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dimanche 15 mars 2026

Le chrétien en armure complète, par William Gurnall, 45e partie

 

Second point de doctrine

La nécessité d'une armure divine pour persévérer. 

Voici la nécessité de l'armure divine pour persévérer jusqu'à ce que nous ayons tout accompli. Pourquoi sinon leur ordonne-t-il de revêtir cette armure à cette fin, s'ils pouvaient s'en passer ?

Il ne peut y avoir de persévérance sans la véritable grâce dans le cœur. Une âme dépourvue d'armure divine ne peut persévérer. J'ai exposé, et l'apôtre le fait ici aussi, en détail, la nature de cette armure divine. Les grâces sanctifiantes de l'Esprit de Dieu constituent cette armure. Celui qui n'en est pas doté ne pourra jamais persévérer jusqu'à franchir toutes les étapes de la vie chrétienne, ni livrer tous les combats nécessaires à la victoire.

Les dons communs de l'Esprit, tels que l'illumination, la conviction, les soudaines angoisses et les ardeurs de l'affection, peuvent porter la créature un temps sous une belle apparence de zèle pour Dieu et d'empressement dans sa profession de foi, mais la force qu'ils procurent s'épuise rapidement. Les auditeurs de Jean, mentionnés en Jean 5:35, ont reçu un peu de lumière et de chaleur en s'asseyant sous son ministère ardent, mais combien de temps cela a-t-il duré ? "Vous avez voulu, pour un temps, vous réjouir de sa lumière." 

Les couleurs qui y étaient dessinées étaient magnifiques, mais elles n'étaient pas appliquées à l'huile et, de ce fait, elles s'effacèrent rapidement. Les vierges folles firent briller leurs lampes avec autant d'éclat et attendaient un jour aussi propice que les vierges sages pour la venue du Christ ; mais hélas, leurs lampes s'éteignirent avant son apparition, et leur espoir fut vain, voire vain. 

Le sol pierreux était plus fertile que la meilleure terre. La graine germe aussitôt, comme si la moisson allait bientôt commencer, mais quelques gelées mordantes en changent la couleur, et le jour de la récolte se révèle un jour de profonde tristesse. Tous ces exemples, et bien d'autres dans l'Écriture, démontrent que seule une grâce solide et un principe de vie divine dans l'âme peuvent persévérer. Si prompts que soient les formalistes et les croyants superficiels à espérer atteindre le ciel, ils constateront que le pas est trop long pour leurs âmes impatientes.

Voici pourquoi :

Première raison. Ceux-là ont besoin d'un principe de vie divine pour puiser en Christ la force de persévérer dans leur cheminement. Ce qui permet à l'âme vertueuse de persévérer, c'est le soutien constant qu'elle reçoit du Christ, de même que le bras et le pied sont maintenus en vie dans le corps par les forces vitales qu'ils reçoivent du cœur. "Je vis", dit Paul, "mais ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi", c'est-à-dire que je ne vis que par le sacrifice du Christ. Il tient, comme mon âme, ainsi ma grâce dans la vie.

L'être charnel qui désire cette union est voué à la décomposition et à la décrépitude. Il n'a aucun fondement sur lequel s'appuyer. Une carcasse, une fois en décomposition, ne guérit jamais ; chaque jour l'aggrave jusqu'à la putréfaction complète. Aucun baume ni pansement ne peut la soulager. Mais là où règne un principe vital, lorsqu'un membre est blessé, la nature envoie des ressources spirituelles qui, combinées au baume, contribuent à la guérison. Il existe la même différence entre une personne bienveillante et une personne ingrate.

Voyez leur opposition à cet égard : le juste "tombe sept fois" et "se relève", tandis que le méchant "tombe dans le malheur" (Proverbes 24:16) ; c’est-à-dire qu’en tombant, il s’enfonce toujours plus bas et n’a plus le pouvoir de se relever. Quand Caïn a péché, voyez comment il est tombé toujours plus bas, tel une pierre dévalant une colline, sans jamais s'arrêter avant d'avoir atteint le fond du désespoir : de l'envie envers son frère à la malice, de la malice au meurtre, du meurtre au mensonge effronté et à l'audace insolente envers Dieu lui-même, et de là au désespoir.

