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lundi 13 octobre 2025

Le chrétien en armure complète, par William Gurnall, 32e partie

 

Trois portes d'où sort cet ennemi.

Question. Mais comment nous opposer à cela ?
Réponse. Vous avez déjà eu des arguments ; je ne vous indiquerai donc que deux ou trois portes par lesquelles votre ennemi s'avance vers vous ; et leur simple vue, si vous êtes fidèle au Christ, vous poussera à tomber dessus. 

Première porte. Ce genre d'orgueil se révèle en s'attardant sur nos dons, avec une secrète satisfaction à contempler notre propre visage, jusqu'à ce qu'enfin nous en tombions amoureux. Nous lisons l'histoire de certains dont les yeux sont emplis de l'adultère et ne peuvent s'empêcher de pécher. Un cœur orgueilleux est imbu de lui-même ; ses propres capacités projettent leur ombre devant lui. Elles sont dans son regard partout où il va. Le grand sujet et le thème de ses pensées sont ce qu'il est et ce qu'il possède de plus que les autres, s'applaudissant lui-même ; comme Bernard l'avoue, alors qu'on pourrait croire qu'il a peu de temps pour de telles pensées, même en prêchant, l'orgueil lui murmure à l'oreille : "Oh, bien joué, Bernard". 

Chrétien, prends garde de bavarder avec une telle compagnie. Fuis de telles pensées comme si c'était un ours. Si le diable parvient à te hisser sur ce sommet, tout en te présentant la gloire de tes accomplissements et de tes dons spirituels, à force de les contempler, ta faible tête se retournera bientôt d'orgueil ; efforce-toi donc de maintenir vivace en ton âme le sentiment de tes propres infirmités, afin de détourner la tentation. De même que ceux qui sont sujets à certaines crises portent sur eux des objets adaptés à la maladie, afin qu'ils puissent s'en servir lorsque la crise survient, ​​souvent causée par un doux parfum. Les parfums doux ne sont pas plus dangereux pour eux que les compliments qu'ils vous adressent ne le sont pour votre âme. Prends donc garde non seulement de garder de telles pensées en toi, mais aussi de fréquenter ceux qui, par leurs flatteries, t'apportent le doux parfum de tes perfections.

Deuxième porte. Ce genre d'orgueil se manifeste par une volonté de s'exposer aux regards (1 Samuel 17:28). Les frères de David se trompaient certes à son sujet, mais souvent l'orgueil et la méchanceté du cœur éclatent à cette porte. Les amis charnels du Christ lui demandent de se montrer ; l'orgueil aime grimper, non pas comme Zachée, pour voir le Christ, mais pour être vu lui-même. "L'insensé", nous dit Salomon, "ne prend pas plaisir à l'intelligence, mais à ce que son cœur se dévoile", Proverbes 18:2. L'orgueil serait quelqu'un, et il courtiserait la multitude ; tandis que l'humilité se complaît dans l'intimité. De même que les feuilles couvrent et ombragent les fruits, qu'une main peut délicatement soulever avant qu'ils ne les voient, ainsi l'humilité et la sainte modestie devraient dissimuler les perfections de l'âme, jusqu'à ce qu'une main providentielle, par un appel, les invite à sortir. Il y a de l'orgueil même dans les simples dons. 

L'humilité est un voile nécessaire à toutes les autres grâces. C'est pourquoi, 1. Chrétien, chaque fois que tu t'engages dans une fonction publique, considère que tu as un appel. Être prêt à répondre lorsque Dieu t'appelle est une forme d'obéissance, mais courir avant que Dieu ne parle est une forme d'orgueil. 2. Lorsqu'on t'appelle, implore avec ferveur la force divine contre cet ennemi. Ne fuis pas un devoir par crainte de l'orgueil; tu pourrais le manifester en semblant même y échapper, mais affronte-le avec la force de Dieu. Il y a plus d'espoir de le surmonter par l'obéissance que par la désobéissance.

Troisième porte. Ce genre d'orgueil se révèle dans l'envie des dons d'autrui, lorsqu'ils semblent aveugler les nôtres et ils nous font croire qu'ils ne représentent pas une perspective aussi belle que nous le souhaitons. C'est une mauvaise herbe qui peut pousser trop fort dans une bonne terre. Aaron et Marie ne purent rendre à Moïse son honneur (Nombres 12.1). C'était là l'affaire, même s'ils se querellèrent avec lui au sujet de sa femme, comme il apparaît clairement, ils dirent : "Le Seigneur a-t-il parlé seulement par Moïse ? N'a-t-il pas aussi parlé par nous ?" (verset 2). Ils estimaient que Moïse s'en était allé avec trop d'honneurs et se plaignaient que Dieu l'utilise plus qu'eux-mêmes. 

Il est observable que la soif de chair se répandit parmi la multitude hétéroclite et les gens les plus vils (Nombres 11:4-5) ; mais cet orgueil et cette envie s'enflammèrent au cœur des plus éminents par leur position et leur piété. Alors, pauvres créatures, quel besoin avons-nous de surveiller nos cœurs lorsque nous voyons de si précieux serviteurs de Dieu conduits à la tentation ? "l'Esprit qui a habité en nous, vous inspire-t-il l'envie" (Jacques 4:5)?

Notre nature corrompue nourrit sans cesse ce péché. Il est aussi difficile de séparer nos cœurs de ce péché que d'empêcher deux amants de se rencontrer. Le chaume n'est pas plus prêt à s'embraser à chaque éclair que le cœur à s'embraser à chaque éclat d'un don ou d'une grâce supérieure chez autrui. Ce sont les premières fenêtres que la nature corrompue a contemplées – un péché qui a versé le premier sang. L'envie de Caïn a fomenté le meurtre d'Abel. Si jamais tu veux maîtriser ce péché, tu dois:

1. Appelez l’aide du Ciel. À peine l'apôtre a-t-il exposé combien le cœur de l'homme est débordant d'envie, qu'il montre où se trouve une source de grâce, infiniment supérieure à celle de la convoitise : "L'Esprit qui est en nous désire l'envie, mais il donne plus de grâce", Jacques 4:5,6. Ne vous laissez donc pas dominer par ce péché : il n'est pas invincible. Dieu peut vous donner plus de grâce que vous n'avez de péché, plus d'humilité que vous n'avez d'orgueil. Soyez simplement assez humble pour implorer cordialement cette grâce, et vous ne serez pas assez orgueilleux pour envier méchamment ses dons ou sa grâce chez les autres.

2. Rends ce péché aussi noir et laid que possible à tes yeux, afin que, lorsqu'il te sera présenté, tu le détestes davantage. En vérité, il suffit de son propre visage, si tu le regardes avec sagesse, pour que tu cesses de l'aimer. Car cette envie des dons des autres jette un grand mépris sur Dieu, et cela de plusieurs manières.

A) Quand tu envies les dons de tes frères, tu te charge d'enseigner à Dieu ce qu'il doit donner et à qui ; comme si le grand Dieu devait te consulter ou te demander la permission avant de dispenser ses dons. Et oses-tu t'en tenir à tes propres pensées envieuses avec cette interprétation ? Tu trouves que le Christ lui-même te donne : "Ne m'est-il pas permis de faire ce que je veux de ce qui m'appartient ?" (Matthieu 20:15), comme si le Christ avait dit : "Qu'a-t-on à faire avec des chicanes, quand je dispose de ce qui n'est pas à eux, mais à moi, pour les donner ?" 

B) Tu calomnies la bonté de Dieu. Il semble que tu sois troublé que Dieu ait à cœur de faire du bien à quelqu'un d'autre qu'à toi-même ; ton œil est mauvais parce il est bon?! Ne voudrais-tu pas que Dieu soit bon ? Autant dire que tu ne voudrais pas qu'il soit Dieu. Il peut aussi bien cesser d'être Dieu que d'être bon. 

