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dimanche 18 janvier 2026

L'Esprit dans nos faiblesses

 

"De même aussi l'Esprit nous aide dans notre faiblesse, car nous ne savons pas ce qu'il nous convient de demander dans nos prières" (Romains 8:26). 


Le Saint-Esprit, qui habite dans les vrais chrétiens, est bien sûr celui qui nous aide en toutes circonstances. Il arrive en effet que des circonstances de la vie nous atteignent et que, pour un moment, il semble que nous ne sachions plus où nous tourner pour avoir de l'aide. Et l'Esprit commence doucement à nous rappeler que notre Père céleste est là, qu'Il nous aime et qu'Il prend soin de nous. Nous ne le voyons pas toujours, mais dans nos faiblesses, Il intervient, parfois même de manières miraculeuses. Et toujours, selon Son plan, lorsque cela se manifeste clairement, nous ne pouvons faire autrement que de Lui rendre gloire.  

Notre Père céleste est tellement miséricordieux! Il nous soutient, Il nous encourage, Il nous console, Il nous édifie; tel un enseignant avec ses élèves, Il utilise chaque circonstances pour nous apprendre à Lui faire davantage confiance, mais aussi pour nous épurer, car Son but est toujours de nous rendre semblabe à Christ. En toutes ces choses, nous apprenons à être reconnaissants, à remercier en tout temps, et bien sûr, nous apprenons la persévérance dans la prière, ainsi que l'intercession les uns pour les autres.


Merci Jésus, merci pour ta patience et pour ta bonté, pour ta miséricorde et pour ton amour. Merci parce que Tu es un Dieu inchangé, qui ne changera jamais. Ta gloire, Ta puissance ne sera jamais remise à aucun autre; merci de m'aider à m'effacer afin que Tu prennes toute la place. Merci de glorifier Ton nom dans ma vie en l'utilisant comme témoignage de Ton royaume. Merci pour tant de bonté, pour Tes miracles et pour Ta main puissante, merci mon Dieu pour tout ce que Tu as fait dès la fondation du monde; Ta majesté est visible et se manifeste de tant de manières qui nous échappent. 


Apprends-moi à prier selon Ton coeur, apprends-moi à délaisser le naturel pour m'accrocher à Toi, simplement, comme un enfant s'accroche à son parent avec une confiance absolue. Encore une fois Seigneur Dieu, je viens devant Toi pour tous ceux qui te servent et qui souffrent ou sont persécutés; merci parce que Tu les vois. Merci parce que rien ne Te surprend, Tu es souverain et dans Ta sagesse infinie, Tu n'as pas été pris par surprise par ce qui leur arrive. Merci encore une fois pour Tes promesses, car elles sont vraies. Merci de veiller sur eux, car ils se confient en Toi et il est dit dans Ta parole que Tu es le secours et le bouclier de ceux qui placent leur confiance en Toi. Il est dit que Tu bénis ceux qui Te craignent, et Tu ne ment pas; Tu ne Te repent pas de Ta parole, mais Tu l'accomplis!


Seigneur Dieu, c'est par Tes bontés que l'on jouit de la vie, c'est par Toi que nous respirons. Merci encore de cette promesse que nous ne serons pas tentés au-delà de ce que nous pouvons supporter. Merci parce que Ta main repose sur eux, merci de préserver leur foi et de les protéger de toute souffrance, merci de Te glorifier dans leur vie, parce que ce ne sont pas les morts qui Te célèbrent, mais les vivants! Les morts n'espèrent plus en Ta fidélité, tandis que les vivants tournent les regards vers Toi, d'où vient le secours au temps de la détresse. Merci encore d'accorder paix et repos à Tes serviteurs; merci de Te glorifier en eux, à cause de ta bonté et de ta fidélité! Oui, Ta bonté est de toute éternité, et Tu fais toutes choses bonnes, à cause de Ton nom. 

Merci Père éternel, de ce que nous pouvons, dans toute notre imperfection, mais à cause de Jésus et de ce qu'Il a accompli à la croix, nous présenter devant Toi dans la prière et les supplications, sachant que Tu réponds toujours à ceux qui ont le cœur aligné sur le Tiens, s'attendant à Toi pour l'accomplissement de Ta sainte volonté. Je béni Ton nom Seigneur Dieu, merci d'être avec nous dans les bons et les mauvais moments. Maintenant et à jamais, je veux Te louer et T'adorer, ô Dieu, parce que Tu fais et Tu feras toutes choses bonnes, selon Ton plan et Ta volonté parfaite, par le puissant nom au-dessus de tout autre nom, Jésus, mon Seigneur et Sauveur, amen.

dimanche 11 janvier 2026

Le chrétien en armure complète, par William Gurnall, 40e partie

 

Instructions pour le rétablissement de la grâce déclinante.

Nous venons maintenant donner quelques conseils au chrétien, pour lui montrer que, lorsqu'il se trouve dans une période de déclin, il peut se relever. Scrute fidèlement la cause de ton déclin. L'armure du chrétien s'use de deux manières : soit par une violente épreuve, lorsqu'il succombe aux tentations du péché, soit par négligence, en l'imprégnant de ce qui est comme l'huile pour la garder propre et brillante. Demande-toi donc laquelle de ces causes a été celle de ton déclin. Il semble que les deux soient en jeu.

Première directive : Si ta grâce est affaiblie par un coup porté par un péché que tu as commis, il t’incombe alors d’un triple devoir pour la recouvrer.

1. Tu dois renouveler ta repentance. C'est le conseil du Christ à Éphèse, dans Apocalypse 2:5 : "Repentez-vous et reprenez vos premières œuvres", où ce n'est pas seulement un commandement, mais aussi un moyen de se racheter ; comme s'il avait dit : "Repentez-vous, afin de pouvoir reprendre vos premières œuvres." Ainsi, dans Osée 14:2, le Seigneur exhorte Israël, qui s'est éloigné de lui, à cette même œuvre, lui disant : "Prends des paroles et reviens au Seigneur." Au verset 4, il lui dit ensuite qu'il les prendra en main pour les ramener de leurs péchés : "Je guérirai leurs infidélités." 

L'âme repentante a la promesse de la guérison. Aussi, chrétien, sonde ton cœur comme tu sonderais ta maison, comme si un voleur ou un meurtrier s'y cachait pour te trahir la nuit. Lorsque tu auras découvert le péché qui t'a causé du tort, efforce-toi d'en être rempli de honte et d'indignation, et laisse libre cours à ton chagrin. Confesse-le au Seigneur dans une confession déchirante. Mieux vaut agir ainsi que laisser Satan accomplir cette mission (en t'accusant) auprès de Dieu à ta place.

2. Lorsque tu auras renouvelé ta repentance, n'oublie pas, ne tarde pas, à renouveler ta foi en la promesse du pardon. La repentance est comme un remède purificateur qui évacue l'humeur pécheresse, mais si la foi ne vient pas aussitôt avec son pouvoir régénérateur, la pauvre créature ne retrouvera jamais courage ni force. Une âme peut mourir d'un flot de chagrin autant que du péché. La foi a une vertu incarnée, comme on le dit d'un aliment fortifiant ; elle se nourrit de la promesse, et celle-ci "est parfaite, restaurant l'âme" (Psaume 19:7). 

Même si tu n'étais plus que peau et os, toutes tes forces épuisées, la foi ne tarderait pas à te rattraper et permettrait à chaque grâce d'accomplir son œuvre avec joie. De la paix découle la joie : "Justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu" (Romains 5.1) ; et : "Nous nous réjouissons dans l’espérance de la gloire" (verset 2) ; et la joie donne la force : "La joie du Seigneur est notre force."

Appuie ces deux choses par un effort quotidien pour mortifier les désirs qui l'emportent le plus sur ta grâce. Les mauvaises herbes ne doivent pas prospérer avec les fleurs. Lorsque la grâce n'agit pas avec vigueur et liberté, concluez qu'elle est opprimée par quelque convoitise contraire, qui alourdit son esprit et le rend lourd, tout comme les humeurs superflues alourdissent l'esprit naturel de notre corps, de sorte que nous avons peu de joie à agir ou à vaquer à nos occupations jusqu'à ce qu'elles soient évacuées. 

C'est pourquoi, consacrez-vous à cette tâche avec assiduité ; ce n'est pas un travail d'un jour ou deux par an, comme la médecine au printemps et à l'automne ; rien n'est plus vain que de s'agiter, comme le font les catholiques pendant le Carême, ou comme certains croyants imprudents parmi nous, qui semblent s'agiter avant un sacrement ou un jour de jeûne avec un grand zèle, pour ensuite laisser ces mêmes désirs vivre paisiblement en eux toute l'année. 

