissout l'âme avec douceur dans la tristesse, comme nous le voyons chez Madeleine. Le cœur qui était peut-être dur et glacé dans l'ombre, s'ouvrira et se réchauffera au soleil de l'amour, et tant que l'orgueil restera caché aux yeux de la créature.

"Alors, dit Dieu, vous vous souviendrez de vos mauvaises voies et de vos actions iniques, et vous vous détesterez vous-mêmes", etc. (Ézéchiel 36:31). Et quand cela arrivera-t-il, sinon lorsque Dieu voudra les sauver de toutes leurs impuretés, comme le montre le verset 25 ? Malgré cela, il subsiste encore des traces de corruption, même parmi les meilleurs, si bien que Satan est capable de faire des manifestations de l'amour de Dieu une source d'orgueil pour le chrétien. 

Et en vérité, Dieu nous révèle notre propension à ce péché lors du bref passage qu'il nous accorde, lorsqu'il nous offre de plus grandes manifestations de son amour. Le Consolateur, il est vrai, demeure à jamais dans le cœur du saint ; mais ses joies, elles, sont éphémères. Elles sont comme des excès dont il régale le croyant, mais le festin est vite retiré ; et pourquoi donc, sinon parce que nous ne pouvons les supporter comme nourriture quotidienne ? 

Un bref entretien avec le ciel, et une vision d'amour de temps à autre sur la montagne d'une ordonnance ou d'une affliction, réconfortent les chrétiens abattus qui, s'ils avaient la permission d'y bâtir leur demeure et de vivre sous la lumière constante de telles manifestations, seraient enclins à s'oublier et à se croire maîtres de leur propre confort. Si saint Paul risquait de succomber à ce mal d'orgueil après son bref ravissement (​​et pour l'en empêcher), Dieu jugea nécessaire de le laisser souffrir d'une épine dans la chair, notre sang ne deviendrait-il pas à plus forte raison trop orgueilleux, et nous-mêmes trop volages et débauchés, si nous nous nourrissions longtemps d'une telle nourriture exquise ? C'est pourquoi, chrétien, si jamais tu as besoin de veiller, c'est bien à ce moment-là, lorsque les consolations abondent et que Dieu te berce le plus de son amour; lorsque son visage rayonne des manifestations les plus claires, de peur que ce péché d'orgueil, tel un voleur de chandelle, n'éteigne ta joie.

Pour éviter cela, tu ferais bien de…

1. Veiller à ne pas mesurer ta grâce à ton confort, de peur de te laisser induire en erreur et de croire que ta grâce est grande simplement parce que ton confort l'est. Satan sera prompt à semer une telle pensée pour t'enorgueillir et te détourner de tes devoirs futurs. De telles découvertes témoignent certes de la vérité de ta grâce, mais non de son degré et de sa mesure. L'enfant faible est souvent, et même souvent, porté sur les genoux de l'enfant fort. 

2. Ne te complais pas tant dans ton confort actuel que ne t'efforce de l'améliorer, pour la gloire de Dieu. "Lève-toi et mange", dit l'ange au prophète, "car le voyage est trop long pour toi." Les manifestations de l'amour de Dieu sont là pour nous préparer à notre tâche. C'est une chose de se réjouir de notre confort, et une autre de partir, fortifiés par l'Esprit qui nous réconforte; tels des géants revigorés par ce vin, pour accomplir notre devoir et notre obéissance avec plus de force et d'ardeur. Celui qui passe son temps à compter son argent pour simplement voir à quel point il est riche fait preuve d'orgueil ; mais celui qui investit son argent et le fait fructifier fait preuve de sagesse. Celui qui se vante de son confort perdra ce qu'il possède, tandis que celui qui améliore son confort en accomplissant pleinement son devoir l'accroîtra.

3. Souviens-toi que ton réconfort dépend de Dieu. Ce ne sont pas les sourires d'hier qui te rendent joyeux aujourd'hui, pas plus que le pain que tu mangeais alors ne peut te fortifier à lui seul aujourd'hui. Il te faut de nouvelles découvertes pour un réconfort nouveau. Si Dieu cache son visage, tu perdras bientôt la vue et oublieras la saveur de ce que tu as encore. Il est au-delà de notre habileté et de notre pouvoir de préserver ces impressions de joie et ces douces perceptions de la faveur divine que nous ressentons parfois ; de même que la présence de Dieu les apporte, lorsqu'il s'en va, il les emporte avec lui, comme le soleil couchant emporte le jour.

Nous ririons de bon cœur de celui qui, lorsque le soleil brille à sa fenêtre, penserait, en la fermant, emprisonner les rayons du soleil dans sa chambre ; et fais-tu preuve d’autant de folie, toi qui penses que, parce que tu as maintenant du réconfort, tu ne connaîtras plus jamais les ténèbres de l’esprit ? Le réconfort du croyant est comme la manne d’Israël. Il n’est pas comme le pain et les provisions ordinaires que nous achetons au marché et que nous enfermons dans nos placards où nous pouvons aller chercher quand bon nous semble ; non, il est comme la manne, tombé du ciel. En effet, Dieu pourvoyait à leurs besoins après cela, afin de les humilier : "Il t’a nourri de la manne dans le désert, une nourriture que tes pères n’avaient pas connue, afin de t’humilier" (Deutéronome 8:16).

