Affichage des articles dont le libellé est Éternel. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Éternel. Afficher tous les articles

dimanche 22 février 2026

Le chrétien en armure complète, par William Gurnall, 43e partie

 

1. Cela reproche à ceux qui sont si loin de se préparer au mauvais jour qu'ils ne tolèrent aucune pensée de ce jour. Ils sont aussi réticents à aborder ce sujet qu'un enfant qu'on emmène dans l'obscurité et qu'on y abandonne. Penser à la mort, ou à ce qui y conduit, est pour eux une mort. De même que certains croient naïvement qu'ils doivent mourir immédiatement après avoir rédigé leur testament, ceux-ci pensent hâter ce jour funeste en y pensant. La méditation de ce sujet ne leur est pas plus agréable que la compagnie de Moïse ne l'était pour Pharaon. Aussi lui disent-ils, comme lui à Moïse : "Éloigne-toi de moi, et que je ne voie plus jamais ton visage !" La crainte qu'il inspire les pousse à refouler et à étouffer toutes les pensées que leur conscience éveille en lui.

Et finalement, ils acquièrent une telle maîtrise de leur conscience qu'ils en arrivent à une sorte d'athéisme. Il est aussi rare de les voir penser ou parler de telles choses que de voir une mouche s'affairer en hiver. Désormais, ils ne s'intéressent qu'à ce qui est gai et joyeux. Si de telles pensées leur viennent à l'esprit, comme des prophéties de gaieté et de plaisir charnel, celles-ci, jugées conformes à leurs convictions, sont emmenées dans le char pour s'asseoir avec eux, mais tous les autres reçoivent l'ordre de rester à l'arrière.

Hélas, misérables âmes ! On pourrait dire quelque chose pour vous, si ce jour funeste de mort et de jugement n'était qu'une pure fiction de l'imagination, sans fondement ni existence autre que ce que nos fantaisies leur confèrent. Il existe dans le monde de tels troubles, dont tout le mal provient de nos pensées. Lorsque nous sommes troublés par les mépris et les reproches des hommes, si seulement nous n'y pensions pas, ils ne seraient rien. Mais chasser de votre esprit les pensées de ce jour funeste ne sera qu'un maigre et bref soulagement.

Tu ne peux ni retarder sa venue, ni atténuer son dard lorsqu'il surviendra, en le méprisant. Tu es comme un passager sur un navire : endormi ou éveillé, tu poursuis ton voyage. Tu n'es que comme cet oiseau naïf qui, la tête dans un roseau, se croit à l'abri du chasseur, puisqu'il ne le voit pas. Tu es une proie facile pour la vengeance divine ; Dieu te voit et te vise, même si tu ne le vois pas. Oui, en ne pensant pas à ce jour, tu te condamnes toi-même à une mort inévitable. Le premier pas vers notre salut est la prise de conscience du danger.

2. Cela reproche à ceux qui, s'ils pensent au jour du malheur, le considèrent comme si lointain que cela leur est vain. Ils prendront soin de le placer à une telle distance d'eux que leur méditation en perdra toute force, afin qu'il ne les frappe pas dans leur conscience et dans la crainte qu'il suscite. C'est comme un canon qui, si nous nous tenions à sa gueule, nous réduirait en miettes, n'effraierait même pas ceux qui se tiennent hors de sa portée. Plus on repousse la pensée de l'échéance du mauvais jour, moins il nous impressionne. C'est vrai, disent les pécheurs, on n'y peut rien. Nous avons une dette envers la nature ; il faut la payer.

La maladie viendra, la mort suivra, et le jugement viendra après. Mais hélas ! Ils ne recherchent pas encore ces invités, ils prophétisent ces choses pour un avenir lointain. Ils espèrent que de beaux jours viendront s'y ajouter. Ainsi, les hommes sont bien indulgents envers eux-mêmes. D'abord, ils souhaitent que cela tarde à venir, puis, parce qu'ils le désirent, ils s'arrogent le droit de se le promettre ; et une fois cette promesse faite, il n'est pas étonnant qu'ils vivent au rythme de leurs vains espoirs, repoussant le moment de rendre des comptes jusqu'au crépuscule de la vieillesse, lorsqu'ils n'auront plus de telles tentations pour s'éloigner des plaisirs de cette vie.

Alors ils feront de grandes choses pour se préparer au jour du malheur. Quelle audace ! Qui t'a permis de couper de si grandes lanières de ce temps qui n'est pas tien, mais celui de Dieu ? Qui fait le bail, le locataire ou le propriétaire ? Ou oublies-tu que tu gères ta vie et que tu n'en es pas propriétaire ? Voilà la ruse de Satan : vous faire tergiverser. Or, l'attente présente du jour funeste vous empêcherait de rester inactifs et sans préparation. Ô pourquoi laissez-vous vos âmes se détourner de leur travail, les rendre oisives et les soulager de leurs fardeaux, en leur parlant d'une longue vie, alors que la mort vous frappe sans prévenir ? 

Quelle honte pour vos cœurs débauchés, vous qui dites : "Ton mari est parti au loin, tu peux assouvir tes désirs". Et s’il revenait plus tôt que prévu et vous trouvait en proie à la convoitise ? Sachez-le, une destruction soudaine menace, surtout ceux qui se croient à l’abri. Lisez ce passage des Écritures qui dénonce ces pécheurs qui se complaisent dans le retardement du retour de leur Seigneur, déclarant que "le maître de ce serviteur viendra un jour où il ne s’y attend pas, à une heure qu’il ignore" (Matthieu 24:48, 50, 51).

Il est vrai que Dieu doit sortir de sa façon habituelle de traiter les pécheurs si certains échappent à une ruine soudaine. On oserait défier quiconque de trouver dans l'Écriture un précédent de ceux qui, pourtant protégés, n'auraient pas été surpris par un jugement aussi remarquable que soudain. Quant aux habitants de Sodome, combien de temps après un matin ensoleillé les cieux s'assombrissent-ils et les ensevelissent-ils en quelques heures, sous une tempête de feu, sous leurs propres cendres ?

Laïsh, insouciants, est retranché avant même qu'ils n'y pensent. Agag, lorsqu'il voit les nuages ​​de ses craintes se dissiper et que le beau temps illumine son visage, ils se retournent aussitôt contre lui et l'enferment dans la mort ; il est aussitôt mis en pièces. Amalek est massacré par David avant même que le triomphe de leur récente victoire ne soit refroidi. Nabuchodonosor se pavane dans son palais, la langue bien pendue : "N’est-ce pas là Babylone la grande que j’ai bâtie ?" (Daniel 4:30). Avant même qu’il ait pu finir sa phrase, une autre voix descend du ciel : "Ô roi Nabuchodonosor, il t’est annoncé que le royaume t’est retiré." Et "à cette même heure, la chose s’accomplit" (versets 32-33), et il est envoyé paître avec les bêtes.