Non, c'est un jeu d'enfant que de faire et de défaire ; tu dois mortifier quotidiennement tes convoitises par l'Esprit (Romains 8:13). Poursuis cette œuvre avec conscience, dans ta vie chrétienne, en t'y efforçant aussi constamment que le travailleur se rend chaque jour à son champ, afin de veiller sur ton cœur et d'utiliser tous les moyens pour y découvrir le péché, et dès qu'il se manifeste, de t'en humilier et de l'extirper à la racine avec cette hache de mortification et tu verras, par la bénédiction de Dieu, le changement positif qui s'opérera dans la constitution de ta grâce.

Toi qui es si pauvre, si pâle, que tu crains de contempler longtemps ton propre visage dans le miroir de ta conscience, tu pourras alors méditer avec joie sur ta conscience et oser te parler à toi-même sans ces effrois et ces craintes qui t'épouvantaient auparavant. Ta grâce, même si elle ne sera pas ta joie, sera ton témoignage pour le Christ, en qui elle réside, et te conduira avec hardiesse à te réclamer de lui ; tandis que le chrétien dépravé, dont la grâce est envahie par les convoitises, faute de son serpe, restera tremblant à la porte, se demandant si sa grâce est véritable et, de ce fait, doutant de son accueil.

Deuxième conseil. Si, après examen, tu constates que ton armure se détériore davantage par manque d'entretien que par un péché commis avec présomption, comme c'est le cas le plus fréquent et le plus courant, car la rouille ronge rapidement la meilleure armure, et la négligence, tout comme les péchés graves, anéantit la grâce, alors applique-toi à utiliser les moyens que Dieu a institués pour fortifier la grâce. Si le feu s'éteint lorsqu'on enlève le bois, comment le raviver sinon en le remettant ?

1. Je t'enverrai vers la Parole de Dieu ; familiarise-toi plus souvent avec elle. David nous dit où il renouvelait sa vie spirituelle et où son âme s'imprégnait d'une ferveur céleste, quand la grâce en lui commençait à s'estomper. La Parole, nous dit-il, l'a vivifié. C'était la rive ensoleillée sous laquelle il était assis. La Parole suscite la grâce du chrétien en présentant à chacun un objet propice à l'action. Cela a un grand pouvoir de les réveiller ; de même que l'arrivée d'un ami nous fait chasser toute torpeur pour profiter de sa compagnie, même si nous étions somnolents auparavant.

Les affections s'éveillent lorsque leur objet est devant elles. Si nous aimons quelqu'un, l'amour s'éveille à sa vue, ou à tout ce qui nous la rappelle ; si nous haïssons quelqu'un, notre colère s'intensifie d'autant plus lorsqu'il est devant nous. Or, la Parole unit les grâces chrétiennes et leur objet. Ici, l'amour peut se réjouir de la contemplation du Christ, qui est envoyé vivre là dans toute sa splendeur et son amour. Ici, le chrétien peut voir ses péchés dans un miroir impitoyable ; et peut-il y avoir au fond du cœur une juste tristesse, une haine du péché, sans qu'ils ne se manifestent, tandis que l'homme lit le prix que le Christ leur a coûté ? 

2. Passe de la parole à la méditation. C'est comme un soufflet qui attise le feu. Cette grâce, jadis étouffée et consumée par le manque d'exercice, sera ainsi libérée et jaillira. Pendant que tu médites, ce feu brûlera et ton cœur s'embrasera, selon la nature du sujet sur lequel tes pensées s'attardent. Prends donc la résolution, chrétien, de soustraire du temps à toute convoitise terrestre, afin de pouvoir chaque jour, si possible, contempler les événements les plus remarquables qui se sont produits entre Dieu et toi. 

Interroge ton âme : quels bienfaits lui a été accordé ce jour-là, quelles grâces le ciel t'a prodiguées ? Et, après avoir posé la question, ne sors pas comme Pilate, mais reste jusqu'à ce que ton âme ait rendu compte des actes de grâce de Dieu envers toi. Et, si tu es sage d'observer et fidèle de les relater, ta conscience te dira que la miséricorde n'a jamais cessé de se manifester de toute la journée. Oui, tandis que tu contemples ces grâces nouvelles, que tu racontes ces bienfaits tout frais, tout chauds sortis de l'atelier de la générosité divine, les grâces anciennes afflueront vers toi, réclamant une place dans tes pensées, et te rappelant ce que Dieu a fait pour toi des mois et des années auparavant. 

Et en effet, il ne faut pas remettre à plus tard le paiement des vieilles dettes ; chrétien, garde-les toutes, tôt ou tard, et tu verras comment elles affecteront ton esprit naïf. Il en est du chrétien, en ce cas, comme du serviteur d'un marchand qui garde l'argent de son maître : il lui dit qu'il détient une grosse somme et souhaite qu'il la lui rende pour vérifier ses comptes, mais il ne le trouve jamais à son aise. 

Il y a toujours un immense trésor de miséricorde entre les mains du chrétien, et sa conscience l'appelle souvent à faire son bilan et à voir ce que Dieu a fait pour lui ; mais il trouve rarement le temps de rendre grâce. Faut-il s'étonner que ceux qui ne prêtent plus attention aux grâces que Dieu leur témoigne dépérissent spirituellement ? Comment peut-on être reconnaissant quand on ne pense que rarement à ce qu'on a déjà reçu ? Ou patient lorsque Dieu nous afflige, qui recherche l'un des arguments les plus puissants pour apaiser un esprit rebelle en difficulté, et qui est tiré de l'abondant bien que nous recevons des mains du Seigneur, ainsi que d'un peu de mal ? Comment l'amour d'une telle âme pour Dieu peut-il s'enflammer, si elle est tenue à distance de la miséricorde divine qui l'alimente ?

Et l'on pourrait dire la même chose de toutes les autres grâces. Réfléchis sur toi-même et examine sérieusement ta conduite, envers Dieu et envers les hommes, tout au long de la journée. Interroge ton âme, comme Élisée à son serviteur : "D’où viens-tu, mon âme ? Où étais-tu ? Qu’as-tu fait pour Dieu aujourd’hui ? Et comment ?" Et lorsque tu t’y attelleras, veille à ne pas te laisser dérober à une recherche approfondie, comme Jacob le fut par le prétexte fallacieux de Rachel, ni à te cacher, comme Éli et ses fils, lorsque, interrogé, tu te rendras compte que tu tardes à accomplir ton devoir. Prends garde à ce que tu fais, car tu juges pour Dieu, qui subit l'injustice de ton péché et qui, par conséquent, se rendra justice lui-même si tu ne le fais pas.

3. De la méditation naît la prière. En effet, une âme en méditation est en chemin vers la prière ; ce devoir conduit le chrétien à la prière, et la méditation lui apporte le soutien nécessaire. Lorsque le chrétien a fait tout son possible, par la méditation, pour éveiller ses grâces et élever son esprit vers une ferveur divine, il sait que tout cela n'est qu'une préparation. Le feu doit venir d'en haut pour s'allumer, et c'est par la prière qu'il faut l'obtenir. 

On dit que les étoiles exercent leur plus grande influence lorsqu'elles sont en conjonction avec le soleil ; il est donc certain que la grâce d'un saint n'agira jamais avec plus de puissance que dans la prière, car c'est alors qu'il est en communion et en union les plus intimes avec Dieu. Cette ordonnance qui a un tel pouvoir auprès de Dieu exerce nécessairement une influence considérable sur nous-mêmes. Elle ne laisse pas Dieu au repos, mais le pousse à secourir son peuple. Faut-il s'étonner qu'elle soit un moyen d'éveiller et de stimuler la grâce du chrétien ? Combien de fois voyons-nous un nuage sombre planer sur l'esprit de David au début de sa prière ? À ce moment-là, déjà engagé dans son œuvre, il commence à le dissiper, et avant d'avoir terminé, il éclate en de hautes manifestations de foi et en acclamations de louange.

Ici seulement, Chrétien, prends garde aux prières formelles ; elles sont aussi néfastes à la grâce que l’absence de prière. Un pansement, aussi approprié et vertueux soit-il, appliqué à froid, peut faire plus de mal que de bien.

À tous ceux qui ont vécu en communion avec les saints, rejoignez la fraternité et la communion avec ceux qui vous entourent. Il n'est pas étonnant d'apprendre qu'une maison isolée soit cambriolée. Celui qui marche en communion avec les saints voyage en compagnie, il demeure dans une ville où les maisons s'entraident, à laquelle Jérusalem est comparée. On remarque, concernant la maison en ruines où furent enterrés les enfants de Job, qu'un vent venu du désert l'a frappée. Il semble qu'elle était isolée.