Ce n'est pas la qualité médiocre de la nourriture qui, dit-on, les a humiliés, car c'était une nourriture délicieuse, appelée "nourriture des anges" (Psaume 78:25), telle que les anges eux-mêmes auraient pu la leur servir ; mais la manière dont elle leur était distribuée; de main en main, leur portion quotidienne, et rien de plus. Ainsi, Dieu gardait la clé de leurs provisions; ils dépendaient de sa sollicitation immédiate et c'est ainsi que Dieu nous communique nos consolations spirituelles dans le même but, pour nous humilier. Voilà pour cette seconde forme de perversité spirituelle.

J'avais pensé citer d'autres exemples, comme l'hypocrisie, l'incrédulité et le formalisme, mais le sujet étant peut-être général, ce que j'ai déjà dit pourrait être perçu comme une digression, et de surcroît trop long. Je conclurai donc cette section sur le mal spirituel en m'adressant à ceux qui sont encore dans un état naturel et non sanctifié : les inciter, à partir de ce que j'ai dit concernant les tentations que Satan adresse aux croyants, à considérer sérieusement que le principal dessein de Satan contre eux réside également dans ces mêmes péchés. C'est votre conscience endurcie, votre esprit aveugle et votre cœur paresseux et impénitent qui causeront votre perte, si vous échouez.

Le diable sait que d'autres péchés préparent à ceux-ci, et c'est pourquoi il vous y entraîne pour vous y conduire. Il prépare le chemin des péchés spirituels de deux manières : premièrement, parce qu'il prédispose naturellement le pécheur à ces péchés ; la nature du péché est d'aveugler l'esprit, d'engourdir la conscience, d'endurcir le cœur, comme il est sous-entendu : "Afin qu'aucun de vous ne s'endurcisse par la séduction du péché" (Hébreux 3:13). De même que les pas des voyageurs martèlent la route, la marche dans les péchés charnels et graves endurcit le cœur. Ils engourdissent la conscience, de sorte qu'avec le temps le pécheur perd toute sensibilité et peut porter ses désirs dans son cœur, comme les marteaux-piqueurs enfoncent leurs épingles dans leur chair, sans douleur ni remords.

Deuxièmement, comme ils provoquent Dieu par un acte judiciaire pour les livrer à ces péchés ("Donne-leur de l’obstination de cœur", Lamentations 3:65), de même il est écrit en marge : "Ta malédiction sur eux". Et lorsque le diable a piégé les pécheurs à ce point, il les tient sous sa coupe. Ils sont les précurseurs de la damnation. Si Dieu laisse votre cœur endurci et inflexible, c’est un triste signe qu’il n’entend pas y semer la graine de la grâce. Ô pécheurs, priez, comme il l’a fait pour Pierre dans Actes 8:24, afin qu’aucune de ces choses ne vous arrive ; et pour cela, prenez garde de ne pas rejeter les offres qu’il vous fait pour vous adoucir. L’endurcissement que Dieu inflige est une conséquence et une punition de notre propre endurcissement. Il est tout à fait vrai ce que dit Prosper : "Un homme peut perdre des biens temporels contre sa volonté, mais pas des biens spirituels." Dieu n’endurcira personne, ne damnera personne, contre sa volonté.

dimanche 26 octobre 2025

Le chrétien en armure complète, par William Gurnall, 33e partie

 

L'orgueil de la grâce, c'est avoir confiance en la valeur de notre grâce.

La deuxième façon pour un chrétien d'être fier de sa grâce est de se fier à sa valeur, en s'appuyant sur elle pour être accepté par Dieu. L'Écriture appelle la grâce inhérente "notre propre justice", bien que Dieu en soit effectivement l'auteur et l'oppose à la justice du Christ, qui seule est appelée "justice de Dieu" (Romains 10:1-4). Or, se reposer sur une grâce inhérente, c'est exalter notre propre justice au-dessus de la justice de Dieu ; et à quel orgueil cela équivaudrait-il ? S'il en était ainsi, un saint, lorsqu'il monterait au ciel, pourrait dire : "Ceci est le ciel que j'ai bâti, ma grâce l'a acquis" ; ainsi, le Dieu du ciel deviendrait le locataire de sa créature céleste. 

Non, Dieu a placé l'ordre de notre salut dans une autre méthode : la grâce, non pas en nous, mais pour nous. La grâce inhérente a sa place et sa fonction d'accompagner le salut (Hébreux 6:9), mais non de le procurer. C'est l'œuvre du Christ, et non celle de la grâce. Lorsqu'Israël s'attendait au Seigneur au mont Sinaï, il avait des limites. Nul ne devait s'approcher, hormis Moïse, pour traiter avec Dieu ; non, il ne devait pas toucher la montagne, de peur de mourir. 

Ainsi, toutes les grâces de l'Esprit s'appuient sur Dieu, mais aucune ne vient remettre en question l'acceptation de Dieu, si ce n'est la foi, qui est une grâce qui présente l'âme hors de ses propres ornements. Mais vous direz : "À quoi bon tout cela ? Où est l'homme qui se confie en sa grâce ?" Hélas, où est le chrétien qui se tient pleinement à l'écart et se défait librement de sa propre justice ? Rare est celui qui sait diriger sa foi de façon si directe, sans heurter de temps à autre ce devoir et s'écraser sur cette grâce. Abraham se tourna vers Agar, et les enfants de la foi d'Abraham ne sont pas totalement insensibles à la loi, et on les trouve parfois dans les bras d'Agar! 