Il se bénit pendant des années, puis, en quelques heures, on lui retire l'oreiller de la tête et on n'entend plus parler de lui jusqu'à ce qu'il rugisse du fond de l'enfer. Oui, un monde entier, à quelques exceptions près, est englouti, et ils "ne s'en aperçurent point jusqu'au jour où le déluge vint et les emporta tous" (Matthieu 24:39). Et toi, qui es-tu, ô homme, toi qui t'arroges l'impunité, quand des rois, des villes, un monde entier, ont été ruinés de cette façon ?

3. Cela réprimande ceux qui, bien malgré eux, et à cause d'une conscience éveillée qui les tourmente sans cesse et leur prêche les paroles de Paul devant Félix et ne les fasse trembler comme lui; ils pensent souvent à ce mauvais jour ; pourtant, la convoitise est si puissante dans leur cœur qu'elle les pousse à persévérer, malgré tous les reproches de leur conscience et les pensées effroyables qu'ils ont de ce jour funeste, et ils continuent désespérément à pécher. 

Ces malheureux sont l'objet de notre plus profonde pitié. Le pécheur endurci, qui a brisé la prison de sa conscience, est comme un ivrogne à l'esprit vif : il avale son péché comme l'autre boit, avec plaisir, sans être le moins du monde ébranlé. Mais voici un homme qui a le cœur lourd, et, pour ainsi dire, sa conscience vomit souvent ses douces gorgées, et pourtant il péchera, malgré la douleur et l'angoisse. 

Ô pauvres malheureux, réfléchissez à ce que vous faites ! Au lieu de vous armer contre le mauvais jour, vous armez le mauvais jour contre vous-mêmes ; vous piquez votre lit d'épingles et d'aiguilles, sur lequel vous serez bientôt couchés ; vous jetez des bûches dans cette fournaise ardente où vous finirez par être engloutis ; et tout cela malgré votre conscience, que Dieu, dans sa miséricorde, place sur votre chemin, afin que ses piqûres soient une haie d'épines, vous préservant de la poursuite de vos convoitises! Sachez donc, si vous persistez, que de même que votre conscience vous prive du plaisir de votre péché aujourd'hui, elle ajoutera à l'horreur de votre tourment futur.

4. Cela réprimande ceux qui, bien que moins violents et outranciers dans le péché au point de se faire plus infamants que les autres, demeurent sans défense. Ils ne se réfugient pas auprès du Christ pour trouver protection et abri contre la tempête et l'orage, car ils tiennent le mensonge dans leur main droite, ils se nourrissent de cendres et leur cœur trompé les éloigne de la recherche du Christ. 

Il serait effrayant de voir la confiance que beaucoup placent dans leurs faux espoirs et leur suffisance. Osant s'avancer (comme Koré avec son encensoir, avec la même intrépidité que s'il était Moïse lui-même) jusqu'au seuil de la mort, pour être soudainement engloutis par la destruction et envoyés en enfer, condamnés à la désillusion, eux qui refusent d'être chassés de leurs refuges de mensonges. Qui que tu sois, ô homme, et quoi que tu aies à te glorifier, même la conduite la plus sainte qui ait jamais existé sur terre, si tel est ton seul refuge contre le jour du malheur, tu périras.

Il n'y a de salut, lors du déluge, que par le Christ ; et même, être en Christ, se tenir à l'extérieur de l'arche par une profession de foi illusoire, ne sauvera pas. Il me semble voir comment les habitants de l'ancien monde ont couru pour sauver leur vie, les uns vers telle colline, les autres vers tel arbre élevé, et comment les vagues les ont poursuivis, jusqu'à ce qu'ils soient finalement emportés par le déluge dévastateur. 

Telle sera votre fin, vous qui cherchez du secours ailleurs qu'au Christ ; pourtant, l'arche vous attend, oui, elle s'approche de votre porte pour vous accueillir. Noé n'a pas tendu la main plus volontiers pour recueillir la colombe que le Christ n'accueille ceux qui se réfugient en lui. Ô, ne rejetez pas votre propre miséricorde pour une vaine gloire!

5. Que cela t'amène, qui que tu sois, à te demander si tu es prêt à affronter ce mauvais jour. Interroge ton âme avec gravité et solennité : "Es-tu préparé pour ce jour, ce jour funeste ?" Comment pourrais-tu te séparer de ce qu'il t'enlèvera et accueillir ce qu'il apportera assurément ? La mort vient avec un emporte-pièce pour emporter tous tes plaisirs charnels et t'en faire payer les conséquences. Peux-tu dire adieu à l'un et accueillir l'autre avec paix et confiance ? Ne sera-t-il pas terrifiant de voir ta santé et ta force se muer en faiblesse et en fragilité, tes douces nuits de repos en yeux éveillés et en insomnies, ta voix, qui a si souvent chanté au son du violon, ne connaître plus que des soupirs et des gémissements ? 

Comment peux-tu contempler tes proches en songeant à les quitter ? Oui, voici l'instrument, pour ainsi dire, qui aiguisera le coup fatal qui séparera l'âme et le corps ? Imagine-toi à demi mort dans tes membres les plus éloignés de la source de vie, la mort n'ayant plus que quelques instants à parcourir avant d'atteindre ton cœur et de rendre ton dernier souffle. 

Peut-être l'inévitabilité de ces choses te pousse-t-elle à t'endurcir contre elles. Cela pourrait en effet, chez quelque païen qui n'a pas encore tranché la question de l'existence d'un autre monde, contribuer à atténuer quelque peu la violence de cette terreur qui, autrement, transpercerait plus profondément son cœur stupéfait ; mais si tu crois en un autre monde, et en ce jugement qui se tient derrière la mort, prêt à te réserver ton état immuable de béatitude ou de misère, tu ne peux assurément apaiser ta conscience éveillée par un si maigre réconfort. 

Réfléchis donc à la réponse que tu entends donner au grand Dieu lorsque tu te présenteras devant lui, lorsqu'il te demandera : "Que peux-tu dire pour expliquer pourquoi la sentence de damnation éternelle ne devrait pas être prononcée contre toi ?" En vérité, nous sommes infidèles à nos propres âmes si nous ne réfléchissons pas à cette question. Si tu te demandes maintenant comment te préparer au jour du malheur, afin de pouvoir te tenir devant ce tribunal redoutable, et vivre d'ici là de manière à ne pas être asservi par la crainte de ce jour, considère-le sous plusieurs angles.

A) Si jamais tu désires avoir une descendance bénie en ce jour mauvais, afin de te tenir debout devant le grand Dieu, ne trouve pas le repos tant que tu n'as pas conclu d'alliance avec le Christ. Le réconfort de David mourant provenait de l'alliance que Dieu avait faite avec lui ; c'était là son seul désir et son seul salut. Comment peux-tu aborder l'autre monde sans effroi, si tu n'as pas la certitude que le Christ te reconnaîtra comme sien ? 

Le ciel a ses héritiers, et l'enfer aussi. Les héritiers du ciel sont ceux qui ont fait alliance avec Dieu. Ses fondements ont été posés par une alliance, et toutes les demeures y sont préparées pour un peuple qui a fait alliance avec lui : "Rassemblez mes saints qui ont fait alliance avec moi." Mais comment entrer dans cette relation d'alliance ? Romps d'abord ton alliance avec le péché. 