Le diable sait ce qu'il fait en entravant cette grande ordonnance de communion des saints : ce faisant, il entrave la progression de la grâce, et même, il fait dépérir ce que possèdent les chrétiens. L'apôtre lie étroitement ces deux devoirs : demeurer fermes "dans notre profession de foi" et "veiller les uns sur les autres pour s'inciter à l'amour et aux bonnes œuvres" (Hébreux 10, 23-24). En vérité, l'apostasie, l'abandon de la communion des saints, est une démarche dangereuse ; c'est pourquoi il est dit de Démas qu'il "nous a quittés par amour pour le monde présent". 

Ô quel mal Satan nous a-t-il fait ces dernières années, et en particulier sur ce point ! Qu’est devenue cette communion des saints ? Où trouver deux ou trois personnes capables de cheminer ensemble ? Ceux qui jadis pouvaient souffrir ensemble ne peuvent plus s’asseoir ensemble à la table de leur Père, ni prier les uns pour les autres. Le souffle d’un chrétien est étranger à celui qui a jadis cheminé avec lui. "Ceci est une lamentation, et cela restera une lamentation."



dimanche 4 janvier 2026

Celui qui prend le fils hérite de tout

 

Il y a des années, vivait un homme très riche qui partageait avec son jeune fils une passion pour la collection d'art. Ensemble, ils parcouraient le monde, n'enrichissant leur collection que des œuvres d'art exceptionnelles. Des chefs-d'œuvre de Picasso, Van Gogh, Monet et bien d'autres ornaient les murs de la demeure familiale. Veuf, le père observait avec satisfaction son fils unique devenir un collectionneur d'art averti. L'œil exercé et le sens aigu des affaires du fils faisaient rayonner de fierté son père, tandis qu'ils traitaient avec des collectionneurs du monde entier.
À l'approche de l'hiver, la guerre embrasa le pays et le jeune homme partit servir sa patrie. Quelques semaines plus tard, son père reçut un télégramme : son fils bien-aimé était porté disparu au combat. Le collectionneur d'art attendit anxieusement des nouvelles, craignant de ne jamais revoir son fils. Quelques jours plus tard, ses craintes se confirmèrent. Le jeune homme était mort en transportant un frère d'armes chez un infirmier.
Désespéré et seul, le vieil homme appréhendait les fêtes de Noël avec angoisse et tristesse. La joie de cette période, qu'il attendait avec tant d'impatience avec son fils, ne viendrait plus jamais chez lui. Le matin de Noël, on frappa à la porte pour le tirer de son sommeil. Tandis qu'il se dirigeait vers elle, les chefs-d'œuvre accrochés aux murs ne faisaient que lui rappeler que son fils ne rentrerait pas.
En ouvrant la porte, il fut accueilli par un soldat qui tenait un gros paquet. Il se présenta : "J'étais un ami de votre fils. C'est moi qu'il sauvait lorsqu'il est mort. Puis-je entrer quelques instants ? J'ai quelque chose à vous montrer." Tandis qu'ils engageaient la conversation, le soldat raconta comment le fils de l'homme avait toujours parlé à qui voulait l'entendre de sa passion, et même de celle de son père. "Je suis artiste", dit le soldat, "et je voulais vous offrir ceci." Lorsque le vieil homme déballa le paquet, le papier se déchira pour révéler un portrait du fils.
Bien que le monde ne la considérât jamais comme l'œuvre d'un génie, la peinture représentait le visage du jeune homme avec une précision saisissante. Submergé par l'émotion, l'homme remercia le soldat, promettant d'accrocher le tableau au-dessus de la cheminée. Quelques heures plus tard, après le départ du soldat, le vieil homme se mit à l'œuvre.
Fidèle à sa parole, le tableau trônait bien au-dessus de la cheminée, reléguant au second plan des œuvres d'une valeur inestimable. L'homme s'assit alors dans son fauteuil et passa Noël à contempler le présent qu'il avait reçu. Les jours et les semaines qui suivirent, il comprit que même si son fils n'était plus là, il continuait de vivre à travers ceux qu'il avait marqués. Il apprendrait bientôt que son fils avait sauvé des dizaines de soldats blessés avant qu'une balle ne mette fin à sa vie.
Alors que les récits des actes de bravoure de son fils continuaient de lui parvenir, la fierté et la satisfaction paternelles commencèrent à apaiser son chagrin. Le portrait de son fils devint bientôt son bien le plus précieux, éclipsant de loin tout intérêt pour les œuvres que les musées du monde entier s'arrachaient. Il confiait à ses voisins que c'était le plus beau cadeau qu'il ait jamais reçu.
Au printemps suivant, le vieil homme tomba malade et mourut. Le monde de l'art était en attente !
Sans se soucier de l'histoire du fils unique de cet homme, mais en son honneur, ces tableaux seraient vendus aux enchères. Conformément aux dernières volontés du vieil homme, toutes les œuvres d'art seraient mises aux enchères le jour de Noël, jour où il avait reçu son plus beau cadeau. Le jour J arriva bientôt et des collectionneurs d'art du monde entier se rassemblèrent pour enchérir sur certains des tableaux les plus spectaculaires au monde. Ce jour-là, les rêves allaient se réaliser ; la gloire allait être atteinte, car beaucoup s'exclameraient : "Je possède la plus belle collection !" La vente aux enchères commença par un tableau qui ne figurait sur le catalogue d'aucun musée. C'était le portrait du fils de cet homme. L'encanteur demanda la première enchère. Un silence de mort régnait dans la salle.
"Qui ouvre les enchères avec 100 dollars ?" demanda-t-il. Les minutes passèrent sans que personne ne réponde. Du fond de la salle, on entendit : "Qui se soucie de ce tableau ? Ce n'est qu'un portrait de son fils. Oublions-le et passons aux choses sérieuses."
D'autres voix s'élevèrent en signe d'approbation. "Non, il faut d'abord vendre celui-ci", répondit l'encanteur. "Alors, qui veut bien prendre le fils ?" Finalement, le jardinier de longue date du vieil homme prit la parole : "Accepteriez-vous dix dollars pour le tableau ? C'est tout ce que j'ai. Je connaissais le garçon, alors je le veux bien."
"J'ai dix dollars. Quelqu'un surenchérit ?" lança l'encanteur. Après un silence, il annonça : "Une fois, deux fois… Adjugé !" Le marteau s'abattit, des applaudissements retentirent dans la salle et quelqu'un s'écria : "On peut enfin enchérir sur ces trésors !"
L'encanteur regarda l'assistance et annonça que la vente était terminée. Un silence de stupeur s'abattit sur la salle. Quelqu'un s'écria : "Comment ça, c'est terminé ? On n'est pas venus pour un portrait du fils d'un vieux ! Qu'en est-il de tous ces tableaux ? Il y a des œuvres d'art qui valent des millions ! Je vous demande des explications !" L'encanteur répondit : "C'est très simple. Selon le testament du père, celui qui prend le fils hérite de la totalité du domaine, y compris les tableaux."
Il y a plus de 2000 ans, Dieu a livré son Fils à la mort sur une croix. À l'instar de l'encanteur, son message aujourd'hui est : "Le Fils, le Fils, qui prendra le Fils ?" Car, voyez-vous, celui qui prend le Fils hérite de tout ! Comme ces collectionneurs d'art l'ont découvert ce jour de Noël, le message reste le même : l'amour d'un Père, un Père dont la plus grande joie venait de son Fils, parti donner sa vie pour sauver les autres. Et grâce à cet amour paternel, celui qui prend le Fils hérite de tout.
Auteur inconnu.

jeudi 25 décembre 2025

C'est Noël


C'est Noël. 

Une fête où l'amour, le partage et la paix devraient être comme l'étoile au sommet d'un arbre décoré. Parce que l'important n'est pas tant la fête elle-même que Celui qui l'a inspiré; Jésus, qui s'est dépouillé de Sa gloire céleste pour devenir un homme comme nous, partageant nos souffrances et nos tentations en tout point, mais nous montrant aussi le chemin pour en sortir victorieux par la foi.  

C'est aussi une autre année qui se termine. Une année de hauts et de bas, avec des joies et des peines; certains obtenant une guérison ou un exaucement, d'autres apprenant la nouvelle d'une terrible maladie qui les frappe. De nouvelles vies arrivent, d'autres s'éteignent. Nous sommes reconnaissants aujourd'hui, Seigneur Jésus, pour toutes tes bontés, pour tout ce dont tu nous a comblés jusqu'à ce jour. 