Il est tellement vrai que "les méchants iront de mal en pis" (2 Timothée 3:13). Mais lorsqu'un saint tombe, il se relève, car dans sa chute, il a un principe de vie qui le pousse à crier vers le Christ, et un tel attachement au Christ qu'il l'incite à l'aider. "Seigneur, sauve-moi", dit Pierre, lorsqu'il commença à sombrer, et aussitôt la main du Christ se tend ; il le réprimande pour son incrédulité, mais il le secourt.

Deuxième raison. Une âme non régénérée n'a aucune assurance quant à la continuité des dons communs de l'Esprit qu'elle possède actuellement ; elles se présentent aux mêmes conditions que les plaisirs temporels. L'homme charnel, même avec sa table somptueusement dressée, ne peut promettre de Dieu le prochain repas. Dieu accorde ces choses aux méchants, comme nous donnons un morceau de pain ou le gîte pour la nuit à un mendiant dans notre étable. 

C'est notre bienfait, une telle personne ne pourrait pas nous poursuivre en justice pour avoir nié cela. De même, Dieu n'était pas tenu d'accorder les dons communs de l'Esprit, ni de les maintenir. Tu as une certaine connaissance des choses de Dieu ; pourtant, malgré tout cela, tu peux mourir sans la connaître pleinement. Tu es un pécheur enchaîné ; la grâce te retient, mais elle peut t'être ôtée, et tu peux te livrer à tes convoitises aussi librement qu'auparavant. Comment peut-il supporter de passer, en un seul jour, de la prière aux injures, d'une conscience geignarde et plaintive à une conscience endurcie ?

Troisième raison. Tout homme non régénéré, lorsqu'il est le plus absorbé par ses professions de foi, a des engagements qui, inévitablement, le détourneront tôt ou tard. L'un est engagé envers le monde, et dès qu'il trouve un marché lucratif, il s'en va. Il ne peut tout avoir, et il fera alors paraître celui qu'il aimait le plus. Démas nous a abandonnés et a embrassé ce monde. Un autre est esclave de ses désirs, et lorsqu'ils l'appellent, il doit y succomber, malgré ses professions de foi, sa conscience, Dieu et tout le reste.

Hérode craignait Jean et fit bien des choses ; mais la passion est plus forte que la peur, sa passion pour Hérodiade l'emporte sur sa crainte de Jean et le pousse à trancher sur-le-champ la tête de Jean, ainsi que les espoirs nés de la tendresse de sa conscience et amorçant sa réforme. Une racine d'amertume, quelle qu'elle soit, germera en lui. Si le teint de son âme est profane, il finira par l'atteindre, même si, pour un temps, quelque couleur religieuse peut apparaître sur son visage, sous l'effet d'une cause extérieure.

Ceci nous révèle la racine de toute apostasie finale : l'absence d'une conversion profonde du cœur. L'apostat ne perd pas la grâce qu'il possédait, mais découvre qu'il n'en a jamais eu. Il n'est donc pas étonnant d'apprendre qu'il fait faillite, car c'était pire que rien lorsqu'il s'est établi. Nombreux sont ceux qui embrassent la sainteté par confiance et qui monnayent leurs devoirs religieux contre le crédit que leur confère l'opinion d'autrui. Ils se croient chrétiens parce que d'autres l'espèrent, et leur principal souci est de s'adonner avec zèle aux pratiques religieuses les plus superficielles, afin de préserver le crédit dont ils jouissent, sans chercher à acquérir une grâce intérieure solide qui les soutiendrait dans leur profession de foi ; et c'est ce qui cause finalement leur perte.

