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dimanche 13 septembre 2026

Le chrétien en armure complète, par William Gurnall, 61e partie

 

Quatre caractéristiques de la sincérité du cœur.

Troisièmement. Je vais exposer des preuves manifestes de la sincérité, telles qu'aucun hypocrite n'a jamais pu ni ne pourra jamais en atteindre. Après avoir brisé ces miroirs flatteurs dans lesquels les hypocrites aiment à se contempler, jusqu'à s'éprendre de leur propre visage fardé et à s'imaginer sincères, ainsi que ceux qui déforment le doux visage et la beauté naturelle de l'âme sincère au point de faire douter de la grâce divine qui rayonne sur elle, je vais maintenant en esquisser les traits et en établir les marques indubitables : cette vérité du cœur et cette sincérité pieuse, grâce auxquelles nous serons mieux à même de définir la situation spirituelle de chacun.

1. Un cœur sincère est un cœur nouveau. L'hypocrisie est appelée "le vieux levain" ; "Purgeons donc le vieux levain, afin que nous soyons une pâte nouvelle" (1 Corinthiens 5:7). Une pâte une fois aigrie par le levain n'en perdra jamais le goût.

La nature corrompue ne cessera pas d'être hypocrite tant qu'elle ne cessera pas d'être une nature corrompue. Il faut que le cœur soit renouvelé, sinon il conservera sa nature ancienne. On peut user d'artifice pour le dissimuler et en masquer la fétidité aux yeux d'autrui, pour un temps, tout comme des fleurs et des parfums répandus sur une charogne peuvent en masquer l'odeur ; pourtant, la charogne comme le cœur corrompu demeurent ce qu'ils sont.

On dit du paon que, même après avoir été rôti, sa chair redevient crue une fois refroidie. Il en va de même pour le cœur charnel : qu’il agisse à sa guise et s’impose une apparence de piété exaltée, au point de sembler brûlant de zèle, il suffit d’attendre un peu pour le voir reprendre sa nature première et se révéler tel qu’il était : vain et trompeur. Un "cœur unique" et un "cœur nouveau" sont tous deux des grâces de l’Alliance ; le "nouveau" est d’ailleurs promis précisément pour rendre le cœur "unique" : "Je leur donnerai un cœur unique, et je mettrai en vous un esprit nouveau ; j’ôterai de votre corps le cœur de pierre(...)" (Ézéchiel 11:19). 

Dieu promet de leur donner un seul esprit, c'est-à-dire un esprit sincère envers Dieu et envers les hommes, à l'opposé d'un cœur partagé (un cœur double), marque de l'hypocrisie. Mais comment le donnera-t-il ? Il leur dit : "Je vous donnerai un esprit nouveau" ; et comment s'y prendra-t-il ? "J'ôterai de votre chair le cœur de pierre et je vous donnerai un cœur de chair." À ce sujet, un commentateur explique fort bien les choses ainsi : "Je vous donnerai un cœur unique ; et pour ce faire, je le refondrai ; pour y parvenir, je le ferai fondre et je l'assouplirai, à l'instar de celui qui, possédant divers morceaux de vieil argent ou d'argenterie qu'il destine à la fabrication d'une coupe unique, décide d'abord de les refondre ; il les jette alors au feu pour les liquéfier, afin de les réunir finalement en une seule pièce."

En effet, par nature, le cœur de l'homme est une chose profondément divisée et brisée, éparpillée et morcelée : un morceau pour telle créature, un autre pour tel désir. Tantôt, cette vanité le met à son service, tout comme Léa le fit pour Jacob au sujet de Rachel ; puis, après avoir accompli quelque besogne servile pour elle, il se loue à une autre. Ainsi sont partagés l'homme et ses affections.

Or, les élus (que Dieu a destinés à être des vases d'honneur, consacrés à son saint usage et à son service), Il les jette dans le feu de sa Parole afin que, ramollis et fondus en ce lieu, ils soient refaçonnés par son Esprit transformateur en une sainte unité ; de sorte que celui qui, auparavant, était séparé de Dieu et perdu parmi les créatures et les convoitises qui se le disputaient, voit désormais son cœur rassemblé, loin de toutes ces choses, pour être tout entier à Dieu. Ce cœur contemple Dieu d'un regard unique et agit pour Lui en tout ce qu'il entreprend. Si donc tu veux savoir si ton cœur est sincère, cherche à savoir s'il a été ainsi renouvelé.

Dieu t'a-t-il jeté dans sa fournaise ? Sa parole s'est-elle jamais emparée de toi comme un feu, pour amollir ton cœur endurci et faire fondre l'impureté de ton esprit, de sorte que tu discernes désormais cette hypocrisie désespérée, cet orgueil, cette incrédulité et autres vices qui, auparavant, demeuraient cachés comme des scories dans le métal avant que le feu ne les révèle ? Et non seulement tu les vois, mais tu les vois se détacher et se séparer de ton âme, si bien que toi qui te félicitais jadis de ton bon état, tu déplores maintenant ta folie, confessant de tout cœur quelle créature répugnante tu étais aux yeux de Dieu dans tout ce que tu faisais. 

Ces choses qui paraissaient si fastueuses et belles à tes yeux (ton apparence de justice, ta fréquentation de l'église, l'accomplissement superficiel de quelques devoirs familiaux) et pour lesquelles tu croyais que le ciel t'était, pour ainsi dire, acquis ; déplores-tu maintenant d'avoir bravé Dieu par ces simulacres hypocrites, alors que tes convoitises étaient choyées au plus profond de ton être, suçant le sang vital de tes affections les plus chères ? 

En un mot, peux-tu affirmer non seulement que tu te fonds en tristesse à cause de ces choses, mais aussi que ton cœur, autrefois si partagé et distrait entre les convoitises et les créatures, est désormais uni dans la crainte du nom de Dieu ? N'as-tu qu'un seul dessein; celui que tu poursuis par-dessus tout, à savoir plaire à Dieu, dusses-tu déplaire à tous les autres ? Un seul amour : aimer le Christ et être aimé de lui ? Si les courants de tes affections sont ainsi rassemblés, par la puissance souveraine de Dieu qui te renouvelle en ce canal unique, et s'écoulent dans cette direction avec une douce violence, alors tu es béni du Seigneur. 

À Ses yeux, tu es une âme sincère, bien qu'il subsiste en toi une corruption qui trouble le cours de ta vie et tente d'entraver le libre élan de ton âme vers Dieu. Cela peut te causer quelques tourments. Tout comme les montagnes et les rochers gênent le fleuve qui court vers la mer, le forçant à serpenter alors qu'il suivrait autrement le chemin le plus court (une ligne droite) vers son but, de même les restes de corruption en toi peuvent parfois t'écarter de la voie de l'obéissance.

Mais la sincérité, telle l'eau, poursuivra son cours malgré tout cela et ne te quittera point avant de t'avoir conduit (fût-ce par un chemin détourné) jusqu'à ton Dieu, que tu as si profondément gravé dans ton cœur qu'il ne saurait jamais en être effacé. En revanche, si l'hypocrisie de ton cœur ne t'a jamais été révélée au point de t'inspirer de l'horreur, et si aucun principe nouveau n'a été déposé en ton sein pour infléchir le cours de ton âme à l'opposé de l'inclination naturelle de tes affections, alors que, fort de la bonne opinion que tu as de toi-même (en raison de quelques apparences de piété que tu affiches, tu te crois sincère et ton cœur intègre, alors j'ose affirmer que tu es un hypocrite impur.

Le monde pourra peut-être te tenir pour un saint, mais tel que tu es, tu ne le seras jamais aux yeux de Dieu. Même si tu t'es paré et apprêté avec le plus grand soin pour adopter l'apparence d'un chrétien, tu n'auras jamais que le visage d'un saint et le cœur d'un hypocrite. Peu importe l'enseigne qui pend à l'extérieur, (fût-elle celle d'un ange), si le diable et le péché habitent au-dedans!

