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dimanche 28 septembre 2025

Ni oisifs, ni stériles

 

Car si ces choses sont en vous, et y sont avec abondance, elles ne vous laisseront point oisifs ni stériles pour la connaissance de notre Seigneur Jésus-Christ (2 Pierre 1:8).

Pierre parle ici de qualités qui doivent accompagner la vraie foi. Ce sont la vertu, la connaissance, la tempérance, la patience et la piété, l'amour fraternel et la charité. Pourquoi Pierre met-il l'emphase sur ces choses? Parce que nous ne devrions pas nous vanter d'avoir la foi, et ensuite, comme beaucoup de chrétiens le font, nous contenter de ne pas faire telle ou telle autre chose. C'est bien de ne pas voler, de ne pas tromper sa femme ou de ne pas mentir, mais nous ne devrions pas nous contenter de cela, c'est quelque chose de normal pour le véritable chrétien. 

Pierre nous dit dans ce passage que c'est la puissance de Dieu qui "nous a donné tout ce qui contribue à la vie et à la piété" (v. 3). Comment a-t-il fait cela? En se faisant connaître à nous. C'est pourquoi il est si important d'avoir une bonne connaissance de notre Sauveur, une connaissance qui n'est pas seulement intellectuelle, mais une connaissance de proximité, qui se trouve dans la prière et la lecture de sa Parole. Autrement nous ne serons pas mieux que ces églises modernes qui n'en finissent plus de bannir des passages de la Bible parce qu'ils les trouvent trop "offensants". Ces gens sont du monde, ils ne connaissent pas Dieu, et Dieu ne les connaît pas non plus. Car lorsque nous le connaissons vraiment, nous savons et acceptons qu'Il nous a appelés "par sa propre gloire et par sa vertu", auxquelles nous ne voudrions rien enlever ni modifier; ce sont des choses qui nous dépassent, elles sont trop saintes pour qu'un simple mortel ne s'y oppose au risque de se perdre.

Pierre poursuit au verset 4 en disant que c'est la gloire et la vertu de Dieu "qui nous assurent de sa part les plus grandes et les plus précieuses promesses, afin que par elles vous deveniez participants de la nature divine, en fuyant la corruption qui existe dans le monde par la convoitise". C'est pourquoi nous voyons tant de chrétiens faibles, chez qui il est difficile de trouver une différence d'avec le païen. Ils ne connaissent pas réellement Dieu, donc ils sont privé de Sa gloire et Sa vertu et ils peinent à fuir la corruption qui existe dans ce monde de convoitise. Ils sont privés de la force de Dieu; du courage qu'Il donne à Son peuple. 

Au verset 5, Pierre s'adresse à ceux qui ont une réelle relation avec Dieu, qui ont en vue les précieuses promesses qu'Il a faite aux saints, et, étant participants de la nature divine, il leur dit de ne pas s'en contenter, de ne pas rester là mais, comme le dirait Paul, "d'aller de gloire en gloire et de progrès en progrès". Il dit plus loin d'ajouter à la foi la vertu, à la vertu la science (ou la connaissance de la vérité et la volonté de Dieu), à la science la tempérance (la maîtrise de soi), à la tempérance la patience (qui est la soumission à Dieu en toute circonstances), à la patience la piété, à la piété l'amour fraternel, à l'amour fraternel la charité.

Ainsi, c'est par, et pour la gloire de Dieu que nous sommes appelés dans Son royaume, mais ça ne s'arrête pas là; Pierre nous dit de progresser, il faut que cette foi grandisse et qu'elle soit accompagnée d'œuvres qui prouvent que notre foi n'est pas vaine (Jacques 2:14; 17-18). Pierre dit d'y mettre du zèle (tous nos efforts); nous ne devrions jamais nous contenter de ce que nous sommes en Christ; un chrétien stagnant est un chrétien rétrograde! Il ne doit pas en être ainsi, il faut constamment aller de progrès en progrès (1 Thessaloniciens 4:1). Les enseignements de Paul dans ce chapitre rejoignent ceux de Pierre; Paul parle de progrès, et Pierre les nommes! 

Bien sûr, cela est impossible par nos propres forces, ça doit venir de Dieu, et Il le fera, si nous demeurons en Lui. C'est Lui qui, par Sa grâce, nous fait grandir en toutes ces choses qui donnent gloire à Son nom, en sorte que nous n'ayons toujours rien à nous glorifier. Nous ne sommes que de simples serviteurs obéissant, zélés pour Le servir, car nous savons que cela est bon pour nous, tout en glorifiant Celui qui nous a sauvé de nos péchés. 

Pierre dira ensuite: "Si ces choses sont en vous avec abondance, elles ne vous laisseront point oisifs ni stériles pour la connaissance de notre Seigneur Jésus-Christ". La stérilité ici serait semblable au figuier maudit par le Christ (Marc 11:13-14); si ces choses sont en abondance en nous, par l'action puissante du Saint-Esprit, nous ne serons pas stériles, nous porterons du fruit pour la gloire de Dieu. Lorsqu'une personne avance de progrès en progrès, de grâce en grâce, c'est la preuve qu'elle marche réellement avec Jésus et qu'Il la soutient. Il n'y a pas de oisifs dans le royaume de Dieu; chacun est appelé à grandir et à glorifier le Roi des rois, d'une manière ou d'une autre. Et Paul dira en Colossiens 3:17 : "Quoi que vous fassiez, en parole ou en œuvre, faites tout au nom du Seigneur Jésus, en rendant par lui des actions de grâces à Dieu le Père".  

Quelqu'un a dit que lorsque toutes ces vertus s'ajoutent à la foi, c'est comme des arbres majestueux qui poussent le long d'un courant d'eau, prouvant que là se trouve la vie. Est-ce que, dans ma vie, ces grâces s'ajoutent aussi les unes après les autres? Est-ce que j'avance de progrès en progrès? Comment savoir? "Car si ces choses sont en vous, et y sont avec abondance, elles ne vous laisseront point oisifs ni stériles pour la connaissance de notre Seigneur Jésus-Christ". Ces choses dans nos vies montrent que nous ne connaissons pas le Christ de manière intellectuelle seulement, mais que nous le connaissons personnellement comme notre Seigneur et Sauveur, comme le Roi et Maître de nos vies.

Que toute la gloire soit rendue à Dieu seul, Amen.

dimanche 7 septembre 2025

Le chrétien en armure complète, par William Gurnall, 28e partie

 

Êtes-vous vieux et ignorants ? Hélas, pauvres créatures ! Votre vie est dans son orbite, et cette bougie du Seigneur n'est pas allumée dans votre intelligence ! Votre corps s'incline vers la poussière, et la nature sonne le glas, comme si vous vous enfonciez dans les ténèbres, et vous, tel un homme qui s'enfonce dans les ténèbres, vous ignorez où la mort vous mènera ni où vous laissera. C'est comme si les infirmités de l'âge vous faisaient souhaiter que vos os reposent dans la tombe ; mais si vous mouriez dans cet état, vos pauvres âmes souhaiteraient même être de retour ici, avec leurs anciens fardeaux sur le dos! Les maux et les maladies de la vieillesse sont pénibles, mais les âmes damnées remercieraient Dieu de leur accorder un paradis tel que de pouvoir endurer ces souffrances pour échapper aux tourments de l'autre. 

Oh, réfléchissez avant de partir ! Moins vous avez de temps, plus vous devez vous efforcer d'acquérir la connaissance. On pourrait penser qu'il n'est pas nécessaire d'insister pour demander au pauvre prisonnier d'apprendre son livre, lui qui ne sait pas lire, quand il sait qu'il sera pendu s'il ne lit pas son verset. Ce n'est pas la simple connaissance des vérités de l'Évangile qui sauve, certes ; mais leur ignorance flagrante, assurément, damnera les âmes.

