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dimanche 18 janvier 2026

L'Esprit dans nos faiblesses

 

"De même aussi l'Esprit nous aide dans notre faiblesse, car nous ne savons pas ce qu'il nous convient de demander dans nos prières" (Romains 8:26). 


Le Saint-Esprit, qui habite dans les vrais chrétiens, est bien sûr celui qui nous aide en toutes circonstances. Il arrive en effet que des circonstances de la vie nous atteignent et que, pour un moment, il semble que nous ne sachions plus où nous tourner pour avoir de l'aide. Et l'Esprit commence doucement à nous rappeler que notre Père céleste est là, qu'Il nous aime et qu'Il prend soin de nous. Nous ne le voyons pas toujours, mais dans nos faiblesses, Il intervient, parfois même de manières miraculeuses. Et toujours, selon Son plan, lorsque cela se manifeste clairement, nous ne pouvons faire autrement que de Lui rendre gloire.  

Notre Père céleste est tellement miséricordieux! Il nous soutient, Il nous encourage, Il nous console, Il nous édifie; tel un enseignant avec ses élèves, Il utilise chaque circonstances pour nous apprendre à Lui faire davantage confiance, mais aussi pour nous épurer, car Son but est toujours de nous rendre semblabe à Christ. En toutes ces choses, nous apprenons à être reconnaissants, à remercier en tout temps, et bien sûr, nous apprenons la persévérance dans la prière, ainsi que l'intercession les uns pour les autres.


Merci Jésus, merci pour ta patience et pour ta bonté, pour ta miséricorde et pour ton amour. Merci parce que Tu es un Dieu inchangé, qui ne changera jamais. Ta gloire, Ta puissance ne sera jamais remise à aucun autre; merci de m'aider à m'effacer afin que Tu prennes toute la place. Merci de glorifier Ton nom dans ma vie en l'utilisant comme témoignage de Ton royaume. Merci pour tant de bonté, pour Tes miracles et pour Ta main puissante, merci mon Dieu pour tout ce que Tu as fait dès la fondation du monde; Ta majesté est visible et se manifeste de tant de manières qui nous échappent. 


Apprends-moi à prier selon Ton coeur, apprends-moi à délaisser le naturel pour m'accrocher à Toi, simplement, comme un enfant s'accroche à son parent avec une confiance absolue. Encore une fois Seigneur Dieu, je viens devant Toi pour tous ceux qui te servent et qui souffrent ou sont persécutés; merci parce que Tu les vois. Merci parce que rien ne Te surprend, Tu es souverain et dans Ta sagesse infinie, Tu n'as pas été pris par surprise par ce qui leur arrive. Merci encore une fois pour Tes promesses, car elles sont vraies. Merci de veiller sur eux, car ils se confient en Toi et il est dit dans Ta parole que Tu es le secours et le bouclier de ceux qui placent leur confiance en Toi. Il est dit que Tu bénis ceux qui Te craignent, et Tu ne ment pas; Tu ne Te repent pas de Ta parole, mais Tu l'accomplis!


Seigneur Dieu, c'est par Tes bontés que l'on jouit de la vie, c'est par Toi que nous respirons. Merci encore de cette promesse que nous ne serons pas tentés au-delà de ce que nous pouvons supporter. Merci parce que Ta main repose sur eux, merci de préserver leur foi et de les protéger de toute souffrance, merci de Te glorifier dans leur vie, parce que ce ne sont pas les morts qui Te célèbrent, mais les vivants! Les morts n'espèrent plus en Ta fidélité, tandis que les vivants tournent les regards vers Toi, d'où vient le secours au temps de la détresse. Merci encore d'accorder paix et repos à Tes serviteurs; merci de Te glorifier en eux, à cause de ta bonté et de ta fidélité! Oui, Ta bonté est de toute éternité, et Tu fais toutes choses bonnes, à cause de Ton nom. 

Merci Père éternel, de ce que nous pouvons, dans toute notre imperfection, mais à cause de Jésus et de ce qu'Il a accompli à la croix, nous présenter devant Toi dans la prière et les supplications, sachant que Tu réponds toujours à ceux qui ont le cœur aligné sur le Tiens, s'attendant à Toi pour l'accomplissement de Ta sainte volonté. Je béni Ton nom Seigneur Dieu, merci d'être avec nous dans les bons et les mauvais moments. Maintenant et à jamais, je veux Te louer et T'adorer, ô Dieu, parce que Tu fais et Tu feras toutes choses bonnes, selon Ton plan et Ta volonté parfaite, par le puissant nom au-dessus de tout autre nom, Jésus, mon Seigneur et Sauveur, amen.

dimanche 28 septembre 2025

Ni oisifs, ni stériles

 

Car si ces choses sont en vous, et y sont avec abondance, elles ne vous laisseront point oisifs ni stériles pour la connaissance de notre Seigneur Jésus-Christ (2 Pierre 1:8).

Pierre parle ici de qualités qui doivent accompagner la vraie foi. Ce sont la vertu, la connaissance, la tempérance, la patience et la piété, l'amour fraternel et la charité. Pourquoi Pierre met-il l'emphase sur ces choses? Parce que nous ne devrions pas nous vanter d'avoir la foi, et ensuite, comme beaucoup de chrétiens le font, nous contenter de ne pas faire telle ou telle autre chose. C'est bien de ne pas voler, de ne pas tromper sa femme ou de ne pas mentir, mais nous ne devrions pas nous contenter de cela, c'est quelque chose de normal pour le véritable chrétien. 

Pierre nous dit dans ce passage que c'est la puissance de Dieu qui "nous a donné tout ce qui contribue à la vie et à la piété" (v. 3). Comment a-t-il fait cela? En se faisant connaître à nous. C'est pourquoi il est si important d'avoir une bonne connaissance de notre Sauveur, une connaissance qui n'est pas seulement intellectuelle, mais une connaissance de proximité, qui se trouve dans la prière et la lecture de sa Parole. Autrement nous ne serons pas mieux que ces églises modernes qui n'en finissent plus de bannir des passages de la Bible parce qu'ils les trouvent trop "offensants". Ces gens sont du monde, ils ne connaissent pas Dieu, et Dieu ne les connaît pas non plus. Car lorsque nous le connaissons vraiment, nous savons et acceptons qu'Il nous a appelés "par sa propre gloire et par sa vertu", auxquelles nous ne voudrions rien enlever ni modifier; ce sont des choses qui nous dépassent, elles sont trop saintes pour qu'un simple mortel ne s'y oppose au risque de se perdre.

Pierre poursuit au verset 4 en disant que c'est la gloire et la vertu de Dieu "qui nous assurent de sa part les plus grandes et les plus précieuses promesses, afin que par elles vous deveniez participants de la nature divine, en fuyant la corruption qui existe dans le monde par la convoitise". C'est pourquoi nous voyons tant de chrétiens faibles, chez qui il est difficile de trouver une différence d'avec le païen. Ils ne connaissent pas réellement Dieu, donc ils sont privé de Sa gloire et Sa vertu et ils peinent à fuir la corruption qui existe dans ce monde de convoitise. Ils sont privés de la force de Dieu; du courage qu'Il donne à Son peuple. 

