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dimanche 5 avril 2026

Le chrétien en armure complète, par William Gurnall, 47e partie

 

Quatrième directive.

Position à maintenir pendant le combat.

"Tenez donc ferme" (Éphésiens 6:14). 

L'apôtre avait exposé de manière générale, au verset 13, l'armure que le soldat chrétien devait revêtir : l'armure de Dieu. Or, afin d'éviter que certains n'attribuent une attribution divine à ce qui est humain et n'osent apposer le nom de Dieu sur des contrefaçons, en les qualifiant d'armure de Dieu, comme le font les papistes et nombre de protestants charnels qui inventent des armes pour combattre le diable sans que Dieu n'ait jamais voulu les utiliser, l'apôtre s'attache à présenter plus précisément en quoi consiste cette armure de Dieu dans son intégralité, en la décrivant pièce par pièce. L'ensemble forme l'armure complète et permet au chrétien de combattre son ennemi en toutes circonstances.

Nous les traiterons dans l'ordre où l'apôtre les présente. Il convient toutefois de dire brièvement d'abord la posture qui nous est confiée, celle que nous devons observer pour chaque élément et qui, par conséquent, les précède tous. Cette posture est exprimée par ces mots : "Tenez donc ferme". Ce mot est le même que le dernier du verset précédent ; mais il n'est ni au même mode ni au même temps. Là, il est employé pour la victoire et le triomphe une fois la guerre terminée ; ici, pour la posture du chrétien dans le combat, et en vue de celui-ci. C'est une expression militaire, un ordre que les capitaines utilisent en diverses occasions à leurs soldats, et qui implique ainsi plusieurs devoirs attendus du chrétien.

La nécessité de résister aux tentations de Satan, avec le danger d'y céder.

Premièrement. Tenir bon s'oppose à la fuite lâche ou à la capitulation perfide face à l'ennemi. Lorsqu'un capitaine voit ses hommes commencer à fléchir et perçoit en eux une volonté de fuir ou de se rendre, il leur ordonne de tenir bon ; c'est-à-dire de résister vaillamment et de défendre leur position face à l'ennemi, en recevant vaillamment sa charge et en repoussant ses forces. Ce sens du mot désigne un devoir approprié qui incombe au chrétien, lequel se comprend ainsi :

Doctrine.

1. Le commandement est clair : "Résistez-lui avec une foi ferme" (1 Pierre 5:9). Combattez-le, comme le texte l'indique, et luttez contre lui dès qu'il se présente. Les soldats doivent rester fidèles à leurs ordres, quoi qu'il arrive. Lorsque Joab envoya Urie en première ligne, face à la mort, il ne pouvait ignorer le danger, mais il ne contesta pas avec son général ; il devait obéir, même au péril de sa vie. La lâcheté et la désobéissance aux ordres du chef sont considérées par les Turcs comme les péchés les plus graves ; et devrons-nous les considérer comme de simples peccadilles, de petites fautes, nous qui avons le Christ pour Capitaine et le péché et le diable pour ennemis ?

Résister à certaines tentations peut nous coûter cher : "Vous n’avez pas encore résisté jusqu’au sang", dit l’apôtre, "dans la lutte contre le péché" (Hébreux 12:4), ce qui implique que nous pourrions en arriver là, et que, même si tel était le cas, cela ne changerait rien à la situation et ne nous donnerait pas le droit de nous dérober à nos responsabilités en choisissant le péché plutôt que la souffrance. Le capitaine romain disait qu’il était nécessaire de naviguer, non de vivre ; et un chrétien devrait-il craindre son devoir, lorsqu’il comporte des risques ?

Le soldat porte l’honneur de son prince sur le champ de bataille, et le chrétien porte celui de son Dieu, chaque fois qu’il est appelé à lutter contre une tentation. Nous verrons maintenant à quelle valeur il accorde à son honneur. Les sujets de David l’estimaient plus précieux que dix mille de leurs vies et auraient donc tous donné leur vie pour le sauver, plutôt que de le mettre en danger. Oh ! combien il est indigne alors d’exposer le nom de Dieu au déshonneur, plutôt que de s’exposer nous-mêmes à un peu de mépris, à une perte temporelle ou à un peu de peine !

Pompée se vantait de pouvoir, d'un mot ou d'un signe de tête, faire escalader à ses soldats les rochers les plus escarpés à quatre pattes, même s'ils tombaient aussi vite qu'ils montaient. En vérité, Dieu ne répand pas le sang de ses serviteurs, mais il éprouve parfois leur loyauté par des épreuves difficiles et de vives tentations, afin que, par leur fidélité et leur sainte force dans les souffrances endurées pour lui, il triomphe de Satan. Ce dernier avait l'impudence de dire à Dieu que l'un de ses plus fidèles serviteurs ne faisait que se servir lui-même en le servant : "Job craint-il Dieu pour rien"? comme si, à la moindre difficulté, il pouvait détourner le regard et maudire Dieu plutôt que de se soumettre à Lui.

C’est pourquoi nous voyons le Seigneur se glorifier de Job à Satan : "Il demeure ferme dans son intégrité, bien que tu m’aies incité à m’opposer à lui" (Job 2:3), comme si le Seigneur avait dit : "Que penses-tu maintenant, Satan ? Job ne t’a-t-il pas prouvé que tu es un menteur invétéré ? J’ai, vois-tu, des serviteurs qui me servent sans corruption, qui demeurent intègres, quand ils ne peuvent rien préserver d’autre. Tu as pris ses biens, ses serviteurs et ses enfants, et pourtant il reste ferme, et tu n’as pas obtenu de lui ta volonté, ni son intégrité."

2. Dieu nous fournit une armure afin que nous tenions bon vaillamment et ne cédions pas aux tentations de Satan. Livrer un château aux mains de l'ennemi, alors qu'il est bien pourvu en munitions pour le défendre, est honteux et indigne d'une telle confiance. Cela rend le péché du chrétien plus déshonorant que celui d'un autre, car il est mieux préparé à résister. Prenons une âme sans grâce, sollicitée, supposons, par un péché qui promet plaisir charnel ou profit : il n'est pas étonnant qu'elle cède à la première invitation et se livre prisonnière à Satan.