Êtes-vous pauvre ? Ce n’est pas votre pauvreté qui est votre péché ou votre misère, mais votre ignorance qui est votre partage. Si vous étiez pauvre en Dieu, riche en connaissance et en foi, vous seriez heureux; "Mieux vaut un enfant pauvre et sage qu'un roi vieux et insensé, qui ne veut plus être averti" (Ecclésiaste 4:13), oui, si heureux que si les princes du monde comprenaient bien leur véritable état, ils préféreraient porter vos vêtements, si loqueteux soient-ils, plutôt que de porter leurs propres robes! Il y a de meilleures choses pour vous au ciel, que vous revêtirez lorsque les leurs seront arrachés à leur honte. Vous ne serez pas alors troublé d'avoir été pauvre dans le monde ; mais cela les tourmentera d'avoir été si riches et si grands (devant les hommes), mais si pauvres devant Dieu et dans leur âme.

Êtes-vous riche ? Travaillez pour la connaissance du Très-Haut. Salomon possédait plus de trésors terrestres que mille d'entre vous, et pourtant nous le trouvons en prière, luttant avec Dieu pour la connaissance, 2 Chroniques 1:10. Toutes ces jouissances extérieures ne sont que des "coquilles de bénédictions", comme les afflictions sont des "coquilles de maux". Je crains que beaucoup d'hommes se croient privilégiés par leur grandeur terrestre, comme si Dieu était tenu de les sauver parce qu'ils sont riches. Hélas, messieurs, vous n'êtes pas si nombreux à vouloir venir. Je dois avouer qu'on tremblerait à l'idée du petit nombre de ceux qui, parmi les grands, seront sauvés. Peu de grands, peu de riches. Pourquoi si peu sauvés ? Parce que si peu possèdent la connaissance salvatrice. 

Ô l'athéisme, l'ignorance, la barbarie stupide que l'on trouve même chez ceux que le monde applaudit et adore, à cause de leurs terres et de leurs biens, et qui pourtant sont incapables de rendre compte de leur foi! Un pauvre chrétien en haillons leur fera honte et en catéchisera une centaine. Si le ciel s'achetait avec une maison et des terres, ces riches les enlèveraient aux pauvres disciples de Jésus-Christ ; ils ont toujours des centaines et des milliers de dollars à leur disposition pour un achat, mais cet argent n'est pas utile dans les échanges célestes. "La vie éternelle, c'est de te connaître, toi et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ."

Question. Mais comment une âme ignorante peut-elle accéder à la connaissance ?

Première réponse. Sois profondément affecté par ton ignorance. Certains sont aveugles, comme à Laodicée, et ne le savent pas (Apocalypse 3:17).  De même que l'ignorance aveugle l'esprit, l'orgueil est un voile devant leur ignorance, les empêchant de la reconnaître. Ceux-ci ont une si haute opinion d'eux-mêmes qu'ils prennent mal qu'on les voient tels qu'ils sont. Ceux-là sont les plus éloignés de la connaissance ; ils sont trop "bons" pour apprendre des hommes, comme ils le pensent, et trop mauvais pour être enseignés par Dieu. La porte d'entrée à l'école du Christ est basse, et ceux-ci ne peuvent s'abaisser. Le Maître lui-même est si humble et si bas qu'il n'enseignera pas un érudit orgueilleux. Deviens donc d'abord un insensé à tes propres yeux. Un homme plus sage que toi l'a avoué : "Je suis plus stupide que tous les hommes, et je n'ai pas l'intelligence d'un homme. Je n'ai pas appris la sagesse, et je n'ai pas la connaissance des choses saintes." (Proverbes 30:2, 3). Lorsque tu seras revenu à toi-même, que tu reconnaîtras et que tu rougiras de l'ignorance stupide de ton esprit, tu seras digne d'être admis à l'école du Christ. S'ils ont honte, alors montre-leur le modèle de la maison (Ézéchiel 43:10).

Deuxième réponse. Sois fidèle avec ce peu de connaissance que tu possèdes. Es-tu convaincu que ceci est un péché et que cela est un devoir ? Suis attentivement la lumière, tu ne sais pas ce que ce petit peu peut devenir. Nous avons l'habitude d'inculquer à nos enfants un peu de savoir au début, et nous l'accroissons à mesure qu'ils l'utilisent. Le royaume de Dieu naît de petits commencements. Dieu se plaint d'Israël, qui était stupide dans sa connaissance (Jérémie 10:14). Il ne dit pas "stupide dans son ignorance" ; s'ils avaient péché par ignorance, cela aurait été excusé, mais ils ont agi de manière stupide et déraisonnable, comme adorer des images taillées, malgré le fait qu'ils savaient qu'ils ne devaient pas le faire.

L'homme qui prostitue le peu de connaissance qu'il a au péché n'excellera pas en connaissance : "S'ils désobéissent, ils périront par l'épée, et ils mourront sans connaissance", Job 36:12. Une bougie, enfermée dans une lanterne obscure, s'éteint rapidement ; ainsi, la lumière est enfermée dans la conscience et ne peut être entendue dans la conversation. Ces païens accusés de détenir "la vérité dans l'injustice" (Rom. 1:18), la nouvelle suivante que vous apprenez d'eux est qu'ils sont devenus vains dans leurs imaginations et que leur cœur insensé a été enténébré (v. 21). 

Troisième réponse. Invoquez le trône de la grâce. Le meilleur étudiant en théologie est celui qui étudie le plus à genoux. La connaissance est un don divin ; toute lumière vient du ciel. Dieu est le Père de la lumière, et la prière place l’âme sous sa tutelle. Si quelqu’un manque de sagesse, qu’il la demande à Dieu. Celle-ci est plus que la simple connaissance ; la sagesse est là pour l’utiliser. L'étude peut faire de quelqu'un un grand érudit des Écritures, mais la prière fait un chrétien sage, car elle acquiert une connaissance sanctifiée, sans laquelle elle n'est pas un don parfait. Priez donc avec une humble audace. Dieu donne tout ce qu'on demande, et cela avec franchise et libéralité ; ne soyez pas comme un homme orgueilleux qui préfère faire honte à celui qui est faible par son ignorance plutôt que de se donner la peine de l'instruire. Votre requête est très agréable à Dieu. Souvenez-vous comment Salomon s'est empressé de saisir une telle occasion et promettez-vous le même succès.

L'école du Christ est une école libre ; il ne refuse aucun de ceux qui viennent à lui, aussi se soumettront-ils à ses ordres ; et bien que tous n'aient pas le même niveau de connaissance, il n'est pas nécessaire que tous soient comme Salomon en connaissance, bien que tous devraient être des Salomon par leur attitude. Pourtant, le plus humble disciple que le Christ envoie sera doté d'une connaissance salvatrice suffisante pour lui permettre d'entrer dans l'académie céleste. "Tu me guideras par tes conseils, et ensuite tu me mèneras à la gloire".

Quatrième réponse. Tu dois consacrer du temps à ta recherche assidue de la vérité. La vérité est profonde et il faut la creuser. Puisque l'homme a été chassé du paradis, il ne peut rien faire sans peine, sauf pécher (ce qui est sa faute), mais ce trésor de connaissance exige bêche et pioche. Il nous est demandé de "sonder les Écritures". Il est dit encore que "beaucoup courront çà et là, et la connaissance augmentera" (Daniel 12:4), métaphore tirée de ces marchands qui s'efforcent d'acquérir des terres, courent çà et là, d'abord dans un pays, puis dans un autre ; partout où ils entendent parler de quelque chose à acquérir, ils s'y rendent, même jusqu'aux extrémités de la terre.