Ajouter de nouvelles garnitures à un vieux vêtement ne le rend pas neuf ; cela lui donne simplement une allure nouvelle. Il n'est guère sage de dépenser beaucoup pour embellir un vieux costume voué à tomber bientôt en lambeaux, alors qu'une somme à peine supérieure permettrait d'en acquérir un neuf et durable. Ne vaut-il pas mieux s'efforcer d'obtenir un cœur nouveau, afin que toutes tes œuvres soient agréées et que tu sois sauvé, plutôt que de perdre, faute de cela, tout le fruit de tes efforts religieux ainsi que ton âme elle-même ? 

2. Un cœur sincère est un cœur franc, un cœur simple, "sine plicis"; un cœur sans replis. L'hypocrite est de la race du serpent. Il peut, tel le serpent, se rétracter ou se déployer selon son intérêt, peu désireux de se laisser percer à jour par autrui. Et il a ses raisons pour cela, car il sait qu'il a le plus de crédit là où il est le moins connu.

L'hypocrite est celui qui "cherche à cacher profondément ses desseins" (Ésaïe 29:15) ; "leur cœur est un abîme" (Psaume 64:6) ; leurs intentions profondes sont infiniment éloignées de leurs paroles. Un cœur sincère est comme l'eau limpide d'un ruisseau : on peut voir jusqu'au fond de ses pensées à travers ses paroles et juger de son cœur par sa langue. On dit que les maladies du cœur se manifestent par des taches sur la langue, mais l'hypocrite peut avoir la langue nette tout en gardant un cœur corrompu. L'auteur du proverbe "loquere ut te videam" (parle pour que je te voie) ne pensait pas à l'hypocrite, qui parle précisément pour ne pas se laisser voir!

Les nuages ​​les plus épais dont il se sert pour dissimuler sa fourberie sont son langage religieux et sa profession de foi superficielle. Veux-tu savoir si tu portes un cœur sincère en ta poitrine ? Examine si tu possèdes un cœur empreint de droiture. Vois comment ces deux choses sont associées dans la seconde épître aux Corinthiens (1:12) : Paul et les autres fidèles messagers du Christ vivaient parmi les Corinthiens "dans la simplicité et la sincérité qui viennent de Dieu". Ils ne gardaient aucun compartiment secret dans le sanctuaire de leur cœur pour y dissimuler habilement leurs intentions à l'égard de ces derniers, comme le faisaient les faux apôtres.

Or, cette droiture du cœur sincère se manifeste sous trois aspects; un cœur sincère agit avec franchise envers lui-même, et ce, principalement sur deux points.

A) Ce droiture du cœur s'examine et se scrute elle-même ; elle le fait avec toute l'habileté et la vigueur dont elle est capable. Elle ne se laisse pas écarter par des faux-semblants ou par une excuse polie, telle celle que Rachel donna à Laban alors qu'elle couvait ses idoles. Non, elle exige de l'âme un compte rendu, et ce, de telle sorte qu'elle puisse elle-même rendre un compte fidèle à Dieu, par l'autorité de qui elle exerce son ministère.

Quelle crainte manifeste-t-elle de voir quelque convoitise échapper à son regard et rester cachée, comme Saül parmi les bagages ; ou de voir la moindre grâce de Dieu foulée aux pieds par indifférence, en la niant ou en la démentant ! Lorsque David vit ses pensées sur Dieu (qui jadis le réconfortaient et lui tenaient la plus agréable compagnie) susciter un trouble en son esprit ("Je me souviens de Dieu, et je gémis", Psaume 77:3), voyez quel examen minutieux cet homme saint entreprit pour en découvrir la cause!

Il scrute le passé et le présent pour comprendre comment Dieu a agi autrefois ; il "s'entretient avec son cœur et fait des recherches approfondies" (verset 6), sans jamais abandonner avant d'avoir tiré l'affaire au clair. Découvrant que le trouble qui perturbe sa paix vient de lui-même, il ne cherche pas à ménager sa réputation en étouffant l'affaire ou en cherchant des faux-fuyants ; au contraire, il s'attaque au voleur, dénonce son péché et confesse les faits, justifiant ainsi Dieu, à l'égard de qui il avait nourri de mauvaises pensées.

"Et je dis : C’est là ma faiblesse" (verset 10) ; comme s’il avait dit : "Seigneur, je vois maintenant le Jonas qui a provoqué la tempête dans mon cœur et m’a rendu si malheureux dans mon affliction tout ce temps ; c’est cette incrédulité qui m’a courbé, m’amenant à me focaliser tellement sur la douleur et le sentiment de mon épreuve actuelle que je ne pouvais plus songer aux expériences passées ; et ainsi, en les oubliant, j’ai eu de Toi une pensée indigne." Quelle âme sincère et franche que la sienne !

En quoi ressembles-tu, ô homme, au saint David ? Est-ce ainsi que tu sondes ton âme ? Le fais-tu avec sérieux, comme si tu traquais un meurtrier caché chez toi ; avec autant d'ardeur à débusquer ton péché qu'en mettaient les papistes, sous le règne de la reine Marie, à dénicher les protestants, allant jusqu'à transpercer de leurs épées et de leurs fourches les lits et les meules de foin pour s'assurer qu'ils ne s'y trouvaient pas ? Ou bien, lorsque tu entreprends cette tâche, répugnes-tu à pousser trop loin tes investigations, de peur d'apercevoir ce que tu préférerais ignorer ? Crains-tu de t'y attarder, de peur que ta conscience ne te livre un rapport qui te déplaise ? Tertullien disait des persécuteurs païens : "Ils refusaient d'entendre les chrétiens, car, une fois ceux-ci écoutés, ils n'auraient plus eu l'audace de les condamner, tant leur cause eût paru juste". Ici, c'est l'inverse qui est vrai.

L'hypocrite n'ose pas soumettre son état à un examen rigoureux, car il ne pourrait alors éviter de se condamner lui-même. Mais l'âme sincère est si désireuse de connaître son véritable état que, même après avoir fait tout son possible pour le découvrir et avoir été acquittée par sa conscience lors de cet examen intime, elle ne s'en contente pas ; craignant que l'amour-propre ne l'aveugle et n'incite sa conscience à rendre un verdict trop favorable, elle sollicite l'aide du ciel et s'en remet au jugement de Dieu. "Éternel, n'aurais-je pas de la haine pour ceux qui te haïssent, du dégoût pour ceux qui s'élèvent contre toi?" (Psaume 139:21). 

Sa propre conscience en témoigne : "Je les hais d'une haine parfaite ; je les tiens pour mes ennemis" (verset 22). Pourtant, David, ne se contentant pas de son seul témoignage, en appelle à Dieu : "Sonde-moi, ô Dieu, et connais mon cœur... vois si je suis sur une mauvaise voie" (versets 23-24). De même, les médecins avisés ne se fient pas à leur jugement concernant leur propre santé, pas plus que les chrétiens sincères ne s'en remettent à eux-mêmes pour juger de l'état de leur âme. C'est vers Dieu qu'ils se tournent ; son jugement seul fait autorité et détermine leur conviction.

Une fois qu'ils ont prié et exposé leur situation devant lui, ils attendent, à l'instar de David, d'entendre ce qu'il a à dire. On les verra donc se soumettre à un ministère qui sonde les cœurs ; ils ne sortent jamais plus satisfaits que lorsque leur conscience est mise à nu et leur cœur mis en pleine lumière, à l'image de la Samaritaine qui, vantant le sermon et le Christ qui l'avait prononcé auprès de ses voisins, soulignait qu'il lui avait révélé tout ce qu'elle avait fait (Jean 4:29). 

En revanche, un cœur corrompu répugne à entendre pareils propos. Il estime que le prédicateur commet une intrusion lorsqu'il pénètre sur son terrain pour interpeller directement sa conscience ; s'il le pouvait, il engagerait des poursuites à son encontre pour cela. Hérode supportait mal que Jean mît le doigt sur son péché. Bien qu'il le craignît (sa conscience le travaillant), il ne l'aima jamais ; c'est pourquoi il se laissa aisément convaincre de faire trancher la tête de cet homme dont la langue, d'une telle audace, avait osé blâmer sa conduite incestueuse. 