Au verset 5, Pierre s'adresse à ceux qui ont une réelle relation avec Dieu, qui ont en vue les précieuses promesses qu'Il a faite aux saints, et, étant participants de la nature divine, il leur dit de ne pas s'en contenter, de ne pas rester là mais, comme le dirait Paul, "d'aller de gloire en gloire et de progrès en progrès". Il dit plus loin d'ajouter à la foi la vertu, à la vertu la science (ou la connaissance de la vérité et la volonté de Dieu), à la science la tempérance (la maîtrise de soi), à la tempérance la patience (qui est la soumission à Dieu en toute circonstances), à la patience la piété, à la piété l'amour fraternel, à l'amour fraternel la charité.

Ainsi, c'est par, et pour la gloire de Dieu que nous sommes appelés dans Son royaume, mais ça ne s'arrête pas là; Pierre nous dit de progresser, il faut que cette foi grandisse et qu'elle soit accompagnée d'œuvres qui prouvent que notre foi n'est pas vaine (Jacques 2:14; 17-18). Pierre dit d'y mettre du zèle (tous nos efforts); nous ne devrions jamais nous contenter de ce que nous sommes en Christ; un chrétien stagnant est un chrétien rétrograde! Il ne doit pas en être ainsi, il faut constamment aller de progrès en progrès (1 Thessaloniciens 4:1). Les enseignements de Paul dans ce chapitre rejoignent ceux de Pierre; Paul parle de progrès, et Pierre les nommes! 

Bien sûr, cela est impossible par nos propres forces, ça doit venir de Dieu, et Il le fera, si nous demeurons en Lui. C'est Lui qui, par Sa grâce, nous fait grandir en toutes ces choses qui donnent gloire à Son nom, en sorte que nous n'ayons toujours rien à nous glorifier. Nous ne sommes que de simples serviteurs obéissant, zélés pour Le servir, car nous savons que cela est bon pour nous, tout en glorifiant Celui qui nous a sauvé de nos péchés. 

Pierre dira ensuite: "Si ces choses sont en vous avec abondance, elles ne vous laisseront point oisifs ni stériles pour la connaissance de notre Seigneur Jésus-Christ". La stérilité ici serait semblable au figuier maudit par le Christ (Marc 11:13-14); si ces choses sont en abondance en nous, par l'action puissante du Saint-Esprit, nous ne serons pas stériles, nous porterons du fruit pour la gloire de Dieu. Lorsqu'une personne avance de progrès en progrès, de grâce en grâce, c'est la preuve qu'elle marche réellement avec Jésus et qu'Il la soutient. Il n'y a pas de oisifs dans le royaume de Dieu; chacun est appelé à grandir et à glorifier le Roi des rois, d'une manière ou d'une autre. Et Paul dira en Colossiens 3:17 : "Quoi que vous fassiez, en parole ou en œuvre, faites tout au nom du Seigneur Jésus, en rendant par lui des actions de grâces à Dieu le Père".  

Quelqu'un a dit que lorsque toutes ces vertus s'ajoutent à la foi, c'est comme des arbres majestueux qui poussent le long d'un courant d'eau, prouvant que là se trouve la vie. Est-ce que, dans ma vie, ces grâces s'ajoutent aussi les unes après les autres? Est-ce que j'avance de progrès en progrès? Comment savoir? "Car si ces choses sont en vous, et y sont avec abondance, elles ne vous laisseront point oisifs ni stériles pour la connaissance de notre Seigneur Jésus-Christ". Ces choses dans nos vies montrent que nous ne connaissons pas le Christ de manière intellectuelle seulement, mais que nous le connaissons personnellement comme notre Seigneur et Sauveur, comme le Roi et Maître de nos vies.

Que toute la gloire soit rendue à Dieu seul, Amen.

dimanche 23 février 2025

Le chrétien en armure complète, par William Gurnall, 7e partie

 

L'utilisation de notre armure spirituelle : revêtir toute l'armure de Dieu. Notre armure ou notre grâce doit être maintenue en exercice.

Le quatrième et dernier élément de l’équipement des saints est l’usage qu’ils doivent en faire : revêtir toute l’armure de Dieu. En bref, quel est ce devoir de revêtir son armure ? Comme il s'adresse à beaucoup de saints, il ne s'agit pas seulement de les revêtir par la conversation, ce que certains d'entre eux n'ont peut-être pas encore, mais il veut aussi qu'ils mettent en pratique ce qu'ils ont. C'est une chose d'avoir une armure dans la maison, et une autre chose de l'avoir attachée, d'avoir de la grâce dans les principes et de la grâce dans les actes. Donc, je ne comprends pas pourquoi nos instructions seront:

La doctrine. Il ne suffit pas d’avoir la grâce, mais il faut la garder en exercice. L’armure du chrétien est faite pour être portée; il ne faut pas la déposer ni la retirer avant d’avoir fait notre combat et achevé notre course. Notre armure et notre vêtement de chair s’en vont ensemble, alors seulement, nous n’aurons plus besoin de garde et de protection, ni de bouclier ni de casque. Ces devoirs militaires et ces grâces sur le terrain, que je peux appeler la foi, l’espérance et le reste, seront honorablement accomplis.

Au ciel, nous n’apparaîtrons pas en armure, mais en robe de gloire. Mais ici, nous devons l porter nuit et jour; nous devons marcher, travailler et dormir avec elle, sinon nous ne sommes pas de vrais soldats du Christ. C’est ce que Paul prétend s’efforcer de faire. "C’est là ce que je m’exerce à faire, c’est d’avoir toujours une conscience sans reproche devant Dieu et envers les hommes", Actes 24:16. Nous avons ici ce saint homme en armures, s’entraînant et s’exerçant dans ses postures, comme un soldat qui manie lui-même sa pique et s’endurcit avant la bataille.

Premièrement. Le Christ nous ordonne de revêtir notre armure, d’exercer notre grâce. "Que vos reins soient ceints et vos lampes allumées", Luc 12:35. Le Christ parle soit dans une phrase martiale, comme aux soldats, soit dans une phrase domestique, comme aux serviteurs. S’il s’agit de soldats, alors, que vos reins soient ceints et vos lampes allumées, c’est-à-dire que nous devrions être prêts à marcher, ayant notre armure sur nous, car la ceinture est passée par-dessus tout, et notre allumette allumée, prête à donner le feu à la première alarme de la tentation.