C) Tu es un ennemi de la gloire de Dieu, car tu défigures ce qui devrait la mettre en valeur. Chaque don est un rayon d'excellence divine ; et comme tous les rayons proclament la gloire du soleil, ainsi tous les dons de Dieu proclament la gloire de Dieu. Or, la jalousie s'efforce de défigurer et de souiller les représentations de Dieu ; elle a toujours quelque chose à dénigrer de l'excellence d'autrui. Dieu a révélé à Marie son péché par son châtiment. Elle est allée "asperger" Moïse, qui brillait si éminent par les dons et les grâces de Dieu, et Dieu lui a "craché" au visage (Nombres 12), et l'a couverte d'une croûte infecte. Souhaites-tu sincèrement honorer Dieu ? Pourquoi alors baisses-tu la tête et ne te réjouis-tu pas plutôt de le voir glorifié par les dons d’autrui ? Un païen pourrait-il si bien accepter que lui-même soit ignoré et que d'autres soient choisis à des postes d'honneur et de gouvernement, qu'il se dise heureux que sa ville puisse trouver tant de personnes plus dignes que lui ; et un chrétien se plaindrait-il que d'autres soient jugés dignes d'honorer Dieu en dehors de lui ?

En enviant les dons d'autrui, tu fais tort à ton frère, comme tu pèches contre la loi de l'amour, qui t'oblige à te réjouir de son bien comme du tien, et même à le préférer en honneur à toi-même. Tu ne peux aimer et envier la même personne. L'envie est aussi contraire à l'amour que le feu fiévreux et frénétique du corps l'est à la douce chaleur de la nature. "La charité n'envie pas", 1 Corinthiens 13:4. Comment le pourrait-elle, puisqu'elle vit là où elle aime ? Et lorsque tu cesses d'aimer ton frère, tu commences à le haïr et à le tuer ; et ne crains-tu pas d'être finalement reconnu comme un meurtrier ?

En enviant les dons d'autrui, tu choisis le pire pour toi-même. Dieu est hors de ta portée. Ce que tu crache contre le ciel, tu le verras forcément retomber sur toi-même à la fin ; et ton frère que tu envies, Dieu est tenu de le défendre contre ton envie, car il est calomnié pour ce qu'il a de Dieu en lui. Ainsi Dieu a plaidé la cause de Joseph contre ses frères envieux, et celle de David contre le méchant Saül. Toi seul as subi un véritable préjudice.

Tu te prives de ce que tu pourrais tirer des dons des autres. Ce vieux dicton est vrai : "Ce que tu as est à moi, et ce que j’ai est à toi, quand la jalousie est passée." Alors que maintenant, telle la sangsue, qui, dit-on, aspire le pire sang, tu n'aspires que ce qui gonfle ton esprit de mécontentement, et que tu vomis ensuite dans les conflits et les disputes. Oh, quelle tristesse de quitter un précieux sermon, une douce prière, pour n’en emporter qu’une rancune contre l’instrument utilisé par Dieu ; comme nous le voyons chez les pharisiens et d’autres lors de la prédication du Christ !

Tu te prives de la joie de vivre. "L'homme cruel trouble sa propre chair", Proverbes 11:17. L'envieux agit ainsi à dessein ; il enfonce l'honneur et l'estime d'autrui comme des épines dans son cœur ; il ne peut penser à eux sans douleur et angoisse, et celui qui souffre toujours doit nécessairement souffrir.

Tu te jettes dans la gueule de la tentation, tu n'as pas besoin de donner plus d'avantage au diable ; c'est une tige sur laquelle presque tout péché peut pousser. Que ne feront pas les patriarches pour se débarrasser de Joseph qu'ils enviaient ? Cet orgueil même qui les faisait dédaigner l'idée de s'incliner devant sa gerbe les poussa à s'abaisser bien plus bas, jusqu'à s'abaisser jusqu'à l'enfer, et à servir d'instruments au diable pour vendre leur cher frère en esclavage, ce qui aurait pu être pire pour lui, si Dieu n'avait pas pourvu autrement, ​​que s'ils l'avaient tué sur place. 

Quel esprit faible et cruel Saül fit preuve envers David, une fois que la jalousie eût envenimée son cœur ! Depuis le jour où il entendit David être préférer à lui-même dans les chants de femmes, il ne put s'enlever cette pensée de la tête, et il voua à jamais à la mort cet homme innocent, qui ne lui avait causé aucun autre tort qu'en étant un instrument pour maintenir la couronne sur sa tête, au péril de sa vie avec Goliath. Oh, quel péché sanglant ! C'est le sein où se forme toute une portée d'autres péchés, Romains 1:29, plein d'envie, de meurtre, de dispute, de tromperie, de malignité, etc. ; et donc, à moins que vous ne soyez résolu à souhaiter la bienvenue au diable et à toute sa suite, résistez-lui en cela, lui qui vient avant vous prendre les choses en main.

Deuxième type d’orgueil spirituel : l’orgueil de la grâce.

Une autre façon pour Satan d'attaquer le chrétien est l'orgueil de la grâce. Certes, la grâce ne peut être orgueilleuse, mais un saint peut être fier de sa grâce. Rien de ce que le chrétien possède ou fait ne peut empêcher ce ver de l'orgueil de s'y développer. Le monde dans lequel nous vivons est corruptible, et tout ici est sujet à purification, comme les choses conservées dans une pièce humide et sale sont sujettes à la moisissure. Ce n'est pas la nature de la grâce, mais le sel de l'alliance qui en préserve la pureté. Au ciel, certes, nous serons en sécurité. Mais comment peut-on dire qu'un saint est fier de sa grâce ? Une âme est fière de sa grâce, lorsqu'elle se confie en elle. La confiance est une fleur incommunicable de la couronne de Dieu, Seigneur Souverain ; même parmi les hommes, elle va de pair avec la royauté. 

Établissez un roi, et il s'attend à ce que vous lui accordiez cela, comme la prérogative incontestable de sa position. Par conséquent, rechercher la protection de quiconque revient, en quelque sorte, à établir un autre roi. "Si vous m'oignez roi sur vous, alors venez et mettez votre confiance à mon ombre", Juges 9:15. Ainsi, lorsqu'une âme place sa confiance en quoi que ce soit d'autre que Dieu, elle érige un prince, un roi, une idole, à laquelle elle offre la gloire de Dieu. Or, couronner la grâce de Dieu ne diminue pas le péché, pas plus que couronner une concupiscence. C'est de l'idolâtrie que d'adorer un saint ange aussi bien qu'un démon; de faire de notre grâce un dieu aussi bien que de notre ventre notre dieu ; bien au contraire, cela l'aggrave, car cela est utilisé pour le priver de la gloire qui aurait dû lui rapporter le plus grand profit.

Certes, plus vous mettez de trésors entre les mains de votre serviteur, plus grand est votre tort s'il s'enfuit avec. Je suis certain que David aurait mieux supporté de voir un Philistin le chasser de son trône qu'un fils, un certain Absalom. Mais comment peut-on dire qu'un saint se confie en sa grâce ? Premièrement. En se confiant à la force de sa grâce. Deuxièmement. Se confier à la valeur de sa grâce, je le conçois, ne peut tenir tête à la grâce : mais il existe une forme de confiance oblique, ou celle qui, par interprétation, peut en avoir le parfum. Satan est rusé dans ses attaques.

L'orgueil de la grâce, c'est de croire en la force de notre grâce.

Premièrement. Un chrétien peut être fier de sa grâce, en se confiant à sa force. Se confier à la force de la grâce, c'est être fier de la grâce. Ceci s'oppose à cette pauvreté d'esprit si prônée par notre Sauveur (Matthieu 5), par laquelle un homme vit dans le sentiment constant de sa mendicité et de son néant spirituels, et a donc recours à Christ, comme le pauvre à la porte du riche, sachant qu'il n'a rien chez lui pour subvenir à ses besoins. Tel était Paul, incapable de faire quoi que ce soit par lui-même. Il n'a pas honte de faire savoir au monde que Christ porte sa bourse pour lui. "Notre suffisance vient de Dieu" ; oui, après de nombreuses années de commerce, ce saint homme ne voit rien de ce qu'il a acquis. "Je ne pense pas l'avoir saisi", Philippiens 3:13. Il continue d'avancer. 