Tu es par nature un serviteur du péché et de Satan. Peut-être n'as-tu pas scellé cette alliance expressément, par des mots et formellement, comme les sorcières, mais virtuellement, en accomplissant l'œuvre de Satan et en te soumettant à tes convoitises, en acceptant la récompense de l'iniquité; le plaisir et les avantages charnels qu'elles t'ont offerts, tu t'es ainsi révélé. Maintenant, si jamais tu veux faire alliance avec Dieu, romps celle-ci. Une alliance avec l'enfer et le ciel ne peut subsister.

B) Engage-toi envers le Christ. L’alliance de grâce est le lien que Dieu établit uniquement avec l’époux du Christ. Rebecca ne possédait ni bijoux ni vêtements précieux avant qu’on lui promette de devenir l’épouse d’Isaac (Genèse 24:53). "Toutes les promesses de Dieu sont oui et amen en Christ". Si tu reçois le Christ, tu les reçois avec lui. Celui qui possède l’arbre a droit à tous ses fruits. Or, afin que tu ne dissimules pas un mariage entre le Christ et toi, au point d’être renié par lui et qu’il devienne finalement nul, il te convient de veiller à ce que ce mariage soit trouvé en toi, comme le Christ l’attend de chaque âme qu’il épouse.

Avant tout, réfléchis donc à savoir si tu peux aimer de tout cœur la personne du Christ. Contemple-le avec désir, encore et encore, tel qu'il est présenté dans toutes ses excellences spirituelles. Sont-elles telles que ton cœur puisse s'y attacher ? Sa sainteté et toutes les grâces célestes dont il est orné le rendent-elles désirable à tes yeux ? Ou pourrais-tu mieux l'apprécier s'il n'était pas si parfait et si saint ? Oui, ton cœur est-il si ardent de le désirer que tu puisses l'aimer d'un amour conjugal ? 

Une femme peut aimer un homme comme un ami, sans pour autant l'aimer au point d'en faire son époux. Un amour amical peut coexister avec un amour d'une intensité égale, voire supérieure, pour un autre, mais l'amour conjugal est de ceux qui ne peuvent supporter ni l'un ni l'autre. Peux-tu trouver en ton cœur la force de renoncer à tout le reste et de t'attacher au Christ ? Ton cœur te dit-il prêt et disposé à suivre ton doux Jésus, même s'il t'arrache à ton père et à la maison de ton père ? As-tu une telle confiance en son pouvoir de te protéger de tous tes ennemis (le péché, la colère et l'enfer) que tu puisses résolument remettre la vie de ton âme entre ses mains, pour être sauvé par la seule vertu de son sang et par la force de son bras tout-puissant ; et en sa sollicitude pour subvenir à tes besoins dans cette vie et dans l'autre, que tu puisses acquiescer à ce qu'il promet de faire pour toi ?

En un mot, si tu as le Christ, tu dois non seulement l'aimer, mais aussi, pour lui, aimer tous tes nouveaux frères et sœurs, auxquels tu seras unis par ton mariage avec lui. Comment peux-tu feindre d'appeler les saints tes frères et sœurs ? Peux-tu les aimer de tout ton cœur et oublier toutes les vieilles rancunes que tu as pu nourrir à leur égard ? Certains d'entre eux seront pauvres et persécutés, pourtant le Christ n'a pas honte de les appeler frères et sœurs, et toi non plus. Si ton cœur est disposé à répondre à ces questions, je n'ose que déclarer le Christ et toi mari et femme. Va, pauvre âme (si je puis qualifier de pauvre une si glorieuse épouse), va te consoler dans l'attente du retour de ton Époux.

Et lorsque le jour funeste approche et que la mort elle-même se rapproche, ne le regarde pas avec terreur, mais ravive plutôt, avec le vieux Jacob, la vue du char qui te transportera dans les bras de ton Époux, dont tu entends dire qu'il est si honoré et majestueux au ciel, que cela te rassure de savoir qu'il t'accueillera à ton arrivée. Parmi toutes les choses qui nous appartiennent par le fait d’être à Christ, l’apôtre n'oublie pas de mentionner celle-ci : "La mort nous appartient." Et il a bien fait, car sinon nous ne l’aurions jamais considérée comme un don, mais plutôt comme un jugement.

Maintenant, mon âme, tu es hors de danger, à l'abri de tout mal que le jour du malheur pourrait te faire. Pourtant, il te reste encore quelque chose à faire pour vivre dans la sérénité de cette attente. Nous voyons que des personnes vertueuses peuvent, par manque de sainte sollicitude, sombrer dans des troubles qui ravivent leurs pensées du jour du malheur. David, qui autrefois ne craignait pas de "marcher dans la vallée de l'ombre de la mort", est si effrayé à un autre moment, lorsqu'il y est conduit, qu'il s'écrie : "Épargne-moi, Seigneur, afin que je retrouve mes force avant de partir d'ici" (Psaume 39, 13).

L'enfant, bien qu'il aime son père, peut faire quelque chose qui lui fera peur de rentrer chez lui. Or, chrétien, si tu veux vivre dans une attente sereine du mauvais jour, tu devras:

1) T'efforcer de mourir chaque jour un peu plus à cette vie et à ses plaisirs. La mort n'est pas aussi dure pour celui dont les forces naturelles ont été épuisées par une longue maladie dévorante, que pour celui qui ne gît que quelques jours et qui a la force naturelle d'opposer une grande résistance. Il en est vraiment ainsi ici-bas. Le chrétien dont l'amour pour cette vie et son contenu s'est consumé et éteint depuis de nombreuses années s'en séparera plus facilement que celui dont l'amour pour ces choses est plus fort.

Tous les chrétiens ne sont pas mortifiés au même degré face au monde. Paul nous dit qu'il mourait chaque jour. Il se détachait toujours plus du monde, si bien qu'au moment de sa mort, tous ses attachements étaient partis, ce qui le préparait d'autant plus à dire : "Je suis prêt à être offert en sacrifice" (2 Timothée 4:6). S'il s'agit simplement d'arracher une dent, plus elle résiste, plus l'extraction est douloureuse. Déracinez vos attachements du monde, et l'arbre tombera plus facilement.

2) S'efforce de se rendre digne de confiance à Dieu, avec diligence et fidélité, dans la place et la vocation qui lui sont assignées. Plus tes pensées seront claires quant à la droiture de ton cœur tout au long de ta vie chrétienne, plus tu auras de sérénité lorsque le jour du malheur viendra. "Je t'en supplie, ô Éternel", dit le bon Ézéchias, à l'article de la mort, "souviens-toi maintenant comment j'ai marché devant toi avec vérité et un cœur intègre, et comment j'ai fait ce qui est bien à tes yeux" (2 Rois 20:3). Cela ne saurait constituer notre seule assurance, mais ce sera un meilleur compagnon qu'une conscience tourmentée. Si le sang est souillé, l'esprit le sera aussi.