Que cela nous incite donc, dans la crainte de Dieu, à réfléchir aux raisons qui nous poussent à embrasser notre profession de foi. Y a-t-il en nous quelque chose qui soit à la mesure de notre zèle extérieur ? Avons-nous posé des fondations solides ? La superstructure n’est-elle pas trop lourde, s’élevant trop loin au-delà de fondations fragiles ? On dit que les arbres poussent autant par leurs racines souterraines que par leurs branches aériennes, et il en va de même pour la véritable grâce.

Souviens-toi de la mort de la semence en terre pierreuse. Elle n'avait pas de racines ; et pourquoi donc, sinon parce que la terre était pierreuse ? Sois prêt à ce que la charrue pénètre assez profondément pour t'humilier pour tes péchés et arracher ton cœur au péché. L'âme véritablement arrachée à l'amour du péché ne lui sera plus jamais totalement amie. En un mot, cherche avec sérieux la source qui anime toute ta vie spirituelle. Fais comme ceux qui veulent connaître leur valeur : ils mettent d'un côté leurs dettes et de l'autre leurs biens, et lorsqu'ils ont dépensé suffisamment pour s'acquitter de toutes leurs dettes et engagements, ce qui leur reste, ils peuvent le considérer comme leur propriété.

Ainsi, considère ce à quoi tu t'es engagé : ton crédit terrestre, tes profits, ta crainte servile de Dieu et ton désir égoïste de bonheur. Et quand tu auras tenu compte de tout cela, vois ce qui reste de ta crainte de Dieu, de ton amour pour Dieu, etc. S'il ne reste rien, tu n'es rien ; s'il reste quelque chose, moins il en reste, plus tu es un chrétien faible ; et quand tu viendras être éprouvé par le feu de Dieu, tu perdras tout le reste, qui, comme le foin et le chaume, sera consumé par les flammes.

Troisième point de doctrine.

La certitude de persévérer, revêtu de cette armure.

Nous avons ici la certitude de persévérer et de triompher enfin, revêtus de cette armure. Ayant tout fait pour tenir bon, il serait bien peu encourageant de leur conseiller de revêtir cette armure qui ne les protégerait pas assurément. 

Il ne peut y avoir de persévérance sans la véritable grâce dans le cœur. Toute âme revêtue de cette armure de Dieu tiendra bon et persévérera ; ainsi, la véritable grâce ne peut jamais être vaincue. Le chrétien est un vainqueur-né, les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre lui. Celui qui est "né de Dieu triomphe du monde" (1 Jean 5:4). Remarquez d'où date cette victoire : dès sa naissance. La victoire est semée dans sa nature nouvelle ; cette semence de Dieu qui le préservera d'être englouti par le péché ou Satan. De même que le Christ est ressuscité pour ne plus jamais mourir, de même il relève les âmes du tombeau du péché, pour qu'elles ne subissent plus jamais le pouvoir de la mort spirituelle. Ces saints de Dieu ne peuvent "connaître la corruption".

Ainsi, celui qui croit est dit au présent qu'il possède la vie éternelle. De même que la loi venue quatre cents ans plus tard ne pouvait annuler la promesse faite à Abraham, rien ne peut empêcher l'accomplissement de cette promesse de vie éternelle, donnée et transmise au Christ avant la fondation du monde. Si un saint pouvait, d'une manière ou d'une autre, échouer et ne pas obtenir cette vie éternelle, ce serait pour l'une de ces trois raisons : Dieu peut abandonner le chrétien et lui retirer sa grâce et son aide ; le croyant peut abandonner Dieu ; ou enfin, Satan peut l'arracher des mains de Dieu. Je n'en connais pas d'autre.

Or, aucune de ces raisons ne peut être:

Premièrement. Dieu ne peut jamais abandonner le chrétien. Certains propos imprudents ont été tenus par des âmes tentées, craignant d'être rejetées par Dieu, mais ils ont été démentis et ont dû se rétracter avec honte, comme nous le voyons dans les exemples de Job et de David. Oh ! quelle admirable sécurité le Dieu tout-puissant a donnée à ses enfants en cela ! 