Le pauvre malheureux, hélas, n'a aucune armure pour repousser le mouvement. Il ne goûte aucune douceur en Christ. Quoi d'étonnant, si son âme affamée, faute de meilleure nourriture, succombe aux tentations du diable ? Que celui qui n'a aucun espoir pour l'autre monde soit contraint de se livrer à la ruse et au prolétariat pour en obtenir une part ? La chèvre, dit-on, doit brouter là où elle est attachée, et le pécheur se nourrit de la terre et des choses terrestres, auxquelles son cœur charnel le retient prisonnier ; mais le chrétien porte en son sein l'espérance d'une gloire future, bien plus grande que ce monde marchand ne peut en prétendre, et même une foi capable de le combler dès maintenant de quelques joies célestes, car la nature de cette grâce est de donner vie aux biens de la promesse.

Ce casque et ce bouclier levés auraient protégé le chrétien d'une pluie de flèches. Dieu a raison de considérer comme une perte de sa part de céder, car il aurait pu tenir bon s'il avait seulement usé des grâces que Dieu lui avait accordées pour sa défense, ou s'il avait imploré l'aide du ciel. "As-tu mangé", dit Dieu à Adam, "du fruit de l'arbre dont je t'avais interdit de manger ?" (Genèse 3:11). L'accent est mis sur "tu". Ce n'était pas par faim, car tout un paradis s'offrait à toi ; as-tu mangé de ce qui était si bien pourvu pour lui résister ? As-tu, pourrait dire Dieu au chrétien, goûté aux délices du diable, qui a la clé de mon garde-manger ? Ton Père céleste tient-il une maison si misérable que les miettes du diable te suffisent ?

3. La sécurité du chrétien réside dans la résistance. Toute l'armure fournie ici est destinée à défendre le chrétien au combat, aucune à le protéger en cas de fuite. Tenez bon, et la victoire sera nôtre. Fuyez, ou cédez, et tout est perdu. Les grands capitaines, pour rendre leurs soldats plus résolus, coupent parfois tout espoir de retraite à ceux qui prennent la fuite. Ainsi, le conquérant normand, dès que ses hommes furent débarqués sur le rivage anglais, renvoya ses navires à leur vue, afin qu'ils décident de combattre ou de mourir.

Dieu prive le lâche de toute illusion de sécurité ; son arsenal ne lui offre aucune protection. Tenez bon, et les balles s'abattent sur votre armure ; fuyez, et elles vous transpercent le cœur. C'est un lieu terrible; Hébreux 10:38 : "Le juste vivra par la foi ; mais si quelqu'un se retire, mon âme ne prendra point plaisir en lui." Celui qui affronte la situation avec foi en sortira vivant ; mais celui qui recule et fuit, comme le suggère le mot du texte grec, Dieu ne prendra point plaisir en lui, si ce n'est dans l'exécution juste de sa colère.

Et n'est-ce pas un triste changement que de combattre Satan et de prendre Dieu pour ennemi ? Il y a du réconfort à lutter contre le péché et Satan, même jusqu'au sang, mais aucun à suer sous la colère ardente d'un Dieu vengeur. Ce que Satan inflige, Dieu peut l'ôter ; mais qui peut se soulager si Dieu inflige ? Quel homme ne préférerait pas mourir sur le champ de bataille en combattant pour son prince, plutôt que sur un échafaud sous la hache, pour lâcheté ou trahison ?

4. L'ennemi auquel nous sommes confrontés est de ceux qu'on ne peut vaincre que par la résistance. Dieu est un ennemi qu'on vainc en se soumettant ; le diable, lui, ne l'est que par la force des armes. 

A) C'est un ennemi lâche. Bien qu'il feigne l'audace en tentant, il cache une profonde crainte au fond de son cœur. Ses efforts sont vains ; et, comme un voleur craint la moindre lumière ou le moindre bruit dans la maison qu'il voudrait cambrioler, Satan se décourage lorsqu'il trouve une âme éveillée et prête à lui résister. Il te craint, chrétien, plus que tu n'as besoin de le craindre, lui ; "Je connais Jésus, et je connais Paul", Actes 19:15 ; c'est-à-dire, "je les connais à ma honte, ils m'ont tous deux mis en fuite, et si vous étiez comme eux, je vous craindrais aussi".

Crois-le, mon âme, il tremble devant ta foi. Exprime-la dans la prière, implore le ciel de te secourir contre lui, et exerce-la (ta foi) avec vigueur en repoussant ses tentatives, et tu le verras fuir. Si des soldats dans un château savaient que leurs ennemis qui les assiégeaient étaient désorientés et que, dès leur sortie, ils prendraient la fuite, quel courage et quelle force cela leur insufflerait-il ? 

L’Esprit de Dieu, qui connaît parfaitement les rouages ​​du camp du diable, adresse ce message à toute âme assaillie par les tentations : "Résistez au diable, et il fuira loin de vous" (Jacques 4:7). Il ne peut nous nuire sans notre consentement. Le diable n’est pas un habile manipulateur ; mais lorsqu’il constate que sous la tentation, l’âme ne cède pas, sa volonté le trahit, du moins temporairement, comme dans le combat du Christ, où il est dit qu’il "s’éloigna de lui pour un temps".

Lorsque le diable insiste lourdement, il faut craindre que cette personne, bien qu'elle ne lui ait pas fait de promesse formelle, ne l'ait pas non plus donné un refus péremptoire. Il est un prétendant qui guette le moindre indice de la part de la créature susceptible de l'encourager à poursuivre ses tentations. Le seul moyen de s'en débarrasser est de lui fermer la porte au nez et de refuser toute conversation, ce qui nous amène au second point.

B) Il est un ennemi qui empiète sur notre territoire et qu'il faut donc combattre. "Que le soleil ne se couche pas sur votre colère", dit l'apôtre, "et ne donnez pas prise au diable" (Éphésiens 4:26-27). De même, en abandonnant lâchement un ouvrage avancé qu'ils sont chargés de défendre, les soldats donnent prise à leur ennemi, qui s'y engouffre et, de là, tire plus facilement sur la ville qu'auparavant. Ainsi, en cédant à une tentation, nous laissons le diable s'infiltrer dans notre tranchée et lui offrons un avantage certain pour nous nuire davantage.

L'homme en colère, dans sa fureur et son délire, ne pense peut-être qu'à apaiser sa passion en la déversant dans quelques paroles acerbes et acerbes. Hélas ! Tandis que sa fureur et sa colère jaillissent de ses lèvres, le diable, trouvant la porte ouverte, entre et l'entraîne plus loin qu'il ne l'aurait imaginé. Nous n'avons pas affaire à un Hannibal, qui, bien que grand épéiste, manquait de l'art de tirer profit de ses victoires, mais à un diable rusé qui ne perdra jamais le terrain conquis.