Nous nous souvenons particulièrement de ceux qui nous ont précédés dans la Gloire; bien sûr que, lorsque nous nous y arrêtons pour y penser, nous sommes tristes qu'ils ne soient plus avec nous pour rire et s'amuser en partageant nos vies et ces repas familiaux, mais nous Te louons pour Ton amour si grand pour nous; nous te remercions pour Ta patience, pour Ta bonté et Ta miséricorde; nous Te remercions pour Tes promesses de salut, car elles sont vraies, nous ne nous appuyons pas sur nous-mêmes ou sur notre propre bonté pour être sauvés, mais sur Toi seul! Nous Te remercions ces moments que Tu nous as donnés avec ces personnes qui sont allées Te rejoindre et pour l'exemple qu'elles nous ont laissé. 

Notre cœur est comme un livre dans lequel écrivent les personnes que nous côtoyons, alors nous Te remercions pour les pages que ces personnes qui nous manquent aujourd'hui ont écrites. Sans êtres parfaites, elles ont un peu, à leur manière, contribuées à façonner ce que nous sommes, et nous voulons particulièrement nous souvenir des beaux moments et des exemples à suivre. Merci. Merci pour tout.    

Nous Te remercions aussi Seigneur Jésus pour ceux qui ne sont pas avec nous aujourd'hui, merci de veiller sur eux, merci de veiller sur ceux qui sont dans les hôpitaux, merci de glorifier Ton nom en eux, à travers leur situation, comme nous Te supplions de Te glorifier en nous. Tu ne déçois ni rejette personne qui a foi en Toi. Nous croyons en Toi, que Tu leur feras du bien. Tu feras toutes choses bonnes pour eux et pour Ton Nom. Tu es notre appui inébranlable, le Rocher de notre salut, Tu es notre espérance, non seulement en cette vie, car dans ce cas nous serions les plus misérables des hommes, mais Tu es aussi notre espérance pour la vie éternelle. 

Que toutes langues te louent, Seigneur Jésus, car Tu es bon et Tu es digne de recevoir gloire, louange et honneur, et c'est avec un coeur reconnaissant que nous prenons ce repas ensemble. Merci parce que Tu nous combles de Ta présence, merci pour chacune des personnes ici présente; merci de nous aider à écrire dans le livre de leur coeur une page de vie, et que nous soyons les uns pour les autres une exhortation de foi constante à avancer, un jour à la fois, sur le chemin que Tu as préparé devant nous, menant jusqu'à la vie éternelle.

Merci mon Dieu, merci Jésus, Nom au dessus de tout autre nom; Tu surpasses toute domination et toute "puissance", Tu es Saint, nous Te louons aujourd'hui et nous le ferons pour l'éternité en Ta présence glorieuse, là où il n'y aura plus de pleurs, plus de doutes, plus de douleurs, mais où se trouve une joie et une paix qui ne peut se trouver ni s'exprimer en ce monde. Oui, glorifie Ton nom, Seigneur Dieu, glorifie Ton nom dans nos vies et dans nos pays; que Ta volonté se fasse dans nos vies comme elle est faite là haut dans la gloire; Ton amour surpasse tout; purifie-nous de tout ce qui entrave notre marche avec Toi et tout ce qui met un frein à l'action de Ton Esprit. 

Merci mon Dieu, merci de t'être approché de nous, afin que nous puissions aussi nous approcher de Toi. Le voile qui nous maintenait loin du Saint des saint maintenant déchiré, nous avons libre accès à Ta présence par l'intermédiaire de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, à qui nous rendons gloire, louange et honneur, Amen.

dimanche 9 novembre 2025

Un amour éternel

 

Je t'aime d'un amour éternel; C'est pourquoi je te conserve ma bonté (Jérémie 31:3).

Mais dans toutes ces choses nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés. Car j'ai l'assurance que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni les choses présentes ni les choses à venir, ni les puissances, ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur (Romains 8:37-39).

Quelqu'un a dit que l'amour de Dieu pouvait se comparer à une source d'eau qui ne tarit jamais; à un soleil qui ne se couche jamais. C'est important de se rappeler de ce grand amour divin; beaucoup l'ont oublié, et, du milieu de leur détresse causée par leurs péchés, ils ont sombré dans le désespoir, croyant le mensonge de l'ennemi que Dieu ne les aimait pas et qu'Il ne les aimerait jamais.

Cette tactique n'est guère surprenante; dès le jardin d'Éden, après avoir péché, Adam et Ève se cachèrent "loin de la face de l'Éternel", Genèse 3:8. N'est-ce pas ce que notre nature humaine nous pousse encore à faire lorsque nous savons avoir mal agi? Ne cherchons-nous pas trop souvent à nous cacher de Dieu, soit en couvrant notre péché, ou encore en croulant sous un tel fardeau de culpabilité que nous ne voulons plus nous approcher de Jésus-Christ pour être pardonnés? 

C'est pourquoi il est si important de se rappeler la profondeur de l'amour de Dieu. Nous ne serons jamais à la hauteur d'un tel amour; nous n'en serons jamais digne. L'apôtre Paul, à cause de tout le mal qu'il avait fait dans sa vie antérieure, se considérait comme "le premier des pécheurs" (1 Timothée 1:15). Pourtant, après sa conversion, c'est lui qui écrira ces versets de la lettre aux Romains où il proclame avec tant de passion que l'amour de Dieu ne connaît pas de limite.

N'oublions pas qu'en Jérémie 31, Dieu parle à un peuple qui lui a été infidèle. Ce peuple était rebelle et avait été déporté, et pourtant, au chapitre 30, Dieu leur dit encore qu'Il les ramènera dans leur pays, mais par-dessus tout, cela signifiait qu'Il les ramenait à Son service, afin qu'ils ne servissent plus les dieux étrangers (Jérémie 30:8-9). Ce grand Dieu qui, d'une seule pensée, pourrait détruire tous ceux qui s'opposent à Lui, ne peut s'empêcher d'aimer et de pardonner. "Je t'aime d'un amour éternel". C'est incroyable quand on y pense! 

Qu'est-ce que l'homme, pour que tu te souviennes de lui? Et le fils de l'homme, pour que tu prennes garde à lui? (Psaume 8:4). Il nous a aimé d'un amour éternel. Pas d'un amour qui a débuté en même temps que nous avons cru en Lui; non, Il nous a aimé bien avant, avant la même la fondation du monde, Il avait un plan d'amour par lequel Il Se ferait connaitre à nous et entrerait en communion avec nous, plan qui s'est pleinement manifesté en Jésus-Christ venant à la croix porter les péchés de tous les pécheurs repentants.

Jérémie 31:9 dit : "Ils viennent en pleurant, et je les conduis au milieu de leurs supplications; je les mène vers des torrents d'eau, par un chemin uni où ils ne chancellent pas (...)". Cela représente parfaitement la condition de tout pécheur repentant, pleurant sur sa propre condition et revenant vers Dieu, tel le fils prodigue. Et cela est encore l'œuvre d'amour de Dieu qui permet que tout pécheur se repente et vienne à la connaissance de la vérité. 

"Je te conserve ma bonté", dit-Il au verset 3, et "je te rétablirai" (v.4). C'est encore ce qu'Il dit aujourd'hui à tous les pécheurs qui entendent Sa voix par la proclamation de l'Évangile; il n'est pas trop tard. "Je te conserve ma bonté et je te rétablirai". "Car ainsi parle le Très-Haut, dont la demeure est éternelle et dont le nom est saint: J'habite dans les lieux élevés et dans la sainteté; mais je suis avec l'homme contrit et humilié, afin de ranimer les esprits humiliés, afin de ranimer les cœurs contrits. Je ne veux pas contester à toujours, ni garder une éternelle colère, quand devant moi tombent en défaillance les esprits, les âmes que j'ai faites (Esaïe 57:15-16).

Il y a un avenir et de l'espérance pour tout pécheur qui se repent et qui accepte le pardon de Dieu par la foi et qui accepte Jésus comme son Seigneur et Sauveur personnel. Aujourd'hui même, viens à Jésus et reçoit Son amour ainsi que le pardon de tous tes péchés, car s'Il n'aime pas le péché, Il t'aime, toi, même si tu te considères comme le plus misérable des pécheurs,

Que toute la gloire soit rendue à Dieu seul, Amen. 

dimanche 28 septembre 2025

Ni oisifs, ni stériles

 

Car si ces choses sont en vous, et y sont avec abondance, elles ne vous laisseront point oisifs ni stériles pour la connaissance de notre Seigneur Jésus-Christ (2 Pierre 1:8).

