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dimanche 6 octobre 2024

Eux dont le monde n'était pas digne

 

Eux, dont le monde n'était pas digne (Hébreux 11:38).

Ceci n'est pas un conte, ce n'est pas un roman, ni un cours d'histoire.

Les grands d'autrefois marchaient avec droiture; c'était le silence, et nul ne le brisait. Ils vivaient dans le désert, les sables tremblaient sous leurs pieds, ils entendaient le vent, un vent terrifiant de connaissances divines qui les faisait s'évanouir (nous nous souvenons de Daniel et d'autres prophètes).

Le sol se fendait sous leurs pas; face à cette tempête, ils étaient effrayés et tremblaient. Jour après jour, ils côtoyaient les serpents et les scorpions, ils marchaient sur les vipères, mais personne ne les entendaient, ni ne les écoutaient. Ces valeureux prédécesseurs ne voyaient qu'un seul chemin; le sentier de l'obéissance, celui qui gravit les hauts sommets, mais en même temps, ils voyaient l'herbe des prés se flétrir. 

Le jardin d'Eden disparaissait de leur vue, les (vrais) rois de ce temps restaient méconnus, traçant de leurs souffrances et de leurs larmes la voie à suivre. Ils titubaient sous le poids qui les écrasait. Ces voyants restaient tenaces, même au mépris de leur propre sang, ils avançaient sous la foudre sans s'arrêter. Ces prisonniers de jadis (pensons au prophète Jérémie) ont fait une semence sainte. Ils refusaient tout compromis. Face à la tempête, ils se souvenaient toujours de l'avenir. Ils étaient des colonnes qui soutenaient le toit, ils ont vaincu toute l'histoire ancienne, présente et à venir. 

Maintenant, d'autres en ces jours sont venus compiler leurs manuscrits, qui met à jour ce qui arrive aujourd'hui. Les puissants vont s'épuiser, les faibles vont bondir, le pauvre célèbre le nom de l'Éternel Il rend justice au faible et à l'orphelin, et l'opprimé n'est jamais confus lorsqu'Il crie à l'Éternel. 

Les grands sont ceux qui nous ont précédés. Allons relire Hébreux 11, ils sont un exemple de piété et de droiture dans un monde hostile. Pour avoir possédé la foi, "les anciens ont obtenu un témoignage favorable"(Hébreux 11:2). Au milieu de circonstances souvent éprouvantes, ils ont résisté, ils semblaient parfois seuls, chacun de son côté, à proclamer la vérité. Souvenons-nous de Noé, témoin fidèle du Seigneur au milieu d'une génération vouée à la destruction. Ô Combien de jours de silences en ce lieu, où l'on n'entendait que les bruits de la construction du refuge qui allait le protéger, lui et sa famille, de la colère de Dieu à venir contre une génération pécheresse.  

Hébreux 11:38 parlera de ces géants de la foi en disant d'eux "que le monde n'en était pas digne, errants dans les déserts et les montagnes, dans les cavernes et les antres de la terre". Les grains de sable sous leurs pieds se mouvaient à leur passage, comme les eaux qui se sont ouvertes au passage des israélites à la mer Rouge et au Jourdain, certains ont reçu des révélations de la part de Dieu qui les ont fait frémir; effrayés, ils se sont prosternés le visage contre terre, reconnaissant leur propre petitesse et leur indignité devant un si grand Dieu. Et alors qu'ils étaient ainsi prosternés, ils se voyaient comme l'herbe qui se flétrit et qui meurt. Tel est l'homme, tels sont les jours de l'homme ici-bas; qu'est l'homme face à un si grand Dieu? 

Ces géants côtoyaient les menaces de toutes sortes; plus souvent humaines qu'autre chose. Paul énumérera en 2 Corinthiens 11:26-28 certains des périls auxquels il a été confronté, mais il avait en vue la patrie céleste dont il est question en Hébreux 11:10 (et Hébreux 11:16), "la cité qui a de solides fondements, celle dont Dieu est l'architecte et le constructeur". 