Plus notre vie est corrompue par l'hypocrisie et l'infidélité, plus notre foi s'affaiblira à l'heure de notre mort. Il y a une grande différence entre deux enfants qui rentrent le soir, l'un des champs, où il a travaillé avec diligence et fidélité pour son père, et l'autre qui a fait l'école buissonnière une grande partie de la journée ; le premier entre avec assurance et se présente devant son père, le second se glisse dans son lit, craignant que son père ne le voie ou ne lui demande où il était.

Messieurs, soyez attentifs à votre conduite. L'Angleterre a traversé des temps parmi les plus éprouvants. Il a fallu plus de prudence et de courage qu'auparavant pour rester sincère. C'est pourquoi il est si rare de trouver des chrétiens  (surtout ceux dont la place et la vocation ont été davantage exposées à la tentation) quittant la scène avec la satisfaction d'avoir retrouvé la paix intérieure.

3) Familiarise ton âme avec les pensées du jour mauvais. Apprivoise souvent ce serpent. Médite-le chaque jour profondément. Ne les fuis pas parce qu'elles déplaisent à la chair ; ce serait accroître ta terreur. Agis avec ton âme, lorsque tu es effrayé et tremblant à la pensée de l'affliction ou de la mort, comme tu le ferais avec ta bête, celle qui a tendance à s'enfuir et à s'étourdir en la chevauchant. Lorsqu'elle recule et s'étourdit, ne cède pas à sa peur et ne recule pas, car cela ne ferait qu'empirer les choses. Mais approche-la au plus près de ce qui l'effraie, et avec le temps, tu la libéreras de cette tendance.

Le jour mauvais n'est pas une chose si effrayante pour toi, chrétien, que tu doives le redouter. Approche ton cœur de Lui. Montre à ton âme ce que le Christ a fait pour en atténuer la violence, quelles sont les douces promesses faites à dessein pour vaincre la peur, et quelles sont les espérances que tu peux en retirer. Ces choses apaiseront et calmeront ton esprit ; tandis que fuir ces pensées ne fera qu'accroître ta peur et t'asservir davantage.

dimanche 4 août 2024

L'importance de la reconnaissance

 

Lorsque tu mangeras et te rassasieras, tu béniras l'Éternel, ton Dieu, pour le bon pays qu'il t'a donné (Deutéronome 8 :10).
Ils s'engraissent, ils sont brillants d'embonpoint, ils dépassent toute mesure dans le mal (Jérémie 5:28).

L'apôtre Paul nous avait avertis que, dans les derniers jours, les hommes seraient "ingrats", c'est à dire qu'ils ne seraient pas reconnaissants (2 Timothée 3:2). Nos pays ont été bénis au-delà de toute mesure pendant de nombreuses années. Certains ont même été fondés sur le nom de Jésus, avec des lois tirées directement de la Bible. Les bons comportements étaient enseignés dans les écoles, la prière y était présente, des versets de la Bible étaient affichés, non seulement sur les murs des écoles et d'autres endroits publics, mais ils étaient aussi inscrits dans les cœurs. Il y avait une crainte de Dieu, même parmi les païens, car le péché n'était pas encouragé par diverses lois bidons poussées par des gouvernements corrompus moralement et spirituellement. Que s'est-il donc passé pour que nos nations jadis chrétiennes tombent aussi bas, au point d'encourager les vices les plus méprisables, et de mépriser presque tout ce qui est bon et bien, et approuvé de Dieu? 

Nous avons manqué de reconnaissance. Lorsque, comme le dit le verset, nous avons mangé et que nous nous sommes rassasiés, nous nous sommes enorgueillis plutôt que de remercier et glorifier Dieu pour les bénédictions dont Il nous avait comblé. Verset 11: "Garde-toi d'oublier l'Éternel, ton Dieu, au point de ne pas observer ses commandements, ses ordonnances et ses lois, que je te prescris aujourd'hui". Nous nous sommes engraissés, comme dit le prophète Jérémie, corporellement, mais aussi en orgueil et en désobéissance de toute sorte, et nous avons dépassé le point de non retour en tant que société en ce qui concerne le mal. Et Dieu demande au verset suivant: Ne châtierais-je pas ces choses-là? Ne me vengerais-je pas d'une pareille nation? (Jérémie 5:29). 

Revenons un instant à Deutéronome 8:2. Il y est écrit: "Souviens-toi de tout le chemin que l'Éternel, ton Dieu, t'a fait faire, (...) afin de t'humilier et de t'éprouver, pour savoir qu'elles étaient les dispositions de ton cœur et si tu garderais ou non ses commandements". Dieu connaît les dispositions de nos cœurs. Mais Il nous place dans des situations où nous sommes comme devant un miroir; nous devrions reconnaître si nous sommes vraiment disposés à Le suivre, coûte que coûte, ou si nous préférons suivre les penchants de nos cœurs tortueux. Nous devrions, en toutes circonstances, avoir un cœur disposé à glorifier Dieu, même si tout ne va pas exactement comme nous le voudrions. Encore plus devons-nous être reconnaissants lorsque nos greniers sont remplis et que nous avons la santé et que nous sommes comblés de toutes les bénédictions possibles et imaginables! 

Mais voilà, nos cœurs orgueilleux ne veulent pas naturellement faire cela. Ils préfèrent se vanter d'avoir accompli ces choses, et ce serait "à force d'efforts et d'intelligence" que nous aurions prospéré, et non pas à cause que Dieu nous avait béni. Quelqu'un a dit avec raison que "le plus grand danger pour le croyant est que tout aille trop bien, tout le temps". Trop souvent, il s'amollit, il ne reste pas sur ses gardes, il ne sait pas, ou ne sait plus résister aux attaques de l'ennemi, qui viennent de différentes manières, la plupart du temps en vivant sans aucune reconnaissance envers Dieu. Son cœur s'enorgueillit, et peu à peu il s'endurcit et s'éloigne de Dieu pour s'attacher à ce que ses yeux voient et à ce que ses mains touchent; c'est là désormais que se trouve sont trésor. La prospérité matérielle est une tentation comme tant d'autres pour les chrétiens, et nombreux sont ceux qui sont tombés dans ce piège! On en a même fait un évangile qui est en train de tromper le monde entier! Le pseudo évangile de la prospérité, de la "parole de foi" et de l'estime de soi; tout tourne autour de l'homme, et non de Jésus seul.

Quelqu'un a dit que les chrétiens pauvres n'ont pas la même tentation, parce qu'ils sont plus en mesure de discerner la main de Dieu dans leur vie. C'est vrai qu'ils peuvent probablement plus témoigner de chacune des actions que Dieu fait pour eux, mais ils sont quand même sujets à la même tentation que ceux qui font tout ce qu'ils veulent! Celui qui a beaucoup cherche à posséder davantage, et celui qui a peu en veut plus; la recherche des richesses de ce monde est une tentation pour tous les croyants, de toutes générations et de toutes nations. Ce n'est pas péché de posséder beaucoup, gloire à Dieu pour ceux qui ne sont pas dans le besoin, car vous pouvez aidez ceux qui ont moins, mais prenez garde que votre cœur ne s'attache pas à ce que vous possédez, car immanquablement, vous vous détacherez de Dieu et de Sa parole! 