Notre meilleur moyen, par conséquent, est de ne lui donner aucune prise, de ne même pas nous approcher de la porte où le péché demeure, de peur d'y être pris au piège. Si nous ne voulons pas être brûlés, ne marchons pas sur les charbons ardents de la tentation ; si nous ne voulons pas être bronzés, ne nous tenons pas là où brille le soleil. Ils oublient assurément la nature insidieuse et tortueuse de ce serpent, ceux qui osent lui céder sur un point et nous faire croire qu'ils ne le feront pas sur un autre. Qui s'assied en compagnie d'ivrognes, fréquente les lieux où le péché est commis, et prétend pourtant ne pas vouloir l'être ? Qui prostitue ses yeux à des objets impurs, et se prétend chaste ? Qui prête l'oreille à n'importe quelle doctrine corrompue, et se dit pourtant sain dans la foi ? C'est une puissante illusion dont sont victimes de tels hommes.

Si un homme n'a pas la force de résister à Satan dans les petites choses, comment peut-il espérer y résister dans les grandes ? Il semble que tu n'aies pas la grâce de te retenir de te jeter dans le tourbillon de la tentation, et crois-tu qu'une fois pris dedans, tu pourras lutter contre son courant ? On pourrait penser qu'il est plus facile, lorsqu'on est sur un navire, de ne pas tomber à la mer, que lorsqu'on est en pleine mer, de remonter sain et sauf à bord.

C) C'est un ennemi accusateur. Et quelle folie, en vérité, que celle qui, sachant combien le diable est révélateur, cède à la tentation et lui fournit un prétexte pour l'accuser auprès de Dieu !

Je suis certain que, tant que tu ne manifestes aucune bonté envers le diable, il ne peut te faire de mal, car il ne peut t'accuser. Adopte donc la résolution du saint Job : "Je maintiens fermement ma justice… mon cœur ne me reprochera rien tant que je vivrai" (Job 27:6). L'âme n'est jamais vraiment triste tant que les aboiements ne résonnent pas à l'intérieur. C'est la conscience, et non le diable, qui est le chien de chasse qui abat la créature. Que cela ne te fasse aucun reproche, et tu te porteras bien.

dimanche 25 janvier 2026

Le chrétien en armure complète, par William Gurnall, 41e partie

 

L'argument par lequel il appuie l'exhortation.

"Afin de pouvoir résister dans le mauvais jour, et tenir ferme après avoir tout surmonté" (Éphésiens 6:13). 

Nous en venons à l'argument par lequel l'apôtre appuie son exhortation, et il est double. Premièrement, le premier concerne l'heure du combat : "Afin que vous puissiez résister dans le mauvais jour". Deuxièmement, le second concerne l'heureuse issue de la guerre, qui couronnera le chrétien ainsi armé, à savoir la victoire certaine : "Et tenir ferme après avoir tout surmonté".

Premier argument. ​​Ceci concerne l’heure du combat. "Afin que vous puissiez résister au jour du malheur."

Mais qu'est-ce que ce mauvais jour ? Certains l'interprètent comme englobant toute la vie du chrétien ici-bas, dans cette vallée de larmes. Leur raisonnement est alors le suivant : "Revêtez-vous de toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir persévérer jusqu'à la fin de votre vie, qui sera pour ainsi dire une succession ininterrompue d'épreuves et de souffrances." Ainsi, Jacob trace une ligne noire sur toute sa vie : "Peu nombreux et mauvais ont été les jours de ma vie" (Genèse 47:9). 

Quel jour brille d'une telle beauté qu'il ne s'assombrit pas avant la nuit, où le chrétien ne rencontre pas quelque averse ou autre, suffisante pour mériter le nom de mauvais jour ? Chaque jour a sa part, sa proportion. Le mal du jour suffit ; nous n'avons pas besoin d'emprunter et de porter des peines à l'usage du lendemain pour alourdir notre fardeau présent. Comme il est question du "pain quotidien", il est aussi question d'une croix "quotidienne" (Luc 9, 23), que nous sommes invités à porter, et non à fabriquer. Nous n'avons pas besoin de fabriquer nous-mêmes nos croix, comme nous avons tendance à le faire ; Dieu, dans sa providence, nous en fournira une, et nous sommes invités à la porter, mais il n'est pas question de la déposer, jusqu'à ce que la croix et nous reposions ensemble.

Nos épreuves et nos vies sont indissociables ; elles vivent et meurent ensemble ici-bas. Quand la joie survient, le chagrin la suit de près; le bâton et la verge vont de pair. Job lui-même, cet homme bon dont la prospérité était si convoitée par le diable, et qui s'était épanoui dans toute sa bravoure et sa splendeur (Job 1:10), comme si son soleil n'avait pas d'ombre, écoutez le récit qu'il fait de cette période faste : "Je n'étais pas en sécurité, je n'avais ni repos ni tranquillité" (Job 3:26). Des troubles troublèrent son repos ; alors même que son lit semblait aussi doux que le cœur pouvait le souhaiter, cet homme bon se tournait et se retournait sans cesse, sans trouver le repos.

Si quelqu'un était venu vers Job et l'avait béni de son heureuse condition, et lui avait dit : "Certainement, Job, tu pourrais te contenter de ce que tu as pour ta part, si tu pouvais faire en sorte que tout cela soit réglé sur toi et sur tes héritiers après toi", il aurait dit, comme autrefois Luther, "que Dieu ne le rebute pas avec cela". Tel est l'état des saints, que leur vie même ici, et tous les divertissements pompeux qui en découlent, sont leur croix, parce qu'ils les éloignent de leur couronne. 

Nous n'avons besoin de rien pour faire de notre vie un mauvais jour, plus que notre absence de notre bien principal, qui ne peut être récompensé par le monde, non plus que s'en réjouir. Si notre vie n'est "qu'un mauvais jour", il y a du bien dans tout ce mal; c'est que ça ne durera pas longtemps. Assurément, c'est par miséricorde que Dieu a abrégé la durée de la vie humaine en ces derniers jours (des jours où l'on découvre tant de choses sur le Christ et le ciel) qu'il aurait été difficile pour les saints de posséder la patience d'avoir connu une si grande partie de la gloire du monde d'en haut, puis d'en être tenus si longtemps éloignés, comme ce fut le cas pour les pères au premier siècle. 