B) Le cœur sincère fait preuve d'une honnêteté absolue envers lui-même, tant dans l'examen que dans le jugement qu'il porte sur sa propre personne, dès lors qu'un témoignage clair s'élève contre lui et que la conscience lui dit : "Âme, dans ce devoir, tu as laissé libre cours à l'orgueil ; dans cette affection, à l'obstination et à l'impatience." Une telle âme ne tarde pas à prononcer le jugement, et elle le fait avec tant de véhémence et de sévérité qu'il est manifeste que le zèle pour Dieu (qu'elle a déshonoré) lui fait oublier toute pitié pour elle-même. Elle s'acharne à s'humilier et à s'abaisser, à l'instar des fils de Lévi exécutant la justice sur leurs frères, ne connaissant alors "ni frère ni sœur" dans l'accomplissement de cet acte.

C'est véritablement un acte héroïque que celui de l'âme sincère qui se juge elle-même. Elle est si transportée et revêtue d'une sainte fureur contre son péché qu'elle reste sourde aux appels de la chair et du sang, lesquels l'inciteraient à envisager une sentence plus clémente. "J'ai péché", dit David, "contre l'Éternel" (2 Samuel 12:13) ; ailleurs : "J'ai commis un grand péché et agi avec une grande folie" (2 Samuel 24) ; et dans un troisième passage, se jugeant indigne du nom d'homme, il s'assimile à la bête : "J'étais stupide et sans intelligence, j'étais comme une bête devant toi" (Psaume 73:22).

Mais pour ce qui est du cœur faux (si la conscience lui fait des reproches sur tel ou tel point, et qu'il devine, grâce à ce murmure intérieur, quel sera l'issue du procès s'il va jusqu'au bout de la procédure), le tribunal est aussitôt dissous et l'affaire renvoyée à une audience ultérieure, qui risque fort de ne jamais avoir lieu. De même que les témoins, lassés par les retards et les remises incessantes, finissent par se décourager et préfèrent rester chez eux plutôt que de comparaître pour rien, la conscience cesse de témoigner lorsqu'elle ne peut être entendue et qu'aucun jugement ne peut être prononcé contre le coupable.

Un point particulier: un cœur sincère est aussi transparent envers Dieu qu'envers lui-même. Cela peut se manifester de plusieurs manières. Prenons-en une pour servir d'exemple : celle des supplications et des requêtes adressées au trône de la grâce. Dans la prière, l'hypocrite joue un double jeu ; il demande ce qu'il ne remercierait pas Dieu de lui accorder. Il y a un mystère d'iniquité dans sa façon de prier contre l'iniquité. Or, c'est sur deux points précis que se révélera la sincérité (ou non) de notre cœur. 

Observe si ton esprit est profondément accablé lorsque ta requête reste sans réponse, ou si, au contraire, tu te soucies peu de son issue. Qu’il s’agisse d’un péché que tu cherches à combattre ou d’une grâce que tu sollicites, quel est ton état d’esprit pendant que ton messager se fait attendre, surtout si ce délai se prolonge ? Tu pries, mais la corruption ne diminue pas et la grâce ne croît pas. C’est alors que se révèlent ton hypocrisie ou ta sincérité. Si tu es sincère, chaque instant te semblera une heure, chaque heure une journée, et chaque journée une année, jusqu’à ce que tu reçoives des nouvelles du ciel. "L’espérance différée rend le cœur malade."

Le malade qui fait appeler le médecin n’attend-il pas avec impatience sa venue ? Il craint que son messager ne le manque, qu’il ne veuille pas venir, ou qu’il ne meure avant que le remède n’arrive. Mille craintes le tourmentent et lui font désirer ardemment la présence du médecin. C’est ainsi que l’âme sincère passe, le cœur triste, les heures qui s’écoulent sans réponse à sa requête. "Je suis une femme à l’esprit accablé de chagrin", disait Anne à Élie (1 Samuel 1:15). Et pourquoi cela ? Hélas, elle avait prié Dieu année après année, sans qu’aucune réponse ne lui parvienne.  

Ainsi parle l'âme : "J'ai l'esprit amer ; voilà bien des jours et des mois que je prie pour obtenir un cœur tendre, un cœur croyant, mais rien ne vient. Je crains de n'avoir pas été sincère dans cette démarche. Sinon, ma requête serait-elle restée si longtemps en suspens ?" Une telle âme est en proie à la crainte et au tourment, pareille au marchand dont le riche navire est en mer et qui, resté à terre, ne trouve le sommeil tant qu'il ne l'a pas vu ou n'en a pas reçu de nouvelles. Mais si, après avoir élevé ta prière, tu parviens à te décharger du souci et des pensées qui s'y rattachent, comme si prier revenait simplement pour un enfant à griffonner sur une feuille de papier qu'il délaisse aussitôt sans plus y songer ; si tu peux accepter les refus de Dieu à ce sujet sans plus d'émoi qu'un soupirant indifférent n'en ressent à ne pas avoir de nouvelles de celle qu'il n'a jamais vraiment aimée, sans que ton repos en soit troublé ni ta joie altérée, alors c'est un cœur trompeur qui t'a poussé à agir. Et prends garde : il se pourrait qu'au lieu d'exaucer ta prière, Dieu réponde au désir secret de ton cœur ; or, s'il venait à le faire, tu serais perdu à jamais.

Examine si tu mets en œuvre les moyens d'obtenir ce que tu demandes à Dieu de t'accorder. Un cœur faux reste inactif tout en attendant que Dieu agisse ; il ressemble à cet homme dont la charrette s'était enlisée dans la boue et qui criait : "Jupiter, aide-moi !" sans pour autant mettre l'épaule à la roue. Si ses penchants corrompus pouvaient être mortifiés et anéantis pour lui (tout comme Goliath le fut pour les Israélites, qui regardaient la scène sans porter le moindre coup), il s'en satisferait ; mais quant à les affronter ou à se donner la peine d'employer les moyens nécessaires pour remporter la victoire, il est si rongé par la paresse et la lâcheté qu'il juge cet effort aussi pénible que de rester assis dans l'esclavage et la servitude qu'ils lui imposent.

L'âme sincère, en revanche, fait preuve d'une diligence consciencieuse. "Élevons nos cœurs et nos mains vers Dieu qui est dans les cieux" (Lamentations 3:41). C'est-à-dire, comme le dit Bernard : "prions et agissons". La langue de l'hypocrite s'agite, mais les pieds de l'âme sincère marchent et ses mains travaillent. 

Autre point: L'âme sincère révèle aux hommes sa simplicité et sa droiture. "Nous nous sommes conduits parmi vous", dit Paul aux Corinthiens, "avec simplicité et sincérité devant Dieu, non avec une sagesse charnelle." Le chrétien est celui qui ne peut soumettre son cœur à son intelligence, ni sa conscience à ses propres calculs. Il s'en remet à Dieu en pratiquant le bien et ne craint pas autrui, tant que sa conscience ne lui reproche rien ; aussi n'ose-t-il pas entamer sa conscience pour sauver sa peau, mais il confesse Dieu librement et ouvertement, sans dissimuler sa foi ; tandis que l'hypocrite change de cap et arbore les couleurs que lui dictent ses calculs et ses intérêts mondains.

Si la voie est libre et qu'aucun danger ne menace, il affichera autant de piété que quiconque ; mais dès qu'il perçoit le moindre risque pour lui-même, il vire de bord et change de cap, ne se faisant aucun scrupule de jouer double jeu avec Dieu et les hommes. Il considère comme la bonne voie celle qui assure sa sécurité temporelle. L'homme intègre, en revanche, suit une tout autre direction : "La voie royale des hommes droits consiste à s'éloigner du mal" (Proverbes 16:17). C'est le chemin que parcourt ce véritable voyageur ; et si jamais on le voit s'en écarter, ce n'est que par mégarde, comme celui qui s'est égaré bien malgré lui, et il ne trouve de repos qu'une fois revenu sur la bonne route. 