Souvenons-nous de l'histoire du jeune homme riche, en Matthieu 19:16-24. Oh, il voulait avoir la vie éternelle, au point même où il est allé voir Jésus pour recevoir des conseils à ce sujet. Mais lorsque Jésus lui a dit qu'il devait se dépouiller de ce qu'il possédait, c'est à dire qu'il devait détacher son cœur de ses choses au point d'être prêt à tout donner aux pauvres, il a reconnu que cela était au-dessus de ses forces. Le verset 22 dit "qu'il s'en alla tout triste, car il avait de grands biens". Comprenons ici qu'il avait fait de ses richesses une idole. Les paroles de Jésus ont été un miroir de son âme; Il lui a montré qu'il n'avait pas obéi à toute la loi comme il le prétendait, car il n'était pas prêt à aider son prochain, à prendre soin de la veuve et de l'orphelin, comme Dieu l'exigeait, parce son cœur était trop attachés aux choses de ce monde, son attention était constamment tournée vers les choses qui feraient de son passage ici bas un séjour doux et agréable, sans se soucier de la justice de Dieu. 

En cela, il ressemble à beaucoup d'entre nous qui ne nous soucions plus de la justice et de la sainteté de Dieu; de la sainteté qu'exige Dieu de ceux qui font profession de croire en Lui. Ce n'est pas à dire que nous devenons saints par nos œuvres; loin de là! Mais la sanctification est un processus de toute une vie, qui ne peut se mettre en marche que lorsque nous nous abandonnons totalement à Dieu, dans la repentance et la soumission, avec foi, et que nous le laissons agir en nous de manière à ce que Lui seul soit glorifié dans nos vies et que nous commençons à aimer ce qu'Il aime et à haïr le péché au même point qu'Il le déteste. Il y a toutes ces choses dont nous pouvons être riches; l'orgueil, le mensonge, l'hypocrisie, l'autojustification, et quoi encore! Toutes ces choses mettent un frein à l'action du Saint-Esprit en nous, et éventuellement, combinées au manque de reconnaissance qui caractérise habituellement ce genre de "richesse", l'amour pour le Seigneur Jésus-Christ se refroidit.

Quelqu'un a dit que le chrétien "a beaucoup à combattre, et qu'il devra y mettre tous ses efforts, pour rompre avec ses tentations et ses idoles". Dieu peut nous donner les outils et la force de résister à ces choses, mais Il ne peut pas les utiliser à notre place. Et l'une des meilleures armes qu'il a mise à notre disposition est la reconnaissance. Pour preuve, l'apôtre Paul ira jusqu'à dire: "J'ai appris à être content de l'état où je me trouve" (Philippiens 4:11-12). Il faut beaucoup de reconnaissance dans une vie pour pouvoir dire cela depuis une prison où il était enfermé, à cause du témoignage qu'il rendait pour Christ. 

Quel exemple! Combien plus devrions nous vivre avec une entière reconnaissance envers Dieu pour tout ce dont Il nous a comblé! "Lorsque tu mangeras et te rassasieras, tu béniras l'Eternel, ton Dieu". "Garde-toi de dire en ton cœur: Ma force et la puissance de ma main m'ont acquis ces richesses" (Deutéronome 8:17). Et c'est pareil spirituellement. Il n'y a rien que nous faisons, rien que nous ne ferons jamais qui nous méritera l'amour de Dieu ou qui nous acquerra le salut; c'est Dieu qui nous a aimé le premier, c'est encore Lui qui nous donne de l'aimer de d'aimer Sa parole, et c'est en Jésus seul que nous trouvons le salut. Nous avons tous cette tendance à nous enorgueillir d'une chose ou d'une autre, mais c'est parce que nous oublions ce que nous serions si Dieu n'était pas intervenu dans nos vies pour nous sortir de la boue d'où nous étions! Sans la présence de Dieu en nous, nous ne pourrions même pas vivre une seule journée sans faire étalage de notre péché et de notre dépravation; nous ne pouvons nous enorgueillir de rien! 

Comment pouvons-nous avoir goûté la bonté de Dieu et vivre sans reconnaissance? C'est impossible! "Souviens-toi de l'Éternel, ton Dieu, car c'est lui qui te donnera de la force pour les acquérir" (Deutéronome 8:18). Pour acquérir quoi? Les richesses dont il est question au verset 17. "Afin de confirmer, comme il le fait aujourd'hui, son alliance qu'il a jurée à tes pères" (fin du verset 18). Cette alliance se trouve dans le précieux sang de Jésus-Christ, gloire à Dieu! Comment pourrions-nous vivre sans reconnaissance, après tout ce que notre Père céleste a fait pour nous? Il ne déçoit pas et ne rejette pas ceux qui viennent à Lui avec un cœur repentant et contrit, Il bénit au-delà de tout ce que nous pensons et ce que nous pouvons constater, et Ses bénédictions spirituelles ne trouvent une limite que dans notre reconnaissance, car si nous vivons sans reconnaissance, comment pourrait-Il nous bénir davantage? Quelqu'un a dit que "Ses dons sont conformes à Ses promesses", et Ses promesses s'appliquent en ceux qui marchent avec un cœur droit devant Lui.

Rendez grâces en toutes choses, car c'est à votre égard la volonté de Dieu en Jésus-Christ (1 Thessaloniciens 5:18). Rendez grâces, c'est à dire, soyez reconnaissants en toutes choses, car c'est ce que Dieu veut pour nous, en Jésus-Christ. Et nous avons toutes les raisons d'être reconnaissants, car "Tu as pardonné l'iniquité de ton peuple, Tu as couvert tous ses péchés, Tu as retiré toute ta fureur, Tu es revenu de l'ardeur de ta colère. (...)J'écouterai ce que dit Dieu, l'Éternel; car il parle de paix à son peuple et à ses fidèles, pourvu qu'ils ne retombent pas dans la folie. Oui, son salut est près de ceux qui le craignent, afin que la gloire habite dans notre pays" (Psaume 85:2-3; 8-9), et encore: "Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénis de toutes sortes de bénédictions spirituelles dans les lieux célestes en Christ" (Éphésiens 1:3).

Soyons reconnaissants, en plus de toutes les bénédictions que cela apporte, car notre Dieu est digne de recevoir toute louage, honneur et gloire pour l'ensemble de Ses bontés, cela nous aidera à combattre notre nature humaine égoïste qui combat dans nos membres tous les jours que la vie nous est prêtée. 

Laissons le mot de la fin à l'auteur de la lettre aux Hébreux: "C'est pourquoi, recevant un royaume inébranlable, montrons notre reconnaissance en rendant à Dieu un culte qui lui soit agréable, avec piété et avec crainte, car notre Dieu est aussi un feu dévorant" (Hébreux 12:28-29). Que toute la gloire soit rendue à Dieu seul, dans le précieux nom de Jésus, Amen. 
 

dimanche 2 juin 2024

L'Éternel convoque la terre

L'Éternel parle, et convoque la terre (Psaume 50:1)

Il vient, notre Dieu, il ne reste pas en silence; devant lui est un feu dévorant, autour de lui une violente tempête (Psaume 50:3).