Ô chrétiens, consolez-vous les uns les autres avec ceci : même si votre vie est pleine de difficultés, elle est courte ; quelques pas suffisent pour sortir de l'orage. Il y a une grande différence entre un saint et un méchant, face aux épreuves qu'il rencontre, comme entre deux voyageurs roulant en sens inverse, tous deux pris sous la pluie et trempés. L'un fuit la pluie et s'en sort rapidement, tandis que l'autre s'enfonce dans un coin pluvieux : plus il avance, plus son état s'aggrave. 

Le saint, comme le méchant, rencontre des épreuves, mais il est vite sorti de la tempête ; quand vient la mort, le temps est clément. Quant au méchant, plus il avance, pire c’est ; ici-bas, il ne rencontre que quelques gouttes d’eau, la grande tempête étant l’ultime épreuve. Le déchaînement de la colère divine aura lieu en enfer, où se déploient tous les abîmes de l’horreur, venant à la fois de la juste fureur de Dieu et de leur propre conscience accusatrice et tourmentée.

D'autres interprètent cette expression dans un sens plus restreint, pour désigner les périodes particulières de notre vie où nous sommes particulièrement confrontés aux afflictions et aux souffrances. Bèza la traduit par "tempore adverso", c'est-à-dire "au temps de l'adversité". Bien que notre vie entière puisse paraître mauvaise comparée à la béatitude céleste, même nos jours et nos nuits les plus clairs comparés à l'aube glorieuse, certaines périodes de notre existence peuvent être qualifiées de bonnes et d'autres de mauvaises. Nous connaissons ici-bas des vicissitudes.

Les bienfaits que Dieu accorde à ses saints ici-bas, sur cette terre profonde, sont mêlés et multicolores, comme le symbolisaient les chevaux "tachetés" (Zacharie 1:8) dans la vision de Zacharie : roux, fauve et blanc; paix et guerre, joie et chagrin, jalonnent nos jours. 

La Terre est un lieu intermédiaire entre le ciel et l'enfer, et notre condition ici-bas l'est aussi ; elle participe aux deux. Nous gravissons des collines et des vallées jusqu'à atteindre le terme de notre voyage, oui, nous trouvons le marécage le plus profond, le plus proche de la maison de notre Père (la mort, je veux dire) où tombent tous les autres troubles de notre vie, comme des ruisseaux se jetant dans un grand fleuve, et avec lesquels ils finissent tous, engloutis. C'est de ce mal absolu dont il est question ici, je crois, et il est souligné par un double article : ce jour-là, ce jour funeste ; sans exclure les autres jours d'épreuves qui les séparent. Ce ne sont que de petites morts, chacune emportant un fragment de notre vie, comme des pages envoyées avant pour annoncer ce roi des terreurs qui nous attend.

Cette phrase étant ouverte, considérons la force de ce premier argument, par lequel l'apôtre renforce son exhortation à revêtir l'armure complète de Dieu, et qui repose sur trois circonstances importantes.

Premièrement; la nature et la gravité de ce jour d'affliction : c'est un jour funeste. Deuxièmement; l'inévitabilité de ce jour funeste est sous-entendue par l'expression "afin que vous puissiez résister en ce mauvais jour". Il exclut tout espoir d'échappatoire, comme s'il avait dit : "Vous n'avez aucun moyen de résister. Ne vous laissez pas aller à penser que vous pouvez fuir le combat. Le jour funeste viendra, que vous soyez armés ou non." Troisièmement; la nécessité de cette armure pour résister. De même que nous ne pouvons fuir, nous ne pouvons ni l'affronter ni résister à la force qui sera déchaînée contre nous sans être revêtus d'une armure. Ces points mériteraient d'être développés séparément, mais par souci de concision, nous les regrouperons en une seule conclusion.

Le jour de l'affliction et de la mort est mauvais, et à quels égards.

Doctrine. Il incombe à chacun de s'armer et de se préparer pour le jour funeste de l'affliction et de la mort, auquel il sera inévitablement confronté. Ce point comporte trois volets. Premièrement, le jour de l'affliction et de la mort est un jour funeste. Deuxièmement, ce jour funeste est inévitable. Troisièmement, il incombe à chacun de se préparer à ce jour funeste. 

Première branche. Le jour de l'affliction, et surtout celui de la mort, est un jour funeste. Il nous faut ici démontrer en quoi l'affliction est mauvaise, et en quoi elle ne l'est pas. 

1. Ce n'est pas moralement ou intrinsèquement mauvais ; car, si c'était mauvais en ce sens, Dieu ne pourrait en être l'auteur. Sa nature est si pure qu'un tel mal ne peut venir de lui, pas plus que la lumière du soleil ne peut créer la nuit. Mais d'une certaine affliction, il en garantit la responsabilité. "Contre cette race, je médite un malheur" (Michée 2:3). Bien plus, il se l'approprie tellement qu'il ne veut pas que nous pensions que quiconque d'autre que Lui puisse permettre ce mal. Il se glorifie du privilège qu'aucun mal ne réside dans la cité sans son œuvre (Amos 3:6). Et c'est bien pour les saints que leurs croix soient toutes faites au ciel ; autrement, elles ne seraient pas si bien adaptées à leur dos. 

Mais quant au mal du péché, il le rejette, nous enjoignant formellement de ne pas Lui imputer (autre qu'à Satan) ce fléau engendré dans nos cœurs impurs. Que personne, lorsqu’il est tenté, ne dise : "C’est Dieu qui me tente », car Dieu ne peut être tenté par le mal et il ne tente lui-même personne" (Jacques 1:13).

2. Si l'affliction était donc intrinsèquement mauvaise, elle ne pourrait en aucun cas être l'objet de notre désir, ce qui est parfois le cas, et peut l'être encore. Nous devons choisir l'affliction plutôt que le péché, et même la plus grande affliction plutôt que le moindre péché. Moïse a choisi l'affliction avec le peuple de Dieu plutôt que les plaisirs éphémères du péché. Il nous est demandé de nous réjouir lorsque nous sommes confrontés à diverses tentations, c'est-à-dire à des afflictions. Mais en quoi alors le jour de l'affliction peut-il être qualifié de mauvais ?