Ainsi, l'âme doit courir d'un devoir à l'autre, lisant un moment, puis méditant sur ce qu'elle a lu, puis priant sur ses méditations et demandant conseil après tout. Que signifie ceci, et comment comprenez-vous cela ? (Ce n'est pas l'école d'Épicure, mais ses conversations qui ont fait de grands hommes). Une brève conversation avec le prédicateur apporte parfois plus de lumière que son sermon tout entier. Assurez-vous de parcourir tous les chemins de la connaissance dans votre démarche. Dans cette quête de connaissance, observez trois points. 

1. Le but que tu te proposes, c'est d'être pur et saint ; ne pas se contenter de savoir, comme le font certains qui travaillent pour la connaissance, comme beaucoup pour les domaines, et qui, une fois acquis, considèrent leurs idées comme leurs sacs d'argent, sans avoir le cœur d'utiliser leur savoir pour leur bien ou celui des autres ; c'est un mal cruel. La connaissance spéculative, comme Rachel, est belle, mais stérile. Ne pas être reconnu et admiré par les autres pour sa supériorité en connaissance sur ses frères; en vérité, c'est un but trop vil à atteindre en recherchant la connaissance, surtout celle de Dieu en Christ. Voir un païen étudier la philosophie pour acquérir des connaissances, puis consacrer tout son travail à ce marché et se croire récompensé par l'obtention du nom de sage, est, bien que vil, plus tolérable ; mais pour quelqu'un qui connaît Dieu et sait apprécier sa présence, de se contenter de la vaine approbation de l'homme misérable, c'est une folie. 

Regarde, tu voles plus haut que cela. Travaille à la connaissance, afin de craindre Dieu que tu connais. Ainsi David dit : "Enseigne-moi, ô Éternel, la voie de tes préceptes ; et je la garderai jusqu'à la fin" (Psaume 119:33). La Parole de Dieu est appelée une lumière à nos pieds, non pas pour que nos langues puissent simplement en parler, mais pour que nous puissions marcher avec! Efforce-toi d'y parvenir, non pas pour répandre ton propre nom, mais pour célébrer celui de Dieu. Comme David le promet, lorsqu'il comprendra les préceptes de Dieu, il parlera de ses œuvres merveilleuses, il en fera la renommée et incitera ainsi les autres à s'intéresser à Dieu.

2. Quand ton but est bien fixé, tu dois être constant dans tes efforts pour l'atteindre. Les mystères du Christ ne s'apprennent pas en un jour. Alors nous connaîtrons, si nous poursuivons notre chemin vers la connaissance du Seigneur, Osée 6:3. Certains sont de bonne humeur, peut-être, et ils lisent la Bible, un chapitre ou deux, puis la mettent de côté pendant une semaine, sans jamais la pratiquer davantage, comme ces garçons qui, s'ils sont à l'école un jour, font l'école buissonnière toute la semaine suivante ; est-il étonnant que de tels ne s'épanouissent pas dans la connaissance ? 

Voici un excellent discours de Bernard. Il dit: "L’étude de la Parole et sa lecture diffèrent autant que l’amitié de ceux qui conversent chaque jour avec amour, diffère de la connaissance que l’on a d’un étranger dans une auberge ou que l’on salue en passant dans la rue." Si vous voulez vraiment acquérir la connaissance, vous devez non seulement saluer la Parole de temps à autre, mais marcher avec elle et entrer en conversation quotidienne avec elle. Trois hommes, qui se tenaient aux côtés d'Abraham assis à l'entrée de sa tente, étaient réservés et étranges, jusqu'à ce qu'Abraham les invite dans sa tente et les accueille amicalement; ils se révélèrent être des anges (Genèse 18:2), et le Christ, qui était l'un d'eux (comme l'indique le nom de Yahvé, qui lui est donné dans plusieurs versets, et aussi ce qu'il a promis de faire à Sara (v. 10), commence à se révéler à Abraham et à lui révéler ses secrets. 

L'âme qui, plus que toute autre, connaîtra les secrets de Dieu dans sa Parole, ne la lira pas à la légère, ni ne la complimentera, à la porte de sa tente, mais désirera une plus grande intimité avec elle et la conservera donc en son âme par une méditation fréquente. David compare le mot "douceur" au miel et au rayon de miel. En effet, il est si riche qu'à la première lecture, une certaine douceur s'en échappe de temps à autre, mais celui qui ne l'approfondit pas par la méditation en laisse le plus de côté.

3. Assure-toi d'adopter le bon ordre et la bonne méthode. Les arts et les sciences ont leurs rudiments, ainsi que leurs notions plus difficiles à comprendre et plus profondes, et le bon point de départ est certainement d'en apprendre les principes. Nous disons qu'il est peu probable que celui qui n'a jamais été bon en grammaire fasse un bon érudit universitaire. Et ceux qui ne sont pas instruits des fondements du christianisme ne peuvent être de solides chrétiens. 

C'est l'absence de cela qui explique pourquoi beaucoup sont si inconstants. D'abord de telle manière, puis de telle autre, comme des verres soufflés dans n'importe quelle forme, comme les faux docteurs se plaisent à leur insuffler. Hélas ! Ils n'ont aucun point central sur lequel se baser pour tracer leurs lignes. Ne considérez pas comme une honte, vous qui avez sombré dans l'erreur et vous êtes perdus dans les labyrinthes de points profonds, qui sont maintenant le grand discours des plus faibles professeurs, d'être retardés pour mieux apprendre les premiers principes des oracles de Dieu. Trop nombreux sont ceux qui, comme le dit Tertullien dans un autre cas, sont plus soucieux de leur réputation que de leur salut ; ils ont plus honte d'être considérés comme ignorants que soucieux de la guérir.

Cinquième réponse. Si tu veux parvenir à la connaissance divine, attends-toi au ministère de la Parole. Quant à ceux qui négligent cela et ne viennent pas là où la Parole est prêchée, ils aiment qu'on tourne le dos au soleil pour le voir. Si tu veux connaître Dieu, viens là où il t'a destiné à apprendre. En effet, là où les moyens manquent, Dieu a des voies extraordinaires. Ainsi, s'il n'y a pas d'école en ville, un père enseigne son enfant à la maison, mais s'il y a une école publique, il l'y envoie. Dieu manifeste par nous, dit Paul, en tout lieu la saveur de sa connaissance (2 Corinthiens 2:14). Que les hommes parlent de l'Esprit comme ils veulent. Ils finiront par être trouvé éteigneurs de l'Esprit, c'est-à-dire méprisant la prophétie ; les deux sont étroitement liés, 1 Thessaloniciens 5:19,20 : N'éteignez pas l'Esprit. Ne méprisez pas la prophétie. Mais il ne suffit pas de se contenter des moyens. La triste expérience nous l'enseigne. Certains ne bronzent pas, ils gardent leur teint ancien sous la lumière éclatante et brûlante de la Parole prêchée, aussi ignorants et profanes que ceux qui n'ont jamais connu l'Évangile. Par conséquent, si vous voulez tirer un quelconque avantage spirituel de la Parole, prenez garde à la manière dont vous l'écoutez.