Pierre parle ici de qualités qui doivent accompagner la vraie foi. Ce sont la vertu, la connaissance, la tempérance, la patience et la piété, l'amour fraternel et la charité. Pourquoi Pierre met-il l'emphase sur ces choses? Parce que nous ne devrions pas nous vanter d'avoir la foi, et ensuite, comme beaucoup de chrétiens le font, nous contenter de ne pas faire telle ou telle autre chose. C'est bien de ne pas voler, de ne pas tromper sa femme ou de ne pas mentir, mais nous ne devrions pas nous contenter de cela, c'est quelque chose de normal pour le véritable chrétien. 

Pierre nous dit dans ce passage que c'est la puissance de Dieu qui "nous a donné tout ce qui contribue à la vie et à la piété" (v. 3). Comment a-t-il fait cela? En se faisant connaître à nous. C'est pourquoi il est si important d'avoir une bonne connaissance de notre Sauveur, une connaissance qui n'est pas seulement intellectuelle, mais une connaissance de proximité, qui se trouve dans la prière et la lecture de sa Parole. Autrement nous ne serons pas mieux que ces églises modernes qui n'en finissent plus de bannir des passages de la Bible parce qu'ils les trouvent trop "offensants". Ces gens sont du monde, ils ne connaissent pas Dieu, et Dieu ne les connaît pas non plus. Car lorsque nous le connaissons vraiment, nous savons et acceptons qu'Il nous a appelés "par sa propre gloire et par sa vertu", auxquelles nous ne voudrions rien enlever ni modifier; ce sont des choses qui nous dépassent, elles sont trop saintes pour qu'un simple mortel ne s'y oppose au risque de se perdre.

Pierre poursuit au verset 4 en disant que c'est la gloire et la vertu de Dieu "qui nous assurent de sa part les plus grandes et les plus précieuses promesses, afin que par elles vous deveniez participants de la nature divine, en fuyant la corruption qui existe dans le monde par la convoitise". C'est pourquoi nous voyons tant de chrétiens faibles, chez qui il est difficile de trouver une différence d'avec le païen. Ils ne connaissent pas réellement Dieu, donc ils sont privé de Sa gloire et Sa vertu et ils peinent à fuir la corruption qui existe dans ce monde de convoitise. Ils sont privés de la force de Dieu; du courage qu'Il donne à Son peuple. 

Au verset 5, Pierre s'adresse à ceux qui ont une réelle relation avec Dieu, qui ont en vue les précieuses promesses qu'Il a faite aux saints, et, étant participants de la nature divine, il leur dit de ne pas s'en contenter, de ne pas rester là mais, comme le dirait Paul, "d'aller de gloire en gloire et de progrès en progrès". Il dit plus loin d'ajouter à la foi la vertu, à la vertu la science (ou la connaissance de la vérité et la volonté de Dieu), à la science la tempérance (la maîtrise de soi), à la tempérance la patience (qui est la soumission à Dieu en toute circonstances), à la patience la piété, à la piété l'amour fraternel, à l'amour fraternel la charité.

Ainsi, c'est par, et pour la gloire de Dieu que nous sommes appelés dans Son royaume, mais ça ne s'arrête pas là; Pierre nous dit de progresser, il faut que cette foi grandisse et qu'elle soit accompagnée d'œuvres qui prouvent que notre foi n'est pas vaine (Jacques 2:14; 17-18). Pierre dit d'y mettre du zèle (tous nos efforts); nous ne devrions jamais nous contenter de ce que nous sommes en Christ; un chrétien stagnant est un chrétien rétrograde! Il ne doit pas en être ainsi, il faut constamment aller de progrès en progrès (1 Thessaloniciens 4:1). Les enseignements de Paul dans ce chapitre rejoignent ceux de Pierre; Paul parle de progrès, et Pierre les nommes! 

Bien sûr, cela est impossible par nos propres forces, ça doit venir de Dieu, et Il le fera, si nous demeurons en Lui. C'est Lui qui, par Sa grâce, nous fait grandir en toutes ces choses qui donnent gloire à Son nom, en sorte que nous n'ayons toujours rien à nous glorifier. Nous ne sommes que de simples serviteurs obéissant, zélés pour Le servir, car nous savons que cela est bon pour nous, tout en glorifiant Celui qui nous a sauvé de nos péchés. 

Pierre dira ensuite: "Si ces choses sont en vous avec abondance, elles ne vous laisseront point oisifs ni stériles pour la connaissance de notre Seigneur Jésus-Christ". La stérilité ici serait semblable au figuier maudit par le Christ (Marc 11:13-14); si ces choses sont en abondance en nous, par l'action puissante du Saint-Esprit, nous ne serons pas stériles, nous porterons du fruit pour la gloire de Dieu. Lorsqu'une personne avance de progrès en progrès, de grâce en grâce, c'est la preuve qu'elle marche réellement avec Jésus et qu'Il la soutient. Il n'y a pas de oisifs dans le royaume de Dieu; chacun est appelé à grandir et à glorifier le Roi des rois, d'une manière ou d'une autre. Et Paul dira en Colossiens 3:17 : "Quoi que vous fassiez, en parole ou en œuvre, faites tout au nom du Seigneur Jésus, en rendant par lui des actions de grâces à Dieu le Père".  

Quelqu'un a dit que lorsque toutes ces vertus s'ajoutent à la foi, c'est comme des arbres majestueux qui poussent le long d'un courant d'eau, prouvant que là se trouve la vie. Est-ce que, dans ma vie, ces grâces s'ajoutent aussi les unes après les autres? Est-ce que j'avance de progrès en progrès? Comment savoir? "Car si ces choses sont en vous, et y sont avec abondance, elles ne vous laisseront point oisifs ni stériles pour la connaissance de notre Seigneur Jésus-Christ". Ces choses dans nos vies montrent que nous ne connaissons pas le Christ de manière intellectuelle seulement, mais que nous le connaissons personnellement comme notre Seigneur et Sauveur, comme le Roi et Maître de nos vies.

Que toute la gloire soit rendue à Dieu seul, Amen.

dimanche 11 mai 2025

Le chrétien en armure complète, par William Gurnall, 16e partie

 

La grâce que Dieu offre dans les tentations de Satan.

Troisième particularité. Satan, en tentant le saint à pécher, s'efforce de créer une brèche entre Dieu et l'âme. Il hait les deux et s'efforce donc de diviser ces chers amis. "Si je peux", pense-t-il, "amener un tel à pécher, Dieu sera en colère, et, en colère, il fouettera son enfant à mort ; ce sera un jeu ; et lorsque Dieu corrigera le saint, il remettra en question l'amour de Dieu pour lui et se refroidira dans son amour pour Dieu. Ainsi, même si je ne l'empêchais pas finalement de quitter le ciel, il n'y trouverait que peu de joie. Dans ce cas, Dieu et l'âme seront comme un mari et sa femme brouillés, sans aucun égard pour l'autre". Voyez maintenant comment Dieu trompe Satan dans ces deux cas.

1. Dieu utilise les tentations de ses saints comme méthode pour leur communiquer son amour. Le diable pensait avoir atteint son but en faisant manger à Adam le fruit défendu ; il pensait maintenant placer l’homme dans la même situation difficile que lui, aussi peu susceptible de voir Dieu que ces esprits apostats. Mais, malheureusement pour lui, Dieu avait prévu cela pour inaugurer ce grand plan évangélique du salut de l'homme par le Christ. Celui-ci (dès que ce prologue de la chute de l'homme est accompli) est mis en place dans cette grande promesse de l'Évangile faite à Adam et, sur l'ordre de Dieu, se charge de libérer l'homme perdu des griffes de Satan et de le réintégrer dans sa gloire primitive, avec un accès plus grand que jamais auparavant, de sorte que le plus petit lys du champ du Christ surpasse Adam dans toute sa royauté originelle. 

Et même si Satan s'empressait lors de la première tentation, il est toujours en train de perdre. Quel a été son résultat, malgré tous ses efforts pour vaincre Job, sinon pour faire enfin savoir à ce saint homme combien Dieu l'aimait ? Lorsqu'il a si honteusement déjoué Pierre, ne voyons-nous pas le Christ reconnaître Pierre avec autant d'amour que jamais ? Pierre doit être le seul disciple à qui la joyeuse nouvelle de la résurrection est annoncée par son nom. "Allez dire à mes disciples et à Pierre", comme si le Christ avait dit : "Que son cœur triste soit consolé par cette nouvelle, afin qu'il sache que je suis son ami malgré toute sa lâcheté passée."

Mais cela ne semble-t-il pas cautionner le péché et rendre les chrétiens indifférents à la tentation ? Si Dieu manifeste ainsi son amour aux saints après leurs chutes et leurs échecs, pourquoi devrions-nous être si réticents face au péché, qui finit si bien ? Deux choses nous permettront d'éviter le danger d'une telle conclusion.