Observez le flux et le reflux de notre foi, selon les différents aspects de notre obéissance. Quand cela semble complet, notre foi est en pleine expansion et emporte toutes les montagnes de nos peurs ; mais si elle semble faiblir dans un service ou un devoir, alors le Jourdain de notre foi reflue et laisse l’âme à nu. La rancune du diable est contre le Christ, et donc, puisqu’il n’a pu empêcher son arrivée (ce n'est pas faute d'avoir essayé de l'en empêcher), ni exercer sa volonté sur lui à son arrivée, il s’en prend maintenant, d’une manière plus subtile, à obscurcir la gloire de ses souffrances et la suffisance de sa justice, en mêlant la nôtre à la sienne.

Cette doctrine de la justification par la foi a été l'objet de plus d'attaques et de coups de force que toute autre doctrine des Écritures. En effet, bien d'autres erreurs n'étaient que des manœuvres sournoises pour la saper encore davantage. Enfin, lorsqu'il ne peut dissimuler cette vérité, qui brille désormais dans l'Église comme le soleil dans toute sa force, l'ennemi s'efforce d'en entraver l'amélioration pratique, afin, s'il le peut, de nous empêcher d'être fidèles à nos propres principes, nous obligeant, alors que, dans notre jugement, nous ne reconnaissons l'acceptation que par le Christ, à nous réfuter nous-mêmes dans notre pratique.

Or, il existe un double orgueil dans l'âme qu'il utilise à cette fin : l'un, que je pourrais appeler un orgueil de politesse, l'autre, un orgueil d'autosatisfaction.

Premièrement, un orgueil de politesse, qui se manifeste sous l'habitude et le masque de fausse humilité, et qui se révèle soit dès la première rencontre de l'âme avec Christ, l'empêchant d'atteindre la promesse ; soit plus tard, dans le cours quotidien de sa marche avec Dieu, l'empêchant de vivre confortablement en Christ.

1. Lorsqu'une pauvre âme est éloignée de la promesse par le sentiment de sa propre indignité et de sa grande injustice, parlez-lui du pardon. Hélas! Il est tellement absorbé par les pensées de sa propre vilenie que vous ne pouvez lui imputer ce pardon. Dieu accepterait-il un crapaud tel que lui dans son sein, écarterait-il d'un coup tant d'abominations et accueillerait-il en sa faveur celui qui s'est si longtemps rebellé contre lui ? Il ne peut y croire ; non, bien qu'il entende ce que le Christ a fait et souffert pour le péché, il refuse d'être consolé. L'âme est loin de se douter de l'amertume de telles pensées.

Tu crois bien faire ainsi de déclamer contre toi-même et d'aggraver tes péchés. Certes, tu ne peux pas les noircir suffisamment, ni nourrir de toi-même des pensées trop basses et viles pour cela ; mais quel tort Dieu et le Christ t'ont-ils fait, pour que tu réfléchisses si indignement à la miséricorde de l'un et au mérite de l'autre ? Ne peux-tu pas agir ainsi, et ne pas aussi avoir égards au nom de Dieu ? N'y a-t-il aucun moyen de montrer la signification de ton péché, si ce n'est en diffamant ton Sauveur ? Ne peux-tu pas te reprocher ces péchés sans condamner Dieu et couvrir de honte Christ et son sang devant Satan, qui triomphe plus en cela que dans tous tes autres péchés ? 

En un mot, même si, tel un misérable, tu t’es perdu toi-même et as damné ton âme par tes péchés, ne veux-tu pas que Dieu ait la gloire de te les pardonner et que Christ ait l’honneur de te les procurer ? Ou es-tu comme celui de l'Évangile, qui ne pouvait pas travailler la terre, et qui avait honte de mendier ? (Luc 16:3). Tu ne peux pas gagner le ciel par ta propre justice ; et ton esprit est-il si endurci que tu ne le demandes pas pour l’amour du Christ ? De le prendre des mains de Dieu, qui, dans l’Évangile, vient te supplier et te supplie de te réconcilier avec lui ? 

Ah, mon âme ! Qui aurait pu imaginer qu'un tel orgueil puisse se cacher sous un voile aussi modeste ? Et pourtant, il n'y en a pas de pareil. Quel orgueil horrible pour un mendiant de mourir de faim plutôt que de recevoir l'aumône d'un riche; pour un malfaiteur de préférer la corde à un pardon de son gracieux prince ; mais voici une âme qui surpasse infiniment les deux : une âme qui se languit et périt dans le péché, et qui pourtant rejette la miséricorde de Dieu et la main secourable du Christ pour la sauver !

Bien qu'Abigaïl ne se croie pas digne d'être l'épouse de David, elle estimait pourtant que David était digne d'elle. C'est pourquoi elle accepta humblement son offre et se hâta d'accompagner les messagers. Voilà la douce disposition d'esprit : se résigner à sa propre bassesse, tout en croyant ; renoncer à toute prétention à notre dignité, sans pour autant renoncer à tout espoir de miséricorde, mais se hâter d'aller vers le Christ qui nous courtise. 