Sois un auditeur éveillé. Faut-il s'étonner qu'il quitte le sermon sans plus de sagesse qu'il n'y est venu, celui qui dort la plus grande partie, ou qui écoute un peu entre le sommeil et lorsqu'il est éveillé ? Ce doit être dans un rêve, assurément, si Dieu lui révèle quoi que ce soit à son esprit! C'est ainsi que Dieu a agi envers les pères d'autrefois, mais ce n'était pas comme s'ils dormaient profane sous une ordonnance. Ô, prends garde à une telle irrévérence. Celui qui se prépare à dormir, comme certains le font à un tel moment, ou celui qui n'en est pas profondément humilié, tous deux trahissent la basse estime qu'ils ont de l'ordonnance.

Tu ne penses sûrement pas grand chose de ce qui est annoncé, si cela ne te tient pas éveillé, pourtant, c'est un message de Dieu lui-même. Vois comme tu es réprimandé par l'attitude d'un païen, et d'un roi. Éhud dit simplement à Églon : "J'ai un message de Dieu pour toi", et il se leva de son siège, Juges 3:20. Et toi, tu t'affales sur ton siège pour dormir! Comment oses-tu faire un tel affront au grand Dieu ? Combien de fois t'es-tu endormi au dîner ou en racontant tes histoires ? Et la Parole de Dieu ne vaut-elle pas mieux que tout cela ? Je me demande si ces dormeurs durant le sermon rêvent d'autre chose que du feu de l'enfer. Il est dangereux, vous savez, de s'endormir avec une bougie allumée à nos côtés ; certains ont été brûlés dans leur lit, mais il est encore plus dangereux de dormir alors que la bougie de la Parole brille si près de nous. Et si vous sombriez raide mort comme Eutychus ? Il n'y a pas de Paul pour vous relever comme il l'a fait ; et si vous ne vous réveillez pas, où est votre sécurité ?

Tu dois être un auditeur attentif. Celui qui est éveillé, mais dont l'œil ou le cœur erre, que fait-il d'autre que de dormir les yeux ouverts ? Il vaudrait mieux que le serviteur dorme dans son lit, comme lorsqu'il est debout, sans se mêler des affaires de son maître. Lorsque Dieu veut une âme bienheureuse par la Parole, il l'incite à écouter attentivement ce qui lui est transmis, comme nous le voyons en Lydie, qui, dit-on, était attentive aux paroles de Paul ; et ceux en Luc 19:48 dont il est dit; "Le peuple était attentif à l'écouter." Ils s'accrochaient à lui, comme vous voyez des abeilles sur une fleur douce, ou comme des oisillons sur le bec de leurs mères qui les nourrissent, tel est l'âme qui recevra lumière et vie par la parole. "Écoutez, mes enfants, et soyez attentifs pour connaître l'intelligence", Proverbes 4:1.

Efforce-toi donc d'écouter la Parole pour fixer ton esprit vif, et applique-toi à écouter, comme Josaphat priait, dit-on, afin que, avant de partir, tu puisses enfoncer profondément dans ton cœur tes besoins spirituels, surtout de ton ignorance des choses de Dieu et de ton état déplorable qui en résulte : tant que le cœur n’est pas touché, l’esprit ne peut se fixer. Vous pouvez donc observer, dit-on, que Dieu ouvrit le cœur de Lydie, afin qu'elle soit attentive (Actes 16:14). 

L'esprit se détourne de la volonté ; nous consacrons nos pensées à ce que notre cœur nous propose. Si le cœur n'a pas conscience de son ignorance, ou ne désire pas Dieu, il n'est pas étonnant qu'il n'écoute pas ce que dit le prédicateur ; son cœur dirige son esprit ailleurs. "Ils sont assis devant moi comme mon peuple", dit Dieu, "mais leur cœur est porté par la convoitise. Ils ne viennent pas avec l'intention ou le désir d'entendre pour le bien de leur âme ; car alors ils se consacreraient entièrement à l'œuvre". Non, c'est leur convoitise qui les ronge. Tel un serviteur oisif, après avoir servi son maître et l'avoir conduit à son banc, il rejoint ses camarades à la taverne et ne revient plus avant la fin du sermon. 

Telles sont les pensées de la plupart des gens lorsqu'ils vont à l'office. Ils se faufilent dans la rue, au marché ou dans un magasin ; vous pouvez les trouver n'importe où, sauf à propos du devoir qui les attend, et tout cela parce que leur cœur est plus "important" que Dieu et à sa parole.

Tu dois être un auditeur attentif. Sans cela, le travail sera toujours à recommencer. Les vérités pour un auditeur oublieux sont comme un sceau apposé sur l'eau : l'empreinte ne dure pas plus longtemps que le sceau ; une fois le sermon prononcé, tout est perdu. Prends donc bien soin de graver ce que tu entends dans ta mémoire, afin de pouvoir…

1. Accueillir la vérité avec amour. Un auditeur affectueux ne sera pas un auditeur oublieux. L'amour aide la mémoire. "Une femme peut-elle oublier un enfant, une servante ses ornements, ou une mariée sa parure ?" Non, elles les aiment trop. Si les vérités de Dieu t'étaient si précieuses, tu y penserais avec David jour et nuit. Même lorsque le chrétien, par faiblesse de mémoire, ne peut se souvenir des mots qu'il entend, ni les répéter, il en conserve néanmoins la puissance et la saveur dans son esprit. Comme le sucre dissous dans le vin, on ne le voit pas, mais on peut le goûter ; quand on mange et digère la viande, on ne la retrouve pas telle qu'elle a été reçue, mais l'homme en est réconforté et fortifié, plus apte à marcher et à travailler qu'auparavant, ce qui permet de savoir qu'elle n'est pas perdue ; ainsi, vous pouvez goûter les vérités que le chrétien a entendues dans son esprit et les voir dans sa vie.

Si vous lui demandez quels étaient les détails du pasteur concernant la foi, la mortification, la repentance, etc., il ne pourra peut-être pas vous le dire. Pourtant, vous constaterez peut-être que son cœur est plus brisé par le péché, plus capable de s'appuyer sur les promesses et désormais sevré du monde. Comme cette dame qui répondit à quelqu'un qui revenait du sermon et lui demanda ce dont elle se souvenait, elle dit qu'elle ne se souvenait pas de grand-chose, mais qu'elle avait entendu des paroles pour lui faire comprendre qu'elle devrait réformer certaines choses dès son retour à la maison.

2. Médite sur ce que tu entends. David acquit ainsi plus de sagesse que ses maîtres. Observe quelle vérité, quel passage de l'Écriture s'est éclairé pour toi dans le sermon, plus qu'auparavant ; prends le temps de le méditer en secret et de te le rendre ainsi familier. La méditation est au sermon ce que la herse est à la semence : elle recouvre des vérités qui, autrement, auraient pu être cueillies ou balayées. Je crains que de nombreuses preuves soient rejetées lors d'un sermon, et qu'elles soient à peine présentées et examinées une fois le sermon terminé ; et si tel est le cas, vous faites croire aux autres que vous êtes de plus grands marchands de vos âmes que vous ne l'êtes en réalité. C'est comme si quelqu'un arrivait dans une boutique et déposait une grande quantité de marchandises de luxe, puis s'en allait sans jamais les réclamer. Oh, prenez garde à de tels agissements! L'hypocrite finit par se tromper lui-même.

3. Décharge ta mémoire de tout péché. Nous effaçons notre registre et effaçons ce qui y est griffonné, avant de pouvoir y écrire à nouveau. Il existe une telle contradiction entre les vérités de Dieu et tout ce qui est écume et péché, que l'une occulte l'autre. Si tu veux conserver l'une, tu dois abandonner l'autre.

dimanche 2 février 2025

Le chrétien en armure complète, par William Gurnall, 5e partie

 

L'efficacité de notre armure. Ce doit être toute l'armure de Dieu.