Il faut distinguer entre une âme vaincue par sa propre infirmité, et la ruse et la puissance de ses ennemis qui la surpassent ; et une autre, par un cœur pervers, qui se prosterne volontairement devant la convoitise de Satan. Bien qu'un général fasse preuve de peu de pitié envers un soldat qui, traîtreusement, jette les armes et court à l'ennemi, si un autre est blessé au combat et vaincu, ce ne sera pas un déshonneur pour lui d'exprimer sa pitié et son amour, même s'il l'envoie hors du champ de bataille dans son propre carrosse, le couche dans son propre lit et le désigne comme son propre chirurgien. Dieu n'encourage pas la méchanceté chez ses saints, mais il a pitié de la faiblesse.

Même lorsque les saints tombent dans un péché, par nature présomptueux, ils ne le commettent pas avec autant d'arrogance que d'autres ; il y a une part de vérité divine en eux, bien que surestimée. Moïse parla sans discernement, mais le diable avait ses instruments pour le provoquer, tout à fait contre l'humeur de l'homme de bien. David dénombre le peuple, mais voyez comment le diable le traque et le poursuit, jusqu'à ce qu'il finisse par l'emporter : "Satan s'est dressé contre Israël et a provoqué David à dénombrer Israël", 1 Chroniques 21:1. Avec quelle bravoure Job a-t-il repoussé les flèches de Satan ! Rien d'étonnant à ce que, sous une telle pluie, quelqu'un se soit glissé entre les articulations de son armure ! Et quant à Pierre, nous le savons (un homme de bien !) avec quel cœur loyal, et même zélé, est-il allé au champ de bataille, même si, lorsque l'ennemi est apparu, son cœur lui a manqué.

2. Considérez la manière dont Dieu communique son amour après la chute de ses saints, non pas dans le péché, ni pour avoir péché, mais en pleurant et en humiliant leurs âmes pour leurs péchés. Certes, si Dieu leur souriait alors qu'ils commettaient le péché, cela aurait pu renforcer leur péché, comme le vin, en cas de fièvre, le ferait pour la maladie; mais une fois la crise passée, le venin du mal épuisé et expiré dans une humiliation bienveillante, la créature est maintenant à terre.

Le vin de réconfort de Dieu est un réconfort pour l'esprit abattu, et non un aliment pour le péché. Lorsque David fut tenté, il dut revêtir le sac et le deuil, puis Dieu le releva et le revêtit de vêtement de joie et de louange (1 Chroniques 21:10, 15). Job, malgré son courage et sa patience, trahissant certaines faiblesses après avoir été longtemps appâté par tant de chiens, d'hommes et de démons, doit crier "Peccavi" (j'ai péché) et se vautrer dans la poussière et la cendre avant que Dieu ne le prenne dans ses bras (Job 42:6). Et Dieu agit de même avec tous ses enfants. Or, à ses saints dans une telle posture, Dieu peut, en toute sécurité pour son honneur et leur bien, donner un breuvage d'amour plus grand que d'habitude. Leurs craintes et leurs chagrins que leur a coûtés leurs péchés serviront d’eau pour écraser ce vin fort de joie et lui ôter son ivresse, afin qu’il ne s’enflamme pas et ne les fasse pas sombrer dans l’orgueil, ni les faire sombrer dans l’apostasie.

Mais pourquoi Dieu communique-t-il maintenant son amour ? (A). À partir de la nature pitoyable (du chrétien) : "Vous avez entendu parler de la patience de Job, et vous avez vu la fin du Seigneur, car le Seigneur est plein de compassion et de tendre miséricorde." Dieu n’aime pas s’attarder sur les blessures sanglantes ; il sait qu’une âme en deuil est sujette au découragement. Un froncement de sourcils ou un regard de colère de Dieu, que le saint aime tant, doit nécessairement toucher le cœur. C’est pourquoi Dieu se déclare prêt à les ranimer, Ésaïe 57:15. Et il en donne la raison : "Car je ne contesterai pas à toujours, et je ne serai pas toujours irrité, car l’esprit défaillirait devant moi", verset 16. De quel esprit s’agit-il ici ? Non pas de celui du pécheur présomptueux ; il avance sans faiblir, mais de celui des âmes contrites et humbles. Comme le père observe les dispositions de ses enfants, L'un commet une faute et continue sa rébellion, méprisant la colère de son père ; un autre, l'offensant, prend cela à cœur, refuse de manger et se cache dans un coin pour se lamenter sur le déplaisir de son père ; le père le voit et ses entrailles se languissent de lui. S'il ne parvenait pas à apaiser la peur de son enfant en découvrant son amour, son esprit s'effondrerait. Il est impossible qu'il y ait une longue rupture entre un tel père et un tel fils, l'un se repentant de son péché, l'autre de son fils en deuil.

(B) Dieu fait ainsi, pour déverser la plus grande honte sur Satan, qui est le grand sujet de discorde entre Dieu et l'âme. Quelle honte pour l'homme qui a semé la discorde entre mari et femme, père et fils, de voir la brèche comblée et tous se dresser contre lui ! Les choses ont mal tournées pour Christ lorsqu'Hérode et Pilate se sont liés d'amitié ; et Satan peut-il se réjouir de voir tout bien se passer entre Dieu et ses enfants ? Si Esther est en faveur (au roi), Haman, son ennemi, aura le visage voilé. En effet, cela couvre le visage de Satan de honte, de voir un pauvre saint, maintenant son prisonnier, qu'il avait le droit de voler et de piller, de tenter et d'inquiéter, assis maintenant au soleil de l'amour de Dieu, tandis que, tel un lion ravisseur, il s'en prend à la perte de sa proie.

Le but de Satan est d’affaiblir la foi du saint en Dieu et de refroidir son amour pour Dieu, mais il est trompé dans les deux cas.

Dieu détourne leurs tentations, et même leurs chutes, pour consolider leur foi, qui, comme l'arbre, résiste plus longtemps à ses secousses ; ou comme le géant Antée qui, dans sa lutte contre Hercule, feint de se fortifier à chaque chute. La fausse foi, une fois déjouée, revient rarement ; mais la vraie foi se lève et combat plus vaillamment, comme nous le voyons chez Pierre et dans d'autres exemples bibliques. La tentation pour la foi est comme le feu pour l'or (1 Pierre 1:7). Le feu non seulement révèle l'or véritable, mais le rend plus pur ; il en ressort peut-être plus léger et plus lourd, car séparé de la terre et des scories qui l'entouraient, mais avec plus de valeur et plus précieux.

Lorsque Satan est lié et que le chrétien marche sous l'éclat de la faveur divine et l'encouragement de son assistance, sa foi peut paraître grande comparée à celle d'un autre éloigné de Dieu et sous les coups de Satan, mais ce n'est pas un jugement équitable. Comme si, pour déterminer qui est le plus grand de deux hommes, nous devrions mesurer l'un nu et l'autre par-dessus ses vêtements ; ou, en comparant deux pièces d'or, nous pèserions l'une avec les scories et la saleté qu'elle contracte dans la bourse, avec celles qui en ont été purgées par le feu. 

Avant la tentation, la foi est empreinte de nombreux éléments hétérogènes qui s'y rattachent et la supplantent ; mais lorsque la tentation survient, ces éléments sont découverts. Le chrétien sent alors s'agiter la corruption qui, auparavant, était morte ; un nuage s'interpose alors entre son âme et la douce face de Dieu ; le sentiment de cette dernière, et le faible sentiment de l'autre, soutenaient sa foi auparavant, mais il apprend maintenant le véritable art de nager sur la promesse, n'ayant rien d'autre pour le soutenir. Et un peu de cela porte en lui plus de la précieuse nature de la foi que tout le reste ; oui, comme la poignée d'hommes de Gédéon, il est plus fort lorsque tous ces accessoires de la foi sont écartés que lorsqu'ils étaient présents. Et c'est là tout ce que le diable obtient : au lieu de détruire la foi qu'il vise, il est l'occasion de l'affiner et, par là, d'accroître sa force.

L'amour des saints tentés s'enflamme pour le Christ et déjoue leur tentation. Il est possible que, dans cette crise, leur amour semble s'estomper, comme lorsque l'eau est aspergée sur le feu. Mais lorsque le conflit est un peu apaisé et que le chrétien revient à lui, son amour pour le Christ éclate comme une flamme ardente. La honte et la tristesse qu'une âme bienveillante doit nécessairement ressentir au fond d'elle-même pour son échec coupable sous la tentation, la pousseront à exprimer son amour au Christ plus qu'aux autres. C'est ce que montre avec douceur l'épouse qui, une fois la crise de colère passée et la tentation passée, la pousse à agir. Sa paresse se transforme en mal d'amour ; elle a autant de mal à s'asseoir qu'avant à se lever ; elle ne peut se reposer nulle part hors de la vue de son Bien-Aimé, mais court et demande à tous ceux qu'elle rencontre de lui. D'où lui vient toute cette véhémence de zèle ?