A) Comme il est pénible de le constater dans les Écritures, le mal est souvent opposé à la joie et au réconfort. "Nous espérions la paix, et voici, point de bien." Un cœur joyeux est appelé un bon cœur, un esprit triste un mauvais esprit, car la nature a en horreur tout ce qui s'oppose à sa joie, et c'est le cas, plus ou moins, de toute affliction (Hébreux 12:11). Aucune affliction, tant qu'elle est présente, n'est joyeuse, mais pénible ; comme la médecine, elle provoque chez nous un adieu désagréable. 

C’est pourquoi Salomon, parlant des jours pénibles de la maladie, les décrit comme si déplaisants à la nature que nous dirons : "Nous n’y trouvons aucun plaisir." Ils nous privent de la joie de vivre. La joie naturelle est une véritable fleur du soleil de la prospérité ; elle s’épanouit et se fane avec lui. Il est vrai, en effet, que les saints ne connaissent jamais plus de joie que dans l'épreuve, mais cela s'explique autrement : ils ont un Dieu bon qui l'envoie, sinon ils en souffriraient autant que les autres. Il n'est pas plus naturel que le réconfort jaillisse de l'épreuve que la vigne ne pousse sur les épines, ou la manne dans le désert. 

Les Israélites auraient cherché bien longtemps ce pain si le ciel ne l'avait miraculeusement fait pleuvoir. Dieu choisit cette période (d'épreuve) pour manifester plus clairement encore la toute-puissance de son amour. De même qu'Élie, pour ajouter au miracle, fit d'abord verser de l'eau en abondance sur le bois et le sacrifice, au point de remplir le fossé, puis fit venir le feu du ciel par sa prière pour l'absorber ; ainsi Dieu déverse le flot de l'affliction sur ses enfants, puis allume en eux cette joie intérieure qui dissipe toute leur tristesse ; oui, il fait en sorte que les eaux mêmes de l'affliction sur lesquelles ils flottent ajoutent encore à la douceur de leur joie spirituelle, mais c'est toujours Dieu qui est bon, et l'affliction qui est mauvaise.

B) Le jour de l'affliction est un jour funeste, car il ravive le souvenir importun des péchés commis dans nos vies. Il réveille la mémoire d'anciens péchés, peut-être enfouis depuis longtemps dans le tombeau de l'oubli. La nuit de l'affliction est le moment où de tels fantômes hantent la conscience des hommes ; et de même que l'obscurité de la nuit accroît l'horreur de toute chose effrayante, de même l'état d'affliction, déjà pénible en soi, amplifie la terreur de nos péchés, dont le souvenir ressurgit. 

Jamais le péché des patriarches ne leur parut aussi horrible que lorsqu’il se retourna contre eux dans leur détresse, Genèse 42:21. Le pécheur appréhende alors plus intensément la colère divine qu'en tout autre temps ; l'affliction se rapproche du jugement, et il l'interprète comme un poursuivant envoyé pour le faire comparaître sans délai devant Dieu, engendrant ainsi une profonde confusion et une grande consternation. 

Ah ! si seulement les hommes pouvaient penser à cela, comment ils pourraient supporter la vue de leurs péchés et le récit de leurs voies, en ce jour-là ! Cet homme est béni, celui qui, avec le prophète, peut alors les contempler et triompher d’eux. C’est bien une sombre parabole, comme il le dit lui-même : "J'ouvre mon chant au son de la harpe. Pourquoi craindrais-je aux jours du malheur, Lorsque l'iniquité de mes adversaires m'enveloppe?" (Psaume 49, 4-5).

C) Le jour de l'affliction révèle au cœur bien des maux insoupçonnés. L'affliction ébranle et bouleverse la créature ; Si des sédiments se trouvent au fond, ils apparaîtront alors. Parfois, elle révèle la perversité d'un cœur qui paraissait bon auparavant. Ces épreuves lavent le vernis de l'hypocrisie; Lorsque la nature corrompue est heurtée, elle se révèle. Et certaines afflictions ont ce but. On lit que certains, offensés par la persécution, renoncent à leur profession, car elle leur cause tant de souffrances et de difficultés ; d'autres, dans leur détresse, "maudissent leur Dieu" (Ésaïe 8:21).

Il est impossible à un cœur pervers d'avoir une bonne opinion d'un Dieu qui afflige. Le mercenaire, si son maître prend un bâton pour le frapper, abandonne son travail et s'enfuit ; ainsi agit un cœur faux envers Dieu. Oui, même chez les personnes les plus bienveillantes, la corruption se révèle souvent plus forte et la grâce plus faible qu'on ne le pensait. 

Dans le cas de Pierre, qui, au départ, s'était vaillamment engagé à marcher sur la mer, le vent se leva et il commença à couler ; il constata alors qu'il y avait plus d'incrédulité dans son cœur qu'il ne le soupçonnait. Les épreuves aiguës sont à l'âme ce qu'une pluie battante affecte une maison ; on ne découvre les failles et les trous de la maison que lorsqu'on les voit s'effondrer de tous côtés. De même, on ne perçoit ni la profondeur de cette corruption, ni la faiblesse de cette grâce, qu'après avoir été ainsi sondés et avoir pleinement conscience de ce qui se trouve dans nos cœurs par de telles épreuves.

Voilà pourquoi nul n'a une aussi grande humilité envers soi-même, ni une telle compassion envers autrui dans ses faiblesses, que ceux qui connaissent le mieux la souffrance. Ils rencontrent tant d'obstacles dans leurs combats qu'ils modèrent leur propre dignité et éprouvent une profonde compassion pour leurs semblables, plus enclins à la pitié qu'à la condamnation dans leurs faiblesses. 

D) C’est aussi la saison où le malin, Satan, vient nous tenter. Ce que nous appelons le temps de la "tribulation" (Matthieu 13:21), nous le trouvons dans la même parabole (Luc 8:13) appelé le temps de la "tentation". En effet, les deux se rejoignent. Rarement Dieu nous afflige, mais Satan ajoute la tentation à notre désert. "Mais c’est votre heure", dit le Christ, "et la puissance des ténèbres" (Luc 22, 53). Les souffrances du Christ infligées par les hommes et la tentation du diable étaient intimement liées. Ésaü, qui haïssait son frère à cause de la bénédiction reçue, se disait : "Les jours de deuil pour mon père sont proches ; alors je tuerai mon frère Jacob" (Genèse 27, 41). Les temps d’affliction sont des jours de deuil, ceux que Satan attend pour nous nuire.

E) Le jour de l'affliction a souvent une issue funeste ; et à cet égard, il s'avère être un jour véritablement mauvais.