Observez la quantité ou la totalité de l'armures des saints, "toute l'armure de Dieu". L'armure du chrétien doit être complète, et cela à trois égards. D'abord, le chrétien doit être armé dans toutes les parties, l'âme et le corps, les pouvoirs de l'un et les sens de l'autre; pas de partie laissée nue. Une fléchette peut voler dans un petit trou, comme celle qui a apporté un message de mort à Ahab, à travers les orifices de son harnais, et Satan est un archer tel qu'il peut tirer à une largeur d'un sou. Si tout l'homme est armé, et seul l'œil ne l'est pas, Satan peut bientôt tirer ses boules de feu de la luxure à travers cette faille, qui mettra toute la maison en flamme.

Eve regarda mais l'arbre, et une fléchette toxique l'a frappée au cœur. Si l'œil est fermé et l'oreille est ouverte à la communication corrompue, Satan se tortillera bientôt à travers ce trou. Si tout les sens extérieurs d'un homme sont gardés, et que le cœur n'est pas maintenu avec toute diligence, il sera bientôt par ses propres pensées trahis entre les mains de Satan. Nos ennemis sont de chaque côté, tout comme notre armure doit l'être: "Par les armes offensives et défensives", (2 Corinthiens 6: 7). L'apôtre appelle péché l'ennemi qui nous entoure, (Hébreux 12: 1). S'il y a une partie de la ligne non gardée ou faiblement fournie, Satan y entre. Comme nous voyons souvent; l'ennemi entre dans la ville d'un côté, alors qu'il est rattrapé de l'autre, faute de soins pour garder le tout. 

Satan divise ses tentations en plusieurs escadrons, qu'il emploie pour agresser ici, un autre pour prendre d'assaut là. Nous lisons la méchanceté charnelle et la méchanceté spirituelle; tandis que tu repousses Satan te tentant charnellement, il est peut-être entré dans ta ville à l'autre porte de la méchanceté spirituelle. Peut-être que tu as gardé ton intégrité dans la partie pratique de ta vie; mais quelle armure as-tu pour défendre ta tête, ton jugement? S'il te surprends, te corrompant avec une erreur, tu ne tiendras pas longtemps dans ta pratique. Celui qui ne pouvait pas t'amuser à profaner le sabbat parmi les sensualistes et les athées, sous le déguisement d'un principe corrompu de liberté chrétienne, il réussira. 

Ainsi nous voyons ce que nous avons de l'armure universelle, en ce qui concerne chacune de ses parties.

Deuxièmement. Le chrétien doit être en armure complète, en ce qui concerne les plusieurs pièces et armes, qui composent toute l'armure de Dieu. En effet, il y a un enchaînement des grâces; Ils s'accrochent comme des liens dans une chaîne, des pierres dans une arche, membres du corps. Piquez une veine et le sang de tout le corps peut s'épuiser au écluse; négligez un devoir, et aucun autre ne nous fera aussi bien.

L'apôtre Pierre, dans sa deuxième épître, chapitre 1: 5-7, exhorte sur les chrétiens à un effort conjoint pour augmenter le corps entier de grâce. En effet, c'est la santé lorsque tout le corps prospère. "Ajouter," dit-il, "à votre vertu la foi." La foi est la grâce à la tête des fichiers. Eh bien, as-tu la foi? Ajoute-y la vertu. La vraie foi est d'une nature émouvante qui produit des œuvres; sans bonnes œuvres, c'est mort ou elles est mourante. Luther a dit que la foi se termine ou devient forte par les œuvres. Elles est maintenue par une vie sainte, comme la chair qui se blottit sur le cadre du corps de l'homme, bien qu'elle reçoit sa chaleur des signes vitaux à l'intérieur, mais aide à préserver la vie même de ces signes vitaux. Ainsi, de bonnes œuvres et des actions gracieuses ont leur vie de la foi, mais sont nécessaires pour préserver la vie de la foi; ainsi nous voyons parfois, l'enfant soignez les parents qui l'ont porté, et il y ne fait que son devoir.

Tu es fécond en bonnes œuvres, mais tu n'es pas hors de portée du diable, à moins que tu n'ajoutes à ta vertu, la connaissance. C'est la chandelle sans laquelle la foi ne peut pas voir pour faire son travail. Vas-tu faire l'aumône ? Si la charité n'a pas cet œil de la connaissance pour diriger le quand, le comment, le pourquoi et à qui tu dois donner, tu peux à la fois faire tort à Dieu, à la personne que tu soulages, ainsi qu'à toi-même. T'humilies-tu à cause de ton péché ? Par manque de connaissance dans la teneur de l'Évangile, Satan peut jouer sur ton ignorance, et soit te persuader que tu n'es pas assez humilié, alors, Dieu le sait, tu t'es presque baigné de larmes, et même emporté par le torrent impétueux de ta douleur dans le désespoir, ou soit te montrer ton visage pleurnichard; il peut te flatter jusqu'à une confiance charnelle en ton humiliation.

Peut-être vois-tu le nom de Dieu déshonoré dans le lieu où tu vis, et ton esprit est agité en toi, comme celui de Paul à Athènes ; or, si la connaissance ne siège pas en selle pour freiner et brider ton zèle, tu seras bientôt emporté par-dessus les haies et les fossés, jusqu'à ce que tu tombes dans un précipice ou en faire tomber un autre par ton action irréfléchie. La connaissance ne suffit pas non plus, si tu n'es pas armé de tempérance, qui ici, je le conçois, est cette grâce par laquelle le chrétien, en tant que maître de sa propre maison, ordonne ses affections, comme des serviteurs, à la raison et à la foi, de telle sorte qu'elles ne se déchaînent pas de manière démesurée dans les désirs, les soucis ou la joie du confort de cette vie, sans laquelle Satan sera trop dur pour toi.

L'historien nous dit que dans l'une des célèbres batailles entre les Anglais et les Français, ce qui a perdu les Français ce jour-là fut une pluie de flèches anglaises, qui ont tellement blessé leurs chevaux qu'elles ont mis toute l'armée en désordre, car leurs chevaux, ignorant les rangs, ont piétiné leurs propres hommes. Les affections ne sont que comme le cheval pour le cavalier, sur lequel la connaissance doit être montée ; si les flèches barbelées de Satan s'abattent sur eux, de sorte que les désirs de la créature ne soient pas maitrisés, et ne soient pas en harmonie avec tes désirs envers Christ. Si ton souci de conserver ton crédit ou ton patrimoine met en désordre ton souci de garder une bonne conscience, et que ta joie charnelle dans la femme et l'enfant piétine ou passe avant ta joie dans le Seigneur, juge de quel côté la victoire est susceptible de tomber.

Eh bien, supposez que vous marchiez jusqu'ici, bien paré, vers le ciel, tandis que vous nagez dans la prospérité; ne devez-vous pas aussi vous préparer à affronter les mauvaises conditions de route et de temps? Je veux dire, à vivre dans un état d'affliction ? Satan tapissera les haies de mille tentations, lorsque vous arriverez dans les sentiers étroits de l'adversité, où vous ne pourrez pas échapper à ce genre de tentation, comme dans la campagne de la prospérité. Peut-être, vous qui avez échappé au piège d'un monde séduisant, pouvez-vous être désarçonné par lui quand il se renfrogne ; bien que la tempérance vous ait empêché de vous enivrer du vin doux de ces plaisirs, par manque de patience, vous pouvez être ivre du vin de l'étonnement, qui est entre les mains de l'affliction ; c'est pourquoi, dit l'apôtre, "à la tempérance, ajoutez la patience". Soit vous vous enivrez dans la patience, soit un démon furieux du mécontentement vous possédera. Une âme impatiente dans l'affliction est un chaos dans les chaînes, oui, aussi semblable au diable dans ses chaînes qui se déchaîne contre Dieu, alors qu'il est enchaîné par Lui.