Tout l'orgueil et toute la grossièreté résident dans le fait que nous fassions attendre le Christ, qui ordonne à ses messagers d'inviter les pauvres pécheurs à venir leur dire : "Tout est prêt". Mais, diras-tu encore, ce n'est pas l'orgueil qui te retient, mais tu ne peux croire que Dieu accueillera jamais quelqu'un comme toi. En vérité, tu n'améliores pas grand-chose avec cela. Soit tu gardes en ton cœur une convoitise dont tu ne veux pas te défaire pour obtenir le bénéfice de la promesse, et alors tu es un hypocrite notoire qui, sous un tel cri pour tes péchés, peut en même temps conclure un commerce secret avec l'enfer ; soit, sinon, tu découvres d'autant plus d'orgueil que tu oses te démarquer, alors que tu n'as rien à opposer aux nombreuses promesses claires et nettes de l'Évangile, si ce n'est ton incrédulité péremptoire. 

Dieu ordonne au méchant d'abandonner ses voies et de se tourner vers lui, et il lui pardonnera abondamment ; mais tu dis que tu ne peux pas croire cela pour toi-même. Or, qui dit la vérité ? L'un de vous deux doit être le menteur ; soit tu dois l'accepter avec honte pour ce que tu as dit contre Dieu et sa promesse, et c'est la meilleure chose à faire ; soit tu dois le rejeter fièrement, voire blasphémer, sur Dieu, comme le fait tout incroyant (1 Jean 5:10). Bien plus, tu le fais parjurer, car Dieu, pour donner aux pauvres pécheurs une plus grande sécurité en cherchant refuge en Christ, qui est cette "espérance qui leur est proposée" (Hébreux 6:17-18), a juré qu'ils trouveraient une puissante consolation. Heureux sommes-nous, pour qui Dieu se met sous serment ! Mais misérables sommes-nous, qui ne voulons pas croire Dieu, non, pas lorsqu'il jure !

2. Lorsque l'âme a franchi le grand gouffre et atteint un état de paix et de vie en se rapprochant du Christ, Satan se sert pourtant de cet orgueil dans le cours quotidien du devoir et de l'obéissance du chrétien pour le perturber et entraver sa paix et son réconfort. Oh, comme tant d'âmes précieuses passent leurs journées sans joie ! Si vous en cherchez la cause, vous découvrirez que toute leur joie s'épuise au gré de leurs devoirs imparfaits et de leurs faibles grâces. Elles ne peuvent prier comme elles le voudraient, ni marcher comme elles le désirent, avec régularité et constance ; elles constatent combien elles sont loin de la sainte règle de la Parole et du modèle que d'autres, plus éminents en grâce, leur proposent.

Bien que cela ne les fasse pas abandonner les promesses et renoncer complètement à tout espoir en Christ, engendre cependant bien des craintes et des soupçons, et les oblige même à s'asseoir au festin que Christ a préparé, sans savoir s'ils peuvent manger ou non. En un mot, comme cela les prive de leur joie, cela prive le Christ de la gloire qu'il devrait recevoir de leur joie en lui. 

Je ne dis pas, chrétien, que tu ne devrais pas pleurer les défauts que tu trouves dans tes grâces et tes devoirs ; non, tu ne pourrais pas te vanter d'être sincère si tu ne le faisais pas. Un cœur bienveillant, voyant combien son état renouvelé, pour le moment, est loin de la sainteté primitive de l'homme par la création, ne peut que pleurer et se lamenter, comme les Juifs à la vue du second temple. Pourtant, chrétien, même si tes yeux pleurent à cause de tes grâces imparfaites (car une âme ressuscite revêtue de son linceul), tu devrais te réjouir, et même triompher de tous tes défauts par la foi en Christ, en qui tu es complet (Colossiens 2:10), tout en étant imparfait en toi-même.

La présence du Christ dans le second temple (que le premier n'avait pas) le rendit, bien que relativement modeste, plus glorieux que le premier (Aggée 2:9). Combien plus sa présence dans ce temple spirituel, celui d'un cœur gracieux, imputant sa justice pour couvrir toute laideur, rend-elle l'âme plus glorieuse que l'homme au premier abord ? C'est un vêtement pour lequel, comme le dit le Christ à propos du lys, nous ne filons ni ne peinons ; pourtant, Adam, dans toute sa royauté créée, n'était pas aussi vêtu que le plus faible des croyants avec cela sur son âme.

Maintenant, Chrétien, réfléchis bien à ce que tu fais, tandis que tu languis sous le sentiment de tes propres faiblesses, refusant de te réjouir en Christ et de vivre confortablement des doux privilèges auxquels ton mariage avec lui t'intéresse. Ne trahis-tu pas une part de cet orgueil spirituel qui agit en toi ? Oh, si tu pouvais prier sans errer, marcher sans boiter, croire sans vaciller, alors tu pourrais te réjouir et marcher joyeusement. 