Tout est bien qui finit bien, dit-on ; les épreuves du chrétien sont bénéfiques ; le châtiment dont il est affligé porte les fruits paisibles de la justice, et c'est pourquoi il peut qualifier ses épreuves de bonnes. Tel est un bon instrument qui ne laisse s'échapper que le mauvais sang. « Il m'a été bon d'être affligé », dit David. J'ai lu l'histoire d'une sainte femme qui comparait ses épreuves à ses enfants. Ils lui causèrent de grandes souffrances lors de l'accouchement ; mais comme elle ne savait pas lequel de ses enfants elle aurait dû abandonner, à cause de toutes les difficultés rencontrées pour les mettre au monde, elle ne savait pas non plus laquelle de ses afflictions elle aurait pu éviter, malgré la douleur qu'elles lui causaient en les endurant.

Mais pour les méchants, le sort est triste; en ce qui concerne le péché ; ils en ressortent pires, plus impénitents, endurcis dans le péché et outrageux dans leurs pratiques perverses. Chaque plaie qui frappait l'Égypte ajoutait à la plaie de l'endurcissement du cœur de Pharaon. Celui qui, pendant un certain temps, pouvait implorer les prières de Moïse pour lui-même, finit par le menacer de mort s'il s'en prenait encore à lui. Oh ! à quel point nous en voyons beaucoup s'enfoncer dans le péché, après une grande maladie ou autre châtiment ! Les enfants ne grandissent pas plus en taille après une fièvre que leurs désirs ne s'accroissent après les afflictions. Oh ! comme ils sont avides et voraces après leur proie, une fois libérés de leurs chaînes et de leurs entraves ! Lorsque la médecine n'agit pas bien, non seulement elle ne guérit pas la maladie, mais le poison du médicament demeure également dans le corps.

Nombreux sont ceux qui semblent ainsi empoisonnés par leurs afflictions, par l'éclatement subséquent de leurs convoitises. (b.) En ce qui concerne la souffrance ; chaque affliction sur une personne méchante en engendre une autre, et cette dernière, plus grande encore, vient la plus terrible, qui la préparera au feu. Le pécheur est fouetté d'affliction en affliction, comme le vagabond d'agent de police en agent de police, jusqu'à ce qu'enfin il parvienne en enfer, sa véritable place et sa demeure définitive, où toutes les souffrances se rejoindront en une seule et éternelle.

dimanche 8 mai 2022

Des merveilles sans nombres

"Il fait des choses grandes et insondables, des merveilles sans nombre" (Job 9:10).


C'est quelque chose d'inhabituel pour les gens de ne pas s'arrêter pour reconnaître la beauté de la nature créée par Dieu. Les merveilles de Sa création ne cessent de nous étonner par leur beauté et leur complexité; parfois, par leur charme et leur simplicité. Il a tout fait dans un ordre précis, avec un but précis: que tout et tous rendent gloire au Créateur. "Les cieux racontent la gloire de Dieu, et l’étendue manifeste l’œuvre de ses mains" (Psaumes 19:1). 

De toutes la Création, seulement les hommes ont cessé de glorifier Dieu, admirant les œuvres de leurs mains et se glorifiant eux-mêmes plutôt que le Créateur. À cause de cela, l'homme a aussi perdu le respect et l'autorité que Dieu lui avait donnée sur les bâtes en Éden. Quel orgueil! Il est vrai que Dieu a donné l'intelligence aux hommes afin qu'ils soient aussi capables de créer, de bâtir et de s'instruire, mais la personne qui s'arrête là manque quelque chose. Elle ne reconnaît point que sans Dieu, tout est impossible; nous ne pouvons même pas vivre sans l'oxygène qu'Il a mis dans l'atmosphère de la Terre. Nous nous sommes levés ce matin, non par note volonté, mais par le fait que Dieu nous accorde encore cette journée pour Lui rendre la gloire qui lui revient. Ça serait une erreur de ne pas être reconnaissant pour toutes Ses bontés aujourd'hui même, car qui sait ce que demain nous réserve?  "Vous qui ne savez pas ce qui arrivera demain! Car, qu’est-ce que votre vie? Vous êtes une vapeur qui paraît pour un peu de temps, et qui ensuite disparaît" (Jacques 4:14).

Quelqu'un a écrit un jour: "Je peux comprendre comment les habitants de la ville, qui ne voient que des murs, des rues et des crimes, qui sont toutes des œuvres de l'homme, aient peu de foi, mais je ne puis comprendre comment les campagnards et les solitaires peuvent n'en point avoir. Comment leur âme ne s'élève-t-elle pas cent fois le jour avec extase vers l'Auteur des merveilles qui les entourent, je l'ignore". 

Il est difficile de trouver plus digne hommage à la Divinité que l'admiration d'abord muette qu'excite la contemplation de Ses œuvres, suivie évidemment de la proclamation ébahie de la gloire de Dieu, à l'image du psalmiste qui dira: "Tes œuvres sont admirables, et je le reconnais bien (Psaumes 139:14), et encore Esaïe qui proclame: "Ô Éternel! Tu es mon Dieu; je t’exalterai, je célébrerai ton nom, car tu as fait des choses merveilleuses; Tes desseins conçus à l’avance se sont fidèlement accomplis (Esaïe 25:1). Ce sont des élévations du cœur qui n'imposent point la fatigue, mais qui reposent notre âme, et lorsque nos yeux sont frappés du ravissant spectacle de la nature, notre désir inné est de louer le Créateur de toutes choses. 

Tant de civilisations ont reconnu que la main d'un Créateur était derrière le miracle de la vie telle que nous la connaissons sur Terre. Le malheur est qu'ils ont trop souvent corrompu leur relation avec Dieu en prenant sur eux de trouver une nouvelle méthode de s'approcher de Lui et de s'attirer Ses bienfaits, alors que le plan de salut de Dieu est si simple: "Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé" (Actes 16:31). 

L'homme pieux est, toute sa vie durant, à l'école de Dieu, apprenant de diverses manières; tout ce qui frappe ses sens, ses souvenirs aussi. Il ne se laisse toutefois pas guider par ses sens ni ses émotions, bien qu'elles fassent partie de sa nature, mais en toutes choses il est attentif à voir quelle est la volonté de Dieu en tout cela; le Créateur a donc la première place. Il y a cette reconnaissance envers Dieu pour toutes Ses bontés spirituelles et temporelles qui aide et qui mène à l'obéissance à Sa volonté. En effet, reconnaissant que tout ce que Dieu fait est parfait, comment l'homme pourrait-il ensuite encore douter d'un Dieu si bon et si grand? "J’ai reconnu que tout ce que Dieu fait durera toujours, qu’il n’y a rien à y ajouter et rien à en retrancher, et que Dieu agit ainsi afin qu’on le craigne" (Ecclésiaste 3:14).