1. Dans ses promesses, il a dit : "Je ne te délaisserai point, je ne t’abandonnerai point" (Hébreux 13:5). Cette promesse comporte cinq négations, autant de sceaux qui la ratifient à notre foi. Il nous assure qu’il n’y a jamais eu, ni ne pourra jamais, la moindre pensée de repentir dans son cœur quant aux desseins de son amour et de sa grâce particulière envers ses enfants : "Les dons et l’appel de Dieu sont irrévocables" (Romains 11:29). Même les péchés des croyants contre lui; leur conduite perverse, ne suscitent pas l’envie de les rejeter, mais de les corriger : "À cause de l’iniquité de sa convoitise, je me suis irrité et je l’ai frappé ; je me suis caché et j’étais irrité, et il a persisté dans la voie de son cœur. J’ai vu ses voies et je les guérirai" (Ésaïe 57:17-18). L’eau des manquements des saints, jetée sur le feu de l’amour de Dieu, ne peut l’éteindre. Celui qu’il aime, il l’aime jusqu’à la fin.

2. Dieu, pour donner plus de poids et de crédit à nos cœurs incrédules et sceptiques, scelle sa promesse par un serment. Voir Ésaïe 54:8-10 : "Avec une bonté éternelle, j’aurai compassion de toi, dit l’Éternel, ton Rédempteur. Car il en est pour moi comme des eaux de Noé ; car, comme j’ai juré que les eaux de Noé ne submergeraient plus la terre, j’ai juré que je ne serais pas irrité contre toi." Il poursuit en leur disant : "Les montagnes s’éloigneront" (c’est-à-dire à la fin des temps, lorsque toute la structure des cieux et de la terre sera dissoute) "mais sa bonté ne s’éloignera pas, et l’alliance de ma paix ne sera pas abolie."

Or, afin d’éviter toute confusion, il convient de préciser que cette promesse n’était pas réservée aux seuls Juifs. Nous constatons qu’elle est attribuée à chaque serviteur de Dieu comme sa part. "Tel est l’héritage des serviteurs de l’Éternel, et leur justice vient de moi, dit l’Éternel" (Ésaïe 54:17). Et assurément, Dieu, si soucieux d’assurer l’héritage de ses enfants, ne saurait être reconnaissant envers ceux qui s’emploient à invalider et à affaiblir ses actes, voire à contredire sa volonté. Même sous l’effet d’un pot-de-vin, ils n’auraient pu mieux défendre la cause de Satan!

3. Dans l'accomplissement effectif de ces promesses (qu'il a faites aux croyants) à Christ, leur avocat. De même que Dieu, avant la création du monde, a promis la vie éternelle à Christ pour eux, de même il lui a maintenant donné la possession effective de cette place glorieuse, en tant que leur avocat et leur représentant, où ils jouiront de cette vie éternelle. Car, de même qu'il est venu du ciel pour accomplir notre mission, de même il y est retourné pour prendre et conserver la possession de cet héritage que Dieu avait promis jadis et qu'il a acquis en une seule fois par sa mort.

Et maintenant, quelle raison de craindre peut-il y avoir dans le cœur du croyant, concernant l'amour inébranlable de Dieu envers lui, lorsqu'il voit que toute l'alliance a déjà été accomplie envers Christ pour lui, que Dieu a non seulement appelé, sanctifié pour lui et soutenu dans la grande œuvre qu'il doit accomplir pour nous ; mais aussi justifié par sa résurrection et sa délivrance de prison, et reçu au ciel, où il siège à la droite de la majesté divine dans les lieux très hauts, par quoi il a non seulement acquis pour nous, mais aussi le plein pouvoir de donner cette possession à tous les croyants ? 