Demandez-lui comment il vit, et il vous dira qui tient sa maison : "Je vis, et pourtant ce n’est plus moi, c'est Christ en moi", Galates 2:20. Demandez à un mendiant où il trouve sa nourriture, ses vêtements, etc., et il vous dira : "Je remercie mon bon maître." Satan s'efforce principalement d'enfler l'âme avec une prétention excessive à ses propres capacités, comme moyen le plus facile de l'attirer dans ses pièges. Satan sait que c'est la méthode de Dieu de livrer ses enfants entre ses mains, lorsqu'ils deviennent orgueilleux et sûrs d'eux-mêmes. Ézéchias fut soumis à une tentation, "pour l'éprouver" (2 Chroniques 32.31). À quoi bon ? Dieu l'avait mis à l'épreuve un peu plus tôt dans une affliction. Pourquoi ? Oh, le cœur d'Ézéchias s'était enflammé après son affliction. Il était temps pour Dieu de laisser le tentateur tranquille un peu pour le déjouer.

Ézéchias nourrissait probablement de hautes pensées pour sa grâce. Oh, il ne ferait jamais ce qu’il avait fait auparavant, et Dieu lui fera voir quelle créature faible il est. Pierre se frappe le dos par cette bravade : "Quand tous t’abandonneraient, moi non". Le Christ, par pure miséricorde, dut alors "envoyer" Satan sur lui pour le renverser, afin que, voyant la faiblesse de sa foi, il puisse être défait du sommet de son orgueil. Tout ce que je dirai à partir de là, c'est pour te supplier, chrétien, de te méfier de ce genre d'orgueil. 

Tu sais ce que Joab dit à David, lorsqu'il sentit son cœur s'élever sous la puissance de son royaume, et qu'il voulut dénombrer le peuple. Que l'Éternel, ton Dieu, multiplie le peuple, quel qu'il soit, au centuple ; mais pourquoi mon seigneur le roi prend-il plaisir à cela ? 2 Samuel 24:3. Que le Seigneur multiplie au centuple la force de ta grâce, mais pourquoi t'en glorifie-tu ? Pourquoi t'enorgueillir ? N'est-ce pas la grâce ? Le palefrenier sera-t-il fier de monter le cheval de son maître ? Ou le mur de boue parce que le soleil l'éclaire ? Ne peux-tu pas dire de chaque goutte de grâce, comme le jeune homme de sa hachette : "Hélas, maître, elle est empruntée ?" 2 Rois 6:5. Non seulement empruntée, mais tu ne peux t’en servir sans l’habileté et la force de celui qui te la prête. Prends garde à cela ! Ne laisse pas ces vaines pensées s’installer en toi, de peur de tomber en tentation. C’est une brèche où toute une cohorte de péchés peut s’introduire à volonté, si elle n’est pas rapidement comblée.

Cela te fera bientôt perdre la tête et négliger ton devoir. C'est le sentiment d'insuffisance qui maintient une âme au travail, à prier et à écouter, comme le manque dans la maison et le clapier maintient le marché ; personne ne vient y acheter ce qu'il a chez lui. "Lève-toi", dit Jacob, "descends en Égypte chercher du blé, afin que nous vivions et ne mourions pas." Ainsi parle le chrétien nécessiteux : "Âme, relève-toi vers ton Dieu ; ta foi est faible ; ta patience est presque à bout ; approche-toi du trône de grâce ; va avec ton frère aux ordonnances et fais le plein de provisions." 

Or, une âme vaniteuse de ses richesses a un autre chant : "Âme, repose-toi, tu es richement approvisionnée pour de nombreux jours". Laisse les âmes qui doutent prier; toi, ta foi est déjà solide". Bien au contraire, il est bon que cela n'aille pas plus loin, jusqu'au mépris des ordonnances, sauf qu'ils ont des repas plus raffinés qu'à l'ordinaire. Les Corinthiens en étaient arrivés à ce point : "Déjà vous êtes rassasiés, déjà vous êtes riches, vous avez régné sans nous" (1 Corinthiens 4:8). Je vous prie d'observer comment il met l'accent sur le mot "déjà, vous êtes riches", comme s'il avait dit: "Je sais qu'à une époque, si j'étais venu en ville et que la nouvelle s'était répandue que je devait prêcher, vous auriez afflué pour écouter et auriez béni Dieu pour l'occasion ; mais alors vous étiez pauvres et vides, maintenant vous êtes rassasiés, vous avez atteint un niveau supérieur." Comme s'ils disaient: "Paul est un homme simple, il peut apporter sa joie à un peuple affamé s'il le veut ; nous sommes satisfaits". Et une fois que le cœur est arrivé à cela, il est facile de prédire la suite.

Cette confiance en la force de la grâce rendra l'âme audacieuse et aventureuse. Le chrétien humble est un chrétien prudent. Il connaît sa faiblesse, et cela l'effraie. "J'ai la tête faible", dit-il, "je pourrais bientôt être entraîné dans l'erreur et l'hérésie, et c'est pourquoi je n'ose pas m'aventurer là où l'on aborde de telles choses, de peur d'enivrer mon esprit faible." L'homme confiant boira à chaque coupe, il ne craint rien, non, il est affermi dans la vérité; toute une bande d'hérétiques ne le détournera pas. "J'ai le cœur léger et vaniteux", dit l'âme humble, "je n'ose pas m'aventurer parmi les méchants débauchés, de peur de finalement ramener le méchant chez moi."

Celui qui se fie à la force de sa grâce ose s'aventurer dans les quartiers du diable. Ainsi Pierre s'est aventuré sur la route des ennemis du Christ, et vous savez comment il en est arrivé là. Sa foi aurait été anéantie sur place, si le Christ n'avait sonné le glas par le regard d'amour opportun qu'il lui adressait. J'ai lu, en effet, que certains philosophes vantards ne considéraient pas comme suffisant d'être tempérant, sauf si l'objet de l'intempérance était présent, et qu'ils fréquentaient donc les tavernes et les maisons closes, comme s'ils voulaient vaincre le diable sur son propre terrain. Mais le chrétien connaît un ennemi plus proche (qu'ils ignoraient) ​​et qu'il n'a pas besoin de franchir son propre seuil pour avoir à défier le diable. Il a la luxure en lui, et cela lui sera assez pénible toute sa vie, sans lui donner l'avantage. 

C'était un discours audacieux de sa part (et pourtant un homme de bien, comme je l'ai entendu) : "Si Clapham meurt de la peste, dites qu'il n'avait pas la foi" ; et cela le poussa à aller hardiment parmi les infectés. Si vous êtes chrétien, vous ne mourrez pas de plaies spirituelles ; pourtant, de tels chrétiens peuvent être rongés par les plaies de péchés graves pendant un temps ; et sa tristesse n'est-elle pas suffisante ? Alors, marchez humblement avec votre Dieu.

Cette prétention à la force de ta grâce te rendra cruel et grossier envers tes frères faibles dans leurs infirmités, un péché qui sied le moins à un saint. "Si un homme est surpris en faute, vous qui êtes spirituels, redressez-le avec douceur", Galates 6:1. Mais comment une âme acquerra-t-elle un esprit aussi doux ? Il s'ensuit : "Prend garde à toi-même, de peur d'être tenté aussi." Qu'est-ce qui rend les hommes durs envers les pauvres ? Ils pensent qu'ils ne le seront jamais eux-mêmes. Pourquoi beaucoup sont-ils si sévères dans leurs reproches, sinon parce qu'ils se fient trop à leur grâce, comme s'ils ne pouvaient jamais tomber ? Ô, vous êtes dans le corps, et le corps du péché est en vous, alors craignez. Bernard disait, lorsqu'il entendait un péché scandaleux d'un chrétien professant : "Il est tombé aujourd'hui, je pourrais trébucher demain."

dimanche 16 février 2025

La lettre et l'esprit

 

"Car la lettre tue, mais l'esprit vivifie" (2 Corinthiens 3:6).