"Qu’est-ce que l’homme, pour que tu te souviennes de lui? Et le fils de l’homme, pour que tu prennes garde à lui?" (Psaumes 8:4). En gardant cela à l'esprit, obéissons dès maintenant à Dieu. Lisons la Parole de vie, méditons-là, nourrissons notre âme de ces eaux vives. Quelqu'un a dit que "l'obéissance à Dieu, au Saint-Esprit, à Sa toute première parole en fait un grand ami de Dieu, comme le fût Abraham qui ne comprenait pas exactement tout ce que Dieu lui demandait, mais qui obéissait parce qu'il avait foi en Lui". Effectivement, Abraham crût, et Dieu le lui imputa à justice (Genèse 15:6). Si Abraham a cru en Dieu comme lui promettant un Sauveur, aujourd'hui nous croyons en Dieu parce que nous avons un Sauveur qui est ressuscité d'entre les morts, l'homme Dieu Jésus-Christ de Nazareth, Alléluia! Par la foi en son sang versé, nous obtenons le pardon de nos péchés, gloire à Dieu! Ô merveille au-dessus de toutes les merveilles que cette œuvre rédemptrice de la croix! 

Que toute la gloire soit rendue à Dieu seul, Amen. 

dimanche 19 mai 2019

Les dures épreuves

Le pasteur Arthur Tappan Pierson visita un jour une papeterie et fut fasciné de voir comment on transformait de vieux chiffons sales en papier à lettre blanc de grande qualité. Il écrivit: "Quel contraste il y avait entre le tas de chiffons souillés d'un côté et le papier blanc, sans tache et pur, de l'autre! Quelle épreuve les chiffons doivent subir avant d'en émerger sous cette forme nouvelle! Déchirés en  morceaux, blanchis avec du chlorure de chaux jusqu'à ce que toutes les taches disparaissent; lavés à maintes et maintes reprises. Comme cela ressemble à la discipline divine par laquelle nos souillures sont purifiées!"

La Bible est remplie d'histoires d'enfants de Dieu qui ont "subi des épreuves": Job, ayant perdu ses enfants, malade, sur son tas de cendres; Daniel dans une fosse aux lions; Jean sur l'île de Patmos; Paul avec une "écharde" dans la chair" et les nombreux martyrs auxquels la Bible fait référence dans Hébreux 11:35-40. De telles épreuves peuvent avoir un effet purificateur, transformateur et glorificateur sur les hommes et les femmes de foi.

Si vous êtes affligés en tant qu'enfants de Dieu, ne désespérez pas. Vous êtes en excellente compagnie, la compagnie de ceux dont les épreuves ont perfectionné la foi pour qu'elle ait pour résultat la louange, la gloire et l'honneur, lorsque Jésus-Christ apparaîtra (1 Pierre 1:7).

Que toute la gloire soit rendue à Dieu seul, Amen.  

dimanche 5 août 2018

Résistez au diable!

Soumettez-vous donc à Dieu, résistez au diable, et il fuira loin de vous (Jacques 4:7).

Un requin de cinq mètres a laissé deux dents de cinq centimètres de long et plus de trente entailles dans un petit bateau de pêche. Selon le communiqué de presse, le bateau était occupé par un pêcheur solitaire qui a vaincu le requin avec une longue perche en bois. "Je pensais que j'allais mourir. Alors, j'ai tenté de l'éloigner par tous les moyens possibles", dit-il. Le requin a percuté le petit bateau à plusieurs reprises avant de partir.

L'assaut de ce requin rappelle les attaques de notre ennemi spirituel. Jacques a dit: "résistez au diable, et il fuira loin de vous". Mais comment? Certainement pas avec un bâton! Qu'est-ce qui va le décourager? Jacques, Job et notre Seigneur nous donnent la réponse.

Juste avant de dire: "résistez au diable", Jacques a dit: "Soumettez-vous donc à Dieu". C'est exactement ce que Job a fait quand il a résisté aux attaques de satan en disant: L'Éternel a donné, l'Éternel a ôté; que le nom de l'Éternel soit béni! (Job 1:21). Notre Sauveur a résisté au diable dans le désert en citant les Écritures et en se soumettant aux bons soins du Père (Matthieu 4:1-11).

Comment résistons-nous au diable? Pas en criant ou en gesticulant, mais en nous soumettant au seul qui peut dominer sur l'ennemi de notre âme. Faisons confiance à Dieu pour la victoire! 

Auteur inconnu

samedi 6 janvier 2018

En bref: Job et le tentateur

"Or, les fils de Dieu vinrent un jour se présenter devant l’Éternel, et Satan vint aussi au milieu d’eux." Job 1:6

Quelqu'un a demandé: Est-ce à dire que Satan s'est avancé dans le ciel afin d'accuser Job?  

Non. Depuis qu'il y a été exclu, nous n'avons aucune indication que l'ennemi de nos âmes ait pu retourner dans la présence de Dieu. Mais ce passage de Job nous aide à comprendre le sens des écrits de l'apôtre Paul en Éphésiens 6:12 lorsqu'il dit que "nous n'avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes." Le combat de Job est l'exacte réplique de celui qui attend tout chrétien né de nouveau. L'ennemi arrive avec tout son arsenal de plaies et de tentations contre nous, ceci afin de briser notre confiance en Dieu et de détourner notre foi de Christ. C'est ainsi que plusieurs chrétiens authentiques ont dit: "j'ai été tourmenté par la souffrance et les épreuves comme je ne l'avais jamais été avant de venir à Christ". 
L'ennemi laisse souvent tranquille ceux qui lui appartiennent. Ne les envions pas, car malheureusement, cela risque d'être leur seul joie pour toute l'éternité. Psaumes 37 :7-9 nous dit en effet: "Garde le silence devant l’Éternel, et espère en lui; ne t’irrite pas contre celui qui réussit dans ses voies, contre l’homme qui vient à bout de ses mauvais desseins. Laisse la colère, abandonne la fureur; ne t’irrite pas, ce serait mal faire. Car les méchants seront retranchés, Et ceux qui espèrent en l’Éternel posséderont le pays." Nous savons par Jésus que c'est du cœur de l'homme que vient le mal (Mathieu 15:19), et il est justement question au Psaumes 37 de ceux qui vivent selon leurs voies, en n'amenant pas toutes pensées captives à l'obéissance de Christ. Ils réussissent leur vie ici-bas, mais ils seront retranchés au jour du jugement.