3. Le chrétien sincère et au cœur droit fait preuve de constance. Tout comme la vérité doctrinale se distingue de son opposé par son unité, tandis que l'erreur est multiple et dépourvue de l'harmonie propre aux vérités, de même la vérité du cœur, ou sincérité, se reconnaît à ce même trait distinctif par rapport à l'hypocrisie. En effet, la vérité dans le cœur n'est que la copie et la reproduction fidèle de l'autre. Elles s'accordent comme le visage reflété dans un miroir s'accorde avec celui de la personne qui s'y regarde, ou comme l'empreinte dans la cire correspond à la gravure du sceau dont elle provient. Par conséquent, si la vérité dans la parole est constante et harmonieuse, la vérité dans le cœur (qui n'est que l'empreinte de cette dernière) doit l'être tout autant.

Dans le cours de sa vie, le chrétien sincère demeure fidèle à lui-même ; il est "un homme d'une seule couleur", et non comme ces étoffes changeantes dont la teinture révèle des nuances variées selon la manière dont on les agite. L'obéissance du chrétien sincère présente une triple uniformité : elle est constante quant à l'objet, au sujet et aux diverses circonstances qui l'accompagnent.

Le chrétien sincère est constant, quant à l'objet de son obéissance. L'hypocrite, lui, s'attache à un devoir tout en négligeant un autre. Tel un corps sphérique, il ne touche la loi de Dieu qu'en un seul point, manifestant du zèle pour un commandement particulier, mais il ne s'y conforme pas dans le reste ; tandis que le cœur sincère adhère à la loi de Dieu tout entière, tant par son désir que par ses efforts. On dit du pied de l'homme droit qu'il "se tient sur un terrain plat" (Psaume 26:12) ; il ne marche pas en boitant ni de manière disgracieuse, comme ceux qui empruntent des chemins inégaux, cahoteux et accidentés, ou comme ceux dont les pieds et les jambes "ne sont pas égaux", car, comme le dit Salomon, "les jambes des boiteux sont inégales" et ne peuvent donc se tenir "sur un terrain plat", l'une étant longue et l'autre courte.

Les pieds de l'homme sincère sont d'aplomb et ses jambes d'égale longueur, pour ainsi dire ; il veille avec une égale conscience à accomplir toute la volonté de Dieu. L'hypocrite, tel le blaireau, a une patte plus courte que l'autre ; ou, comme un cheval fourbu, il ne se tient pas droit sur ses quatre membres : on remarque qu'il ménage au moins un pied, répugnant à le poser au sol. Les pharisiens affichaient un grand zèle pour la première table de la Loi. Ils priaient et jeûnaient de manière extraordinaire, mais ils priaient pour leur proie ; et, après avoir jeûné toute la journée, ils soupaient aux frais d'une pauvre veuve dont ils avaient l'intention de "dévorer" la maison. 

Un jeûne lamentable, qui s'achève dans l'oppression et ne sert qu'à leur donner un appétit vorace pour engloutir les biens d'autrui sous un masque de piété ! L'homme moral se montre très scrupuleux dans ses rapports avec ses semblables, mais se conduit en véritable voleur envers Dieu. Bien qu'il ne lèse pas son prochain d'un sou, il ne craint pas de dépouiller Dieu de biens bien plus précieux. L'amour, la crainte et la foi sont des dettes qu'il doit à Dieu, et pourtant il ne se fait aucun scrupule de ne pas les rembourser. Il est courant, dans les Écritures, de décrire un saint, une personne pieuse, par un devoir particulier ou une grâce unique. Tantôt son caractère est défini comme celui "qui craint le serment" (Ecclésiaste 9:2), tantôt comme celui "qui aime ses frères" (1 Jean 3:14), et ainsi de suite. 

Et pourquoi ? Parce que, là où un devoir est accompli avec conscience, le cœur se tient prêt pour tout autre. De même que Dieu a édicté tous ses commandements avec la même autorité (c'est pourquoi il est dit en Exode 20:1 : "Dieu prononça toutes ces paroles", les unes tout autant que les autres), ainsi Dieu infuse toute grâce simultanément ; il n'inscrit pas une loi particulière dans le cœur de ses enfants, mais la Loi tout entière, laquelle constitue un principe universel inclinant l'âme impartialement vers tous les préceptes ; de sorte que, si tu n'en aimes pas la totalité, ta sincérité est nulle en chacun d'eux. 

Le chrétien sincère est uniforme quant au sujet lui-même. L'homme tout entier, pour autant qu'il est renouvelé, marche dans une seule direction. Toutes les puissances et facultés de l'âme unissent leurs forces et s'accordent harmonieusement. Lorsque l'intelligence découvre une vérité, la conscience exerce alors toute son autorité sur la volonté, lui commandant, au nom de Dieu dont elle est la mandataire, de l'accueillir ; la volonté, dès que la conscience frappe, s'ouvre et la laisse entrer ; les affections, telles des servantes dévouées, voyant en elle une invitée bienvenue pour la volonté, manifestent leur empressement à la servir, comme il sied à leur rang.

Il en va tout autrement chez l'hypocrite. En lui, une faculté lutte contre une autre ; jamais on ne les voit s'unir et s'accorder dans un vote bienveillant. Lorsque l'entendement est éclairé, l'homme connaît telle vérité ou tel devoir ; pourtant, bien souvent, la conscience est corrompue dans l'exercice de sa charge et ne va même pas jusqu'à lui reprocher sa négligence. La vérité se tient, pour ainsi dire, devant l'âme, mais la conscience refuse de se faire son alliée au point de frapper à la porte et d'éveiller l'âme pour l'y laisser entrer.

Si la conscience se laisse persuader de plaider sa cause et manifeste quelque zèle pour en obtenir l'accueil, elle ne récolte à coup sûr qu'un refus brutal et un regard courroucé, pour s'être tant empressée d'introduire une invitée aussi importune, à l'instar d'une épouse acariâtre envers son mari lorsqu'il ramène chez lui quelqu'un qu'elle n'apprécie pas, ou bien elle ne rencontre qu'un accueil feint, destiné à dissimuler plus subtilement l'hostilité secrète qu'on lui voue. 

L'âme sincère fait preuve de constance, c'est-à-dire dans les circonstances de son obéissance et de sa marche sainte : le moment, le lieu, la compagnie et la manière d'agir. Elle est constante quant au temps. Sa religion ne ressemble pas à un habit de fête que l'on ne revêt qu'à des moments précis ; quel que soit le moment où vous l'abordez, vous la trouverez toujours vêtue de la même manière : sainte le jour du Seigneur, et sainte tout autant les autres jours de la semaine. "Heureux ceux qui observent la justice, qui pratiquent la droiture en tout temps" (Psaume 106:3). La couleur qu'un homme affiche sur son visage lorsqu'il est assis près du feu ne reflète pas sa véritable complexion si elle s'efface aussitôt après.

Il en est certains dont, pour percevoir la bonté et connaître la piété, il faut saisir le moment opportun, faute de quoi l'on n'y trouvera rien. Ils ressemblent à ces fleurs qui ne sont visibles que quelques mois par an, ou à ces médecins que l'on appelait autrefois "hommes de la matinée" : quiconque voulait leur parler devait se présenter le matin, car, l'après-midi, ils étaient généralement ivres. Ainsi, il se peut que vous surpreniez l'hypocrite à genoux le matin, dans l'attitude d'un saint ; mais, une fois cet élan retombé, vous ne verrez guère Dieu dans sa conduite jusqu'à ce que la nuit le ramène, par habitude, à un exercice semblable. Une montre qui ne marche qu'au moment où on la remonte pour s'arrêter ensuite toute la journée ne vaut rien ; il en va de même, assurément, pour le cœur qui ne désire pas demeurer constamment en mouvement spirituel. 

J'admets qu'il peut y avoir une grande différence entre deux montres. Pour l'une, le défaut peut provenir de la montre elle-même, parce qu'elle n'est pas bien conçue, et il en sera toujours ainsi tant que son mécanisme ne sera pas modifié ; une autre, en revanche, est peut-être un mécanisme bien fait, mais de la poussière en entrave les rouages ​​ou une chute l'a quelque peu endommagée ; une fois ces obstacles levés, elle fonctionnera de nouveau parfaitement.