Aux versets 2 et 3, Paul nous parle d'une première "lettre". Il dit: "C'est vous qui êtes notre lettre, écrite dans nos cœurs, connue et lue de tous les hommes. Vous êtes manifestement une lettre de Christ, écrite, par notre ministère, non avec de l'encre, mais avec l'Esprit du Dieu vivant, non sur des tables de pierre, mais sur des tables de chair, sur les cœurs." De quoi parle-t-il ici? Si nous retournons au verset 1, nous voyons que son ministère était attaqué. Il dit: "Commençons-nous de nouveau à nous recommander nous-mêmes?" Des gens essayaient d'influencer les Corinthiens et de les entraîner loin des enseignements de Paul en leur enseignant un évangile dilué. En effet, en 2 Corinthiens 2:17, Paul dit : "Nous ne falsifions point la parole de Dieu, comme font plusieurs; mais c'est avec sincérité, mais c'est de la part de Dieu, que nous parlons en Christ devant Dieu." 

Nous voyons que déjà à cette époque, les faux enseignants étaient à l'œuvre pour tromper les chrétiens et les éloigner de la vérité. L'ennemi a toujours agit ainsi; il essaie de détourner les chrétiens de la vérité en leur faisant croire des mensonges, ou sinon il essaie de les influencer en leur faisant tout rejeter. Il n'y a rien d'étonnant à cela, il dira en 2 Corinthiens 11: 14-15 que "Satan lui-même se déguise en ange de lumière. Il n'est donc pas étrange que ses ministres aussi se déguisent en ministres de justice." Et il ajoute: "Leur fin sera selon leurs œuvres."

Leurs œuvres prouvent qui ils servent. Nos œuvres prouvent qui nous servons. Si nous faisons les œuvres de la chair, c'est que nous servons la chair; si nous désobéissons à Dieu, c'est que nous avons un cœur rebelle qui n'a pas été régénéré et qui n'est donc pas centré sur Christ, mais sur le "soi". Il ne peut donc pas chercher à obéir à Dieu, car il ne le peut pas. Il en est incapable! Ce sont encore là des œuvres de mort. Et Paul a constamment attaqué dans ses lettre ces faux qui se prétendent croyants, mais qui s'infiltrent dans l'église pour tromper ceux qui sont faibles dans la foi, ou ceux qui sont encore dans la chair et qui désirent un évangile approuvant leur conduite réprouvée. 

Retournons en 2 Corinthiens 2:14, où il dit: "Grâces soient rendues à Dieu, qui nous fait toujours triompher en Christ, et qui répand par nous en tout lieu l'odeur de sa connaissance!" Paul ne cherchait pas son propre intérêt, sans quoi il aurait cessé d'œuvrer dans le ministère dès les premiers vents contraires! Ce qui l'intéressait, c'était l'avancement du royaume de Dieu. Dans tous ses écrits, nous voyons qu'il tirait sa joie de Christ; il se réjouissait malgré les afflictions, il se réjouissait même lorsque le Christ était annoncé par ceux qui se faisaient ses ennemis, car, dit-il: "Christ n'est pas moins annoncé: je m'en réjouis, et je m'en réjouirai encore" (Philippiens 1:17-18). 

Ici, il se réjouit du succès qu'ils ont eu lors de ce que nous appellerions aujourd'hui la "campagne d'évangélisation" auxquelles il a participé. Loin de lui l'idée de se vanter, il est simplement heureux de voir l'Évangile progresser parmi les païens, mais aussi "parmi ceux qui sont sauvés". En effet, il dit au verset 15: "Nous sommes, en effet, pour Dieu la bonne odeur de Christ, parmi ceux qui sont sauvés et parmi ceux qui périssent". C'est dire que la vérité qu'il prêchait redressait ou affirmait ceux qui marchaient déjà avec Christ, et l'avancement qu'il voyait dans l'œuvre que Dieu lui avait donné à faire était pour lui une source de joie, mais c'était aussi une preuve que Dieu approuvait ce qu'il prêchait. "Nous sommes pour Dieu la bonne odeur de Christ". Il ne dit pas: "Nous sommes approuvés des hommes, ô quelle joie", non, mais "pour Dieu" nous prêchons Christ. 

Il dira en 1 Corinthiens 2:2 : "Car je n'ai pas eu la pensée de savoir parmi vous autre chose que Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié."  Et en 2 Corinthiens 4:5 : "Nous ne nous prêchons pas nous-mêmes; c'est Jésus-Christ le Seigneur que nous prêchons". Et cet enseignement était pour Dieu "la bonne odeur de Christ". Les sacrifices que Paul faisait pour le ministère qui lui avait été confié étaient agréables à Dieu. Il dit en Romains 12: 1 : "Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable." Il n'a pas qu'exhorté les autres à s'offrir ainsi comme un sacrifice vivant, c'est ce qu'il vivait!

Du milieu de ses épreuves et de ses tribulations, il se réjouissait de ce que Dieu faisait; des cœurs qui étaient touchés et des vies qui étaient transformées. L'Évangile et la connaissance de Christ se répandait "comme une bonne odeur", et ainsi, ceux qui croyaient étaient, comme le dira Paul en 2 Corinthiens 3:2, comme une "lettre de Christ" écrite par son ministère, c'est à dire que Christ utilisait évidemment le ministère de Son apôtre pour attirer les perdus à Lui. Et ces chrétiens convertis par le ministère de Paul l'ont été non pas à cause de lettres écrites avec de l'encre, mais à cause de l'action du Saint-Esprit qui a gravé en lettres de feu sur les cœurs de ces auditeurs le paroles de l'apôtre. Ils ont ainsi été convaincus "de péché, de justice et de jugement" (Jean 16:8). 

Paul poursuit donc en disant: "Cette assurance-là, nous l'avons par Christ auprès de Dieu." De quelle assurance parle-t-il ici? Il fait référence à ce qu'il a dit plus tôt au chapitre 2; savoir "qu'il était pour Dieu la bonne odeur de Christ". Les fruits, les chrétiens issus de son enseignement étaient la preuve qu'il enseignait de la part de Dieu. N'oublions pas que Corinthe était dégénérée, et pourtant, beaucoup de pécheurs qui y résidaient sont venus à Christ suite aux enseignements de Paul dans cette ville pécheresse. Il savait mieux que quiconque que l'œuvre qui y avait été faite était au-delà de toute capacité humaine; c'était une œuvre divine, surnaturelle. Ces païens convertis étaient, dit-il, "une lettre de Christ", écrite par l'Esprit du Dieu vivant. 

Il poursuit sa pensée en disant au verset 5 : "Ce n'est pas à dire que nous soyons par nous-mêmes capables de concevoir quelque chose comme venant de nous-mêmes. Notre capacité, au contraire, vient de Dieu." En d'autres mots: "Je ne suis pas en train de dire que toutes ces conversions sont le fruit de mes capacités, car cela vient de Dieu seul". Il n'y a aucun raisonnement, aucune prédication de notre part qui peut conduire quelqu'un à Christ si l'Esprit n'est pas à l'œuvre en cette personne pour lui faire comprendre l'ampleur de son péché et son ardent besoin d'un Sauveur. Notre travail est de propager avec fidélité l'Évangile de vérité, en parole et en actions, et le reste appartient à Dieu. Paul le dira ainsi en 1 Corinthiens 3:6-7 : "J'ai planté, Apollos a arrosé, mais Dieu a fait croître, en sorte que ce n'est pas celui qui plante qui est quelque chose, ni celui qui arrose, mais Dieu qui fait croître." 