Si, en ce qui concerne les serviteurs, cela semble plus naturel, il nous ordonne, comme notre maître qui est parti en voyage, non pas par paresse ou par sommeil, de retirer notre armure et d’éteindre nos lumières, mais de nous tenir prêts à ouvrir quand il viendra, même à minuit. Il ne convient pas que le maître se tienne à la porte pour frapper, et que le serviteur dorme à l’intérieur. Il n’y a pas de devoir qui n’implique un exercice quotidien : il faut prier, mais comment ? "Sans cesse". Se réjouir, mais quand ? "Toujours". Rendre grâces, pour quoi ? "En toutes choses" (1 Thessaloniciens 5:16-18). Le bouclier de la foi et le casque de l’espérance, nous devons les garder jusqu’au bout (1 Pierre 1:13). La somme de tout cela est que nous devons marcher dans l’exercice constant de ces devoirs et de ces grâces. Où le soldat est placé, il se tient là, et ne doit ni bouger ni dormir jusqu’à ce qu’il soit amené. Quand le Christ viendra, seule l’âme qu’il trouvera en train de faire ainsi aura sa bénédiction.

Deuxièmement. L’avantage de Satan est grand quand la grâce n’est pas en exercice. Quand le diable a trouvé le Christ si prêt à recevoir sa charge et à repousser sa tentation, il en a vite eu assez. Il est triste de voir qu’il n'est parti que pour un temps (Luc 4:13), comme si dans sa retraite honteuse, il s’était réconforté dans l’espoir de surprendre le Christ à l’improviste, à un autre moment plus avantageux pour son dessein. Et nous le voyons revenir, au moment qu'il croit le plus propice où il aurait pu atteint son but, si son ennemi avait été un homme et non Dieu.

Or, si ce démon audacieux a veillé et observé le Christ de temps à autre, ne te convient-il pas de regarder autour de toi, de peur qu'il ne prenne ta grâce à un moment ou à un autre ? Ce qu'il a manqué maintenant par ta vigilance, il peut le gagner bientôt par ta négligence. En fait, il espère que tu seras fatigué dans ton devoir continuel. Certes, dit Satan, quand il voit le chrétien debout et fervent dans le devoir, cela ne durera pas longtemps. Quand il le trouve tendre de conscience et scrupuleux quant aux occasions de pécher, il dit: "Ce n'est que pour un temps, avant longtemps je lui ferai défaire son arc, déboucler son armure, et alors je l'attaquerai". 

Satan sait quels ordres tu gardes dans ta maison et dans ton lieu de prières, et bien qu'il n'ait pas la clé de ton cœur, il peut se tenir dans la pièce voisine et entendre à la légère ce qui s'y murmure. Il traque le chrétien à l'odeur de ses propres pieds, et s'il sent une fois dans quelle direction ton cœur penche, il sait comment comprendre l'allusion; si une seule porte est déverrouillée, une seule œuvre est laissée sans surveillance, une seule grâce est retirée de son chariot, c'est un avantage suffisant.

Troisièmement. Parce que c’est une tâche si difficile et si pénible que de retrouver l’activité perdue et de faire revivre un devoir désuet. "J’ai ôté ma tunique", dit l’épouse, Cantique 5:3. Elle s’était laissée aller à la paresse, était couchée sur son lit de paresse, et comme il est difficile de la relever! Son bien-aimé est à la porte, la suppliant par tous les noms d’amour qui pourraient lui rappeler la proche parenté qui les unit ; il crie : "Ma sœur, mon amour, ma colombe, ouvre-moi", et pourtant elle ne se lève pas. Il lui dit que "ses cheveux sont remplis des gouttes de la nuit", mais elle ne bouge pas. Qu’est-ce qui se passe ? Son manteau est enlevé et elle répugne à le remettre. Elle s’est laissée aller à sa paresse et maintenant elle ne sait pas comment s’en débarrasser. Elle aurait été heureuse d’avoir la compagnie de son Bien-Aimé, si lui-même avait ouvert la porte ; et il désirait tout autant la sienne, si elle se levait pour le laisser entrer, et c'est à ces conditions qu'ils se séparent.

Plus une âme a négligé un devoir, plus elle a de difficultés à le faire ; en partie par honte, car l'âme, ayant fait l'école buissonnière, ne sait plus comment regarder Dieu en face; et en partie à cause de la difficulté du travail, qui est double de ce que trouve une autre personne qui marche dans l'exercice de sa grâce (sans discontinuer). Ici tout est en désordre. Il lui faut plus de temps et de peine pour accorder son instrument que pour un autre pour jouer la leçon. Il se met à l'œuvre comme s'il s'agissait d'un nouvel ouvrage, comme un élève qui n'a pas regardé son livre depuis un certain temps ; sa leçon lui est presque sortie de la tête, tandis qu'un autre qui était encore en train de la réviser, la connaît sur le bout des doigts.

Peut-être est-ce une affliction à laquelle tu es appelé, et ta patience n'est pas exercée. Tu n'as eu que peu ou pas de pensées pour un tel temps, alors que tu gambadais dans un pâturage en plein air, et maintenant tu regimbes et tu te débats, comme un taureau non habitué au joug, (Jérémie 31:18); tandis qu'un autre va humblement et patiemment sous la même croix, parce qu'il a réveillé sa patience et ajusté le joug à son cou. 

Vous savez quelle confusion il y a dans une ville lors d'une alerte soudaine au milieu de la nuit; l'ennemi aux portes, et eux endormis à l'intérieur. Ô quel cri entend-on ! L'un manque de ses vêtements, l'autre son épée, un troisième ne sait que faire pour la poudre. Ainsi, effrayés, ils courent de long en large, ce qui ne serait pas le cas si l'ennemi les trouvait sur leurs gardes, attendant en ordre son approche. Un tel brouhaha est dans une âme qui ne garde pas son armure ; telle pièce et telle autre il faudra chercher quand faudra s'en servir.

Quatrièmement. Nous devons garder la grâce dans l’exercice envers nos camarades soldats. Paul avait cela à l’esprit lorsqu’il s’exerçait à garder une bonne conscience, afin de ne pas être un scandale pour les autres. La lâcheté de l’un peut en faire fuir d’autres. L’ignorance d’un soldat qui n’a pas l’habileté de manier ses armes peut faire du mal à ses camarades qui l’entourent. Certains ont tiré sur leurs amis, les prenant pour leurs ennemis. La conduite imprudente d’un chrétien professant fait souffrir beaucoup d’autres. 

Tu dis que tu ne tombes pas au point de devenir un scandale, mais tu peux ne pas être aussi utile à tes frères que tu le devrais. Dieu a ordonné aux Rubénites et aux Gadites d’aller devant leurs frères, prêts et armés, jusqu’à ce que le pays soit conquis. Ainsi, chrétien, tu dois être utile à tes frères, qui n’ont peut-être pas cette paix dans leur esprit que toi, ni cette mesure de grâce ou de réconfort. Tu dois aider ces faibles et aller devant eux, comme armé pour leur défense. Or, si ta grâce n'est pas exercée, tu es d'autant inutile à ton faible frère. Tu es peut-être un maître, ou un parent, qui a une famille sous son aile. Ils se portent autant que tu prospères ; si ton cœur est dans une disposition sainte, ils s'en sortent mieux dans les devoirs que tu accomplis ; si ton cœur est mort et abattu, ils sont perdants. Ainsi, comme la nourrice mange davantage pour le bien du bébé qu'elle allaite, de même tu devrais, pour le bien de ceux qui sont sous ta tutelle, faire plus attention à exercer ta propre grâce et à la chérir.