Il en va de même pour la différence entre l'âme sincère et l'hypocrite. L'âme sincère peut voir son mouvement spirituel et sa marche chrétienne interrompus, mais cela est dû à une tentation qui, pour l'heure, l'entrave. Toutefois, elle possède une nature nouvelle qui l'incline à une progression constante dans la sainteté et qui, l'obstacle actuel écarté, reprend son exercice naturel de piété. L'hypocrite, en revanche, fait défaut dans la constitution et la disposition même de son esprit ; il ne possède pas en lui ce principe de grâce capable de soutenir son mouvement.

En outre, le chrétien sincère demeure constant, quels que soient le lieu ou la compagnie. Où qu'il aille, il emporte avec lui la règle qui guide sa conduite. Chez lui, au milieu de ses proches, il fait sienne la résolution de David : "Je marcherai dans l'intégrité de mon cœur au milieu de ma maison" (Psaume 101:2). Suivez-le au-dehors : il emporte sa conscience avec lui et ne lui ordonne pas, comme Abraham le fit pour ses serviteurs en montant à la montagne, de rester en arrière jusqu'à son retour.

Les Romains avaient une loi exigeant que chacun, où qu'il aille, porte sur son chapeau ou son vêtement extérieur un signe distinctif de son métier, afin d'être reconnu. Le chrétien sincère ne se défait jamais volontairement de l'emblème de sa sainte profession. Ni le lieu ni la compagnie ne le détournent de la voie qualifiée de sainte, car sa conscience ne le pousse pas à négliser la prudence. Il sait faire la distinction entre les lieux et les compagnies ; aussi, lorsqu'il se trouve au milieu de pécheurs impétueux et moqueurs, ne livre-t-il pas la religion au mépris en jetant ses perles devant ceux qui les piétineraient et le déchireraient.

Toutefois, il veille avec grand soin à ce que sa prudence ne compromette en rien sa droiture. "Je me conduirai avec sagesse", dit David (Psaume 101:2), "dans une voie intègre" ; c'est-à-dire : je ferai preuve de toute la sagesse possible, afin de demeurer également intègre. En vérité, de tels lieux et de telles compagnies sont pareils à la zone torride, inhabitables pour l'âme pieuse : l'impiété y est si ardente que la sincérité ne peut s'y manifester sans mettre en péril le saint. Dès lors, ceux qui n'ont ni assez de zèle pour s'élever contre les péchés de tels individus, ni assez de souci d'eux-mêmes pour se retirer de ces lieux où ils ne peuvent que recevoir le mal sans faire aucun bien, ont tout lieu de remettre en question leur propre sincérité.

4. Le chrétien sincère progresse sans cesse ; il n’atteint le terme de son voyage qu’une fois parvenu au Ciel. Cela le maintient en mouvement, le poussant à aller de l’avant dans ses désirs et ses efforts ; il est reconnaissant pour une petite mesure de grâce, mais ne se contente pas de grandes mesures de celle-ci. "À mon réveil", dit David, "je me rassasierai de ton image" (Psaume 17:15). Il goûtait de douces joies dans la maison de Dieu, au sein de ses ordonnances. L’Esprit de Dieu était le messager qui lui apportait, depuis la table divine, des mets exquis, des consolations intérieures inconnues du monde. 

Pourtant, cela ne suffit pas à David. Seul le ciel peut lui offrir la pleine mesure de ce breuvage. On raconte que les Gaulois, lorsqu'ils goûtèrent pour la première fois aux vins d'Italie, furent si séduits par leur onctuosité et leur douceur qu'ils ne se contentèrent pas d'en faire le commerce ; ils résolurent de conquérir la terre même où ils étaient produits. De même, l'âme sincère ne se satisfait pas de recevoir, çà et là, un peu de grâce et de réconfort venus du ciel, qui serait le fruit d'un commerce entretenu à distance avec Dieu par le biais des ordonnances divines ici-bas ; elle aspire plutôt à conquérir cette terre sainte, ce lieu béni, afin de boire le vin du Royaume au sein même du Royaume. Cette aspiration élève l'âme vers de nobles et grandes entreprises : comment atteindre des degrés de grâce toujours plus élevés, jour après jour, et s'élever ainsi toujours plus près du ciel. 

Celui qui vise le ciel tire plus haut que celui qui ne cherche qu'à atteindre un arbre. "Je cours", dit Paul, "vers le but, pour remporter le prix de la vocation céleste de Dieu en Jésus-Christ" (Philippiens 3:14). D'autres admiraient les accomplissements de Paul (ah ! s'ils avaient la grâce de Paul, ils seraient heureux !) mais lui-même s'estimerait fort malheureux s'il ne devait rien obtenir de plus. Il déclare qu'il n'a pas encore saisi ce pour quoi il court. Le prix ne se trouve pas à mi-chemin, mais au terme de la course ; c'est pourquoi il s'élance à toute vitesse, faisant même de cet effort la preuve de la droiture de chacun. "Nous tous donc qui sommes parfaits" (c'est-à-dire sincères) "ayons ces mêmes sentiments" (verset 15). C'est l'hypocrite seulement qui se limite dans les choses de Dieu.

Il possède quelques rudiments de savoir qui lui permettent de discourir de religion avec les croyants ; pour le reste, il s'en remet à d'autres, jugeant cela plus approprié au prédicateur qu'à lui-même. Il apprécie certaines formes extérieures, telle l'observance des rites publics, et s'y conforme pour afficher sa piété ; il s'abstient des péchés qui le rendraient odieux à son voisinage ; mais aspirer à une communion plus intime et plus profonde avec Dieu à travers ces rites, s'efforcer de rendre son cœur plus spirituel et de mortifier toujours davantage la chair et le péché qui l'habitent, voilà qui n'a jamais fait partie de ses desseins : il ressemble à ce piètre commerçant qui n'ose jamais viser la richesse, mais s'estime heureux de pouvoir simplement maintenir sa boutique ouverte et échapper à la prison, quitte à recourir à mille ruses et expédients. 

Après avoir exposé les caractéristiques d'un cœur sincère, il convient d'en tirer quelques enseignements à la lumière du verdict que votre conscience rendra au fond de vous-mêmes, lorsque vous soumettrez votre état spirituel à l'épreuve de ces critères. Or, le constat que la conscience établira, une fois que vous vous serez examinés à l'aune de ces principes, aboutira nécessairement à l'une de ces trois conclusions : soit, premièrement, elle vous condamnera comme hypocrites ; soit, deuxièmement, au terme d'un examen approfondi, elle rendra un témoignage favorable à votre sincérité ; soit, troisièmement, elle vous désignera comme ignorants et vous laissera dans le doute, des âmes qui sont certes sincères, mais qui n'osent pas se considérer comme telles. Afin de pouvoir t'atteindre, lecteur, par une voie si je ne t'atteins pas par une autre, je m'adresserai (prochainement) successivement à ces trois catégories de personnes. 

dimanche 12 janvier 2025

Le chrétien en armure complète, par William Gurnall, 3e partie

 

Le genre ou la qualité de l’armure nécessaire; L’armure de Dieu. 

Le sujet ici est la qualité ou le genre de cette armure que le chrétien est invité à se procurer. Ce n’est pas n’importe quelle ordure qui fera l’affaire ; mieux vaut rien que pas d’armure éprouvé, et aucune n’est telle que l’armure de Dieu. À un double égard, elle doit être de Dieu. D’abord, dans son institution et sa désignation. Ensuite, dans sa constitution. L’armure que nous utilisons contre Satan doit être divine dans l’institution, et seulement comme Dieu le désigne.