Tout cela est dû à son comportement indigne envers son mari ; elle s'en est séparée si brutalement que, se rappelant ce qu'elle avait fait, elle s'en va faire la paix. Si les péchés commis sans régénération ont une telle force sur une âme gracieuse que leur seule pensée, bien que pardonnée, brise et fond le cœur dans la tristesse (comme nous le voyons chez Madeleine), et l'incite à manifester un zèle pour Dieu plus grand que les autres (comme chez Paul), combien plus les péchés d'un saint qui, après une douce connaissance de Jésus-Christ, lève le talon contre le sein où il a reposé, affecteront-ils, voire dissoudront-ils le cœur comme autant de gouttes d'eau, et cette tristesse le poussera-t-elle à servir Dieu plus que les autres ? Aucun enfant n'est aussi dévoué dans toute la famille que celui qui est revenu de sa rébellion.

De même, comme sa propre honte, l'expérience qu'une telle personne a de l'amour du Christ, supérieur à tous les autres, accroîtra son amour. L'amour du Christ nourrit le nôtre ; de même qu'il lui donne son être, il lui permet de grandir. Plus le Christ manifeste son amour, plus notre amour s'enflamme ; et après l'amour du Christ mourant, rien n'est plus grand que son amour secourable dans la tentation. Une mère n'a jamais autant d'avantages à témoigner son affection à son enfant que lorsqu'il est dans la détresse, malade, pauvre ou emprisonnée ; de même, le Christ n'en a jamais autant pour ses enfants que lorsqu'ils sont tentés, voire vaincus par la tentation. 

Lorsque ses enfants gisent dans la prison de Satan, saignant sous les blessures de leur conscience, c'est le moment qu'il choisit pour expérimenter la tendresse de son cœur, sa compassion, sa fidélité à prier pour eux, sa sollicitude à leur envoyer du secours, et même son amour profond à les visiter par son Esprit réconfortant. Lorsque l'âme a échappé à une grande tentation et en lit toute l'histoire (où elle découvre sa propre faiblesse à résister à Satan, voire son infidélité à se soumettre à Satan, ce qui aurait pu inciter le Christ à l'abandonner à sa fureur), voir sa folie pardonnée et sa ruine gracieusement évitée, et cela par nul autre moyen que celui du Christ venant à son secours (comme Abischaï à David, lorsque ce géant pensait l'avoir tué, 2 Samuel 21). Cela doit nécessairement rendre le Christ extrêmement cher à l'âme. À la lecture de tels écrits, le chrétien ne peut que se demander : "Assuérus concernant Mardochée, qui, en découvrant une trahison, avait sauvé la vie du roi, quel honneur a été rendu à son doux sauveur pour tout cela ?" Ainsi, Jésus-Christ, que Satan pensait arracher à l'âme, finit par occuper une place plus haute et plus sûre que jamais dans l'affection du saint.

dimanche 9 février 2025

Le chrétien en armure complète, par William Gurnall, 6e partie

 

Premièrement. Parce que la grâce est sujette à se désintégrer, et donc a toujours besoin d’être complétée. C’est comme dans une armée, surtout une qui s’engage souvent dans la bataille; leurs armes sont battues et brisées, l’un a son casque plié, l’autre son épée fendue, un troisième son pistolet décroché, et donc des recrues sont toujours nécessaires. 


Dans une tentation, le chrétien a perdu son casque d’espérance, dans une autre, sa patience est mise à rude épreuve. Le chrétien a besoin d'avoir un atelier d'armurerie à portée de main pour compenser sa perte, et cela rapidement, car Satan est plus susceptible de tomber sur le chrétien quand il est le moins préparé à recevoir la charge. "Simon, Simon, Satan a voulu te passer au crible comme du froment." Il savait qu’ils étaient à ce moment-là faiblement pourvus (Christ, leur capitaine, devait être enlevé de la tête de leur troupe ; le mécontentement entre eux, se disputant pour savoir qui serait le plus grand ; et leurs recrues de grâce plus fortes, que l’Esprit devait apporter, n’étaient pas encore venues). 

Maintenant, il a un plan pour les surprendre ; et donc Christ, pour le prévenir, promet d'envoyer rapidement son Esprit pour leur apporter son soutien (Actes 1:4), et en attendant Il les envoie à Jérusalem, pour se tenir sur leurs gardes dans leurs supplications communes, pendant qu'il vient à leur secours, nous montrant ainsi dans la faiblesse de notre grâce ce qu'il faut faire, et où aller pour obtenir de l'aide.

Deuxièmement. Parce que Satan est en train de parachever son habileté et sa colère. Ce n'est pas pour rien qu'on l'appelle le vieux serpent ; subtil par nature, mais plus par expérience, naturellement colérique, mais chaque jour plus enragé ; comme un taureau, plus il est appâté, plus il montre de fureur. Et c'est pourquoi nous qui devons lutter avec lui, maintenant que son temps est si court, devons venir sur le terrain bien préparés.

Troisièmement. C'est le but de toutes les dispensations de Dieu, de parachever Ses saints dans leurs grâces et leurs consolations. Pourquoi élague-t-il et taille-t-il par les afflictions, sinon pour purifier, afin qu'ils portent plus de fruits, c'est-à-dire plus abondants et plus beaux ? Jean 15:2. La tribulation produit la patience. Romains 5:3; c'est le but que Dieu a prévu pour cela. Elle produit, c'est-à-dire qu'elle augmente les saints. La patience exaspère en effet les méchants, mais elle adoucit les saints. C'est son but dans l'évangile ; il prêche pour conduire Ses saints de "foi en foi", (Romains 1:17), et en conséquence Il a fourni à Son Église des instruments, et à ceux-ci des dons, "pour le perfectionnement des saints, pour l'édification du corps de Christ", Éphésiens 4:12.

Pourquoi l'échafaudage est-il maintenu, et l'ouvrier dessus, si l'édifice ne s'élève pas ? Ne pas progresser par de tels moyens revient à annuler le conseil de Dieu. C'est pourquoi l'apôtre blâme les Juifs chrétiens pour leur manque de compétence dans l'école du Christ : "Alors que depuis longtemps vous devriez être des maîtres, vous avez besoin qu'on vous enseigne de nouveau les premiers éléments des oracles de Dieu", Hébreux 5:12. 

Utilisation et application.

Utilisation. Oh combien peu nombreux sont ceux qui s'efforcent ainsi de progresser dans leur état spirituel et qui travaillent à parfaire ce qui leur manque encore dans la connaissance, la patience et le reste. 

Premièrement. Parlez à certains de l’ajout de foi à la foi, d’un degré de grâce à un autre, et vous verrez qu’ils ont plus d’esprit pour joindre maison à maison, et ajouter champs à champs. Leurs âmes sont assoiffées, toujours en quête de plus. Mais de quoi ? Ni du Christ ni du ciel. C’est de la terre. Ils ne pensent jamais en avoir assez, jusqu’à ce que la mort vienne et leur ferme la bouche avec une pelle pleine, tirée de leur propre tombe. Quelle vie de tourment doivent-ils avoir, eux qui crient toujours pour plus de poids, et pourtant ne peuvent pas pousser leurs désirs cupides jusqu'à la mort ? Ô messieurs, le seul moyen (si les hommes le croient) ​​d’étancher cette soif de la créature, serait d’en avoir une autre envers le Christ et le ciel. Ayez seulement un grand cœur assoiffé avec véhémence de ces choses, et l’autre mourra seule, comme la soif fiévreuse le fait lorsque la nature se met en colère.

Deuxièmement. D’autres ne travaillent pas ainsi à parfaire la grâce, parce qu’ils s’imaginent qu’ils sont déjà parfaits, et, dans cette idée, ils abandonnent la prière, l’écoute et toutes les autres ordonnances, comme des cordes pour porter ces enfants dans la grâce qui ne sont pas parvenus à leurs hautes réalisations. O quels fous l’orgueil rend les hommes ! Vraiment, le ciel ne serait pas un endroit aussi désirable, si nous ne devions pas être plus parfaits que cela; une sorte de peuple trop élevé pour ce monde et trop bas pour un autre. La manière dont Dieu guérit cette frénésie d’orgueil, nous l’avons vu ces jours-ci, ressemble quelque peu à celle de Nébucadnetsar : il leur donne le cœur d’une bête, je veux dire, pour un temps, pour les laisser tomber dans des pratiques bestiales, par lesquelles il leur montre combien ils sont loin de cette perfection dont ils ont rêvé si vainement.