Ce passage des Psaumes nous montre clairement que Dieu viendra en jugement pour ceux qui ne se seront pas soumis à Sa royauté. Même si de nombreux chrétiens ne veulent pas parler de cela aujourd'hui, parce que ce serait "trop négatif", le fait est que, même du temps de David, ce fait était acquis et ne portait pas à discussion pour de nombreux Israélites: le jugement de Dieu est une chose réelle, et nous devons nous préparer à y faire face. Si nous ne le faisons pas de notre vivant, il sera trop tard pour nous mettre en règle avec Lui un fois mort! Dans de nombreux passages des Psaumes, Dieu semble se taire. Il ne semble pas entendre les supplications de Ses serviteurs, qui Lui demandent justice. Mais ici, au Psaume 50, Asaph nous montre que Dieu a entendu, et Il "parle, et convoque la terre, depuis le soleil levant jusqu'au soleil couchant". Cela implique que personne n'échappe à Son regard, et tous seront convoqués au jugement universel, lors du retour du Christ. 

"De Sion, beauté parfaite, Dieu resplendit" (v. 2). Il a brillé, Il a fait apparaître Sa gloire (une fois de plus) à travers notre Seigneur Jésus-Christ, mais Sa lumière a été rejetée par le plus grand nombre, et on lui a préféré les ténèbres. Mais Dieu s'est fait connaître; Il est devenu homme en Christ; Il nous a laissé Sa doctrine dans Ses enseignements, et nous savons les conditions de Sa gouvernance: le Fils de l'homme a été élevé, afin que "quiconque croit en Lui ait la vie éternelle" (Jean 3:15). Car le Fils n'a pas d'abord été envoyé pour juger le monde, mais pour le sauver! Mais, "celui qui ne croit pas est déjà jugé" (Jean 3:18). Il n'y a aucune zone grise, cela a le mérite d'être clair! 

Et lorsque vous voyez que le monde s'attaque aux enfants à la mesure dont il le fait actuellement, vous savez que la colère de Dieu s'est enclenchée. À tous moments de l'histoire (souvenons-nous de Sodome et Gomorrhe (Genèse 19:4)), Dieu patiente, mais Il ne tolère pas que les enfants soient mêlés aux péchés des plus grands et de leurs parents. S'il y a une limite à ne pas franchir, et que nos nations ont franchies allègrement ces dernières années, c'est bien celle là! 

Le monde ne sait pas; mais la marmite bout, et il file à toute allure vers une catastrophe mondiale. Le Roi Messie scrute tout l'univers; c'est le rassemblement de tous les élus. Le monde a rejeté son Créateur pour se refermer sur lui-même; c'est tout un spectacle... Les fosses communes ne suffisent plus, quelle horrible sentence qu'une humanité livrée à elle-même! Cela même alors que Celui qui met un frein à la totalité de la méchanceté n'est même pas enlevé! Le Saint-Esprit est encore en ce monde à travers le reste de croyants qui ne sont pas tombés sous la puissance du péché et de l'enfer, qu'est-ce que ce sera lorsqu'Il sera enlevé? En tant que chrétiens, nous ne voulons pas le savoir, nous ne voulons pas voir cela! 

Ce monde capitule sous le poids de ses péchés, car il ne veut pas se repentir. La terre elle-même soupire sous le poids du péché des hommes; ce monde est à son apogée. Il est terrible le spectacle qui s'annonce. Les hurlements se font déjà entendre partout sur la planète; c'est l'horreur en direct; une humanité sans Dieu, une humanité livrée à ses penchants les plus destructeurs; une humanité qui s'est rendue à bien des égards inférieure au règne animal, qui lui, continue d'obéir à son Créateur.

Le jour vient, et il est probablement déjà là, où Dieu dit, ou dira: C'en est assez! Les limites du temps ont prouvé leur valeur! Et ce jour est terrifié à la vue de ce qui arrive dans la vallée de l'ombre de la mort! Les prophètes des temps anciens avaient annoncés ce terrifiant décors; ils ont vu de loin le feu qui consumerait et purifierait la terre de toutes ses souillures! Parce que; "Tu t'es imaginé que je te ressemblais, mais je vais te reprendre, et tout mettre sous tes yeux. Prenez-y donc garde, vous qui oubliez Dieu, de peur que je ne déchire, sans que personne délivre" (Psaume 50:21-22). 

Mais voilà, il est encore permit d'espérer, car: "Je vais te reprendre, et tout mettre sous tes yeux". Cela veut dire que, à travers les épreuves de cette vie et la calamité qui est sur le monde, avec amour, Dieu va quand même mettre à la face des pécheurs un tableau clair de leurs iniquités, afin qu'ils se voient tels qu'ils sont. Fini l'hypocrisie et l'autojustification; bienvenue l'humilité! Dans ces jours qui sont les derniers, beaucoup ressentiront le poids de leurs péchés; le Saint-Esprit les convaincra de telle manière qu'ils reconnaitront l'étendue de leur culpabilité devant Dieu, ainsi que leur ardent besoin d'un Sauveur. Ce verset nous rappelle Apocalypse 3:17-19, où le Seigneur reprend l'église tiède de Laodicée et a mit devant ses yeux son pauvre état pécheur, et lui dira: "Moi, je reprends et je châtie tous ceux que j'aime. Aie donc du zèle, et reprend-toi". 

"Rassemblez-moi mes fidèles, qui ont fait alliance avec moi par le sacrifice" (Psaume 50:6). Il n'y a qu'un seul sacrifice qui ôte les péchés du monde; celui de Jésus-Christ le juste (Hébreux 9:24-28; Jean 1:29). Si nous avons péché, nous avons un avocat auprès du Père; Jésus-Christ le juste (1 Jean 2:1). Où aller, pour obtenir le pardon de nos péchés ? Il n'y a qu'en Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié que nous pouvons en obtenir le pardon et que nous pouvons être intégré dans l'alliance avec Dieu "par le sacrifice". C'est ainsi que le Psaume 50 se termine: "Celui qui offre pour sacrifices des actions de grâces me glorifie; et à celui qui veille sur sa voie je ferai voir le salut de Dieu". 

Après le sacrifice du Christ, quel est donc ce sacrifice qui soit agréable à Dieu? Paul nous donne la réponse en Romains 12:1 : "Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable". Et comment cela se fait-il? Par l'obéissance à Sa parole, en ne nous "conformant pas au siècle présent" (Romains 12:2), mais en nous laissant transformer par le renouvellement de l'intelligence par le Saint-Esprit, et Lui nous rendra capables d'aimer ce que Dieu aime, et d'haïr ce que Dieu haït. Ce sacrifice là est toujours accompagné de reconnaissance, d'obéissance et de fidélité à marcher dans le chemin que Dieu a préparé.

"À celui qui veille sur sa voie, je ferai voir le salut de Dieu". Cela nous rappelle encore ce message de Jésus à l'église de Smyrne: "Soit fidèle jusqu'à la mort, et je te donnerai la couronne de vie" (Apocalypse 2:10). Peu importe la façon dont il mourra, paisiblement dans son lit où par la persécution, le chrétien, s'il est "fidèle jusqu'à la mort", se verra accorder "la couronne de vie"; le salut éternel, dans la gloire éternelle, en présence de Dieu pour l'éternité.  