Pour atteindre cette cité; il n'y avait qu'un seul chemin, et c'est encore le même aujourd'hui: Christ, et l'obéissance à l'Éternel Dieu, qui les a guidés sur le sentier qu'ils devaient suivre. Avec une foi constamment renouvelée, ils ont marché un jour à la fois, parfois au sommet des montagnes, contemplant comme de loin la gloire et la magnificence de Dieu, mais plus souvent à travers les sombres vallées de souffrances et de larmes, truffées de pièges et menaçant de les engloutir à tout moment. Mais l'Éternel avait dit à Esaïe : "Si tu traverses les eaux, je serai avec toi, et les fleuves, ils ne te submergeront point, si tu marches dans le feu, tu ne te brûleras pas, et la flamme ne t'embrasera pas. Car je suis l'Éternel, ton Dieu, le Saint d'Israël, ton Sauveur" (Esaïe 43:2-3). 

Et David, l'homme de Dieu éprouvé de bien des manières, dira avec une telle assurance au Paume 23 :4 : "Quand je marche dans la vallée de l'ombre de la mort, je ne crains aucun mal, car Tu es avec moi". Ces géants, ces piliers de la foi, peu ou personne ne les a reconnus ni écouté. Pourtant, à travers leurs souffrances et leur persévérance, ils nous ont ouvert un chemin, ils nous ont laissé un exemple splendide de confiance en Dieu. Au mépris de leur propre vie, ils ont aimé la vérité, ils ont reconnu la voix de Dieu, et ils ont marché avec fidélité sur le chemin du salut. Certains sont tout à fait méconnus, et le resteront toujours aux yeux des hommes, mais ô combien ils sont connus de Dieu! 

Ô, profondeurs de l'amour de Dieu! De Sa main, Il a soutenu ces hommes et ces femmes de foi qui nous ont précédés; malgré les apparences, ils n'ont pas persévéré en vain. Lorsque notre foi défaille, et que le doute nous assaille, souvenons-nous de ceux qui nous ont précédé, et qu'elle a été leur persévérance. "S'ils avaient eu en vue (la patrie) d'où ils étaient sortis, ils auraient eu le temps d'y retourner. Mais maintenant, ils en désirent une meilleure, c'est à dire une céleste. C'est pourquoi Dieu n'a pas honte d'être appelé leur Dieu, car il leur a préparé une cité" (Hébreux 11:15-16). Ils ont reconnu qu'ils étaient des étrangers et des voyageurs sur la terre. Et nous le sommes! Et, par la foi, ils ont finalement obtenus ce qu'ils cherchaient et désiraient; la cité céleste et éternelle. Nous n'avons pas de demeures durable ici-bas; ce ne sont que des abris temporaires. Un coup de vents, une inondation, et elles sont emportées. Comme eux, recherchons notre demeure permanente là haut dans la gloire, peu importe ce que cela nous coûtera ici bas.

Dieu est pour nous un refuge et un appui, un secours qui ne manque jamais dans la détresse. C'est pourquoi nous sommes sans crainte quand la terre est bouleversée, et que les montagnes chancellent au cœur des mers. Quand les flots de la mer mugissent, écument, se soulèvent jusqu'à faire trembler les montagnes. Il est un fleuve dont les courants réjouissent la cité de Dieu, le sanctuaire des demeures du Très-Haut. Dieu est au milieu d'elle, elle n'est point ébranlée; Dieu la secourt dès l'aube du matin. Arrêtez, et sachez que je suis Dieu. Je domine sur les nations, je domine sur la terre. L'Éternel des armées est avec nous, le Dieu de Jacob est pour nous une haute retraite (Psaume 46:1-5;10-11).

Que le Dieu de toute force et de toute grâce soit avec nous tous dans les jours difficiles qui sont devant nous, Amen.  

dimanche 9 octobre 2022

Notre ville refuge

Établissez-vous, comme je vous l’ai ordonné par Moïse, des villes de refuge(...)elles vous serviront de refuge contre le vengeur du sang (Josué 20:2-3).

Nous dont le seul refuge a été de saisir l’espérance qui nous était proposée (Hébreux 6:18).