Il poursuit donc au verset 6 en disant: "Il nous a aussi rendus capables d'être ministres d'une nouvelle alliance, non de la lettre, mais de l'esprit; car la lettre tue, mais l'esprit vivifie." Il parle ici d'une autre lettre. Mais d'abord, que dit-il? Il sous-entend qu'il n'est pas grand chose, car, dit-il, "Il (Dieu) nous a rendus capables d'être ministres d'une nouvelle alliance". Encore une fois, il veut que les Corinthiens comprennent bien que c'est Dieu est tout et qui fait tout; lui n'est tout au plus qu'un simple serviteur n'accomplissant que la tâche que Dieu lui a confié. Mais quelle tâche Dieu lui avait-il confié? Évidemment, c'était de proclamer l'Évangile de Jésus-Christ. C'est la raison pour laquelle il dit qu'il a été rendu capable par Dieu "d'être ministre d'une nouvelle alliance". Nous savons tous que l'ancienne alliance est la loi de Moïse, qui ne pouvait pas sauver, mais qui annonçait qu'un Sauveur allait venir; Jésus-Christ.

Le verset se poursuit, et Paul dit: "non de la lettre, mais de l'esprit". Il fait référence ici aux Pharisiens et aux maîtres de la loi de son époque; ils étaient forts sur la lettre, mais ils ne mettaient pas en pratique. Ils avaient le texte annonciateur du Messie, mais ils ne comprenaient pas ce qu'ils lisaient, parce qu'ils s'intéressaient plus aux rites et aux formes extérieures de la religion que de marcher humblement et avec obéissance envers le Seigneur. C'est pourquoi Jésus dira à ses disciples: "Faites donc et observez tout ce qu'ils vous disent; mais n'agissez pas selon leurs œuvres. Car ils disent, et ne font pas" (Matthieu 23:3). 

Ce n'est donc pas sans raison que Jésus passera une partie de son ministère à combattre l'hypocrisie des Pharisiens, qui prenaient un soin jaloux de l'apparence extérieure de leur piété, mais qui étaient remplis de malice et de péchés. Ils prétendaient observer la loi, mais ils croyaient qu'ils se sauvaient eux-mêmes par leurs œuvres. Leur cœur n'était pas droit devant Dieu. Ils n'étaient pas en règle avec Lui. Ils auraient dû connaître le Psaume 51, où David, après son péché avec Bath-Schéba, dira aux versets 16 et 17 : "Si tu eusses voulu des sacrifices, je t'en aurais offert; mais tu ne prends point plaisir aux holocaustes. Les sacrifices qui sont agréables à Dieu, c'est un esprit brisé: O Dieu! tu ne dédaignes pas un cœur brisé et contrit." Oh ils le connaissaient, mais ils étaient incapables de se reconnaître tels qu'ils étaient; le cœur brisé et contrit? Ce n'était pas pour eux. C'était pour le collecteur d'impôts là bas, et pour l'ivrogne là en bas de la rue. 

Paul poursuit donc en disant: "Car la lettre tue, mais l'esprit vivifie." La loi de Moïse avait pour but de provoquer une condamnation du péché; elle faisait connaître ce qui était bien et mal, mais elle ne pouvait pas sauver. Aujourd'hui, nous avons reçu l'Évangile de vérité. Jean dira dans son évangile, au chapitre 1 verset 17 : "Car la loi a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ." La loi de Moïse avait pour but de dénoncer le péché et de produire une condamnation; regardons encore une fois le cœur de David. Il dira au Psaume 32 versets 3 et 4 : "Tant que je me suis tu, mes os se consumaient, Je gémissais toute la journée; car nuit et jour ta main s'appesantissait sur moi, ma vigueur n'était plus que sécheresse, comme celle de l'été". a conscience le condamnait, il ressentait le poids de son péché et, à cause de cela, il savait et reconnaissait qu'il avait besoin d'un Sauveur pour être pardonné. Il poursuit au verset 5 : "Je t'ai fait connaître mon péché, je n'ai pas caché mon iniquité ; j'ai dit : J'avouerai mes transgressions à l'Éternel! Et tu as effacé la peine de mon péché."

Ces étonnant de voir les "chrétiens" modernes citer ce passage de 2 Corinthiens 3:6 pour attaquer celui qui les reprend par rapport à leurs péchés. "Pasteur, tu n'es qu'un légaliste, ne sais-tu pas ce que Paul a dit? Que la lettre tue, mais que l'Esprit vivifie? Sache que je marche par l'Esprit et que je ne suis plus sous l'emprise de la lettre". Ces gens sont ignorants spirituellement car ils se comparent à eux-mêmes. S'ils marchaient par l'Esprit, il leur donnerait de bien comprendre ce passage des Écritures, car en réalité, ce passage les condamne dans leurs péchés! L'esprit de cette nouvelle alliance vivifie; l'Esprit-Saint qui en découle ne nous permet pas de marcher dans le péché, donc dans la mort, car, par l'évangile de grâce, nous sommes  libérés de l'emprise du péché et de la mort!

Jean a dit que la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ. Lorsqu'un tel enseignement est reçu et a fait son œuvre dans le cœur du croyant, ce dernier ne peut plus être le même. Il doit changer. C'est obligé, sinon c'est la preuve que l'Esprit n'est pas à l'œuvre en lui. Lorsque les fruits du péché abondent dans une personne dite "chrétienne", c'est la preuve que ce prétendu croyant est encore dans la mort et qu'il a besoin de repentance. Car l'Esprit vivifie. L'Esprit-Saint ne donne pas le feu vert pour pécher à ceux qu'il dirige. Au contraire, il active tous les signaux d'alarmes lorsque ce dernier s'approche trop près du précipice et qu'il est sur le point de succomber à la tentation! 

Paul dira en Galates 5:17 que la chair a des désirs contraires à ceux de l'Esprit, et que l'Esprit a des désirs contraires à ceux de la chair; ils sont opposés entre eux, "afin que vous ne fassiez point ce que vous voudriez." C'est très clair ici; lorsque nous sommes libérés du pouvoir de la mort en étant morts avec Christ à la croix, nous recevons une vie nouvelle qui n'est en rien comparable à celle d'où nous avons été tirés! Contrairement à la loi de Moïse, qui ne pouvait qu'offrir des rites aux pécheurs en attendant qu'ils puissent recevoir le pardon de Dieu, nous avons maintenant un avocat auprès du Père; Jésus-Christ le juste. Pourquoi voudrions-nous justifier nos péchés alors que nous avons un avocat prêt à plaider pour nous?  

"Si quelqu'un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus-Christ le juste" (1 Jean 2:1). C'est la grâce. C'est l'espérance du pardon, mais encore faut-il avoir l'humilité de reconnaître nos fautes et de ne pas y persévérer! David n'est-il pas un exemple pour chacun de nous aujourd'hui? Il ne dit pas à Nathan: "Oh tu sais, ce n'est pas bien ce que j'ai fait, mais Dieu est avec moi quand même. La preuve? Je me sens bien quand je suis avec Bath-Schéba. En fait, je n'ai jamais été aussi bien de toute ma vie". Non, ce n'est pas ce que David dit. Il a dit: "O Dieu! aie pitié de moi dans ta bonté; selon ta grande miséricorde, efface mes transgressions. Lave-moi complètement de mon iniquité, et purifie-moi de mon péché. Car je reconnais mes transgressions, et mon péché est constamment devant moi" (Psaume 51:1-3). Et il n'essaie même pas de se soustraire à la punition, car il ajoute au verset 4: "J'ai péché contre toi seul, et j'ai fait ce qui est mal à tes yeux, en sorte que tu seras juste dans ta sentence, sans reproche dans ton jugement."

Wow! Voilà pourquoi il a été appelé "un homme selon le cœur de Dieu". C'est ce que Dieu cherche dans le cœur de celui ou celle qui a péché; ce cœur contrit et brisé par son iniquité. Nous ne parlons pas ici seulement d'être contrit par le fait qu'il y aura peut-être une punition attachée au péché, non, mais un cœur brisé d'avoir brisé celui de Dieu en péchant devant Sa face, après tout ce qu'Il a fait pout nous! C'est cette humilité que nous devons avoir en tant qu'enfants de Dieu nés de nouveau!