Eh bien, as-tu de la patience ? C’est une grâce excellente, certes, mais pas suffisante. Tu dois être un homme pieux aussi bien que patient. C’est pourquoi, dit l’apôtre, "à la patience, ajoute la piété." Il y a une patience athée et il y a une patience chrétienne pieuse. Satan engourdit la conscience de l’un, et il n’est donc pas étonnant qu’il ne se plaigne pas, car il ne ressent rien. Mais l’Esprit du Christ apaise doucement l’autre, non pas en supprimant le sentiment de douleur, mais en le surmontant par le sentiment de son amour. Or, la piété comprend tout le culte de Dieu, intérieur et extérieur. Si tu as une bonne morale, mais que tu n’adores pas Dieu, alors tu es un athée. Si tu adores Dieu, et cela avec dévotion, mais sans suivre la règle de l’Écriture, tu n’es qu’un idolâtre. Si tu es selon la règle, mais pas en esprit et en vérité, alors tu es un hypocrite et tu tombes dans la bouche du diable. Ou si tu donnes à Dieu une partie de son adoration et que tu en refuses une autre, Satan vient toujours à son marché. "Celui qui détourne son oreille pour ne pas écouter la loi, sa prière même sera une abomination", Proverbes 28:9.

Pourtant, chrétien, tu n’as pas revêtu toute ton armure. Ta piété suffirait, si tu vivais seul dans un monde ou si tu n’avais rien à faire d’autre qu’une communion immédiate avec Dieu. Mais, chrétien, tu ne dois pas toujours t’attarder sur cette montagne d’adoration immédiate et, puisque, lorsque tu descends, tu as beaucoup de frères et de serviteurs de ton Père qui vivent avec toi dans la même famille, tu dois te comporter convenablement, sinon ton Père sera en colère. Tu as des frères, héritiers de la même promesse que toi, c’est pourquoi tu dois ajouter à la piété la "bonté fraternelle". Si Satan peut vous mettre en désaccord, il porte une blessure profonde à votre piété. Tu ne rejoindras guère les cœurs dans un devoir, si tu ne peux joindre les mains dans l’amour. Dans la famille, il n'y a pas seulement des frères, mais des serviteurs, une multitude de profanes charnels qui, bien qu'ils n'aient jamais eu le nom de fils ou de filles, restent néanmoins dans la famille de Dieu. Et ton Père céleste veut que tu marches sans reproche, oui de bonne manière, envers ceux qui sont à l'extérieur. Ce que tu peux faire, tu dois ajouter à la bonté fraternelle, la "charité" ; par cette grâce, tu seras prêt à faire du bien aux pires des hommes.

Quand ils te maudissent, tu dois prier pour eux, oui, prier pour rien de moins qu'un Christ, un ciel pour eux. "Père, pardonne-leur", dit le Christ, tandis qu'ils lui transperçaient le côté pour récupérer le sang de son cœur. Et en vérité, je suis persuadé que cette dernière pièce d'armure a donné à Satan un grand avantage en ces temps-ci, nous avons tellement peur que notre charité soit trop large! Alors que dans ce sens, si elle n'est pas aussi large que le monde, elle est trop étroite pour le commandement qui nous ordonne de "faire du bien à tous". Ne pouvons-nous pas être accusés, nous les ministres, de manquer de cela, alors que l'effort de notre prédication est uniquement dirigé vers les saints, et qu'aucune peine n'est prise pour sauver les pauvres âmes captives des griffes du diable ? Il peut les entraîner en enfer sans être dérangé, pendant que nous réconfortons les saints et prêchons leurs privilèges, mais en attendant, que les ignorants restent ignorants et les profanes restent profanes, faute d'une charité compatissante pour leurs âmes, qui nous inciterait à les reprendre et à les exhorter, afin qu'ils soient aussi amenés dans le chemin de la vie, ainsi que les saints qui y marchent, encouragés. 

Nous sommes des intendants pour fournir du pain pour la maison du Seigneur. La plupart de nos auditeurs ne peuvent pas, ne doivent pas avoir le pain des enfants, et ne leur en donnerons-nous donc aucune part ? La charité du Christ a pitié de la multitude, à laquelle il s'adressait spécialement dans sa prédication publique, comme dans ce célèbre sermon, dont la plupart visait à entraîner les consciences endormies des pharisiens hypocrites, par ces avertissements de malheurs et de malédictions si souvent lancés contre eux. Encore une fois, Satan n'a-t-il pas un grand avantage dans le manque de charité dans nos familles? N'est-il pas observé à quel point les professant prennent peu de soin d'instruire leur jeunesse?

Non, c'est un principe que certains ont accepté, que n'est pas leur devoir. Oh, où est leur charité quand ils peuvent voir Satan se retrouver dans leur propres murs, et le laisser conduire un enfant, un serviteur, dans leur ignorance jusqu'en enfer, sans un mot de réprimande ou d'instruction, pour sauver ces âmes idiotes de la main de la mort? Nous devons les laisser à leur liberté, et c'est tout ce que nous pouvons donner au diable. Donnez à cette nature suffisamment de cette corde, et elle étranglera bientôt les principes mêmes de Dieu et de la religion au cours de leurs années tendres.

Troisièmement. L'armature de l'armure du saint peut être prise non seulement pour chaque partie et pièce de la sainte armure, mais pour l'exhaustivité et la perfection de chaque pièce. Comme le chrétien doit s'efforcer d'obtenir toutes les grâces, il doit également s'efforcer d'obtenir le progrès et l'augmentation de chaque grâce, jusqu'à la perfection même. De même qu'il doit ajouter à sa foi la vertu, il doit donc ajouter la foi à la foi; il doit toujours compléter sa grâce. C'est une fréquente exhortation aux croyants. "Soyez parfait, comme votre père qui est au paradis est parfait", (Mattheu 5:48). "Soyez purs, comme Dieu est pur." Nous avons là une copie exacte, non pas comme si nous pouvions égaler cette pureté et cette perfection qui sont en Dieu, mais pour nous faire faire davantage d’efforts, et lorsque nous verrons à quel point nous sommes infiniment loin de ce que nous devons copier, nous écrirons de note écriture la plus belle ; "Que la patience accomplisse parfaitement son œuvre, afin que vous soyez parfaits et complets, sans faillir en rien", Jacques 1 :3-4.

Toi qui, avec peu de patience, te donne la peine de porter un petit fardeau, tu succomberais à un plus grand fardeau. Il est donc nécessaire que la patience se perfectionne sans cesse, de peur de finir par se retrouver avec un fardeau trop lourd pour nos faibles épaules. Nous verrons quelques raisons pour lesquelles le chrétien devrait ainsi compléter sa grâce. (à suivre)

dimanche 3 mars 2024

Le confort et la ruine

Est-ce le temps pour vous d'habiter vos demeures lambrissées, quand cette maison est détruite? Aggée 1:4.

Ce cri du cœur de Dieu pourrait bien s'appliquer à Son peuple de nos jours. Est-ce le temps pour nous de chercher le confort à tout prix alors que tant des Siens sont encore perdus; tandis que tant de petits souffrent à cause des péchés des adultes impénitents? Nous avions ici un peuple qui s'enorgueillissait d'habiter dans des demeures richement décorées, tandis que le temple était en ruine. Cela ne nous met-il point en garde contre le fait d'être des chrétiens charnels, vivant sans aucune crainte de Dieu mais se réclamant de Son nom? Nous sommes trop nombreux à avoir perdu le vrai sens de la prière; nous demandons des biens matériels à Dieu, la santé jusqu'à la fin de nos jours, mais qu'en est-il de nos intercessions pour ceux qui souffrent, et ceux qui ne sont pas encore rentrés au bercail? 