Lorsqu'il est entré en terre promise, le peuple israélite s'est vu rappelé par Dieu le commandement qu'Il avait donné à Moïse, savoir, établir des villes de refuge où pourraient s'enfuir des meurtriers ayant tué quelqu'un involontairement. Il y avait à cette époque un "vengeur du sang", et ce pouvait être une personne ayant un lien familial ave la personne tuée accidentellement. Ce "vengeur du sang", comme son nom l'indique, avait le droit de poursuivre le tueur afin de faire retomber sur sa tête le sang qu'il avait versé. Donc, le tueur involontaire pouvait se réfugier dans ces villes ainsi établies, et la première chose qu'il devait faire était de se présenter aux anciens de la ville (des Lévites, voir Nombres 35:6) afin de leur exposer son cas (Josué 20:4). Ils pouvaient le recueillir auprès d'eux et lui donner une demeure où il serait protégé du vengeur du sang. S'il arrivait que le vengeur du sang se présenta dans cette ville, demandant que lui soit livré la personne ayant tué accidentellement, ce dernier paraîtrait devant l'assemblée pour y être jugé. Une enquête approfondie serait menée, et tous les faits seraient exposés devant l'assemblée; ensuite, il serait innocenté ou condamné. Mais il devait rester dans cette ville refuge jusqu'à la mort du souverain sacrificateur (v.5-6). Ces villes de refuge pouvaient servir autant pour le peuple israélite que pour les étrangers parmi eux.

Il y a une importante leçon spirituelle à tirer de ces quelques lignes. La Bible nous dit que "tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu" (Romains 3:23). Que nous péchions volontairement ou non, nous sommes tous à court de la gloire et de la présence de Dieu. Et il n'y a rien que nous pouvons faire par nous-mêmes pour nous délivrer ou améliorer notre propre situation et position par rapport à Lui. Nous sommes tous dépendants de quelque chose et de quelqu'un. Qu'est-ce que c'est? Nous avons notre ville refuge spirituelle, et elle se trouve en Christ, par la foi. Romains 3:21 nous dit clairement que la justice de Dieu est manifestée par la foi en Jésus-Christ pour tous ceux qui croient. Tous ceux qui croient. Juifs et non-Juifs. Comme les Israélites et les étrangers parmi eux avaient accès aux villes de refuge, la race humaine entière a accès par la foi au refuge qu'est Jésus. 

Ces villes refuges étaient placées de telle manière qu'on dit qu'en une demi-journée de marche, un homme pouvait atteindre l'une d'elle, de n'importe quel lieu du pays dans lequel il se trouvait. Elles démontrent clairement la volonté de Dieu de "donner une seconde chance", comme nous aimons à le dire, à tous les pécheurs. Il est lent à la colère, et riche en bonté, nous dit la Bible. Elles sont un témoignage de Sa volonté de fournir aux pécheurs repentants un abri, afin de les assurer que leurs péchés seraient pardonnés. Le Seigneur est un refuge qui n'est pas impossible à atteindre pour ceux qui se reconnaissent pécheurs. Cherchez, et vous trouverez, dira Jésus en Matthieu 7:7. 

Dieu déteste le péché. Comme celui qui avait fait couler le sang, (même accidentellement) pouvait être puni si le vengeur du sang le retrouvait, de même, le péché devaient l'être également. Le péché est tellement en horreur à Dieu que seul le sang parfait de Christ pouvait satisfaire les exigences élevées requises pour qu'Il puisse nous offrir le pardon de nos fautes. "C’est lui que Dieu a destiné, par son sang, à être, pour ceux qui croiraient victime propitiatoire, afin de montrer sa justice" (Romains 3:25).  

Mais nous devons impérativement demeurer sous le sang de Christ, sans quoi, nos fautes ne seraient plus couvertes. Nombres 35: 26-28 est très clair à ce sujet: "Si le meurtrier sort du territoire de la ville de refuge où il s’est enfui, et si le vengeur du sang le rencontre hors du territoire de la ville de refuge (au temps où le souverain sacrificateur est encore vivant) et qu’il tue le meurtrier, il ne sera point coupable de meurtre. Car le meurtrier doit demeurer dans sa ville de refuge jusqu’à la mort du souverain sacrificateur; et après la mort du souverain sacrificateur, il pourra retourner dans sa propriété". Notre ville refuge, c'est Christ. Nous devons rester sous sa protection tous les jours de notre vie, car le souverain sacrificateur ne mourra jamais; c'est Jésus Lui-même, l'auteur de l'épitre aux Hébreux nous le répète à plusieurs reprises! Le sang de Jésus est ce qui nous protège du juste jugement et de la colère de Dieu qui vient sur les rebelles. 