Et Paul poursuit donc au verset 12 en disant: "Ayant donc cette espérance, nous usons d'une grande liberté". Encore une fois ici, plusieurs comprennent mal ce que Paul veut dire ici. Il ne veut absolument pas dire que nous sommes libres de faire tout ce que nous voulons, même si c'est contraire à la Parole de Dieu! Jamais! Il dira en Romains 8:24 que "c'est en espérance que nous sommes sauvés". Il est très possible que Paul fasse référence à cette espérance ici; nous vivons dans l'attente d'être réuni avec notre Sauveur pour l'éternité. Mais en attendant, que faisons-nous? Persévérons-nous dans la foi ou dans la poursuite de l'accomplissement de tous nos désirs et de ce que notre nature pécheresse recherche?

Il poursuit en disant aux versets 13 et 14 : "Nous ne faisons pas comme Moïse, qui mettait un voile sur son visage, pour que les fils d'Israël ne fixassent pas les regards sur la fin de ce qui était passager. Mais ils sont devenus durs d'entendement. Car jusqu'à ce jour le même voile demeure quand, ils font la lecture de l'Ancien Testament, et il ne se lève pas, parce que c'est en Christ qu'il disparaît". Oh que cela soit un avertissement pour chacun de nous! Ils ont fixé les regards sur ce qui était passager, c'est à dire terrestre, et ils sont devenus durs d'entendement. Ils ne comprenaient rien aux choses spirituelles, malgré le fait qu'ils avaient avec eux un prophète comme il y en a eu peu sur la Terre; Moïse! Cet endurcissement du cœur s'est poursuivi de génération en génération, et Paul dit: "Jusqu'à ce jour le même voile demeure quand, ils font la lecture de l'Ancien Testament, et il ne se lève pas, parce que c'est en Christ qu'il disparaît".

Prenons garde de ne pas être de ceux qui se justifient eux mêmes et qui sondent les Écritures pour trouver quelque chose pour couvrir leurs péchés. Ils deviennent durs d'entendements, et lorsqu'ils font la lecture du Nouveau Testament, ils ont un voile devant les yeux, et il ne se lève pas, parce que c'est en Christ qu'il disparaît. Puissions-nous nous revêtir d'humilité et nous reconnaître et nous présenter tels que nous sommes devant notre avocat, Jésus-Christ, afin d'obtenir le pardon de nos fautes. 

Jésus dira bien en Luc 21:34 : "Prenez garde à vous-mêmes, de crainte que vos cœurs ne s'appesantissent par les excès du manger et du boire, et par les soucis de la vie, et que ce jour ne vienne sur vous à l'improviste". Le manger et le boire représentent la poursuite des désirs de nos cœurs, qui ne doivent pas être alignés sur ceux de ce monde. Ces choses peuvent d'abord sembler anodines, et puis lorsque nous mettons le doigt dans cet engrenage, nous devenons accaparés par elles et elles nous éloignent de Dieu et endurcissent notre cœur. Quelqu'un a dit : "Prenez garde à vous-mêmes, afin que vous ne soyez pas accablés par les tentations, ni trahis par vos propres corruptions", et cela est tellement vrai! Nous ne savons pas le jour ni l'heure où sera redemandé le souffle de vie qui est en nos narines. Assurons-nous d'être prêts à rencontrer le Seigneur en demeurant dans la force qu'Il nous donne pour résister à l'ennemi qui voudrait nous amener ou nous ramener vers les choses qui nous détruisent et nous séparent de Dieu. 

Terminons en donnant la parole à l'apôtre Paul, qui dit en 2 Corinthiens 18 : "Nous tous qui, le visage découvert, contemplons comme dans un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur, l'Esprit". La gloire de Dieu a été manifestée pour nous en Jésus-Christ, et nous la voyons encore dans Sa Parole, l'Évangile de vérité dans laquelle nous pouvons plonger nos regards à tous les jours. Et celui qui y plonge les regards et qui ne se contente pas de lire ou d'écouter sans mettre en pratique sera certainement transformé, par l'œuvre du Saint-Esprit en lui, à l'image de Celui qui nous a créé et qui désire tant (malheureusement trop souvent plus que nous-mêmes) nous avoir avec Lui pour l'éternité.

"Mais celui qui aura plongé les regards dans la loi parfaite, la loi de la liberté, et qui aura persévéré, n'étant pas un auditeur oublieux, mais se mettant à l'œuvre, celui-là sera heureux dans son activité" (Jacques 1:25). Car Jésus a dit en Jean 8:32: "Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira". 

Que toute la gloire soit rendue à Dieu seul, Amen.

dimanche 8 septembre 2024

En bref: Jésus, maître du sabbat

 

Luc 6:5: "Et il leur dit: Le Fils de l'homme est maître même du sabbat".


Qu'est-ce que cela nous dit aujourd'hui? Bien sûr, que Jésus est réellement le maître du sabbat. Mais ensuite? Que pouvons-nous comprendre de cette énième accusation des pharisiens envers Jésus et Ses disciples? 

Tout d'abord, retournons au verset 1. Les disciples de Jésus "arrachaient des épis et les mangeaient, après les avoir froissés dans leurs mains". Et cela a bien évidemment scandalisé les pharisiens qui étaient là! Non pas à cause de l'action en elle-même, mais à cause du jour où ils l'ont faite! Matthieu 12:2 nous dit qu'ils dirent à Jésus : "Voici, tes disciples font ce qu'il n'est pas permis de faire pendant le sabbat". Et c'est alors que Jésus leur rappela la fois où David et ses hommes, lorsqu'ils eurent faim, entrèrent dans la maison de Dieu, et mangèrent les pains de proposition" (1 Samuel 21:1-6). Pourquoi les pharisiens accusaient-ils ainsi les disciples? Parce qu'ils se basaient sur la loi de Moïse, en Exode 20:10. Nous le savons, les pharisiens étaient passés maîtres dans l'art d'utiliser la loi de Moïse à des fins de contrôle, ou plutôt de persécution. Et cette fois-ci ne fait pas exception à la règle; ils n'allaient pas laisser passer une si belle occasion de piéger Jésus et Ses disciples, en tordant une fois de plus la loi de Moïse!

Ils oubliaient qu'en s'adressant à Jésus, ils s'adressaient à l'auteur de cette loi. Il la connaissait très bien! Le septième jour en était un de repos. Tout simplement. Il n'y avait pas de quoi chercher querelle par rapport à cela. Et c'est là que Jésus leur rappela l'histoire de David en 1 Samuel 21. Cette histoire, les pharisiens la connaissaient certainement! Nous pouvons penser que David agit ainsi le jour du sabbat par Lévitiques 24:5-8, qui nous dit que "chaque jour de sabbat, on rangera ces pains devant l'Eternel". Mais David et ses hommes étaient affamés, et David, étant ici un exemple de Jésus, par nécessité, demanda le pain qui devait être mangé par les sacrificateurs seulement. De même, les disciples ne devaient pas être tenus responsables d'avoir arraché les épis pour les manger le jour du sabbat. 

Jésus poursuivra sa réponse aux pharisiens dans un passage parallèle, en Matthieu 12:5 en les renvoyant à la situation des sacrificateurs eux-mêmes : "N'avez-vous pas lu dans la loi que, les jours de sabbat, les sacrificateurs violent le sabbat dans le temple, sans se rendre coupables?" Il fait référence ici à Nombres 28:9-10, où on lit que Dieu Lui-même ordonnait aux sacrificateurs, le jour du sabbat, d'offrir "deux agneaux d'un an sans défaut, et, pour l'offrande, deux dixièmes de fleur de farine pétrie à l'huile, avec la libation". Ils faisaient cela dans le lieu sacré, plus tard dans le temple, là où pourtant, la loi devaient être observée avec plus de rigueur. 