Il semble, âme, que tu t'arrêtes pour apporter avec toi le fondement de ton réconfort, et non pour le recevoir purement du Christ. Oh, combien il serait préférable que tu dises avec David : "Bien que ma maison" (mon cœur) "ne soit pas ainsi avec Dieu, il a pourtant conclu avec moi une alliance éternelle, ordonnée en toutes choses et sûre ; et c'est là tout mon désir, toute ma confiance". J'oppose Christ à tous mes péchés et à tous mes besoins ; il est tout pour moi, et il est au-dessus de tout. En effet, toutes ces plaintes concernant nos besoins et nos faiblesses, dans la mesure où elles détournent nos cœurs d'une confiance sincère en Christ, ne sont que le langage de l'orgueil, aspirant à l'alliance des œuvres.

Il est difficile d'oublier notre langue maternelle, si naturelle pour nous ; efforcez-vous donc d'en prendre conscience, et de constater combien cela attriste l'Esprit du Christ. Que dirait un mari si sa femme, au lieu de lui témoigner son amour et de se réjouir en lui, ne faisait que pleurer et gémir jour et nuit en pensant à son ancien mari décédé ? La loi, en tant qu'alliance, et Christ sont comparés à deux maris : "Vous êtes morts à la loi par le corps de Christ, pour être mariés à un autre, à celui qui est ressuscité des morts" (Romains 7:4). 

Or, ton chagrin pour le défaut de ta propre justice, lorsqu'il t'empêche de te réjouir en Christ, n'est qu'une plainte contre ton autre mari, et Christ ne peut l'accepter que durement : tu ne prends pas plaisir à te reposer en Christ et à tirer ton bonheur de lui comme avec ton ancien mari, selon la loi.

Il existe un orgueil qui se glorifie lui-même ; lorsque le cœur s'élève secrètement, au point de se promettre l'acceptation de Dieu pour tout devoir ou acte d'obéissance accompli, et qu'il ne quitte pas, même avec le plus grand soutien, ses propres actions pour faire reposer entièrement son attente sur le Christ. Chaque regard de l'âme est adultère, voire idolâtre. Si, chrétien, ton cœur se laisse à un moment donné séduire secrètement (​​comme le dit Job d'une autre forme d'idolâtrie) ou si tu t'attaches à tes propres devoirs et à ta justice au point de leur vouer cette adoration intérieure qui témoigne de ta confiance, c'est une grande iniquité ; car en cela tu renies le Dieu d'en haut, qui a orienté ta foi vers un autre but.

Tu viens ouvrir la porte du ciel avec l'ancienne clé, lorsque Dieu a posé une nouvelle serrure. Ne reconnais-tu pas que ta première entrée dans ton état justifié était par pure miséricorde ? Tu as été "justifié gratuitement par sa grâce, par la rédemption qui est en Jésus-Christ", Romains 3:24. Et à qui es-tu redevable, maintenant que tu es réconcilié, pour ton acceptation ultérieure? Par ton devoir ou ton action sainte ? Par ton devoir, à ton obéissance, à toi-même ou à Christ ? 

Le même apôtre vous dira : "Par qui nous avons aussi accès par la foi à cette grâce dans laquelle nous demeurons fermes" (Romains 5:2). Si Christ ne vous guide pas dans tout ce que vous faites, vous trouverez certainement la porte fermée. Il n'y a plus de place pour le mérite maintenant que vous êtes plein de grâce, que lorsque vous étiez sans grâce. "La justice de Dieu se révèle par la foi et pour la foi", car "le juste vivra par la foi" (Romains 1:17). Non seulement nous sommes rendus vivants par Christ, mais nous vivons par Christ ; la foi aspire continuellement sa miséricorde, son assistance et son réconfort, comme les poumons aspirent l'air. Le chemin du ciel est pavé de grâce et de miséricorde jusqu'à la fin.

Soyez exhortés avant tout à vous méfier de ce jeu de Satan. Prenez garde de ne pas vous reposer sur votre propre justice. Vous vous tenez sous un mur chancelant ; les fissures que vous voyez dans vos grâces et vos devoirs, au meilleur moment, vous invitent à vous en tenir éloignés, à moins que vous ne vouliez qu'ils vous tombent sur la tête. Le plus grand pas vers le ciel est de sortir de chez nous, de franchir notre propre seuil. Il a coûté la vie à plus d'un homme lorsque sa maison a pris feu (une difficulté à sauver quelques biens) qu'en s'aventurant au milieu des flammes pour préserver, ils ont eux-mêmes péri. D'autres ont perdu leur âme en pensant emporter avec eux au ciel certains de leurs biens (une œuvre ou un devoir si précieux) tandis que, comme Lot qui s'attarde, ils ont hésité à partir par confiance et ont eux-mêmes péri. Ô messieurs, sortez, sortez, laissez ce qui vous appartient dans le feu. 

Volez avec rien vers le Christ, Il a de l'or, non pas comme le tien, qui se consumera et sera retrouvé crasseux au feu, mais comme celui qui, dans l'épreuve du feu, a passé devant le juste jugement de Dieu pour un poids pur et entier. Vous ne pouvez pas vous trouver à deux endroits à la fois. Choisissez si vous serez trouvé dans votre propre justice ou dans celle de Christ. Ceux qui ont eu plus à montrer que toi ont tout abandonné et se sont mis à mendier auprès de Christ. Lis l'inventaire de Paul, Philippiens 3 : ce qu'il avait, ce qu'il faisait, tout cela n'était que scories et perte. Donnez lui le Christ, et prenez le reste. 