Notre seul refuge, qui était, qui est et qui sera toujours, c'est l'espérance qui nous a été proposée en Jésus (Hébreux 6:18). Lorsque nous lisons à partir de Josué 20:7, nous voyons les endroits désignés pour être ces villes refuges. Kédesh, dans la montagne de Nephthali; Sichem, dans la montagne d'Éphraïm; Hébron, dans la montagne de Juda. Qu'est-ce que cela nous dit? Les villes refuges étaient situées en hauteur; elles étaient visibles de tous, et accessibles à tous. La croix de Jésus a été installé, non pas dans une vallée obscure, mais à Golgotha (mont du calvaire), à l'endroit appelé "Lieu du Crâne", qui était une colline à l'extérieur de Jérusalem. Gloire à Dieu! Jésus n'est plus sur cette croix, mais Il y est allé, Il y est mort à notre place, afin de nous réconcilier avec le Père. Rien n'est caché aux yeux de Dieu, mais tout est à nu et découvert aux yeux de celui à qui nous devons rendre compte (Hébreux 4:13). 

Nous l'avons dit plus tôt, notre seul refuge, c'est l'espérance qui nous est proposée en Jésus-Christ. Il est entré pour nous, comme précurseur, dans le lieu très saint, Il est allé nous préparer une place (Jean 14:2). Cette espérance, nous la possédons comme une ancre de l’âme, sûre et solide (Hébreux 6:19); la grâce de Dieu qui nous est offerte gratuitement à cause des mérites seuls de Christ font que notre espérance ne peut pas être vaine. Dieu ne ment pas (Hébreux 6:18); Il a élevé Sa place forte, le Refuge pour tous les pécheurs qui se réfugient dans Sa miséricorde par la foi en Jésus-Christ. 

Affectionnez-vous aux choses d'en haut, dira l'apôtre Paul aux Colossiens (chapitre 3 verset 2), car, dira-t-il aux Philippiens (3:20), "notre cité à nous est dans les cieux, d'où nous attendons aussi comme Sauveur le Seigneur Jésus-Christ". La promesse de Dieu est encore là, pour tous les repentis qui se réfugient sous la protection de Jésus: "Puisqu'il m'aime, je le délivrerai, je le protègerai, puisqu'il connait mon nom. Il m’invoquera, et je lui répondrai; je serai avec lui dans la détresse, je le délivrerai et je le glorifierai. Je le rassasierai de longs jours, et je lui ferai voir mon salut" (Psaumes 91:14-16).

Que toute la gloire soit rendue à Dieu seul, Amen. 

dimanche 12 décembre 2021

Nous ne regardons pas aux choses visibles, par Charles H. Spurgeon

Parce que nous regardons, non point aux choses visibles, mais â celles qui sont invisibles (2Corinthiens 4:18).


Dans notre pèlerinage chrétien il est bon, pour la plupart d’entre nous, de regarder devant. C’est dans l’avenir que réside la Couronne, et en avant tel est le but. Le futur doit, après tout, être le grand objet de l’attention de l’œil de la foi. En regardant dans le futur nous voyons le péché ôté, le corps du péché et la mort sont détruits, l’âme devenue parfaite et propre à être partenaire de l’héritage des saints dans la lumière. Regardant encore plus loin, l’œil illuminé du croyant peut voir la rivière de la mort passée, le fleuve des ténèbres franchi, et les collines de la lumière atteintes sur lesquelles se trouve la cité céleste. Il se voit lui-même entrer â l’intérieur des portes de perles, acclamé comme étant plus que vainqueur, couronné par les mains de Christ, et étreint par les bras de Jésus; glorifié avec lui, et destiné à s’asseoir ensemble avec lui sur son trône, de même qu’il a vaincu et qu’il s’est assis avec le Père sur son trône. 

La pensée de ce futur doit bien soulager les ténèbres du passé et l’obscurité du présent. Les joies du ciel compenseront sûrement les peines, les chagrins de la terre. Silence, silence mes doutes! La mort n’est qu’un ruisseau étroit, et tu l’auras bientôt franchi. Le temps combien court, l’éternité combien longue! La mort combien brève, l’immortalité combien interminable! Je mange dès maintenant des grappes d’Eschol, et bois par petite gorgées du puits qui est â l’intérieur de la porte. 

La route est si courte! Je serai bientôt là. Quand le monde déchire mon cœur avec ses orages les plus lourds de soucis, mes pensées joyeuses me transportent vers le ciel, je trouve un refuge hors du désespoir. La vision de l’éclat de la foi me soutiendra jusqu’à ce que le pèlerinage de la vie soit passé; les craintes peuvent me tenailler et les afflictions me faire souffrir, j’atteindrai ma maison â la fin.

Par Charles H. Spurgeon