En Matthieu 12:6, Jésus poursuivra donc : "Or, je vous le dis, il y a ici quelque chose de plus grand que le temple". Il parlait bien sûr de Lui-même, et par là, Il leur enseignait qu'Il avait l'autorité et le pouvoir sur toutes choses, et qu'étant Dieu, Il avait la capacité de décider si ce que Ses disciples faisaient était bien ou non. Il poursuivra donc en disant aux pharisiens: "Si vous saviez ce que signifie: Je prends plaisir à la miséricorde, et non aux sacrifices, vous n'auriez pas condamné des innocents". Ce n'était d'ailleurs pas la première fois qu'il leur citait ce passage des Écritures (voir Matthieu 9:13).

Qu'est-ce que cela nous enseigne encore aujourd'hui? Que pour Dieu, notre observation de rites ou de cérémonies ou de jours particuliers n'est pas importante si notre cœur n'est pas droit devant Lui. Si quelqu'un veut observer le sabbat encore aujourd'hui, qu'il le fasse, mais qu'il ne s'imagine pas que cela lui assure un regard favorable de Dieu, car Il regarde d'abord au cœur, et non à nos actions. Lorsque Jésus dira "qu'il y a ici quelque chose de plus grand que le temple", Il nous montre que c'est maintenant en Lui que tout ce déroule. Si mon cœur n'est pas en Lui, et s'Il n'est pas en moi, je pourrais observer tous les rites possibles et imaginables, je serais perdu quand même. Il est bien sûr bien plus grand que le temple, et Il dira encore que si nous l'aimons, nous garderons Sa parole (Jean 14:15;23). Jean 3:17 nous dira que "Dieu  n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour qu'il juge le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui". 

Puisque nous aimons Jésus, et qu'Il est le maître du sabbat, alors pour nous, le sabbat est tous les jours. Tous les jours nous nous tenons en Sa présence, dans le repos qu'Il nous donne. "Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos (Matthieu 11:28). Nous n'avons pas à observer un jour de repos en particulier, cela n'a aucune importance. Ce qui importe, c'est de ne jamais quitter la présence de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ! 

Comme Jésus le dira en Marc 2:27 : "Le sabbat a été fait pour l'homme, et non l'homme pour le sabbat". Les pharisiens avaient inversé la chose; ils soumettaient l'homme à une observance stricte du sabbat, au point de persécuter farouchement ceux qui osaient déroger à cette sacro-saint loi du sabbat. Il y en a encore aujourd'hui qui sont outrés lorsque vous leur dites que vous n'observez pas de jour de repos particulier. Mais je n'ai pas besoin qu'il en soit ainsi! Mon Jésus est là avec moi tous les jours, et tous les jours je me repose en Lui! Il est parfaitement normal pour un humain de se reposer, Dieu l'a voulu ainsi, et ce n'est pas de cela qu'il s'agit ici. Il s'agit de ne pas accorder trop d'importance à un jour de la semaine en particulier, car si les sacrificateurs étaient tenus d'entrer même le jour du sabbat et d'offrir les agneaux et les pains en libation, nous sommes tenus, en tant que sacrificateurs (selon Apocalypse 1:6, qui dit que nous sommes un royaume, des sacrificateurs pour Dieu), nous sommes tenus, donc, de nous offrir tous les jours comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu (Romains 12:1). Et Paul ajoute: "Ce qui sera de votre part un culte raisonnable". 

Le sabbat n'avait pas été établi par Dieu pour attrister l'homme et l'accabler de plus de misère qu'il n'en avait déjà, comme le faisaient les pharisiens. Non! C'était pour son bonheur et son repos, car, qu'est-ce qui a été créé en premier? L'homme ou le sabbat ? Dieu a créé l'homme en premier, et ensuite, en Moïse, il lui a donné le sabbat. Et comme Moïse était un type du Christ, eh bien, notre repos aujourd'hui ne se retrouve plus dans un jour à observer en particulier, mais il se trouve en Christ (tous les jours que Dieu nous prête la respiration), et en Lui seul, qui est Maître de toutes choses! 

Que toute la gloire soit rendue à Dieu seul, Amen.  

dimanche 4 août 2024

L'importance de la reconnaissance

 

Lorsque tu mangeras et te rassasieras, tu béniras l'Éternel, ton Dieu, pour le bon pays qu'il t'a donné (Deutéronome 8 :10).
Ils s'engraissent, ils sont brillants d'embonpoint, ils dépassent toute mesure dans le mal (Jérémie 5:28).

L'apôtre Paul nous avait avertis que, dans les derniers jours, les hommes seraient "ingrats", c'est à dire qu'ils ne seraient pas reconnaissants (2 Timothée 3:2). Nos pays ont été bénis au-delà de toute mesure pendant de nombreuses années. Certains ont même été fondés sur le nom de Jésus, avec des lois tirées directement de la Bible. Les bons comportements étaient enseignés dans les écoles, la prière y était présente, des versets de la Bible étaient affichés, non seulement sur les murs des écoles et d'autres endroits publics, mais ils étaient aussi inscrits dans les cœurs. Il y avait une crainte de Dieu, même parmi les païens, car le péché n'était pas encouragé par diverses lois bidons poussées par des gouvernements corrompus moralement et spirituellement. Que s'est-il donc passé pour que nos nations jadis chrétiennes tombent aussi bas, au point d'encourager les vices les plus méprisables, et de mépriser presque tout ce qui est bon et bien, et approuvé de Dieu? 

Nous avons manqué de reconnaissance. Lorsque, comme le dit le verset, nous avons mangé et que nous nous sommes rassasiés, nous nous sommes enorgueillis plutôt que de remercier et glorifier Dieu pour les bénédictions dont Il nous avait comblé. Verset 11: "Garde-toi d'oublier l'Éternel, ton Dieu, au point de ne pas observer ses commandements, ses ordonnances et ses lois, que je te prescris aujourd'hui". Nous nous sommes engraissés, comme dit le prophète Jérémie, corporellement, mais aussi en orgueil et en désobéissance de toute sorte, et nous avons dépassé le point de non retour en tant que société en ce qui concerne le mal. Et Dieu demande au verset suivant: Ne châtierais-je pas ces choses-là? Ne me vengerais-je pas d'une pareille nation? (Jérémie 5:29). 

Revenons un instant à Deutéronome 8:2. Il y est écrit: "Souviens-toi de tout le chemin que l'Éternel, ton Dieu, t'a fait faire, (...) afin de t'humilier et de t'éprouver, pour savoir qu'elles étaient les dispositions de ton cœur et si tu garderais ou non ses commandements". Dieu connaît les dispositions de nos cœurs. Mais Il nous place dans des situations où nous sommes comme devant un miroir; nous devrions reconnaître si nous sommes vraiment disposés à Le suivre, coûte que coûte, ou si nous préférons suivre les penchants de nos cœurs tortueux. Nous devrions, en toutes circonstances, avoir un cœur disposé à glorifier Dieu, même si tout ne va pas exactement comme nous le voudrions. Encore plus devons-nous être reconnaissants lorsque nos greniers sont remplis et que nous avons la santé et que nous sommes comblés de toutes les bénédictions possibles et imaginables! 

Mais voilà, nos cœurs orgueilleux ne veulent pas naturellement faire cela. Ils préfèrent se vanter d'avoir accompli ces choses, et ce serait "à force d'efforts et d'intelligence" que nous aurions prospéré, et non pas à cause que Dieu nous avait béni. Quelqu'un a dit avec raison que "le plus grand danger pour le croyant est que tout aille trop bien, tout le temps". Trop souvent, il s'amollit, il ne reste pas sur ses gardes, il ne sait pas, ou ne sait plus résister aux attaques de l'ennemi, qui viennent de différentes manières, la plupart du temps en vivant sans aucune reconnaissance envers Dieu. Son cœur s'enorgueillit, et peu à peu il s'endurcit et s'éloigne de Dieu pour s'attacher à ce que ses yeux voient et à ce que ses mains touchent; c'est là désormais que se trouve sont trésor. La prospérité matérielle est une tentation comme tant d'autres pour les chrétiens, et nombreux sont ceux qui sont tombés dans ce piège! On en a même fait un évangile qui est en train de tromper le monde entier! Le pseudo évangile de la prospérité, de la "parole de foi" et de l'estime de soi; tout tourne autour de l'homme, et non de Jésus seul.