Ainsi Job, l’homme le plus saint qui ait foulé la terre (Dieu lui-même en étant témoin), dit pourtant : "Quand même j’étais parfait, je ne connaîtrais pas mon âme, je mépriserais ma vie", Job 9:21. Il avait reconnu son imperfection auparavant, mais il formule maintenant une supposition qui, en vérité, ne devrait pas être formulée : "Si j’étais parfait, je ne connaîtrais pas mon âme. Je n’entretiendrais aucune pensée qui me gonflerait d’une telle confiance en ma sainteté, au point d’en faire ma requête auprès de Dieu." Comme on dit souvent, un tel homme a d’excellentes qualités, mais il le sait, c’est-à-dire qu’il en est fier. Prends garde à connaître ta propre grâce en ce sens ; tu ne peux pas porter plus atteinte à ta grâce et à ton réconfort qu’en t’enorgueillissant ainsi.

dimanche 28 janvier 2024

Absalom: Sa fierté, sa perte

Il n'y avait pas un homme dans tout Israël aussi renommé qu'Absalom pour sa beauté (2 Samuel 14:25).

La tête d'Absalom fût prise au térébinthe; il demeura suspendu entre le ciel et la terre (2 Samuel 18:9).

Les cheveux d'Absalom étaient sa fierté, et ils causèrent fort probablement sa perte. Il est dit au chapitre 14 "qu'il n'y avait point en lui de défaut". Il est ensuite dit que, lorsqu'il se rasait la tête (parce que sa chevelure lui pesait), "le poids de ses cheveux était de deux cent sicles, poids du roi", ce qui représenterait prés de 3 kilos de nos jours, ou un peu plus de 6 livres. Mais au chapitre 18, alors qu'il a déclaré la guerre à son propre père David, Absalom se retrouve en présence des hommes de son père, et, monté sur un mulet (qui appartenait probablement au roi), il prend la fuite. Et il est dit que "sa tête fût prise au térébinthe", et il demeure suspendu entre ciel et terre, probablement pris par les mêmes cheveux qui faisaient sa fierté il y a quelques minutes encore. 

Qu'est-ce que cela nous enseigne aujourd'hui? Notre fierté ne repose peut-être pas dans nos cheveux, mais nous avons dans le cœur une propension à nous enorgueillir de toutes sortes de choses qui, si elles ne sont pas amenées à la soumission à Dieu, causeront notre perte. La fierté de l'homme moderne est sans limite; il parade cette fierté aux yeux du plus grand nombre; luttant de toute ses forces contre Dieu qui l'a créé et qui, pourtant, règne sur lui en Roi et Maître.

Nos pays sont tellement fiers de leurs péchés qu'ils légifèrent contre Dieu; ils appellent le mal bien, et le bien, mal. Croyons-nous que notre sort sera meilleur que celui qui attendait Absalom? Nous sommes plus coupables, parce que son exemple a été mit par écrit afin que nous ne le répétions pas. Mais non! L'orgueil nous étouffe, et nous ne manquons pas de résister à Dieu à notre tour!

Il faut comprendre que, pour d'Absalom, le fait d'avoir de beaux et longs cheveux était un signe de virilité, de pouvoir. Son apparence et son charisme étaient quelque chose qu'il utilisait pour se faire accepter des masses et pour diriger le peuple de Dieu dans une rébellion contre David, son père, et roi désigné par Dieu. La tragédie dans toute cette affaire ne repose dans la longueur de ses cheveux, mais dans sa rébellion contre Dieu et contre son oint, à cause de l'orgueil de son cœur. Il est possible que Salomon, lorsqu'il écrivit le Proverbe 16, pensa à Absalom lorsqu'il écrivit: "L'arrogance précède la ruine, et l'orgueil précède la chute".  

Nous pourrions parler de l'exemple que la vie d'Absalom donne aux enfants et aux jeunes encore aujourd'hui; comment la rébellion envers les parents ne paie pas et est sévèrement punie par Dieu, mais cet aspect a été abordé par d'autres commentateurs probablement mieux que nous le ferions. Nous allons plutôt nous attarder à sa fierté et à ce que ça nous enseigne aujourd'hui.

Revenons à 2 Samuel 18:9, lorsqu'il est dit qu'Absalom "demeura suspendu entre le ciel et la terre". Cela devrait beaucoup nous parler, parce que ce n'est pas que physiquement qu'Absalom était ainsi suspendu; il l'était moralement et spirituellement. Il prétendait être dans son droit le plus absolu de se rebeller contre le oint de Dieu, son propre père David, mais sa rébellion ne faisait que prouver l'état de son cœur rétrograde et mondain; plein d'adultère et d'envie de meurtre. De le voir ainsi suspendu "entre le ciel et la terre", encore "plein de vie" sera-t-il écrit au verset 14, est l'image d'un homme indigne, totalement indigne de servir sur la terre, et encore moins digne du Très-Haut que servait son père. Et nous avons plein de gens, même dans nos églises, parfois même en chaire, qui sont comme lui; oh ils prétendent faire le bien, mais ils sont inutilisables par Dieu sur la terre, parce que trop imbus d'eux-mêmes et de leur nature charnelle, et indigne d'être amenés auprès de Lui dans la gloire parce qu'ils n'ont pas été régénérés par le sang de Christ. Ils sont comme Absalom suspendu à son arbre; encore pleins de vie, mais dont la mort est déjà annoncée, parce qu'ils n'ont aucune envie de repentance, leur cœur endurci ne leur permettant pas de s'humilier devant Dieu et de Lui confesser leurs péchés pour en recevoir le pardon et la délivrance. 