Troisièmement. D’autres ont la vraie grâce et désirent la faire progresser, mais sont découragés dans leurs efforts pour en obtenir davantage, à cause d’un sentiment trop profond de leur indigence actuelle. Demandez à certains de ces travailleurs d’acquérir plus de pouvoir sur la corruption, plus de foi et d’amour envers Dieu, afin qu’ils puissent faire la volonté de Dieu avec joie, et la supporter patiemment dans les plus grandes afflictions, oui, avec reconnaissance, et ils ne croiront jamais que ceux dont la foi est si faible, l’amour si froid et les fonds si modestes en main puissent jamais atteindre un tel niveau. Vous pouvez aussi bien persuader un mendiant avec un pauvre penny dans sa bourse, que s’il va faire du commerce avec cela, il deviendra maire de Londres avant de mourir. Mais pourquoi, pauvres cœurs, méprisez-vous ainsi le jour des petites choses ? Ne voyez-vous pas un petit grain de moutarde se développer en un arbre, et la grâce faible comparée à lui, pour sa croissance à la fin aussi bien que pour sa petitesse au début ? Oses-tu dire que tu n'as aucune grâce du tout ? Si tu en as une, même la plus petite qu'il y ait jamais eue au début, j'ose te dire qu'il a fait plus pour toi en cela, qu'il ne le devrait en rendant ce qui est maintenant si faible, aussi parfait que la grâce du saint l'est maintenant au ciel. 

Il a fait plus, en considérant cela comme un acte de puissance. Il y a un plus grand gouffre entre l'absence de grâce et la grâce, qu'entre la grâce faible et la grâce forte, entre un chaos et le néant, qu'entre un chaos et cette belle structure du ciel et de la terre. Le travail du premier jour des deux créations est le plus grand. Considérez cela comme un acte de grâce. C'est une plus grande miséricorde de donner la première grâce de conversion, que de la couronner de gloire. C'est plus de grâce et de condescendance de la part d'un prince d'épouser une pauvre demoiselle, que de l'avoir épousée, de l'habiller comme une princesse ; il était libre de faire la première ou non, mais sa relation avec elle plaide fortement en faveur de l'autre. Dieu aurait pu choisir de t'accorder ou non sa grâce, mais après avoir fait cela, ta relation avec lui, et aussi son alliance, l'obligent à ajouter de plus en plus, jusqu'à ce qu'il t'ait préparée comme une épouse pour lui-même dans la gloire.



dimanche 26 janvier 2025

Pourquoi m'appelez-vous Seigneur?

 

Pourquoi m'appelez-vous Seigneur, Seigneur! et ne faites-vous pas ce que je dis? (Luc 6:46)

Les chrétiens de nom qui croient que les chrétiens d'aujourd'hui n'ont plus de commandements a obéir ont beaucoup de difficulté à expliquer ce verset. En effet, ces personnes voient les chrétiens fidèles, qui obéissent à Dieu et qui mettent en pratique Sa parole, et elles disent: "Voici des légalistes qui croient être sauvés parce qu'ils obéissent à Dieu". Alors qu'en fait, ces chrétiens fidèles ne vivent que la vie normale du chrétien fidèle: Dieu, ayant transformé leur intelligence, a mit en eux "un cœur nouveau" (Ézéchiel 36:26), de sorte qu'ils aiment naturellement ce que Dieu aime, et qu'ils détestent ce qu'Il haït. Ainsi, ils obéissent à Sa parole, non pas en pensant qu'ils seront sauvés par leur obéissance, mais parce que Dieu leur permet de le faire, chose qui leur était impossible lorsqu'ils étaient encore dans la chair; dans la mort. 

Pour leur part, les "chrétiens" charnels ne peuvent pas obéir à Dieu, ils ne le veulent même pas! Et, nous l'avons vu précédemment, ils se sentent "menacés" par les chrétiens fidèles et obéissants, parce que la dernière chose qu'ils désirent, c'est bien que la vie chrétienne implique l'obéissance. Prétendre avoir la foi en Christ est une chose, mais ne leur demandez pas d'en montrer des fruits! 

Ce que Jésus voulait dire était pourtant très simple: c'est facile de faire profession de croire, mais c'en est une autre de croire vraiment en Lui, avec tout ce qui vient ensuite. Cela peut inclure le rejet, la persécution, le mépris, la souffrance, même la mort (Jean 15:20)! Mais nous cherchons à être confortables, et nous voulons que notre vie spirituelle soit aussi confortable que possible, avec un Dieu qui nous aime tellement qu'Il nous laisse faire tout ce que nous voulons toute notre vie avec le paradis à la fin de nos jours! 

Mais Jésus ne dira-t-il pas en Jean 14:23 que ceux qui l'aiment gardent Sa parole? Non seulement cela, mais Il dira également au verset 15 de ce même chapitre: "Si vous m'aimez, gardez mes commandements".

D'abord, Il ne nous demandera jamais quelque chose d'impossible. Oh bien sûr, cela est impossible à l'homme charnel, mais c'est tout à fait possible au véritable enfant de Dieu, car, comme l'apôtre Paul dira : "Ce n'est plus moi qui vis, c'est Christ qui vit en moi" (Galates 2:20). C'est là toute la clé; nous ne pouvons pas obéir tant que "nous vivons", mais lorsque nous mourrons en Christ, crucifiés avec Lui, comme dira Paul un peu plus tôt dans ce verset 20, et que Christ vit en nous, alors nous pouvons "faire ce que dis Jésus"; nous pouvons garder Ses commandements et les mettre en pratique. 

Revenons donc à notre verset initial: "Pourquoi m'appelez-vous Seigneur, Seigneur! et ne faites-vous pas ce que je dis?" Autrement dit: "Pourquoi prétendez-vous que Je suis votre Seigneur et dites-vous que vous m'aimez si vous n'obéissez pas à ce que je vous ai enseigné?" Pourquoi pose-t-Il cette question? C'est qu'il y en avait qui Le suivaient et qui prétendaient croire en Lui, mais qui aimaient trop leurs péchés et qui n'avaient aucune intention de se soumettre à ce qu'Il enseignait. Et c'est la même chose qui se passe aujourd'hui! 

Lorsque vous voyez un chrétien garder Ses commandements, Lui obéir en les mettant en pratique, c'est là une preuve d'amour envers Jésus et le sacrifice qu'Il a fait à la croix. Toute profession de foi qui n'est pas accompagnée d'obéissance à Dieu est fausse. Le fait que nous gardons Ses commandements et les mettons en pratique est une preuve que nous sommes morts avec Lui, qu'Il habite en nous et que nous l'aimons, parce que cette obéissance est impossible à l'homme charnel, il faut que ça soit par intervention de Dieu. Cet amour pour Lui nous conduit à nous attacher à Sa parole, à nous y conformer et à renier notre "moi" à chaque jour afin qu'Il reste à la première place dans notre vie. 

Parce que c'est ce qui arrive trop souvent dans le monde chrétien; après avoir marché un temps avec le Seigneur, le "moi" revient progressivement s'installer, et bientôt, vous ne voyez plus chez cette personne aucune différence entre l'avant et l'après conversion. C'est ce que Jésus appelle "abandonner son premier amour" (Apocalypse 2:4). Qu'il n'en soit pas ainsi! Cette croix que nous devons porter à la suite du Christ (Matthieu 16:24), nous devons la porter à tous les jours. Bien sûr, cela peut entraîner la moquerie et le rejet, mais qu'importe, nous recherchons l'affection de qui ici? Celle de Dieu ou des perdus? Qui nous jugera au dernier jour? 

Le chrétien fidèle aura obligatoirement abandonné à Dieu ses passions, sa volonté, et même son corps. Paul dira en Galates 5:24 que "ceux qui sont à Jésus-Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs". Ce chrétien ne fera donc pas de la recherche de l'accomplissement de ses désirs son objectif numéro un sur terre, mais il sera prêt à renoncer à tout cela par amour pour le Christ, qui a renoncé à bien plus en quittant la gloire du Ciel pour venir sur la terre comme un simple homme, se faisant le serviteur de tous pour pouvoir réconcilier ceux qui croiraient avec le Père. 

Ce ne sont pas tous ceux qui disent "Seigneur, Seigneur" qui sont véritablement chrétiens, mais ceux-là seuls qui font  la volonté de Dieu, qui aiment le Seigneur et qui le prouvent en gardant Sa parole intacte dans leur cœur. "Voici l'alliance que je ferai avec eux, après ces jours-là, dit le Seigneur: Je mettrai mes lois dans leurs cœurs, et je les écrirai dans leur esprit"(Hébreux 10:16).

Que toute la gloire soit rendue à Dieu seul, Amen.