Objection. Mais, diront certains, c'est un travail vraiment dur, notre armure ne s'enlève jamais, notre grâce est toujours en exercice. Dieu a-t-il jamais voulu que la religion soit une affaire aussi pénible que celle que ce monde a créée ?

Première réponse. Tu parles comme quelqu'un du monde insensé, et tu te montres comme un simple étranger à la vie du chrétien lorsque tu parles ainsi. C'est un fardeau d'exercer la grâce ! Eh bien, ce n'est pas un fardeau d'exercer les actes de la nature comme manger, boire, marcher. Tout nous est agréable dans notre bonne humeur. Mais si l'un de ces actes est différent, la nature est opprimée, comme si on était repus, alors il est difficile de respirer ; si on est malade, alors la viande nous est nauséabonde.

Ainsi, prenez un saint dans son bon caractère, et il sera heureux d’être employé à l’exercice de sa grâce dans tel ou tel devoir : "Je me réjouis quand ils me disaient : Entrons dans la maison du Seigneur", Psaume 122 : 1. Son cœur bondit à cette idée. Quand une occasion le détourne de la communion avec Dieu, même s’il l’aime beaucoup, elle lui est néanmoins désagréable et déplaisante. Quant à vous, qui êtes habitués à être dans vos boutiques du matin au soir, combien il est ennuyeux d’être dehors certains jours, même parmi de bons amis, parce que vous n’êtes pas là où se trouvent votre travail et votre vocation ! 

Un chrétien dans son devoir est un dans sa vocation, comme s’il était dans sa boutique, là où il devrait être, et donc loin d’être ennuyeux. La religion n’est aussi pesante pour personne que pour ceux qui la pratiquent rarement. L’usage rend les choses lourdes légères. Nous sentons à peine le poids de nos vêtements, parce qu’ils nous vont et que nous les portons tous les jours, alors que sinon, le même poids sur nos épaules nous tracasse. Ainsi, la gravité des devoirs religieux pour les êtres charnels est enlevée chez les saints, en partie par leur adéquation aux principes des saints, ainsi que par leur exercice quotidien dans ces derniers. 

Les disciples, lorsqu’ils venaient d’entrer dans les voies du Christ, ne pouvaient pas prier beaucoup ni jeûner longtemps ; les outres étaient neuves et ce vin trop fort, mais au bout de quelques années de marche, ils devinrent puissants dans les deux domaines. Te plains-tu que le chemin du ciel soit accidenté ? Marche-y plus souvent, et cela le rendra plus aisé.

Deuxième réponse. Si cet exercice constant de la grâce était plus pénible pour la chair, qui est la seule à se plaindre, le doux avantage que cela procure au chrétien récompensera abondamment tout son travail et ses peines. L’exercice de ta grâce augmentera ta grâce. "La main de l’homme diligent enrichit." L’homme prévoyant considère comme perdu ce qu’il aurait pu obtenir; non seulement quand son argent est volé dans son coffre, mais quand il y reste sans être augmenté. 

 Une telle marchandise, dit le commerçant, si je l’avais acheté avec cet argent dans mes sacs, m’aurait rapporté un gain si important, qui est maintenant perdu. Ainsi le chrétien peut dire : Ma connaissance naissante, si j’avais poursuivi la connaissance du Seigneur, aurait pu se répandre au grand jour. "J’ai plus d’intelligence", dit David, "que tous mes maîtres." Comment l’a-t-il obtenu ? Il vous le dira dans les paroles suivantes : "Car tes préceptes sont ma méditation", Psaume 119 : 99. Il était davantage dans l’exercice du devoir et de la grâce. Les esprits brillants ne sont pas toujours les plus grands savants, parce que leur étude n’est pas adaptée à leurs fonctions, et celui qui possède le plus grand patrimoine ne prouve pas toujours qu'il est le plus riche. Une petite grâce bien gérée par un exercice quotidien augmentera, alors qu’une plus grande grâce négligée dépérira. 

Tandis que l'exercice augmente, il en est ainsi des preuves de la grâce. Si quelqu'un veut savoir s'il est boiteux ou non, qu'il se lève ; il sera plus vite satisfait par un tour dans une pièce que par une longue dispute et un repos assis. Voulez-vous savoir si vous aimez Dieu ? Exhortez souvent à des actes d'amour; plus le feu est allumé, plus vite il est vu, et ainsi de toutes les autres grâces. Parfois l'âme se demande si elle a de la patience, de la foi, jusqu'à ce que Dieu vienne et la mette dans un état d'affliction, où elle doit soit exercer cette grâce, soit périr.

Alors l'âme ressemble à quelqu'un qui pense ne pas savoir nager, et pourtant, jeté dans la rivière, unissant toutes ses forces, il s'efforce de nager jusqu'à la terre ferme et reconnaît ce qu'il peut faire. Combien de fois avons-nous entendu des chrétiens dire : "Je pensais que je n'aurais jamais pu endurer une telle douleur, ni faire confiance à Dieu dans une telle situation ?" Mais maintenant Dieu m'a appris ce qu'il peut faire pour moi, ce qu'il a accompli en moi. Et cela tu aurais pu le savoir avant, si tu avais plus souvent agité et exercé ta grâce. 

L'exercice de la grâce invite Dieu à se communiquer à une telle âme. Dieu met le chrétien au travail, puis le rencontre dans son travail. Levez-vous et faites, et que le Seigneur soit avec vous. Il place une âme en train de lire comme l'eunuque (Actes 8:27), puis rejoint son char en train de prier, puis vient le messager du ciel : "Ô Daniel, bien-aimé." L'épouse, qui a perdu son bien-aimé sur son lit, le retrouve alors qu'elle revient du sermon. "À peine les avais-je passés, que j'ai trouvé celui que mon cœur aime", Cantique 3:4. 


dimanche 9 février 2025

Le chrétien en armure complète, par William Gurnall, 6e partie

 

Premièrement. Parce que la grâce est sujette à se désintégrer, et donc a toujours besoin d’être complétée. C’est comme dans une armée, surtout une qui s’engage souvent dans la bataille; leurs armes sont battues et brisées, l’un a son casque plié, l’autre son épée fendue, un troisième son pistolet décroché, et donc des recrues sont toujours nécessaires. 


Dans une tentation, le chrétien a perdu son casque d’espérance, dans une autre, sa patience est mise à rude épreuve. Le chrétien a besoin d'avoir un atelier d'armurerie à portée de main pour compenser sa perte, et cela rapidement, car Satan est plus susceptible de tomber sur le chrétien quand il est le moins préparé à recevoir la charge. "Simon, Simon, Satan a voulu te passer au crible comme du froment." Il savait qu’ils étaient à ce moment-là faiblement pourvus (Christ, leur capitaine, devait être enlevé de la tête de leur troupe ; le mécontentement entre eux, se disputant pour savoir qui serait le plus grand ; et leurs recrues de grâce plus fortes, que l’Esprit devait apporter, n’étaient pas encore venues). 