L'autojustification peut fonctionner pendant un temps ici-bas, devant les hommes, mais cela ne trompera jamais Dieu. Il n'y a que le sang de Christ qu'Il reconnaisse comme capable d'effacer nos péchés et de les rendre blancs comme la neige (Esaïe 1:18; 1 Jean 1:7). À son pire moment, que pouvait faire Absalom? Crier pour recevoir de l'aide? Mais le texte nous dit qu'il était au contact des troupes de David! Impossible donc de crier "Au secours"! Que lui restait-il à faire, suspendu là à son arbre? Se repentir? Trop tard! Il avait franchit le point de non retour, et son propre cœur ne lui permettait plus de reconnaître ses péchés. Bien sûr, il dût se démener et essayer de se déprendre, mais sa tête prise dans cet arbre était une image de son cœur pris dans l'enchevêtrement de la multitude de ses péchés; le nœud était impossible à défaire. Qu'il était loin maintenant le jour où il couchait avec les concubines de son père sur le toit de sa maison afin de l'humilier! À quoi lui servait sa beauté et ses long cheveux maintenant, suspendu à cet arbre? Même tout son charisme ne lui était d'aucun secours! Il ne lui restait que sa conscience, qui ne lui reprochait peut-être pas grand chose puisque le texte ne nous dit pas qu'il suppliât ses bourreaux de voir le roi une dernière fois afin de lui demander pardon. Certains affirment qu'il dût être inconscients, mais quoi qu'il en soit, il est probable qu'il ne le fût pas, et qu'il fût simplement trop orgueilleux pour reconnaître ses fautes et en rechercher la rédemption. 

Nous voyons encore cela de nos jours. Nous sommes tous pécheurs; nous sommes tous privés de la gloire de Dieu lorsque notre cœur est éloigné de Lui. Et cela peut arriver même lorsque nous nous prétendons chrétiens, mais que nous cachons un péché dans notre cœur. Mais il est de plus en plus difficile pour un pasteur fidèle aujourd'hui de reprocher ses péchés à un chrétien qui pèche volontairement. Celui-ci, insulté dans son amour-propre, se lève et quitte "cette église intolérante" en essayant d'en entraîner d'autres avec lui. Cela n'est guère surprenant; ce chrétien n'est même pas prêt à recevoir les reproches de Dieu Lui-même! S'il ouvre sa Bible, les reproches qu'il y trouve ne le concernent pas, ils ne concernent que les autres. Cet orgueil conduit à la ruine spirituelle à une vitesse fulgurante! Regardons Saül; Absalom; Sodome et Gomorrhe; tous débordaient de fierté. Ézéchiel 16:49 nous dit en effet: "Voici quel a été le péché de Sodome, ta sœur. Elle avait de l'orgueil(...)". Tous ces exemples sont là dans la Bible afin que nous ne suivions pas ces traces; humilions-nous constamment devant la main puissante de notre Dieu. "Quiconque s'abaisse sera élevé", dira Jésus en Luc 14:11. Cette mentalité n'est pas à la mode dans notre monde où tous le monde se croit le roi au dessus du Roi, mais les chrétiens ne devraient pas se laisser influencer et guider par cet orgueil débordant; l'humilité est la marque de tout véritable chrétien né de nouveau, nous le savons bien.     

Nous constatons une autre chose dans ce récit: où sont les hommes qui se réclamaient d'Absalom? Partis. Ceux qui avaient rallié sa cause se sont enfuis sans se soucier de leur "roi", suspendu à un arbre comme le malfrat qu'il était. Ils ont pourtant dû être nombreux à le voir là, mais nous l'avons dit, il était indigne, indigne même au point de recevoir l'aide de ceux qui prétendaient être ses alliés. Que cela nous serve le leçon; le diable nous offre les plaisirs du péché; mais il en cache toujours le coût. Les plaisirs du péché ne durent qu'un temps, après quoi viendra la récolte de ce que nous avons semé. Oh les choses peuvent aller rondement pendant un certain temps, mais cela ne durera pas; si ce n'est pas en ce monde, ce sera en l'autre, mais la réalité des choses de Dieu nous rattrape toujours. Non pas qu'Il soit un Dieu de colère, mais Sa justice l'empêche de Se renier Lui-même, et Il doit punir le péché de la manière la plus sévère. Le péché n'a-t-il pas cloué le Fils sur la croix, l'exposant aux insultes et à l'ignominie? Dieu serait le plus injuste s'Il ne punissait pas le péché non avoué, non reconnu, dans toute Sa rigueur!