Observez d'abord ceci: L'armure que porte le chrétien doit être d'institution et de désignation divines. Le soldat vient sur le champ de bataille sans autre arme que celle que lui ordonne son général. Il n'est pas laissé à chacun d'apporter les armes qu'il veut ; cela engendrerait la confusion. Le soldat chrétien est lié à l'ordre de Dieu ; bien que l'armée soit sur terre, le conseil de guerre siège au ciel. Ce devoir, vous l'accomplirez, vous l'utiliserez. Et ceux qui font plus ou utilisent autre chose que ce que Dieu ordonne, bien qu'avec un certain succès apparent contre le péché, seront sûrement appelés à rendre compte de cette audace. La discipline de la guerre parmi les hommes est stricte dans ce cas. Certains ont subi la mort par un conseil de guerre même lorsqu'ils ont battu l'ennemi, parce qu'ils n'étaient pas à leur place ou hors de leur ordre. Dieu est très précis sur ce point; Il dira à ceux qui inventent des moyens de l'adorer de leur propre chef, des moyens de mortifier la corruption, d'obtenir du réconfort dans leur propre monnaie : "Qui a exigé cela de vous ?" C'est vraiment être "trop juste", comme le dit Salomon, quand il prétend corriger la loi de Dieu et ajouter des suppléments de notre propre chef à sa règle. Qui paiera son salaire à cet homme qui n'est pas mis à l'œuvre par Dieu ? 

Dieu dit à Israël que les faux prophètes ne lui feront aucun bien, car ils ne viennent pas de Sa part, (Jérémie 23:32) ; ainsi, les voies et les moyens qui ne sont pas de la volonté de Dieu ne lui seront d'aucune aide. Les pensées de Dieu ne sont pas comme celles de l'homme, ni ses voies comme les nôtres, par lesquelles il atteint ses fins. Si l'homme avait dû mettre en marche l'armée israélite pour sortir d'Égypte, il aurait sûrement été plus sage de dépouiller les Égyptiens de leurs chevaux et de leurs armes, plus nécessaires à une telle expédition, que d'emprunter leurs bijoux et leurs boucles d'oreilles. Mais Dieu veut qu'ils sortent nus et à pied, et Moïse reste fidèle à son ordre ; oui, lorsque des chevaux étaient pris au combat, parce que Dieu avait ordonné qu'ils soient jarretés, ils obéissaient, bien que ce soit à leur désavantage apparent. 

C'était la guerre de Dieu qu'ils menaient, et il était donc tout à fait raisonnable qu'ils soient sous son commandement. Ils campaient et marchaient selon son ordre, selon que l'arche se déplaçait ou se reposait. Ils combattaient selon son ordre. Le nombre était fixé par Lui, les moyens et les armes qu'ils devaient utiliser, tout était prescrit par Dieu, comme lors de l'assaut de Jéricho. Et quel est l'évangile de tout cela? Car Dieu a sûrement un œil sur notre marche vers le ciel et notre combat contre ces esprits maudits et ces convoitises qui se dressent sur notre chemin, sinon que nous devons combattre légitimement, en utilisant les moyens que nous avons de Sa bouche, dans Sa Parole ? 

Cela réprimande deux sortes de personnes :

Premièrement, les réprouvés. Ceux qui combattent Satan dans une armure qui ne vient pas de Dieu.

Le papiste. Regardez dans son armure, et vous n'y trouverez presque pas une seule pièce de l'armure de Dieu. Ils combattent dans l'armure du pape. Son autorité est l'atelier où leurs armes sont forgées. Ce serait une sorte de pénitence pour votre patience de répéter toutes les différentes pièces d'armure dont ils chargent les âmes stupides; trop lourdes en effet pour les plus larges épaules d'entre eux, oui, plus que ce que les plus sages d'entre eux entendent utiliser. Leurs messes, matines, vigiles, pèlerinages, jeûnes de carême, flagellations, vœux de chasteté, pauvreté, avec un monde de telles ordures, où est la parole de Dieu pour tout cela ? Qui a exigé ces choses de leurs mains ? Mille malheurs tomberont un jour sur ces imposteurs, qui ont dépouillé le peuple de sa véritable armure de Dieu, et ont mis ces roseaux et ces joncs dans leurs mains. Cela peut justifier aux yeux de Dieu et des hommes de quitter ceux nous obligent à risquer la vie de nos âmes dans une telle armure de papier, alors que Dieu a prévu mieux.

Deuxièmement, le protestant charnel, qui combat avec une armure charnelle, (2 Corinthiens 10:3). L'apôtre parle ici de "combattre selon la chair", c'est-à-dire avec des armes ou des moyens que la sagesse charnelle de l'homme incite à utiliser, et non les commandements de Dieu, et qui sont donc faibles. Combien peu sont revêtus d'autres armes au jour du combat!

Lorsque Satan tente de faire pécher, s’il n’a pas immédiatement une entrée paisible, la résistance généralement opposée est charnelle; la force sur laquelle ils s’appuient est charnelle, la leur, et non celle de Dieu ; le motif est charnel, comme la crainte de l’homme plus que de Dieu. À ce sujet, quelqu’un a dit : "Comment ferai-je cela et pécherai-je contre Dieu ?" Beaucoup disent dans leur cœur : "Comment ferai-je cela et mettrai-je en colère l’homme, déplaire à mon maître, irriter mes parents et perdre la bonne opinion de mon pasteur" ? Hérode craignait Jean et faisait beaucoup de choses. S’il avait craint Dieu, il aurait travaillé pour tout faire. On peut en dire autant de tous les autres motifs, qui ont leur source dans la créature et non en Dieu ; ils sont une armure qui ne résistera pas aux coups de feu. Si ta force réside dans une créature, elle peut être rapidement coupée ; si elle tient en Dieu, comme son commandement : "Il est écrit". 

Je ne peux pas le faire, mais je dois être ancré sur la loi de mon Créateur, ou sur l'amour de Christ. Je ne peux pas venir à ma convoitise, mais je dois passer par mon Sauveur sanglant, et donc, "vil tentateur, je te hais ainsi que tes tentations". Ce fondement est un roc, et il tiendra bon ; mais si c'est un respect charnel qui te fait contrepoids, on peut en trouver un autre plus lourd du même genre, qui fera pencher la balance d'un autre côté. Elle qui n'aime pas l'homme à cause de sa tenue vestimentaire seulement, peut bientôt être gagnée lorsqu'il viendra avec une autre tenue. Satan peut changer de comportement, et alors ta bouche sera fermée lorsque ton argument charnel sera retiré.

Quand la Parole ou la conscience réprimande le péché, quelle est l’armure dont les hommes couvrent généralement leurs âmes coupables ? Vraiment rien d’autre que charnelle. S’ils ne peuvent échapper à ces accusations, ils s’efforcent de l’atténuer en atténuant le fait. Il est vrai, diront-ils, j’ai commis, je l’avoue, une telle faute, mais j’ai été entraîné. "La femme m’a donné et j’ai mangé", telle était l’armure en feuille de figuier d’Adam. Ce n’est qu’une ou deux fois. Était-ce une si grande affaire ? Je sais que les joyeux chrétiens feront tout ce qu’il faut pour cela. "Je remercie Dieu, je ne peux pas être accusé de voir des prostituées ou de voler". 

C’est l’armure qui doit me protéger des coups. Mais si la conscience ne veut pas être ainsi débarrassée, alors ils s’efforcent de détourner leurs pensées en faisant retentir la musique bruyante des délices charnels, afin que le bruit de l’un puisse couvrir l’autre ; ou bien, avec Caïn, ils s'éloigneront de la présence du Seigneur et ne viendront plus à ces ordonnances qui leur font mal à la tête et qui empêchent le repos de leur conscience délirante. Si le fantôme les hante encore, ils s'efforcent de l'apaiser par une bonne œuvre ou une autre, qu'ils opposent à leurs mauvaises actions ; leurs aumônes et leur charité dans leur vieillesse doivent expier l'oppression et la violence de leurs anciens jours ; comme si ce peu d'encens suffisait à aérer et à enlever le fléau de la malédiction de Dieu, qui est dans leurs biens mal acquis. Ainsi, les pauvres créatures s'accrochent à toute couverture misérable, qui ne cachera même pas leur honte, et encore moins étouffera la balle de la colère de Dieu, lorsque Dieu tirera sur elles. Il faut qu'il y ait une armure choisie par Dieu. Adam était nu malgré toutes ses feuilles de figuier, tandis que Dieu lui enseignait à faire des "manteaux de peaux" (Genèse 3 :21), faisant ainsi de manière imagée (comme certains le pensent) l’ombre du Christ, le véritable Agneau de Dieu, dont la justice seule a été désignée par lui pour couvrir notre honte et protéger nos âmes nues de la vue et des coups de sa justice.