Maintenant, il a un plan pour les surprendre ; et donc Christ, pour le prévenir, promet d'envoyer rapidement son Esprit pour leur apporter son soutien (Actes 1:4), et en attendant Il les envoie à Jérusalem, pour se tenir sur leurs gardes dans leurs supplications communes, pendant qu'il vient à leur secours, nous montrant ainsi dans la faiblesse de notre grâce ce qu'il faut faire, et où aller pour obtenir de l'aide.

Deuxièmement. Parce que Satan est en train de parachever son habileté et sa colère. Ce n'est pas pour rien qu'on l'appelle le vieux serpent ; subtil par nature, mais plus par expérience, naturellement colérique, mais chaque jour plus enragé ; comme un taureau, plus il est appâté, plus il montre de fureur. Et c'est pourquoi nous qui devons lutter avec lui, maintenant que son temps est si court, devons venir sur le terrain bien préparés.

Troisièmement. C'est le but de toutes les dispensations de Dieu, de parachever Ses saints dans leurs grâces et leurs consolations. Pourquoi élague-t-il et taille-t-il par les afflictions, sinon pour purifier, afin qu'ils portent plus de fruits, c'est-à-dire plus abondants et plus beaux ? Jean 15:2. La tribulation produit la patience. Romains 5:3; c'est le but que Dieu a prévu pour cela. Elle produit, c'est-à-dire qu'elle augmente les saints. La patience exaspère en effet les méchants, mais elle adoucit les saints. C'est son but dans l'évangile ; il prêche pour conduire Ses saints de "foi en foi", (Romains 1:17), et en conséquence Il a fourni à Son Église des instruments, et à ceux-ci des dons, "pour le perfectionnement des saints, pour l'édification du corps de Christ", Éphésiens 4:12.

Pourquoi l'échafaudage est-il maintenu, et l'ouvrier dessus, si l'édifice ne s'élève pas ? Ne pas progresser par de tels moyens revient à annuler le conseil de Dieu. C'est pourquoi l'apôtre blâme les Juifs chrétiens pour leur manque de compétence dans l'école du Christ : "Alors que depuis longtemps vous devriez être des maîtres, vous avez besoin qu'on vous enseigne de nouveau les premiers éléments des oracles de Dieu", Hébreux 5:12. 

Utilisation et application.

Utilisation. Oh combien peu nombreux sont ceux qui s'efforcent ainsi de progresser dans leur état spirituel et qui travaillent à parfaire ce qui leur manque encore dans la connaissance, la patience et le reste. 

Premièrement. Parlez à certains de l’ajout de foi à la foi, d’un degré de grâce à un autre, et vous verrez qu’ils ont plus d’esprit pour joindre maison à maison, et ajouter champs à champs. Leurs âmes sont assoiffées, toujours en quête de plus. Mais de quoi ? Ni du Christ ni du ciel. C’est de la terre. Ils ne pensent jamais en avoir assez, jusqu’à ce que la mort vienne et leur ferme la bouche avec une pelle pleine, tirée de leur propre tombe. Quelle vie de tourment doivent-ils avoir, eux qui crient toujours pour plus de poids, et pourtant ne peuvent pas pousser leurs désirs cupides jusqu'à la mort ? Ô messieurs, le seul moyen (si les hommes le croient) ​​d’étancher cette soif de la créature, serait d’en avoir une autre envers le Christ et le ciel. Ayez seulement un grand cœur assoiffé avec véhémence de ces choses, et l’autre mourra seule, comme la soif fiévreuse le fait lorsque la nature se met en colère.

Deuxièmement. D’autres ne travaillent pas ainsi à parfaire la grâce, parce qu’ils s’imaginent qu’ils sont déjà parfaits, et, dans cette idée, ils abandonnent la prière, l’écoute et toutes les autres ordonnances, comme des cordes pour porter ces enfants dans la grâce qui ne sont pas parvenus à leurs hautes réalisations. O quels fous l’orgueil rend les hommes ! Vraiment, le ciel ne serait pas un endroit aussi désirable, si nous ne devions pas être plus parfaits que cela; une sorte de peuple trop élevé pour ce monde et trop bas pour un autre. La manière dont Dieu guérit cette frénésie d’orgueil, nous l’avons vu ces jours-ci, ressemble quelque peu à celle de Nébucadnetsar : il leur donne le cœur d’une bête, je veux dire, pour un temps, pour les laisser tomber dans des pratiques bestiales, par lesquelles il leur montre combien ils sont loin de cette perfection dont ils ont rêvé si vainement.

Troisièmement. D’autres ont la vraie grâce et désirent la faire progresser, mais sont découragés dans leurs efforts pour en obtenir davantage, à cause d’un sentiment trop profond de leur indigence actuelle. Demandez à certains de ces travailleurs d’acquérir plus de pouvoir sur la corruption, plus de foi et d’amour envers Dieu, afin qu’ils puissent faire la volonté de Dieu avec joie, et la supporter patiemment dans les plus grandes afflictions, oui, avec reconnaissance, et ils ne croiront jamais que ceux dont la foi est si faible, l’amour si froid et les fonds si modestes en main puissent jamais atteindre un tel niveau. Vous pouvez aussi bien persuader un mendiant avec un pauvre penny dans sa bourse, que s’il va faire du commerce avec cela, il deviendra maire de Londres avant de mourir. Mais pourquoi, pauvres cœurs, méprisez-vous ainsi le jour des petites choses ? Ne voyez-vous pas un petit grain de moutarde se développer en un arbre, et la grâce faible comparée à lui, pour sa croissance à la fin aussi bien que pour sa petitesse au début ? Oses-tu dire que tu n'as aucune grâce du tout ? Si tu en as une, même la plus petite qu'il y ait jamais eue au début, j'ose te dire qu'il a fait plus pour toi en cela, qu'il ne le devrait en rendant ce qui est maintenant si faible, aussi parfait que la grâce du saint l'est maintenant au ciel. 

Il a fait plus, en considérant cela comme un acte de puissance. Il y a un plus grand gouffre entre l'absence de grâce et la grâce, qu'entre la grâce faible et la grâce forte, entre un chaos et le néant, qu'entre un chaos et cette belle structure du ciel et de la terre. Le travail du premier jour des deux créations est le plus grand. Considérez cela comme un acte de grâce. C'est une plus grande miséricorde de donner la première grâce de conversion, que de la couronner de gloire. C'est plus de grâce et de condescendance de la part d'un prince d'épouser une pauvre demoiselle, que de l'avoir épousée, de l'habiller comme une princesse ; il était libre de faire la première ou non, mais sa relation avec elle plaide fortement en faveur de l'autre. Dieu aurait pu choisir de t'accorder ou non sa grâce, mais après avoir fait cela, ta relation avec lui, et aussi son alliance, l'obligent à ajouter de plus en plus, jusqu'à ce qu'il t'ait préparée comme une épouse pour lui-même dans la gloire.



dimanche 2 février 2025

Le chrétien en armure complète, par William Gurnall, 5e partie

 

L'efficacité de notre armure. Ce doit être toute l'armure de Dieu.