La mort d'Absalom nous parle aussi aujourd'hui. De son vivant, il s'était fait ériger "un monument dans la vallée du roi" (2 Samuel 18:18); cela représente l'orgueil démesuré de l'homme sans Dieu qui se prend pour son propre dieu. "Je n'ai pas besoin d'ordre d'un maître imaginaire", dit-il, tandis qu'il s'élève lui-même dans ses pensées comme s'il était son propre créateur. Mais après avoir été percé par les trois javelots de Joab, le général de l'armée de David, les dix jeunes gens qui accompagnaient Joab "entourèrent Absalom, le frappèrent et le firent mourir" (v.15). Quelle mort abjecte pour celui qui se faisait passer pour le roi d'Israël! Non satisfaits de cela, ils prirent son corps, le jetèrent dans une fosse et "mirent sur lui un très grand monceau de pierres" (v.17). C'était le sort réservé aux malfaiteurs; jamais prince n'avait été enterré de la sorte! Jamais de son vivant n'aurait-il prévoir une fin aussi abjecte; son orgueil lui faisait miroiter des rêves de grandeur qui n'étaient qu'illusions et poursuite du vent. Le pire de ses ennemis n'aurait pu imaginer une fin si dramatique et satisfaisante; le rebelle puni par sa propre vanité; pendu là à cet arbre, attendant le sort que lui réservaient ceux dont il avait fait ses ennemis. 

À l'opposé d'Absalom, nous avons David, un roi âgé, qui commençait probablement à perdre de la mobilité et qui était épuisé (au point que le peuple qui était avec lui refusa qu'il montât avec eux à la bataille (v.3)) mais qui, comme à ses jeunes années lorsqu'il affronta Goliath, plaçait sa confiance en Dieu. Il savait avant le début de la bataille que ses hommes allaient vaincre ceux d'Absalom, aussi leur dira-t-il ces paroles pathétiques, empreintes d'amour et de compassion pour ce fils rebelle: "Pour l'amour de moi, doucement avec le jeune Absalom!" (2 Samuel 18:5). La question pour David n'était pas de savoir si Dieu allait lui donner la victoire; il est impossible qu'il crût que Dieu allait donner la victoire à une armée impie et rebelle, car Bible nous dit que David était un homme "selon le cœur de Dieu" (1 Samuel 13:14).

Et notre Seigneur regarde l'humanité qu'Il a créé se rebeller contre Lui. Il voudrait la sauver, Il a tout fait pour cela en envoyant Jésus mourir sur la croix à notre place pour subir la colère divine pour nos péchés, mais il ne s'impose pas. Ceux qui persévèrent dans leurs péchés et leurs désobéissance sont comme Absalom; suspendus à un arbre, mais leurs actions et leurs "sacrifices" demeurent vains et sont même une abomination devant Dieu. Ils essaient de se justifier eux-mêmes, mais un seul a été suspendu entre ciel et terre pour obtenir le pardon de nos péchés; l'Homme Dieu Jésus-Christ, tout le reste n'est qu'orgueil et poursuite du vent!  

Que l'histoire d'Absalom nous serve de leçon: nous récoltons ce que nous semons. Galates 6:7-8 nous dit en effet: "Ne vous y trompez pas: on ne se moque pas de Dieu. Ce qu'un homme aura semé, il le moissonnera aussi. Celui qui sème pour sa chair moissonnera de la chair la corruption; mais celui qui sème pour l'Esprit moissonnera de l'Esprit la vie éternelle". Le péché doit être coupé à la racine; ne le laissons pas prendre place en nous. Absalom n'est pas devenu le rebelle qu'il était du jour au lendemain, mais sa désobéissance envers son père et son orgueil en virent à prendre une telle place en lui que le jour vint où il ne pût se retenir plus longtemps: il voulait être roi à la place du roi! N'est-ce pas ce que nous faisons lorsque nous ne laissons pas à Dieu la première place dans nos vies? N'essayons-nous pas trop souvent d'adoucir le message biblique pour conforter notre mode de vie plutôt que d'accepter le fait que Dieu, par la bouche de Jésus Lui-même, nous appelle à changer de vie, sinon nous mourrons (Luc 13:3)?   

Ne prétendons pas seulement croire en Dieu, car ceux qui croient réellement mettent en pratique. Si nous avons un véritable amour pour Dieu, nous aimerons aussi Ses paroles (Jean 14:21). N'oublions pas; "le mulet qui était sous lui passa outre", il s'en alla (2 Samuel 18:9). De même, tous nos faux espoirs, tout ce sur quoi nous bâtissons et plaçons notre confiance autre que sur Jésus-Christ, toute notre propre autojustification ne nous sera d'aucun secours au jours du jugement (Matthieu 7:24-27). La justification ne se trouve en aucun autre que Jésus-Christ. Ne faisons pas des Absalom de nous-mêmes; alors que nous entendons la voix de Dieu aujourd'hui, nous appelant ou nous rappelant à Lui, n'endurcissons pas nos cœurs; ne nous autojustifions pas dans un vain orgueil. Pierre nous exhorte à "nous humilier sous la main puissante de Dieu, afin qu'il nous élève au temps convenable" (1 Pierre 5:6). Demeurons petits à nos propres yeux, et, malgré notre indignité, nous serons transformés dans notre cœur et intelligence, utilisables pour l'œuvre du Seigneur ici bas, et Il nous amènera auprès de Lui dans la gloire à l'heure qu'Il aura décidé. après que nous ayons été que de simples serviteurs obéissants. 

Que le Seigneur nous donne la sagesse de comprendre et de mettre en pratique Sa parole, Amen.