Deuxième réprimande: Ceux qui portent l'armure de Dieu, mais pas comme Dieu l'a ordonné ; ce qui se présente sous trois aspects.

Quand une personne utilise un devoir établi par Dieu, non comme une armure de défense, mais comme une couverture pour le péché. Qui pourrait penser qu'il est un ennemi, celui qui porte les couleurs du Christ sur son chapeau et qui marche après le Christ dans l'exercice de tous les devoirs de son culte ? Un tel homme peut passer toutes les cours de garde sans même être invité à se lever. Tous le prennent pour un ami. Et pourtant, il y en a qui luttent contre le Christ tout le temps. Hypocrite est l'homme ; il apprend ses postures, reçoit la Parole, a la langue imprégnée du langage des Écritures et marche dans l'habit d'un chrétien, simplement dans le but de mener son métier de plus près, comme certains bandits de grands chemins de nos jours, qui volent sous l'habit de soldats, afin d'être moins suspectés. C'est une méchanceté désespérée, en effet, que de prendre les armes de Dieu et de les utiliser au service du diable ; de tous les pécheurs, ceux-là trouveront le moins de miséricorde, les faux amis seront plus rapides que les ennemis déclarés.

Ceux qui mettent une confiance charnelle en elle ne se servent pas de l’armure de Dieu, comme Dieu l’a ordonné. Nous ne devons pas nous confier à l’armure de Dieu, mais au Dieu de cette armure, car toutes nos armes ne sont "puissantes que par Dieu", (2 Corinthiens 10:4). L’arche de l'alliance était le moyen de sécurité des Juifs, mais étant charnellement applaudie et glorifiée, elle a hâté leur chute : ainsi les devoirs et les ordonnances, les dons et les grâces à leur place sont des moyens de défense de l’âme. Satan tremble autant que les Philistins devant l’arche, de voir une âme diligente dans l’exercice du devoir et de la grâce ; mais lorsque la créature se confie en eux, c’est dangereux. Comme certains, après avoir prié, pensent qu’ils plaisent à Dieu toute la journée, bien qu’ils ne fassent que peu attention à leurs pas. D’autres ont une si bonne opinion de leur foi, de leur sincérité, de leur savoir, que vous pouvez aussi bien leur faire croire qu’ils sont des chiens, que de les laisser se faire surprendre par une telle erreur ou une telle pratique pécheresse. 

D’autres, lorsqu’on les aide dans leur devoir, sont enclins à se caresser la tête avec un "vous avez bien fait", et se promettent ainsi de se hâter, parce qu’ils ont si bien fait leur mission. Que disent de tels choses dans le cœur des hommes, sinon une confiance charnelle dans leur armure qui les ruine ? Beaucoup d’âmes, nous pouvons le dire sans risque de nous tromper, ne périssent pas seulement en priant, en se repentant et en croyant d’une certaine manière, mais elles périssent par leurs "prières" et leur "repentir", parce qu’elles se confient charnellement en ces choses. Il arrive parfois que le soldat au combat perde la vie à cause de sa propre armure, parce qu'elle est si lourde qu’il ne peut pas fuir avec elle, et si étroitement attachée à lui qu’il ne peut pas l’enlever, pour fuir sans elle pour sauver sa vie. Si nous sommes sauvés, nous devons venir nus à Christ pour tous nos devoirs ; nous ne fuirons pas vers Christ en nous confiant en eux. Certains sont tellement enfermés dans ces choses qu’ils ne peuvent pas venir sans elles, et ainsi, au jour de la tentation, ils sont foulés aux pieds par la colère de Dieu et la fureur de Satan. Le pauvre publicain jette ses armes, c’est-à-dire toute confiance en lui-même, et crie pour obtenir grâce aux mains de la miséricorde : "Dieu, sois miséricordieux envers moi, pécheur." Il s’en sort avec sa vie; il est parti justifié ; mais le pharisien, chargé de sa justice et vaniteux de celle-ci, s’y tient et est perdu.

Quand nous nous engageons dans un devoir et que nous ne nous tournons pas vers Dieu pour obtenir sa bénédiction, avons-nous considéré le plan de Dieu, dans le sens où nous dirions : "Âme, si quelque bien résulte de ton service actuel, il doit venir du ciel, car c'est la décision de Dieu, et non celle de l'homme". Où puis-je trouver, ou penser à trouver et à emporter, sans la permission de Dieu, un trésor enrichissant pour l'âme ? Ne ferais-je pas mieux de lever les yeux vers Lui, par la bénédiction duquel je vis plus que de mon pain ?

Il semble que nous ne regardions pas à ce que Dieu a ordonné, lorsque nous avons de basses pensées sur les moyens. Qu'est-ce que le Jourdain pour que je m'y lave ? Qu'est-ce que cette prédication pour que je m'y rende, alors que je n'y entendrai rien que je ne connaisse déjà? Quels sont ces éléments misérables que sont l'eau, le pain et le vin ! Ne sont-ce pas les raisonnements d'une âme qui oublie qui les a ordonnés ? Si tu te souvenais de qui commande, tu ne te poserais pas de questions sur ce qu'est le commandement. Quoi qu'il en soit, que ce soit de l'argile, que le Christ s'en serve et elle ouvrira les yeux, bien qu'en elle-même elle serait plus susceptible de les éteindre. Si tu avais les yeux fixés sur Dieu, tu ferais taire ta raison charnelle en disant : C'est Dieu qui m'envoie pour un tel devoir ; tout ce qu'il me dit, je le ferai, même s'il m'envoyait, comme le Christ, pour tirer du vin dans des pots remplis d'eau!

Quand une âme abandonne un devoir, parce qu'elle n'a pas en lui ce qu'elle en attendait. Oh, dit l'âme, je vois qu'il est vain de suivre ces moyens comme je l'ai fait, car Satan me déjoue toujours, je vais même abandonner. Te souviens-tu, âme, que c'est le mandat de Dieu ? Alors tu persévérerais sûrement au milieu des découragements. Celui qui te demande de prier sans cesse ; celui qui te demande d'écouter, te demande d'attendre aux postes de la sagesse. Tu raisonnerais ainsi : Dieu m'a mis en devoir, et je resterai ici, jusqu'à ce que Dieu m'enlève et me demande de cesser de prier.

dimanche 2 juillet 2023

En bref : Rejeter les mauvaises pensées

Ce qui sort de l'homme, c'est ce qui le souille. Car c'est du dedans, c'est du cœur des hommes que sortent les mauvaises pensées(...) (Marc 7:20).

Soumettez-vous donc à Dieu, résistez au diable, et il fuira loin de vous (Jacques 4:7).

Dieu a placé en l'homme une conscience; la conscience du bien et du mal. Même les incroyants peuvent reconnaître ce qui est moralement acceptable ou non. Les chrétiens n'ont donc aucune excuse; lorsque nous avons une pensée que nous savons être contraire à la volonté de Dieu, nous avons le devoir de la rejeter immédiatement. Notre nature humaine a des désirs et des passions qui, si elles ne sont pas maîtrisées, peuvent nous mener à la ruine. Les tentations sont fortes dans ce monde déchu, c'est pourquoi il est essentiel de ne pas "jouer" avec elles. Ne tolérons pas en nous de pensées impures ou contraires à la sainteté de Christ. Rejetons-les, et tournons-nous vers Jésus. Demandons-Lui de nous protéger, remercions-Le de nous défendre contre les attaques de l'ennemi. "Ô Dieu, Tu es mon bouclier, et c'est avec Toi que je veux marcher. Je ne veux pas de ces pensées/tentations, je ne veux pas pécher contre Toi. Loin de moi l'idée d'attrister le Saint-Esprit! Merci Jésus parce que Tu m'as libéré de l'esclavage du péché, et maintenant c'est à Toi que j'appartiens".