Observez la quantité ou la totalité de l'armures des saints, "toute l'armure de Dieu". L'armure du chrétien doit être complète, et cela à trois égards. D'abord, le chrétien doit être armé dans toutes les parties, l'âme et le corps, les pouvoirs de l'un et les sens de l'autre; pas de partie laissée nue. Une fléchette peut voler dans un petit trou, comme celle qui a apporté un message de mort à Ahab, à travers les orifices de son harnais, et Satan est un archer tel qu'il peut tirer à une largeur d'un sou. Si tout l'homme est armé, et seul l'œil ne l'est pas, Satan peut bientôt tirer ses boules de feu de la luxure à travers cette faille, qui mettra toute la maison en flamme.

Eve regarda mais l'arbre, et une fléchette toxique l'a frappée au cœur. Si l'œil est fermé et l'oreille est ouverte à la communication corrompue, Satan se tortillera bientôt à travers ce trou. Si tout les sens extérieurs d'un homme sont gardés, et que le cœur n'est pas maintenu avec toute diligence, il sera bientôt par ses propres pensées trahis entre les mains de Satan. Nos ennemis sont de chaque côté, tout comme notre armure doit l'être: "Par les armes offensives et défensives", (2 Corinthiens 6: 7). L'apôtre appelle péché l'ennemi qui nous entoure, (Hébreux 12: 1). S'il y a une partie de la ligne non gardée ou faiblement fournie, Satan y entre. Comme nous voyons souvent; l'ennemi entre dans la ville d'un côté, alors qu'il est rattrapé de l'autre, faute de soins pour garder le tout. 

Satan divise ses tentations en plusieurs escadrons, qu'il emploie pour agresser ici, un autre pour prendre d'assaut là. Nous lisons la méchanceté charnelle et la méchanceté spirituelle; tandis que tu repousses Satan te tentant charnellement, il est peut-être entré dans ta ville à l'autre porte de la méchanceté spirituelle. Peut-être que tu as gardé ton intégrité dans la partie pratique de ta vie; mais quelle armure as-tu pour défendre ta tête, ton jugement? S'il te surprends, te corrompant avec une erreur, tu ne tiendras pas longtemps dans ta pratique. Celui qui ne pouvait pas t'amuser à profaner le sabbat parmi les sensualistes et les athées, sous le déguisement d'un principe corrompu de liberté chrétienne, il réussira. 

Ainsi nous voyons ce que nous avons de l'armure universelle, en ce qui concerne chacune de ses parties.

Deuxièmement. Le chrétien doit être en armure complète, en ce qui concerne les plusieurs pièces et armes, qui composent toute l'armure de Dieu. En effet, il y a un enchaînement des grâces; Ils s'accrochent comme des liens dans une chaîne, des pierres dans une arche, membres du corps. Piquez une veine et le sang de tout le corps peut s'épuiser au écluse; négligez un devoir, et aucun autre ne nous fera aussi bien.

L'apôtre Pierre, dans sa deuxième épître, chapitre 1: 5-7, exhorte sur les chrétiens à un effort conjoint pour augmenter le corps entier de grâce. En effet, c'est la santé lorsque tout le corps prospère. "Ajouter," dit-il, "à votre vertu la foi." La foi est la grâce à la tête des fichiers. Eh bien, as-tu la foi? Ajoute-y la vertu. La vraie foi est d'une nature émouvante qui produit des œuvres; sans bonnes œuvres, c'est mort ou elles est mourante. Luther a dit que la foi se termine ou devient forte par les œuvres. Elles est maintenue par une vie sainte, comme la chair qui se blottit sur le cadre du corps de l'homme, bien qu'elle reçoit sa chaleur des signes vitaux à l'intérieur, mais aide à préserver la vie même de ces signes vitaux. Ainsi, de bonnes œuvres et des actions gracieuses ont leur vie de la foi, mais sont nécessaires pour préserver la vie de la foi; ainsi nous voyons parfois, l'enfant soignez les parents qui l'ont porté, et il y ne fait que son devoir.

Tu es fécond en bonnes œuvres, mais tu n'es pas hors de portée du diable, à moins que tu n'ajoutes à ta vertu, la connaissance. C'est la chandelle sans laquelle la foi ne peut pas voir pour faire son travail. Vas-tu faire l'aumône ? Si la charité n'a pas cet œil de la connaissance pour diriger le quand, le comment, le pourquoi et à qui tu dois donner, tu peux à la fois faire tort à Dieu, à la personne que tu soulages, ainsi qu'à toi-même. T'humilies-tu à cause de ton péché ? Par manque de connaissance dans la teneur de l'Évangile, Satan peut jouer sur ton ignorance, et soit te persuader que tu n'es pas assez humilié, alors, Dieu le sait, tu t'es presque baigné de larmes, et même emporté par le torrent impétueux de ta douleur dans le désespoir, ou soit te montrer ton visage pleurnichard; il peut te flatter jusqu'à une confiance charnelle en ton humiliation.

Peut-être vois-tu le nom de Dieu déshonoré dans le lieu où tu vis, et ton esprit est agité en toi, comme celui de Paul à Athènes ; or, si la connaissance ne siège pas en selle pour freiner et brider ton zèle, tu seras bientôt emporté par-dessus les haies et les fossés, jusqu'à ce que tu tombes dans un précipice ou en faire tomber un autre par ton action irréfléchie. La connaissance ne suffit pas non plus, si tu n'es pas armé de tempérance, qui ici, je le conçois, est cette grâce par laquelle le chrétien, en tant que maître de sa propre maison, ordonne ses affections, comme des serviteurs, à la raison et à la foi, de telle sorte qu'elles ne se déchaînent pas de manière démesurée dans les désirs, les soucis ou la joie du confort de cette vie, sans laquelle Satan sera trop dur pour toi.

L'historien nous dit que dans l'une des célèbres batailles entre les Anglais et les Français, ce qui a perdu les Français ce jour-là fut une pluie de flèches anglaises, qui ont tellement blessé leurs chevaux qu'elles ont mis toute l'armée en désordre, car leurs chevaux, ignorant les rangs, ont piétiné leurs propres hommes. Les affections ne sont que comme le cheval pour le cavalier, sur lequel la connaissance doit être montée ; si les flèches barbelées de Satan s'abattent sur eux, de sorte que les désirs de la créature ne soient pas maitrisés, et ne soient pas en harmonie avec tes désirs envers Christ. Si ton souci de conserver ton crédit ou ton patrimoine met en désordre ton souci de garder une bonne conscience, et que ta joie charnelle dans la femme et l'enfant piétine ou passe avant ta joie dans le Seigneur, juge de quel côté la victoire est susceptible de tomber.