Attachons-nous plus que jamais à notre Seigneur Jésus; les temps sont mauvais, la rébellion est grande contre Dieu et ceux qui Lui appartiennent. Rien en ce monde ne nous donnera la force et le courage de tenir ferme et de rester "fidèles jusqu'à la fin"; sans Jésus, nous ne pouvons rien faire (Jean 15:5).

Que toute la gloire soit rendue à Dieu seul, Amen.  

dimanche 21 avril 2024

De mauvais préceptes?

Je leur donnai aussi des préceptes qui n'étaient pas bons, et des ordonnances par lesquelles ils ne pouvaient vivre (Ézéchiel 20:25)


Les pécheurs de tout temps ont utilisé ce verset pour attaquer Dieu et Sa parole. Ce verset est comme une pierre d'achoppement pour ceux qui aiment leurs péchés et qui ne veulent pas se repentir. C'est pourtant un verset très simple à comprendre, lorsque l'on isole pas un seul verset hors de son contexte.

Bien sûr, c'est l'Éternel qui parle ici à Ézéchiel. Mais devons-nous vraiment comprendre que l'Éternel a donné à Son peuple des préceptes qui n'étaient pas bons? Après tout, c'est vrai que c'est ce que le texte semble nous dire! Mais non, Dieu n'a jamais donné Lui-même d'ordonnances qui n'étaient pas bonnes. L'auteur du Psaume 119 dira au verset 127: "J'aime tes commandements". Au verset 128, nous lisons: "Je trouve justes toutes tes ordonnances". Et au verset 162 il dira: "Je me réjouis de ta parole, comme celui qui trouve un grand butin". Ce ne sont là que quelques exemples de l'excellence des commandements de notre Dieu. 

Mais pourquoi alors lisons-nous que Dieu leur a donné des préceptes qui n'étaient pas bons, et des ordonnances par lesquelles ils ne pouvaient vivre? Simplement ceci: de tout temps, Il a laissé aller ceux qui persévéraient dans une voie mauvaise. Paul, en Romains 1, le dit de cette façon: "Dieu les a livrés à l'impureté" (v. 24); "Dieu les a livrés à des passions infâmes" (v.26); "Dieu les a livrés à leurs sens réprouvés" (v.28). Nous pouvons donc aisément comprendre ce que l'Éternel voulait dire à Ézéchiel: "Je les ai laissé tomber sous le charmes de leurs propres préceptes qui n'étaient pas bons, et des ordonnances qu'ils se sont eux-mêmes données et par lesquelles ils ne pouvaient pas vivre".

La loi et les prophètes leurs avaient été donnés, mais ils n'en faisaient qu'à leur tête. Dieu avait fait de grandes choses à leur tête, d'abord en les faisant sortir d'Égypte, ensuite en les préservant de leurs ennemis, mais il leur en fallait plus pour être satisfaits; ils voulaient tellement ressembler à leurs voisins qu'ils sont devenus comme eux. Cela ne ressemble t-il pas à une trop grande partie de l'église moderne? Nous voulons tellement être approuvés du monde que nous sommes en train de devenir comme lui! En quoi sommes nous supérieurs aux Israélites de l'époque du prophète Ézéchiel? Ils se sont rebellés contre Dieu et contre Ses commandements, qu'ils avaient pourtant reconnus comme bons, et Dieu les a livrés aux conséquences de leur rébellion; ils se sont placés eux-mêmes sous le jugement qui était lié à leurs égarements. 

Une preuve que nous comprenons bien ce passage lorsque nous le comprenons ainsi est que, au verset 26, l'Éternel poursuit en disant: "Je les souillai par leurs offrandes, quand ils faisaient passer par le feu tous leurs premiers-nés". Est-ce que nous lisons une seule fois dans les Écriture que Dieu ait donné une telle ordonnance, de passer les premiers-nés par le feu? Jamais! Il s'irrite contre eux à cause de cette infamie! Pourtant Il utilise le même langage: "Je les souillai", mais en réalité, ils se souillaient eux-mêmes par leurs péchés et leurs transgressions. 

Quelqu'un a dit que, pour rendre un homme misérable, vous n'avez qu'à l'abandonner à ses propres désirs et à ses mauvaises passions. Et cela est vrai. N'est-ce pas ce que nous lisons en Romains 1? Lorsque Dieu livre la création à "ses sens réprouvés", peut-il en sortir quelque chose de bien? Celui qui bâtit peut-il bâtir sans Dieu sans que cela ne soit en vain? 

En vérité, nous savons que si nous marchons d'une manière indigne du nom de Dieu, nous traçons le chemin de notre propre ruine. En Osée 4:6, l'Éternel dira: "Puisque tu as rejeté la connaissance, je te rejetterai". Ceux à qui Dieu s'adresse ici sont "les sacrificateurs comme le peuple" (v.9). Nous savons ce que nous sommes supposés être, n'est-ce pas? Exode 19:6 : "Vous serez pour moi un royaume de sacrificateurs et une nation sainte", et encore, en Apocalypse 1:6: "(Jésus-Christ) qui a fait de nous un royaume, des sacrificateurs pour Dieu son Père". C'est intéressant de lire la suite en Osée 4:10: "Ils mangeront sans se rassasier", (...) parce qu'ils ont abandonné l'Éternel et ses commandements". Cela ne nous rappelle-t-il pas notre génération? Les temps changent, mais la nature humaine reste la même!

Alors que devons nous faire? Abandonner? Nous relâcher dans la prière, pour nous-mêmes ou pour ceux que nous savons être perdus? Certainement pas! Osée 6: 1-3: "Venez, retournons à l'Éternel! Car il a déchiré, mais il nous guérira; il a frappé, mais il bandera nos plaies. Il nous rendra la vie dans deux jours, le troisième jour il nous relèvera, et nous vivrons devant lui. Connaissons, cherchons à connaître l'Éternel, sa venue est aussi certaine que celle de l'aurore, il viendra pour nous comme la pluie, comme la pluie du printemps qui arrose la terre". Gloire à Dieu! Il y a de l'espoir pour ceux qui viennent à Jésus-Christ dans la repentance! Comme Il a été relevé d'entre les morts, de même, nous aussi, nous qui croyons, serons délivrés des liens du péché qui nous entraînent vers la mort éternelle. Encourageons nous les uns les autres à persévérer dans la volonté de Dieu; ce que nous savons être bien, pratiquons-le! Rejetons le mal sous toutes ses formes. Ce n'est pas que nos actions nous rapprocherons de Dieu; elles seront plutôt un témoignage que nous sommes Ses enfants! 

Colossiens 3:1 nous exhorte donc en ces termes: "Si donc vous êtes ressuscités avec Christ, cherchez les choses d'en haut, où Christ est assis à la droite de Dieu. Affectionnez-vous aux choses d'en haut, et non à celles qui sont sur la terre. Car vous êtes morts, et votre vie est cachée avec Christ en Dieu. Quand Christ, votre vie, paraîtra, alors vous paraîtrez aussi avec lui dans la gloire".   