"Considérez attentivement vos voies", poursuit-Il aux versets 5 et 7. "Vous semez beaucoup, et vous recueillez peu, vous mangez, et vous n'êtes pas rassasiés, vous buvez, et vous n'êtes pas désaltérés, vous êtes vêtus, et vous n'avez pas chaud, le salaire de celui qui est à gage tombe dans un sac percé". "Considérez vos voies", parce que les voies que nous choisissons mènent forcément quelque part. Il y a une conséquence à nos choix; une moisson pour chaque chose que nous semons. Proverbes 6:27 nous pose la question: "Quelqu'un mettra-t-il du feu dans son sein, sans que ses vêtements s'enflamment? Quelqu'un marchera-t-il sur des charbons ardents, sans que ses pieds soient brûlés? Nous lisons encore en Proverbes 16:25 : "Telle voie paraît droite à un homme, mais son issue, c'est la voie de la mort". Considérons nos voies. 

Semer beaucoup, mais en vain, représente le fait de connaître la Parole, mais de ne pas la mettre en pratique, et ainsi, de ne pas porter de fruits. Manger et ne pas être rassasié, c'est de lire la Parole, mais chercher dans les choses du monde ce qui pourrait nous combler. Qu'il n'en soit pas ainsi! Considérons comment les justes agissent; Psaume 36:8 : "Ils se rassasient de l'abondance de ta maison, et tu les abreuves au torrent de tes délices". Pourquoi? Parce qu'ils lisent et entendent la Parole, et la mettent en pratique. Ils aiment la vérité, ils ne cherchent pas le confort dans les choses de ce monde, qui sont appelées à disparaître; ils aiment les choses de Dieu; ils aiment ce qu'Il aime, et ils haïssent ce qu'Il haït. "Car auprès de toi est la source de la vie, par ta lumière nous voyons la lumière". 

Auprès de Dieu est la source de la vie. Jésus dira en Matthieu 16:24 que "ceux qui veulent Le suivre n'ont d'autre choix que de renoncer à eux-mêmes". Mais en retour, ils sont comblés de toutes sortes de bénédictions dans les lieux célestes (Éphésiens 1:3). Parce que notre Seigneur Jésus nous suffit. Sa parole est plus qu'assez pour nous rassasier, nous n'avons pas besoin d'habiter "des demeures lambrissées" pour être comblés; nous amassons bien plus dans les lieux célestes en Jésus-Christ! Il nous a élus "pour que nous soyons saints et irrépréhensibles devant Lui (Éphésiens 1:4). 

C'est pourquoi Il dit encore en Aggée 1:7 : "Considérez vos voies". Et Il poursuit au verset 8 en disant: "Apportez du bois, et bâtissez la maison, j'en aurai de la joie et je serai glorifié, dit l'Éternel". À cette époque, la négligence envers le Temple était une évidence de négligence envers Dieu. De nos jours, c'est la négligence dans l'obéissance et la discipline spirituelle; dans l'aide à apporter aux pauvres (parce qu'à chaque fois que nous donnons un verre d'eau à l'un de ces petits, c'est au Seigneur que nous le donnons), dans la prière et les supplications, et ainsi de suite. Ce sont toutes des choses normales pour les véritables chrétiens, aussi normales que de respirer, parce que, ce que Dieu désire par dessus tout, c'est notre cœur. Dieu prend plaisir en ceux qui Le servent d'un cœur tout entier; Il peut manifester Sa puissance et Sa gloire dans la vie, et à travers la vie de telles personnes qui Lui sont totalement consacrées. 

N'oublions pas ceci; nous devons être le temple du Dieu vivant! Nous n'avons pas à apporter de bois pour reconstruire un autel ou une église; apportons simplement notre zèle de Lui obéir et de Le servir, coûte que coûte, et Il glorifiera Son nom dans notre vie, et nous serons une bénédiction pour d'autres personnes. Il est rassasié et ne manque de rien celui qui se confie en l'Éternel! 

Alors Seigneur, aide-nous à bien compter nos jours, à ne jamais regarder ailleurs si nous voyons quelqu'un dans le besoin, qu'il soit corporel, matériel ou spirituel. Seigneur Jésus-Christ, ne me laisse jamais endurcir mon cœur devant toute la souffrance qui sévit dans le monde. Aide-moi à rester éveillé spirituellement et à prier en tout temps; ça va tellement mal dans le monde. Tu es la raison de mon espérance; je veux que chacune de mes respirations Te rendent honneur, louange et gloire, en attendant le bienheureux jour où je pourrai Te louer pour l'éternité, en présence de tous les saints. Amen. 

dimanche 7 janvier 2024

La connaissance ne suffit pas

La connaissance enfle, mais la charité édifie (1 Corinthiens 8:1).


Nous trouvons ici une exhortations à ne pas sombrer dans l'orgueil parce que nous avons une connaissance théologique de Dieu. L'important n'est pas la connaissance, mais la relation que nous avons avec Lui. En effet, nous connaissons beaucoup de personnes sur la terre, mais avec la majorité d'entre elles, nous ne maintenons aucune relation que ce soit. Plusieurs personnes se vantent d'avoir beaucoup d'amis sur internet, mais dans la vie, elles sont seules au monde. C'est pareil avec Dieu. Nous pouvons le connaître parce que nous en avons entendu parler; nous pouvons avoir lu la Bible et avoir ainsi une connaissance plus approfondie de Lui, mais si nous ne maintenons aucune relation avec Lui par la prière et la mise en pratique de Sa parole, avec l'aide du Saint-Esprit, nous nous contentons de peu. 


L'apôtre Paul exhortait les Corinthiens de ne pas se contenter de savoir certaines choses concernant le culte des idoles. Parce que, nous l'avons dit, cela n'est pas suffisant de connaître superficiellement, parce que ça mène à l'orgueil. L'orgueil d'un homme l'égare loin de la face de Dieu, et ultimement, le perd. Nous devons au contraire être humbles et connaître les choses de Dieu en profondeur, au point d'en être imprégnés et que cela change notre conduite d'une manière radicale, pour la gloire de Dieu. 

L'apôtre Paul sait de quoi il parle lorsqu'il exhorte ainsi les Corinthiens. En Philippiens 3:6, il se décrit en disant qu'il était, avant sa conversion, "irréprochable à l'égard de la justice de la loi". Il dit donc ici qu'il connaissait non seulement la loi de Dieu, mais qu'il faisait tout en son pouvoir pour l'observer de manière stricte et rigoureuse, et en cela, il ne semblait y avoir personne pour affirmer le contraire. Mais il poursuit immédiatement au verset 7 en disant: "Ces chose qui étaient pour moi des gains, je les ai regardées comme une perte, à cause de Christ". À cause de Christ, il a compris que toute connaissance qu'il avait des choses de Dieu n'étaient que superficielles, et qu'en réalité, il ne connaissait même pas Dieu. Pourquoi? Il ne croyait pas en Jésus. 

Jésus n'a-t-il pas dit que "celui qui l'a vu a vu le Père"? Nous ne parlons évidemment pas ici de la vision des choses physiques, mais spirituelles. L'enseignement de Jésus est ce qui nous fait connaître le Père, et c'est aussi ce qui nous conduit à Lui pour recevoir le pardon de nos péchés et le don de la vie éternelle. Et qu'elle est l'une des premières choses que Dieu nous donne lors de notre conversion? L'amour. L'amour pour notre Dieu qui nous a délivré du pouvoir du péché et de la mort; l'amour pour la vérité; l'amour pour la Parole; l'amour pour notre prochain. Nous voyons tout cela dans la vie de l'apôtre Paul, qui transpirait pourtant la haine à l'égard des chrétiens quelques heures encore avant sa conversion. Et le voici totalement transformé, prêt à renoncer à sa propre vie si cela pouvait permettre d'en sauver quelques uns (Actes 20:24).       