Eh bien, supposez que vous marchiez jusqu'ici, bien paré, vers le ciel, tandis que vous nagez dans la prospérité; ne devez-vous pas aussi vous préparer à affronter les mauvaises conditions de route et de temps? Je veux dire, à vivre dans un état d'affliction ? Satan tapissera les haies de mille tentations, lorsque vous arriverez dans les sentiers étroits de l'adversité, où vous ne pourrez pas échapper à ce genre de tentation, comme dans la campagne de la prospérité. Peut-être, vous qui avez échappé au piège d'un monde séduisant, pouvez-vous être désarçonné par lui quand il se renfrogne ; bien que la tempérance vous ait empêché de vous enivrer du vin doux de ces plaisirs, par manque de patience, vous pouvez être ivre du vin de l'étonnement, qui est entre les mains de l'affliction ; c'est pourquoi, dit l'apôtre, "à la tempérance, ajoutez la patience". Soit vous vous enivrez dans la patience, soit un démon furieux du mécontentement vous possédera. Une âme impatiente dans l'affliction est un chaos dans les chaînes, oui, aussi semblable au diable dans ses chaînes qui se déchaîne contre Dieu, alors qu'il est enchaîné par Lui.

Eh bien, as-tu de la patience ? C’est une grâce excellente, certes, mais pas suffisante. Tu dois être un homme pieux aussi bien que patient. C’est pourquoi, dit l’apôtre, "à la patience, ajoute la piété." Il y a une patience athée et il y a une patience chrétienne pieuse. Satan engourdit la conscience de l’un, et il n’est donc pas étonnant qu’il ne se plaigne pas, car il ne ressent rien. Mais l’Esprit du Christ apaise doucement l’autre, non pas en supprimant le sentiment de douleur, mais en le surmontant par le sentiment de son amour. Or, la piété comprend tout le culte de Dieu, intérieur et extérieur. Si tu as une bonne morale, mais que tu n’adores pas Dieu, alors tu es un athée. Si tu adores Dieu, et cela avec dévotion, mais sans suivre la règle de l’Écriture, tu n’es qu’un idolâtre. Si tu es selon la règle, mais pas en esprit et en vérité, alors tu es un hypocrite et tu tombes dans la bouche du diable. Ou si tu donnes à Dieu une partie de son adoration et que tu en refuses une autre, Satan vient toujours à son marché. "Celui qui détourne son oreille pour ne pas écouter la loi, sa prière même sera une abomination", Proverbes 28:9.

Pourtant, chrétien, tu n’as pas revêtu toute ton armure. Ta piété suffirait, si tu vivais seul dans un monde ou si tu n’avais rien à faire d’autre qu’une communion immédiate avec Dieu. Mais, chrétien, tu ne dois pas toujours t’attarder sur cette montagne d’adoration immédiate et, puisque, lorsque tu descends, tu as beaucoup de frères et de serviteurs de ton Père qui vivent avec toi dans la même famille, tu dois te comporter convenablement, sinon ton Père sera en colère. Tu as des frères, héritiers de la même promesse que toi, c’est pourquoi tu dois ajouter à la piété la "bonté fraternelle". Si Satan peut vous mettre en désaccord, il porte une blessure profonde à votre piété. Tu ne rejoindras guère les cœurs dans un devoir, si tu ne peux joindre les mains dans l’amour. Dans la famille, il n'y a pas seulement des frères, mais des serviteurs, une multitude de profanes charnels qui, bien qu'ils n'aient jamais eu le nom de fils ou de filles, restent néanmoins dans la famille de Dieu. Et ton Père céleste veut que tu marches sans reproche, oui de bonne manière, envers ceux qui sont à l'extérieur. Ce que tu peux faire, tu dois ajouter à la bonté fraternelle, la "charité" ; par cette grâce, tu seras prêt à faire du bien aux pires des hommes.

Quand ils te maudissent, tu dois prier pour eux, oui, prier pour rien de moins qu'un Christ, un ciel pour eux. "Père, pardonne-leur", dit le Christ, tandis qu'ils lui transperçaient le côté pour récupérer le sang de son cœur. Et en vérité, je suis persuadé que cette dernière pièce d'armure a donné à Satan un grand avantage en ces temps-ci, nous avons tellement peur que notre charité soit trop large! Alors que dans ce sens, si elle n'est pas aussi large que le monde, elle est trop étroite pour le commandement qui nous ordonne de "faire du bien à tous". Ne pouvons-nous pas être accusés, nous les ministres, de manquer de cela, alors que l'effort de notre prédication est uniquement dirigé vers les saints, et qu'aucune peine n'est prise pour sauver les pauvres âmes captives des griffes du diable ? Il peut les entraîner en enfer sans être dérangé, pendant que nous réconfortons les saints et prêchons leurs privilèges, mais en attendant, que les ignorants restent ignorants et les profanes restent profanes, faute d'une charité compatissante pour leurs âmes, qui nous inciterait à les reprendre et à les exhorter, afin qu'ils soient aussi amenés dans le chemin de la vie, ainsi que les saints qui y marchent, encouragés. 

Nous sommes des intendants pour fournir du pain pour la maison du Seigneur. La plupart de nos auditeurs ne peuvent pas, ne doivent pas avoir le pain des enfants, et ne leur en donnerons-nous donc aucune part ? La charité du Christ a pitié de la multitude, à laquelle il s'adressait spécialement dans sa prédication publique, comme dans ce célèbre sermon, dont la plupart visait à entraîner les consciences endormies des pharisiens hypocrites, par ces avertissements de malheurs et de malédictions si souvent lancés contre eux. Encore une fois, Satan n'a-t-il pas un grand avantage dans le manque de charité dans nos familles? N'est-il pas observé à quel point les professant prennent peu de soin d'instruire leur jeunesse?

Non, c'est un principe que certains ont accepté, que n'est pas leur devoir. Oh, où est leur charité quand ils peuvent voir Satan se retrouver dans leur propres murs, et le laisser conduire un enfant, un serviteur, dans leur ignorance jusqu'en enfer, sans un mot de réprimande ou d'instruction, pour sauver ces âmes idiotes de la main de la mort? Nous devons les laisser à leur liberté, et c'est tout ce que nous pouvons donner au diable. Donnez à cette nature suffisamment de cette corde, et elle étranglera bientôt les principes mêmes de Dieu et de la religion au cours de leurs années tendres.

Troisièmement. L'armature de l'armure du saint peut être prise non seulement pour chaque partie et pièce de la sainte armure, mais pour l'exhaustivité et la perfection de chaque pièce. Comme le chrétien doit s'efforcer d'obtenir toutes les grâces, il doit également s'efforcer d'obtenir le progrès et l'augmentation de chaque grâce, jusqu'à la perfection même. De même qu'il doit ajouter à sa foi la vertu, il doit donc ajouter la foi à la foi; il doit toujours compléter sa grâce. C'est une fréquente exhortation aux croyants. "Soyez parfait, comme votre père qui est au paradis est parfait", (Mattheu 5:48). "Soyez purs, comme Dieu est pur." Nous avons là une copie exacte, non pas comme si nous pouvions égaler cette pureté et cette perfection qui sont en Dieu, mais pour nous faire faire davantage d’efforts, et lorsque nous verrons à quel point nous sommes infiniment loin de ce que nous devons copier, nous écrirons de note écriture la plus belle ; "Que la patience accomplisse parfaitement son œuvre, afin que vous soyez parfaits et complets, sans faillir en rien", Jacques 1 :3-4.