Persévérons dans les bons préceptes que Dieu nous a donnés; Il veut notre bien, Il ne nous en a jamais donné de mauvais! Persévérons en Christ, par qui nous avons la vie, selon qu'il est écrit: "Celui qui persévèrera jusqu'à la fin sera sauvé" (Matthieu 24:13), et: "Sois fidèle jusqu'à la mort, et je te donnerai la couronne de vie" (Apocalypse 2:10).  

Que toute la gloire soit rendue à Dieu seul, Amen.  

dimanche 15 octobre 2023

Sachez que l'Éternel est Dieu!

Sachez que l'Éternel est Dieu! C'est lui qui nous a faits, et nous lui appartenons; nous sommes son peuple, et le troupeau de son pâturage" (Psaume 100:3).


À part le Seigneur, tout est vanité et poursuite du vent sur cette terre. Aucun bien ne mérite que nous y attachions trop d'importance, parce que tout est appelé à disparaître. Mais la nature humaine ne l'entend pas ainsi; nous sommes prompts à nous faire des idoles de n'importe qui ou avec n'importe quoi; y compris nos propres rêves. Nous ne voulons pas tout remettre à Dieu, de peur que Sa volonté soit contraire à la nôtre. Le psalmiste insiste vraiment ici sur le fait que c'est l'Éternel Dieu qui nous a faits, c'est Lui qui nous a créés, et cela démontre qu'Il a droit de regard sur Sa création. Il a droit à l'adoration digne de Son nom. Nous Lui appartenons. 

De même qu'Il nous a créés corporellement, Il nous a aussi faits Chrétiens, en vertu de Sa grâce. Il nous a renouvelés en Jésus-Christ; en Lui, Il nous fait de nouvelles créatures, nous rendant à Son image et à Sa ressemblance. Pour Sa gloire. Surtout pas pour la nôtre, même si nous l'oublions parfois. Afin que nous ne l'oublions pas, le psalmiste nous rappelle que nous sommes comme des brebis appartenant à un Berger. Et Jésus a repris Lui-même cette image dans Ses enseignements (Jean 10:14). "Nous sommes son peuple, et le troupeau de son pâturage". Nous sommes sous la gouverne de notre bon Berger ; nous entendons Sa voix, et nous Le suivons. Nous Lui sommes consacrés, parce que nous sommes Son œuvre. Paul dira en Éphésiens 2:6 que "nous sommes son ouvrage, ayant été créés en Jésus-Christ pour de bonnes œuvres, que Dieu a préparées d'avance, afin que nous les pratiquions".

Et, parce que, dans Son amour et dans Sa grâce infinie, Il s'est révélé à nous, nous l'adorons. Et ainsi: "Venez, prosternons-nous, et humilions-nous, fléchissons le genou devant l'Éternel, notre Créateur" (Psaume 95:7). 

L'Éternel est notre Dieu; le Créateur de toutes choses visibles et invisibles. Il est puissant, très puissant. Une parole et même une pensée, et Il pourrait ébranler toutes les planètes ou les faire disparaître totalement. Elles sont Sa création, et Il pourrait en faire ce qu'Il veut. Quelle grandeur! Quelle puissance! Rien ne Lui est impossible! Mais cette puissance à l'œuvre qui me dépasse plus que toute autre, c'est Son amour parfait; cette pitié et cette miséricorde qu'in si grand Dieu a eu pour nous. Mais qui suis-je, et que suis-je pour qu'Il me regarde? Pour qu'Il pense à moi? 

Il a tout fait pour Sa gloire. Quel grand Dieu, Lui qui fit la lumière céleste; couvert de splendeur et de gloire éternelle; cependant, de Son œil vigilant, Il surveille Sa création et rien de Lui échappe. Quel grand Dieu en qui nous croyons! Sa parole est certaine et digne d'être crue; rien ne peut m'arrêter de croire en cette vérité! Et lorsque je regarde les œuvres qu'Il a faites, la perfection de Sa création, je crois encore plus, parce que, même si je ne peux pas Le voir, Il se laisse connaître par les choses visibles qu'Il a faites. Tout est soumis à Son pouvoir. 

Je ne prétends pas avoir atteint le but, mais comme l'apôtre Paul, je gardes les yeux fixés sur Jésus, le pourvoyeur de ma foi et de mon salut. Son cortège de victoire dans lequel Il m'entraîne; la paix et la joie qu'Il me donne en toutes circonstances; qu'il est bon de servir un si grand Dieu d'amour! C'est pourquoi je veux le remercier sans cesse; les bons et les mauvais moments, parce que je ne peux m'empêcher d'être reconnaissants pour toutes les choses qu'Il a faites pour moi et pour la race humaine. Mais comment exprimer cette gratitude avec un si grand Dieu avec de simples mots insignifiants? 

Oh Seigneur! Que mon cœur déborde de Ta présence, et que je vive pour Ta gloire! Je n'ai rien d'autre à t'offrir que ces louanges et ce corps de poussière ; c'est tout ce que j'ai grand Dieu; Toi, ma puissante forteresse, mon abri sûr, mon Rocher inébranlable! D'une main ferme, Tu diriges toutes choses,  Tu diriges les tempêtes, Tu donnes un ordre à l'orage de se rendre jusqu'au but fixé. Tandis que les hommes se détruisent eux-mêmes par leur méchanceté, ivrognes d'orgueil et de pouvoir, révoltés contre Ta seigneurie, Ta parole demeure la même; elle est la vérité, comme une épée à deux tranchants; séparant l'ivraie du bon grain. Ta justice ne semble pas régner, Seigneur Dieu, comme si elle n'impose plus aucune limite à la folie humaine. C'est comme si le frein à toute méchanceté avait été enlevé. De toute la création, de toutes les créatures que, l'homme seul se rebelle contre l'ordre que Tu as établi. Il s'oppose à Ta parole et lui désobéi constamment. 

Jusqu'à quand laisseras-Tu Ton nom être ainsi méprisé et rejeté? Démontre s'il te plaît encore une fois à cette humanité que c'est Toi Seigneur qui en est le maître incontesté, incontestable; que Tu es le grand Roi, le Seigneur des seigneurs. Établis Ton règne ici et fais triompher Ton amour; étend Ta miséricorde encore une fois sur cette race humaine que Tu es venu pour sauver. Pardonne-nos fautes, donne-nous un cœur repentant et purifie-nous de tous nos péchés, car ils sont nombreux devant Ta face! Seigneur Jésus, étend Ta main sur Tes serviteurs, afin qu'ils ensemencent toute la terre d'une semence sainte et incorruptible afin qu'ils participent aussi à la récolte. 

Mon Seigneur et mon Dieu, je Te supplie, prend pitié de moi et des miens; accorde-nous de Te rendre l'honneur, la louange et la gloire; que nos paroles soient vraies, et que nos actions soient accomplies par la foi en notre précieux Seigneur Jésus-Christ, car toute la gloire revient à Dieu, à Jésus-Christ, toujours par la puissance du Saint-Esprit, Amen.