Que dit-il donc en 1 Corinthiens 8:1 ? Que la connaissance enfle, mais que la charité, ou l'amour, édifie. L'amour édifie non seulement celui ou celle qui en est rempli, mais aussi les gens autour. L'apôtre Paul parle dans ce verset de viande sacrifiée aux idoles, et c'est tout le contexte de ce chapitre, mais cela pourrait s'appliquer à n'importe quel aspect de nos vies. Notre connaissance de certaines choses de Dieu ne devrait jamais nous rendre insouciants de la conscience des autres, mais au contraire, par amour pour Dieu et pour ceux que Jésus a donné Sa vie (pour les sauver), nous devons associer cette connaissance avec la justice de Dieu; avec des pensées pures, celles qui étaient en Jésus-Christ lorsqu'Il était sur la terre. 

Nous devrions donc comprendre notre verset d'ouverture comme suit: "La connaissance ne suffit pas; ne vous laissez pas guider par elle, mais au contraire, soyez remplis d'amour les uns pour les autres". Jésus le déclare ainsi en Jean 13:34: "Aimez-vous les uns les autres; comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres". Notre vie devrait être guidée par ce principe simple: ce que je fais; ce que je dis; cela édifie-t-il mon prochain? Quel exemple suis en train de donner à ceux qui sont faibles dans la foi? Suis en train d'utiliser cette connaissance que j'ai pour en faire trébucher, ou plutôt suis-je à les édifier, par une conduite exemplaire? N'est-il pas écrit qu'en toutes choses, nous devons glorifier Dieu (1 Corinthiens 10:31)? 

L'amour pour Dieu; l'amour pour notre prochain est ce qui doit guider notre conduite, et non pas une simple connaissance, tout en étant éloigné de Dieu. C'est pourquoi Paul dira au verset 9: "Prenez garde que votre liberté ne devienne une pierre d'achoppement pour les faibles"; c'est-à-dire pour ceux qui n'ont pas encore cette connaissance que nous avons de certaines choses de Dieu. Il poursuit au verset 10, disant: "Car, si quelqu'un te voit, toi qui a de la connaissance, assis à table dans un temple d'idoles, sa conscience, à lui qui est faible, ne le portera-t-elle pas à manger des viandes sacrifiées aux idoles"? Donc, si quelqu'un te voit, toi qui a de la connaissance, en train de faire quelque chose que lui croit être un péché, cela ne risque-t-il pas de le porter à pécher contre sa conscience? 

"Si, pour un aliment" (ou une action), ton frère est attristé, tu ne marches plus selon l'amour: ne cause pas, par ton aliment (ou par tes actions), la perte de celui pour lequel Christ est mort. Que votre privilège (ou votre connaissance) ne soit pas un objet de calomnie" (Romains 14:15-16). Et il ajoutera au verset 22: "Heureux celui qui ne se condamne pas lui-même dans ce qu'il approuve". "Car le royaume de Dieu n'est pas une affaire de manger ou de boire, ou de toute autre affaire terrestre, mais la justice, la paix, la joie par le Saint-Esprit" (Romains 14:17). Et il poursuivra au verset 19 en disant: "Ainsi donc, recherchons ce qui contribue à la paix et à l'édification mutuelle".

Tiens donc. Il revient encore ici avec l'édification. Remarquons aussi qu'il est beaucoup question de l'amour et de faire attention à ce que nous faisons devant notre prochain dans ce passage de Romains 14. Encore une fois, parce que cette connaissance que nous avons des choses de Dieu devrait être éclairée par l'amour, par Son amour, et que Son amour ne fera jamais rien pour faire tomber nos frères et sœurs dans la foi, mais au contraire, l'amour nous conduira à chercher le bien de notre prochain et à éviter à tout prix ce qui lui ferait du tort. Quelqu'un a dit que "celui qui est guidé par le véritable amour ne risque pas beaucoup de s'égarer ou de nuire à la cause de Dieu auprès d'un frère". 

Et comme cela est vrai! Si nous sommes guidés par l'amour, nous ne laisserons pas ce que nous considérons être juste être un objet de chute ou d'égarement pour quiconque, mais plutôt, nous nous en abstiendront, par amour pour Dieu et pour leur âme. Nous n'utiliserons pas notre liberté chrétienne produire des querelles ou du désordre, ou donner l'occasion aux païens de médire du beau nom de Christ. 

Parce que la connaissance seule enfle l'orgueil, mais que l'amour avec la connaissance édifie. Parce que la connaissance seulement peut conduire à l'égarement, mais l'amour et la miséricorde de Christ triomphe de toutes choses. Parce que le royaume de Dieu ne consiste pas en ces libertés que je prétend avoir d'agir de telle ou telle manière ici-bas, mais est une affaire de justice, de paix et de joie dans le Saint-Esprit. Laissons-nous guider par Lui, et Il nous empêchera d'être une pierre d'achoppement ou un mauvais exemple pour quiconque. Vivons d'une manière juste devant Dieu, et non pas en gardant simplement les apparences extérieures de la foi. Que le but de notre vie soit de vivre selon la volonté et le cœur de Dieu, et Il nous conduira certainement sur la voie que nous devons suivre pour le glorifier ici-bas devant les hommes. Il renouvellera complètement ce mode de pensée que nous avons qui nous conduit à ne penser qu'à nous-mêmes, et Il nous donnera un cœur disposé pour le servir et Lui obéir, jusqu'au jour bienheureux où Il nous rappellera auprès de Lui.

Que le Seigneur de toute grâce et de toute sagesse nous conduise dans toute la vérité, Amen.  

dimanche 30 avril 2023

Une pauvre machine

Heureux vous qui êtes pauvres, car le royaume de Dieu est à vous (Luc 6:20).


Il y a bien des années, j'ai acheté une voiture d'occasion qui ne m'a apporté que des ennuis. J'ai cru le propriétaire quand il m'a dit qu'elle était en excellent état, et que le bruit de moteur que j'avais entendu n'était qu'un petit claquement de piston sans danger. Le lendemain, j'ai découvert que je m'étais fait rouler. Deux semaines plus tard, le moteur s'est détruit lui-même. J'ai fait installer un nouveau moteur, mais je n'ai pas cessé d'avoir des problèmes avec cette voiture tant que je l'ai eue.

C.S. Lewis a écrit quelque chose qui me rappelle cette vieille voiture. Il a dit que les chrétiens traversent la vie en essuyant bien des coups. Certains sont empoisonnés par une mauvaise éducation, ou collés avec des besoins contre nature, ou tourmentés à chaque instant par un complexe d'infériorité. "Si cela vous décrit, dit Lewis, ne désespérez pas. Vous faites partie des pauvres que Jésus dit être heureux. Il sait combien pauvre est la machine que vous essayez de conduire. Un jour, Il va la jeter sur un tas de ferraille et vous en donner une nouvelle. Alors vous nous étonnerez tous, car vous avez appris à conduire à la dure école". 

Les gens que Jésus décrit comme "pauvres" et "heureux" sont ceux que les circonstances poussent continuellement à dépendre du Seigneur. Voilà une bien bonne nouvelle pour tous ceux parmi nous qui doivent traverser la vie dans une "pauvre machine".  

Auteur inconnu