Deuxièmement. Le croyant ne peut jamais abandonner Dieu grâce à la provision prévue dans l'alliance. Il peut ainsi se libérer de toute crainte de ne pas persévérer. Il éprouve de nombreuses craintes et des tremblements au cœur, redoutant d'abandonner Dieu. Le chemin vers le ciel est long et sa grâce est faible. "Oh !" se dit-il, "n'est-il pas possible que cette grâce si mince me fasse défaut et que je sois finalement privé de gloire ?" Or, l'alliance prévoit justement une telle provision qui dissipe également ce nuage.

1. L’Esprit de Dieu est donné précisément pour éviter cela. Le Christ a laissé sa mère avec Jean, mais ses saints avec son Esprit, pour les guider et les protéger, afin qu’ils ne se perdent pas sur le chemin du ciel. Oh, combien ce lieu est doux ! "Je mettrai mon Esprit en vous, et je vous ferai marcher selon mes lois ; vous garderez mes ordonnances et vous les mettrez en pratique" (Ézéchiel 36:27). Il ne dit pas qu’ils auront son Esprit s’ils marchent selon ses lois ; non, son Esprit les y conduira. Mais peut-être craignez-vous de l’attrister, et qu’ainsi, dans sa colère, il vous abandonne, et que vous périssiez faute de son aide et de ses conseils.

L’Esprit de Dieu est en effet sensible à la méchanceté, et face au péché d’un saint, il peut se retirer quant à son aide immédiate, mais jamais quant à sa sollicitude ; de même qu’une mère peut laisser son enfant turbulent seul jusqu’à ce qu’il reçoive un coup, le faisant alors pleurer et réclamer ses bras, elle veille sur lui pour qu’il ne fasse pas de mal. L’Esprit se retira de Samson, qui tomba entre les mains des Philistins. Il implora alors Dieu, et l’Esprit manifesta de nouveau sa force en lui. Ainsi, ici-bas, le rôle de l’Esprit est de demeurer éternellement avec les saints. "Il vous donnera un autre Consolateur, afin qu’il demeure éternellement avec vous" (Jean 14:16).

2. L’un des principaux objectifs de l’intercession du Christ est d’obtenir de Dieu la persévérance nécessaire pour notre foi fragile. "J’ai prié", dit le Christ à Pierre, "afin que ta foi ne défaille point." Mais n’était-ce pas un privilège particulier qui lui avait été accordé et qui pouvait être refusé à un autre ? De telles craintes et jalousies sont facilement ressenties par les enfants insensés, et c’est pourquoi le Christ les en prévient en disant à Pierre, juste après : "Quand tu seras converti, affermis tes frères" (Luc 22, 32), c’est-à-dire : "Quand tu auras ressenti l’efficacité et la force de ma prière pour ta foi, porte-leur cette bonne nouvelle, afin que leurs cœurs soient fortifiés eux aussi."

Et quel réconfort cela leur aurait-il apporté, si le Christ n'avait pas prié pour eux comme Pierre ? Le Christ prie-t-il pour nous ? Oui, ne vit-il pas pour prier pour nous ? Comment les enfants de tant de prières, de telles prières, pourraient-ils périr ? Les prières des saints ont une puissance immense. Jacob lutta avec Dieu et triompha. C'était son épée et son arc (pour reprendre l'expression de ce qu'il dit du lopin de terre qu'il prit à l'Amorite) grâce auxquels il remporta la victoire et obtint gain de cause auprès de Dieu. C'était la clé avec laquelle Élie ouvrait et fermait le ciel. Et si les faibles prières des saints, adressées en son nom, ont tant de poids au ciel, qu'elles leur permettent d'accéder au trésor de Dieu et d'emporter autant que leur foi le leur permet, oh ! quelle est donc la valeur de l'intercession du Christ, lui qui est Fils, Fils obéissant, revenu après avoir achevé sa grande œuvre sur terre, et qui maintenant prie son Père pour rien d'autre que ce qu'il lui a dit de demander ; oui, pour rien d'autre que ce qu'il a déjà prévu avec lui, et tout cela auprès d'un Père qui aime ceux pour qui il prie autant que lui-même ?