C'est pourquoi les enseignants de l'évangile de prospérité sont dans l'erreur lorsqu'ils enseignent que "les croyants doivent s'approprier et déclarer positivement les "promesses de vie" de Dieu qui se trouvent dans la Bible afin de vivre une vie glorieuse et prospère à tout point de vue" ici bas. Ce faisant, ils excluent toute soumission à Dieu en enseignant un nouveau dieu qui se soumet au cœur de l'homme et à ses désirs. 
Selon nos standards modernes, l'apôtre Paul ne menait pas une vie prospère et remplie de succès de toutes sortes; il savait vivre dans les périodes d’abondance comme dans la disette (Philippiens 4:12); il était souvent en prison (Actes 20:23); il avait des problèmes de santé (Galates 4:15; 2 Corinthiens 12:7). En 2 Corinthiens 11:23-28, il fera l'énumération de quelques une de ses nombreuses épreuves : "(...)souvent en danger de mort, cinq fois j’ai reçu des Juifs quarante coups moins un, trois fois j’ai été battu de verges, une fois j’ai été lapidé, trois fois j’ai fait naufrage, j’ai passé un jour et une nuit dans l’abîme. Fréquemment en voyage, j’ai été en péril sur les fleuves, en péril de la part des brigands, en péril de la part de ceux de ma nation, en péril de la part des païens, en péril dans les villes, en péril dans les déserts, en péril sur la mer, en péril parmi les faux frères. J’ai été dans le travail et dans la peine, exposé à de nombreuses veilles, à la faim et à la soif, à des jeûnes multipliés, au froid et à la nudité. Et, sans parler d’autres choses, je suis assiégé chaque jour par les soucis que me donnent toutes les Eglises." Sa vie ne peut pas être citée en exemple par les prédicateurs de la prospérité et les tenants du "royaume maintenant", car elle est en totale contradiction avec leurs enseignements. 

Constatons que l'apôtre Paul fût attaqué par l'ennemi après sa conversion, comme l'ont été et le sont encore de nombreux chrétiens authentiques. L'ennemi peut changer de méthodes, il peut utiliser la force ou les paroles doucereuses, flatteuses et mensongères, mais son but ultime demeure le même depuis l'époque où le livre de Job fût écrit: nous faire renier Jésus. En réalité, Dieu permet ces attaques de l'ennemi car elles mettent notre foi à l'épreuve. L'apôtre Pierre dira d'ailleurs que notre foi est "plus précieuse que l’or périssable qui cependant est éprouvé par le feu" (1 Pierre 1:7). Notons que ceux qui sont attachés aux choses de la terre ne résisteront pas à l'épreuve. C'est pourquoi les enseignements sur la prospérité et de l'accomplissement personnel des "chrétiens" sont si dangereux; ils font des "chrétiens" superficiels, dont la foi repose sur ce que leurs yeux voient et sur ce que leurs mains peuvent toucher. Ils vivent le "royaume maintenant", comme ils se plaisent à dire, en oubliant qu'en tant que disciples de Christ, notre royaume n'est pas de ce monde, selon Jésus (Jean 17:16).  

Nous voyons plus loin dans son livre que Job sût résister aux assauts de l'ennemi et ne se détourna point de Dieu. Mais sa femme, qui vivait avant son temps selon le principe du "royaume maintenant", ne pût résister aux assauts de l'ennemi. Oh, tant que son mari était riche et bien portant, elle prétendait, tout comme lui, servir Dieu. Mais lorsque l'épreuve frappa sa famille, elle maudit Dieu et abandonna son mari souffrant et pauvre. 

Satan n'a pas de pouvoir. Il ne peut que tenter et persécuter ceux qui appartiennent à Dieu. L'ennemi qui s’avance dans l’assemblé des croyants; nous le vivons encore aujourd’hui. Les croyants sont tentés de toutes sortes de façon dans le monde dans lequel nous vivons. Satan l’accusateur est là, à chaque jour, chaque minute, et il est prêt à sauter sur toute occasion pour nous entraîner à pécher devant notre Créateur, à qui nous devrons rendre des comptes au jour du jugement. Il connaît la gravité du péché, c’est pourquoi il s’avance même dans l’assemblée des croyants, comme un loup dans la bergerie, afin, s'il était possible, de détourner de la vérité ceux qui auraient dû être sauvés. 
C'est la raison pour laquelle l'apôtre Pierre nous exhorte en 1 Pierre 5:8 à rester sobre et éveillés, car "le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui il dévorera". Attachons nous donc à la saine doctrine de Christ et ne nous laissons pas berner par les discours mensongers qui sont légion de nos jours. L'ennemi de nos âmes rôde encore aujourd'hui, non pas dans le ciel, mais parmi nous, avec ses esprits méchants. Et il n'y a qu'une seule manière de leur résister; par une vraie foi, qui ne repose non pas sur ce que nos yeux voient, mais sur Jésus-Christ. Une foi ferme en Jésus, voilà la clé pour nous approprier la victoire qui nous a déjà été acquise par Jésus-Christ pour nous, sur la croix du calvaire.


L'ennemi sait que nous sommes faible par nature, il a déjà réussi à faire trébucher l’homme au jardin d’Éden. Il s’essaie donc encore. Il s’essayera jusqu’à ce que Dieu nous ait rappelé auprès de Lui. 1 Jean 2 verset 1 : "Mes petits enfants, je vous écris ces choses, afin que vous ne péchiez point. Et si quelqu’un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus-Christ le juste." Alors, nous avons peut-être un accusateur et un tourmenteur qui se tient contre nous, mais nous avons plus fort encore en la personne de Jésus-Christ, qui s’est offert lui-même comme victime pour nos péchés, afin de contrer les attaques de satan. À cause de la force qui se trouve dans le sang du Christ, nous pouvons affirmer avec certitude que le tentateur n’a aucun pouvoir sur nous, si, et seulement si, nous restons solidement attaché à Jésus.

Que toute la gloire soit rendue à Dieu seul, Amen.