Ne laissons pas la corruption de ce monde envahir nos cœurs et devenir notre nouveau système de pensée. Au contraire, il nous faut être fermes. La soumission à Dieu et à Sa parole n'est pas une option. Soumettez-vous à Dieu, et ensuite vous pourrez résister au diable, nous dit Jacques. La prière est d'une grande efficacité contre les attaques de l'ennemi, car elle nous garde en présence de Dieu. C'est la raison pour laquelle l'ennemi attaque autant et ne veut pas que les chrétiens prient! Il sait que c'est là que nous sommes ressourcés et que nous recevons une onction fraîche du Saint-Esprit et de la présence de Dieu. Prenons sur nous l'armure du chrétien décrite en Éphésiens 6:14-17.

Supplions le Seigneur Jésus-Christ de ne pas nous laisser dire ou faire quoi que ce soit qui ne vienne pas de Lui et qui ne glorifie pas Dieu dans nos vies. "Je te supplie Jésus, ne me laisse rien faire de moi-même. Reprends-moi, protège-moi, et aide-moi à dire et à faire tout ce qui donne gloire à Ton nom puissant. Merci mon Dieu de l'aide que Tu vas m'apporter. Merci de me garder par Ta puissance sur le chemin de la vie éternelle, marchant dans Ta vérité, qui est la lumière dans ce monde ténébreux."

Que toute la gloire soit rendue à Dieu seul, Amen.

dimanche 19 février 2023

Qui dit ce qui est bien?

Quand les païens, qui n'ont point la loi, font naturellement ce que prescrit la loi, ils sont, eux qui n'ont point la loi, une loi pour eux-mêmes; ils montrent que l'œuvre de la loi est écrite dans leurs cœurs, leur conscience en rendant témoignage, et leurs pensées s'accusant ou se défendant tour à tour (Romains 2:14-15).

 
Ceux qui rejettent les normes absolues du bien et du mal sont souvent inconséquents. Quand ils pensent être traités injustement, ils font appel à une norme de justice qu'ils s'attendent à ce que tout le monde accepte.

Un professeur de philosophie commençait chaque semestre de cours en demandant à sa classe : "Croyez-vous qu'on puisse démontrer qu'il existe des valeurs absolues comme la justice?" Les étudiants libres penseurs disaient tous que tout est relatif et qu'aucune loi ne peut être appliquée universellement. Avant la fin du semestre, le professeur consacrait un cours pour débattre la question. En terminant, il concluait: "En dépit de ce que vous pensez, je veux que vous sachiez qu'il est possible de démontrer qu'il existe des valeurs absolues. Et si vous n'acceptez pas ce que je dis, je vais vous faire échouer!" Un étudiant en colère se leva et dit: "Ce n'est pas juste!" "Vous venez de prouver mon point, répliqua le professeur. Vous avez fait appel à une norme supérieure de justice". 

Les normes morales de Dieu sont dans la Bible, et il nous a donné une conscience pour que nous distinguions le bien du mal (Romains 2 v. 14-15) Chaque fois que nous utilisons les mots bien et mal, nous laissons entendre qu'il existe une norme par laquelle nous portons de tels jugements. Les valeurs bibliques ne sont pas démodées. Elles sont valables pour n'importe quelle époque parce qu'elles émanent d'un Dieu éternel qui ne change pas. 

Auteur inconnu

dimanche 29 mai 2022

Les soucis de la vie et les derniers jours

(...) mais en qui les soucis du siècle et la séduction des richesses étouffent cette parole, et la rendent infructueuse (Matthieu 13:22).


Les gens peuvent être tellement absorbés par leur vie et leur situation qu'ils ne comprennent pas vraiment ce qui se passe dans le monde et où nous en sommes actuellement. Les soucis et les tracas de la vie, les inquiétudes et la poursuite de biens matériels, toutes ces choses mettent un frein à la compréhension des choses de Dieu et au discernement spirituel. Un des signes des temps est que toute la Terre soit évangélisée, et nous y sommes (Matthieu 24:14). 

Le temps de l'insouciance est révolu. Il ne nous reste que peu de temps.  

Ma prière est que les gens (à commencer par moi-même) comprennent qu'ils doivent mettre de l'ordre dans leur vie spirituelle et qu'ils doivent se soumettre complètement à la volonté de Dieu. Nous devons sortir des mauvaises manières et des mentalités dans lesquelles le monde nous a piégés et nous devons abandonner nos vies à ce que notre Créateur désire et exige de nous, dans une purification totale de notre intelligence. Hébreux 10:21-22 le dira de cette manière : "Puisque nous avons un souverain sacrificateur établi sur la maison de Dieu, approchons-nous avec un cœur sincère, dans la plénitude de la foi, les cœurs purifiés d’une mauvaise conscience, et le corps lavé d’une eau pure". Il est question ici du corps spirituel; de la repentance et de nous immerger dans la présence de Christ, afin de marcher d'une manière pure et sainte au milieu d'un monde impie et rebelle à Dieu (Philippiens 2:15). Il s'agit de ne rien garder en nous qui ne soit pas conforme avec la sainteté de Dieu. L'apôtre Paul dira : "Soyez sages en ce qui concerne le bien et purs en ce qui concerne le mal (Romains 16:19). Il ajoutera dans sa lettre aux Philippiens : "Ce que je demande dans mes prières, c’est que votre amour augmente de plus en plus en connaissance et en pleine intelligence pour le discernement des choses les meilleures, afin que vous soyez purs et irréprochables pour le jour de Christ, remplis du fruit de justice qui est par Jésus-Christ, à la gloire et à la louange de Dieu (Philippiens 1:9-11).

Cela va devenir impossible à dire dans des temps futurs, car ils accuseront ceux qui le disent d'être des diviseurs et des haineux, mais le seul chemin vers le ciel est par Jésus-Christ, Sauveur crucifié. Il n'en existe pas d'autre. C'est par le seul mérite de Son sang que nous sommes sauvés. Il s'est offert Lui-même comme sacrifice expiatoire pour nos péchés, afin de nous donner de l'espérance ici-bas et la vie éternelle en Sa présence. Il est notre arche de salut personnel qui nous protègera du jugement à venir. La porte est encore ouverte, entrons avant qu'elle ne se ferme! Il a subi le jugement pour nos péchés; ne négligeons pas un si grand salut! L'auteur de la lettre aux Hébreux pose cette question : "Comment échapperons-nous en négligeant un si grand salut"? Ne restons pas en dehors, ne méprisons pas le sacrifice du Christ en restant éloigné de Lui. Rien ne l'obligeait à quitter la gloire du Père pour descendre sur Terre et s'offrir en sacrifice pour le salut de nos âmes. C'est par amour qu'Il l'a fait. Un amour si grand que tout ce qui nous tenait sous l'esclavage du péché et nous empêchait de marcher en règle avec Dieu a été effacé en un instant, pour quiconque croit en Lui pour obtenir le pardon de ses péchés.   

Désormais, quiconque prétend croire en la mort et la résurrection de Jésus et est sauvé par grâce doit savoir ce que l'Esprit dit aux églises (Apocalypse 2 et 3) et l'appliquer à sa vie. Pas demain, mais aujourd'hui, maintenant! Nous sommes dans les derniers jours et si nous aimons Jésus, nous devons mettre notre orgueil et notre ego de côté et nous soumettre à Lui. Nous devons lui permettre de nous corriger. Il a parlé aux églises, Il les a exhortées, et aujourd'hui, si nous sommes sincères dans notre marche chrétienne, nous entendrons exactement ce qu'Il a à nous dire et c'est avec joie que nous nous laisserons corriger, transformer et préparer par Lui pour une vie donnant toute la gloire de Dieu.

N'attendez pas d'être parfaits ou digne de recevoir Jésus en vous. Personne n'en est digne! Dans la parabole du semeur, Jésus ne dit nulle part que la bonne terre qui produisit du fruit était parfaite. Elle pouvait avoir aussi un peu de pierre et d'épines, parce que la nature humaine est faible, mais rien de tout cela ne l'a dominée et fût capable de l'empêcher de produire du fruit, parce que "celui qui a commencé en vous cette bonne œuvre la rendra parfaite pour le jour de Jésus-Christ (Philippiens 1:6).

Que toute la gloire soit rendue à Dieu seul, Amen.