Dis à Satan de s'éloigner ! Ne dis pas que ta faible foi périra, avant d'avoir entendu que le Christ a cessé de prier, ou avant d'avoir essuyé un refus.

3. Car Satan ne peut arracher le croyant des mains de Dieu. Voyons s'il peut l'enlever et s'interposer entre lui et sa demeure éternelle. J'ai déjà abordé ce sujet ailleurs ; aussi, en quelques mots, il suffira de le développer. Tout est prévu pour contrer ses attaques. Le saint est enveloppé dans les bras éternels de la toute-puissance, et que peut faire un démon maudit contre Dieu, qui a posé sur lui ces chaînes dont il ne peut se défaire ? S'il parvient à extraire de sa conscience ce trait de fureur divine que Dieu y a planté, alors il pourra songer à une telle entreprise. Comment peut-il te vaincre, toi qui ne peux être tenter qu'au temps fixé par Dieu ? Et si Dieu a fixé à Satan le moment d'attaquer le chrétien qu'il aime tant, ce sera assurément lorsqu'il sera repoussé avec la plus grande honte. 

Utilisation et application

Premièrement. Abandonnons donc cette doctrine qui prétend qu'un saint peut être saint aujourd'hui et nul demain ; tantôt Pierre, tantôt Judas. Quelle ineptie ! Ce principe contrevient au dessein parfait de Dieu dans l'alliance de l'Évangile, jette une triste ombre sur l'honneur du Christ et blesse profondément le cœur du saint.

1. Cela contrevient au dessein de Dieu dans l'alliance de l'Évangile, qui, comme nous le constatons clairement, est que ses enfants soient placés dans un état sûr et préservé de tout échec, ce qui n'était pas le cas pour l'homme sous la première alliance. Voir Romains 4:16 : "C'est pourquoi c'est par la foi, afin que ce soit par grâce, pour que la promesse soit assurée à toute la descendance." Dieu, à dessein, en raison de la faiblesse de la première alliance due à la nature changeante de l'homme, établit une nouvelle alliance d'une nature et d'une structure bien différentes, non pas fondée sur les œuvres, comme la précédente, mais sur la foi.

Et pourquoi ? L’apôtre nous dit que c'est "afin que toute la descendance soit assurée", qu’aucune âme, adoptée par la foi dans la famille d’Abraham et devenant ainsi enfant de la promesse, ne soit privée de la bénédiction promise, à savoir la vie éternelle, ainsi appelée (Tite 1:2). Et tout cela parce que la promesse est fondée sur la grâce, c’est-à-dire sur le bon plaisir immuable de Dieu en Christ, et non sur l’obéissance variable et inconstante de l’homme, comme c’était le cas pour la première alliance. Mais si un saint peut finalement chuter, alors la promesse n’est pas plus sûre dans cette alliance qu’elle ne l’était dans la précédente, et Dieu n’atteindrait pas la fin qu’il propose.

2. Cela jette une triste lumière sur l'honneur du Christ, tant dans la mission qui lui est confiée que dans l'intérêt qu'il porte au salut des saints. Premièrement, dans la mission qui lui est confiée, il nous dit que son Père les lui a donnés précisément pour cela : leur donner la vie éternelle. Oui, ce pouvoir qu'il a sur toute chair lui a été donné pour lui permettre d'accomplir pleinement cette unique mission (Jean 17:2). Il accepte cette charge, les reconnaît comme ses brebis, les connaît chacune et promet de leur donner la vie éternelle ; elles ne périront jamais, et personne ne les arrachera de sa main (Jean 10:27-28). Maintenant, comment peuvent-ils bien consulter l'honneur du Christ, eux qui disent que ses brebis peuvent mourir dans le fossé de l'apostasie finale malgré tout cela ?