Quelqu'un a dit que les chrétiens pauvres n'ont pas la même tentation, parce qu'ils sont plus en mesure de discerner la main de Dieu dans leur vie. C'est vrai qu'ils peuvent probablement plus témoigner de chacune des actions que Dieu fait pour eux, mais ils sont quand même sujets à la même tentation que ceux qui font tout ce qu'ils veulent! Celui qui a beaucoup cherche à posséder davantage, et celui qui a peu en veut plus; la recherche des richesses de ce monde est une tentation pour tous les croyants, de toutes générations et de toutes nations. Ce n'est pas péché de posséder beaucoup, gloire à Dieu pour ceux qui ne sont pas dans le besoin, car vous pouvez aidez ceux qui ont moins, mais prenez garde que votre cœur ne s'attache pas à ce que vous possédez, car immanquablement, vous vous détacherez de Dieu et de Sa parole! 

Souvenons-nous de l'histoire du jeune homme riche, en Matthieu 19:16-24. Oh, il voulait avoir la vie éternelle, au point même où il est allé voir Jésus pour recevoir des conseils à ce sujet. Mais lorsque Jésus lui a dit qu'il devait se dépouiller de ce qu'il possédait, c'est à dire qu'il devait détacher son cœur de ses choses au point d'être prêt à tout donner aux pauvres, il a reconnu que cela était au-dessus de ses forces. Le verset 22 dit "qu'il s'en alla tout triste, car il avait de grands biens". Comprenons ici qu'il avait fait de ses richesses une idole. Les paroles de Jésus ont été un miroir de son âme; Il lui a montré qu'il n'avait pas obéi à toute la loi comme il le prétendait, car il n'était pas prêt à aider son prochain, à prendre soin de la veuve et de l'orphelin, comme Dieu l'exigeait, parce son cœur était trop attachés aux choses de ce monde, son attention était constamment tournée vers les choses qui feraient de son passage ici bas un séjour doux et agréable, sans se soucier de la justice de Dieu. 

En cela, il ressemble à beaucoup d'entre nous qui ne nous soucions plus de la justice et de la sainteté de Dieu; de la sainteté qu'exige Dieu de ceux qui font profession de croire en Lui. Ce n'est pas à dire que nous devenons saints par nos œuvres; loin de là! Mais la sanctification est un processus de toute une vie, qui ne peut se mettre en marche que lorsque nous nous abandonnons totalement à Dieu, dans la repentance et la soumission, avec foi, et que nous le laissons agir en nous de manière à ce que Lui seul soit glorifié dans nos vies et que nous commençons à aimer ce qu'Il aime et à haïr le péché au même point qu'Il le déteste. Il y a toutes ces choses dont nous pouvons être riches; l'orgueil, le mensonge, l'hypocrisie, l'autojustification, et quoi encore! Toutes ces choses mettent un frein à l'action du Saint-Esprit en nous, et éventuellement, combinées au manque de reconnaissance qui caractérise habituellement ce genre de "richesse", l'amour pour le Seigneur Jésus-Christ se refroidit.

Quelqu'un a dit que le chrétien "a beaucoup à combattre, et qu'il devra y mettre tous ses efforts, pour rompre avec ses tentations et ses idoles". Dieu peut nous donner les outils et la force de résister à ces choses, mais Il ne peut pas les utiliser à notre place. Et l'une des meilleures armes qu'il a mise à notre disposition est la reconnaissance. Pour preuve, l'apôtre Paul ira jusqu'à dire: "J'ai appris à être content de l'état où je me trouve" (Philippiens 4:11-12). Il faut beaucoup de reconnaissance dans une vie pour pouvoir dire cela depuis une prison où il était enfermé, à cause du témoignage qu'il rendait pour Christ. 

Quel exemple! Combien plus devrions nous vivre avec une entière reconnaissance envers Dieu pour tout ce dont Il nous a comblé! "Lorsque tu mangeras et te rassasieras, tu béniras l'Eternel, ton Dieu". "Garde-toi de dire en ton cœur: Ma force et la puissance de ma main m'ont acquis ces richesses" (Deutéronome 8:17). Et c'est pareil spirituellement. Il n'y a rien que nous faisons, rien que nous ne ferons jamais qui nous méritera l'amour de Dieu ou qui nous acquerra le salut; c'est Dieu qui nous a aimé le premier, c'est encore Lui qui nous donne de l'aimer de d'aimer Sa parole, et c'est en Jésus seul que nous trouvons le salut. Nous avons tous cette tendance à nous enorgueillir d'une chose ou d'une autre, mais c'est parce que nous oublions ce que nous serions si Dieu n'était pas intervenu dans nos vies pour nous sortir de la boue d'où nous étions! Sans la présence de Dieu en nous, nous ne pourrions même pas vivre une seule journée sans faire étalage de notre péché et de notre dépravation; nous ne pouvons nous enorgueillir de rien! 

Comment pouvons-nous avoir goûté la bonté de Dieu et vivre sans reconnaissance? C'est impossible! "Souviens-toi de l'Éternel, ton Dieu, car c'est lui qui te donnera de la force pour les acquérir" (Deutéronome 8:18). Pour acquérir quoi? Les richesses dont il est question au verset 17. "Afin de confirmer, comme il le fait aujourd'hui, son alliance qu'il a jurée à tes pères" (fin du verset 18). Cette alliance se trouve dans le précieux sang de Jésus-Christ, gloire à Dieu! Comment pourrions-nous vivre sans reconnaissance, après tout ce que notre Père céleste a fait pour nous? Il ne déçoit pas et ne rejette pas ceux qui viennent à Lui avec un cœur repentant et contrit, Il bénit au-delà de tout ce que nous pensons et ce que nous pouvons constater, et Ses bénédictions spirituelles ne trouvent une limite que dans notre reconnaissance, car si nous vivons sans reconnaissance, comment pourrait-Il nous bénir davantage? Quelqu'un a dit que "Ses dons sont conformes à Ses promesses", et Ses promesses s'appliquent en ceux qui marchent avec un cœur droit devant Lui.

Rendez grâces en toutes choses, car c'est à votre égard la volonté de Dieu en Jésus-Christ (1 Thessaloniciens 5:18). Rendez grâces, c'est à dire, soyez reconnaissants en toutes choses, car c'est ce que Dieu veut pour nous, en Jésus-Christ. Et nous avons toutes les raisons d'être reconnaissants, car "Tu as pardonné l'iniquité de ton peuple, Tu as couvert tous ses péchés, Tu as retiré toute ta fureur, Tu es revenu de l'ardeur de ta colère. (...)J'écouterai ce que dit Dieu, l'Éternel; car il parle de paix à son peuple et à ses fidèles, pourvu qu'ils ne retombent pas dans la folie. Oui, son salut est près de ceux qui le craignent, afin que la gloire habite dans notre pays" (Psaume 85:2-3; 8-9), et encore: "Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénis de toutes sortes de bénédictions spirituelles dans les lieux célestes en Christ" (Éphésiens 1:3).

Soyons reconnaissants, en plus de toutes les bénédictions que cela apporte, car notre Dieu est digne de recevoir toute louage, honneur et gloire pour l'ensemble de Ses bontés, cela nous aidera à combattre notre nature humaine égoïste qui combat dans nos membres tous les jours que la vie nous est prêtée. 

Laissons le mot de la fin à l'auteur de la lettre aux Hébreux: "C'est pourquoi, recevant un royaume inébranlable, montrons notre reconnaissance en rendant à Dieu un culte qui lui soit agréable, avec piété et avec crainte, car notre Dieu est aussi un feu dévorant" (Hébreux 12:28-29). Que toute la gloire soit rendue à Dieu seul, dans le précieux nom de Jésus, Amen.