Toi qui, avec peu de patience, te donne la peine de porter un petit fardeau, tu succomberais à un plus grand fardeau. Il est donc nécessaire que la patience se perfectionne sans cesse, de peur de finir par se retrouver avec un fardeau trop lourd pour nos faibles épaules. Nous verrons quelques raisons pour lesquelles le chrétien devrait ainsi compléter sa grâce. (à suivre)

dimanche 12 février 2023

Quelques réflexions sur le mariage chrétien

 

C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair. Que l'homme donc ne sépare pas ce que Dieu a joint (Marc 10:7-9).


Ce verset à lui seul dément ceux qui affirment que Jésus ne s'est jamais prononcé au sujet du mariage...

Tout d'abord, le mariage n'est pas pour ceux qui n'ont aucune fidélité. Ils feraient mieux de rester célibataires.

Le mariage est un contrat devant Dieu entre un homme et une femme. Un contrat qui dure toute la vie, et qui ne peut se briser que par la mort de l'un ou de l'autre des mariés. Il doit être respecté, et pour y parvenir, je dois me respecter moi-même et respecter mon/ma partenaire. Je dois bien me connaître et me voir tel que Dieu me voit, je dois donc examiner ma conduite honnêtement à la lumière de la parole de Dieu, et être très exigeant envers moi-même. Bien sûr, on ne doit pas se marier sur un coup de tête ni pour la sexualité seulement!

Le mariage, c'est aussi de renoncer à soi-même. C'est un don de soi que l'on fait à l'être aimé(e), et plus tard, aux enfants qui naîtront de notre union. Le mariage (et être parents) est une immense responsabilité. Il faut une solide maitrise de soi, beaucoup de patience (impossible si l'on est trop enflé d'orgueil), de compréhension; c'est un dialogue continuel. Les époux doivent être fidèles l'un à l'autre et se mettre d'accord sur tout. Ils doivent harmoniser leurs pensées et désirs afin d'amener leur volonté propre à la soumission à la volonté de Dieu. 

L'on ne peut pas changer l'autre. Il ne faut jamais laisser l'amertume d'une situation qui nous déplaît venir refroidir l'amour premier que nous avions l'un pour l'autre. Hébreux 12:15 nous dit de veiller à ce "qu'aucune racine d'amertume ne produise du trouble, et que plusieurs n'en soient infectés". Regardons autour de nous le nombre d'enfants innocents qui ont vu leur enfance détruite par des parents qui étaient trop enflés d'orgueil pour se reconnaître tels quels étaient et se mettre en règle avec Dieu. Il est des manières de vivre que nous avions lorsque nous étions célibataires que nous devons abandonner une fois mariés. L'égoïsme n'a pas sa place dans un mariage chrétien, car il doit être l'image de Christ et Son église. Jésus n'a pas vécu égoïstement, demandant à Son église un amour qu'Il n'a pas été capable de donner. Au contraire! Il nous a aimé le premier, donnant Sa vie sans rien demander en retour, sachant même que le plus grand nombre le rejetterait. Les phrases comme : "Pourquoi ne m'aimes-tu pas?", ou "Je t'aimerai si tu fais tout ce qui me plaît" n'ont donc aucune place dans le mariage. 

Il faut être honnêtes l'un envers l'autre. Honnête et non pas méprisant. Nous pouvons dire ce que nous n'aimons pas de l'autre, mais d'une manière respectueuse. Disons-le, réglons le tout, et rions ensemble! N'exigeons rien l'un de l'autre; au contraire, donnons!  Regardons-le/la dans les yeux et disons-lui à quel point nous l'aimons. N'ayons pas peur d'ajouter : "S'il y a quelque chose que je fais qui te déplaît, dis-le-moi, je me corrigerai, avec l'aide de Dieu". Les querelles ne doivent pas exister dans un mariage. N'oublions pas, nous devenons une seule chair! Avons-nous déjà vu une personne se quereller avec elle-même? Ce n'est pas sans raison que la Bible nous dit que nous devons aimer nos épouses/maris comme nous nous aimons nous-mêmes (Éphésiens 5:28-30). Dans le mariage, nous sommes devenus une seule chair! Nous sommes membres d'un même corps, comme nous faisons parties du corps de Christ. Plaçons donc le Seigneur Jésus-Christ au milieu de tout ce que nous faisons! 

Cherchons toujours à faire plaisir à notre conjoint/conjointe. Dieu n'a pas donné de mandat au mari de dominer son épouse; au contraire, il doit l'aimer comme il prend soin de son propre corps, et être un exemple pour elle et les enfants, comme Christ a été un exemple pour nous. C'est une tâche possible à ceux qui sont remplis de l'Esprit de Dieu et se laissent transformer jour après jour afin d'être toujours plus à l'image de Christ. 

Le Seigneur Jésus nous a clairement défendu de nous divorcer. Il est venu réconcilier, pour Dieu, aucun péché, aucune transgression n'était trop grande; Il ne voulait pas que nous soyons séparés de Lui pour l'éternité. Comment, nous simples mortels, pouvons-nous décider que des "différents irréconciliables" seront causes de divorce d'avec notre époux/épouse? Quel orgueil! La promesse du mariage a été faite devant Dieu, et l'homme et la femme sont devenus une seule chair. Un homme peut-il se couper en deux et survivre? Une femme le peut-elle? Ne laissons jamais les influence de ce monde pervers venir diminuer la sainteté du mariage chrétien; que l'homme ne sépare pas ce que Dieu a uni (Marc 10:9).   

Nous lisons en 1 Jean 4:20 : "Si quelqu'un dit : J'aime Dieu, et qu'il haïsse son frère, c'est un menteur, car celui qui n'aime pas son frère qu'il voit, comment peut-il aimer Dieu qu'il ne voit pas?" Ce verset s'applique clairement à tous ceux qui sont unis dans les liens du mariage. Ces liens ne sont pas trop lourds et ne briment pas notre liberté, au contraire, étant au cœur même de la volonté de Dieu, nous expérimentons la liberté de Dieu dans ce qu'Il a préparé pour nous. Les époux trouvent dans le mariage une nouvelle manière d'évangéliser, par leur exemple et leur dévouement l'un envers l'autre. 

Veillons à ce qu'il ne soit pas dit de nous que nous avons été trouvés trop léger dans notre relation avec Dieu que nous avons été incapables de Le représenter ici-bas dans notre mariage. Laissons-Le nous transformer, nous remplir de Son amour, Sa paix et Sa joie, afin que nous soyons débordants de Sa présence et que nous aimions réellement notre époux/épouse comme Christ nous a aimé le premier.

Que toute la gloire soit rendue à Dieu seul, Amen.