Deuxièmement, comme il se soucie du salut de chaque saint, la vie de sa propre gloire est liée à la vie éternelle de ses saints. Il est vrai que, lors de la chute d'Adam, Dieu l'a préservé de la croix, mais comment le Christ, si étroitement uni à chaque âme croyante, le pourrait-il ? Il existait une alliance entre Dieu et Adam, mais aucune union comparable à celle-ci, où le Christ et ses saints ne font qu'un seul Christ, raison pour laquelle son Église est appelée de Christ. "Comme le corps est un et a plusieurs membres, et que tous les membres du corps, malgré leur nombre, ne forment qu'un seul corps, ainsi en est-il du Christ" (1 Corinthiens 12:12). Le Christ et ses membres forment un seul corps.

Est-il possible qu'une partie du corps de Christ se retrouve enfin en flammes en enfer ? Le Christ peut-il être un Christ infirme ? Un membre peut-il se détacher d'un autre ? Il est tout à fait possible que tous soient privés de leur plénitude. Mais comment le Christ pourrait-il se séparer de ses membres mystiques sans se séparer de sa gloire ? Chaque membre n'ajoute-t-il pas à l'ornement du corps, voire à son honneur ? L'Église est appelée "la plénitude de celui qui la possède" (Éphésiens 1:23). Oh ! combien il est déshonorant pour le Christ de penser qu'il puisse manquer de sa plénitude ! Et comment l'homme peut-il être plein et complet s'il lui manque un membre ?

3. Cela blesse profondément le réconfort des saints et ternit leur joie. Paul dit qu’il n’a pas altéré le vin généreux de la Parole de Dieu avec l’eau des vanités humaines (2 Corinthiens 2:17). Non, il leur a donné l’Évangile pur.

En vérité, ce principe de la chute des saints ternit tristement le doux vin des promesses. Le réconfort vivifiant qui y brille provient de la transmission certaine par laquelle, en Christ, elles sont données aux croyants, pour être possédées et conservées à jamais. C’est pourquoi elles sont appelées "les grâces promises de David" (Actes 13:34); des grâces qui ne périront jamais. Voilà le véritable vin qui réjouit le cœur du saint.

Même s’il est châtié dans sa maison lorsqu’il pèche, il ne sera pas chassé de la maison, comme Dieu l’a promis par la figure à la descendance de David. "Néanmoins, je ne lui retirerai point entièrement ma bonté, et je ne laisserai point ma fidélité faillir" (Psaume 89:33) ; et au verset 36, "sa descendance subsistera à jamais". Si quelque chose pouvait séparer le croyant de l’amour de Dieu en Christ, ce serait comme un trou au fond de sa coupe, laissant s’échapper toute sa joie ; il pourrait alors craindre que chaque tentation ou affliction ne le tue, et ainsi la malédiction du méchant deviendrait le lot du saint.

Sa vie serait constamment suspendue à un fil, et la crainte de sa perte finale, qu’il entrevoit comme une menace, consumerait la joie de son espérance présente. Or, combien un tel état d’esprit est contraire à l’esprit d’adoption et à la pleine assurance de l’espérance que la grâce de la nouvelle alliance donne à celui qui court vers elle, peut lire dans la Parole!

Deuxièmement. Cette vérité prépare un réconfort souverain pour ranimer l'esprit défaillant des croyants fragiles, saisis de nombreuses craintes quant à leur persévérance et leur ténacité jusqu'au bout de leur combat spirituel. Courage, pauvre âme, Dieu a donné à Christ la vie à chaque âme dans l'arche de son alliance. Ton salut éternel est assuré. Celui qu'il aime, il l'aime jusqu'à la fin (Jean 13:1). T'a-t-il rendu disposé, au jour de sa puissance, à marcher sous sa bannière et à embrasser sa lutte contre le péché et l'enfer ? 

La même puissance qui a vaincu ton cœur rebelle vaincra pour toi tous tes ennemis, intérieurs et extérieurs. Ne dis pas que tu es un roseau brisé, car par cette puissance, il brisera la tête de Satan et ne s'arrêtera pas avant d'avoir pleinement triomphé du jugement dans ton âme. Celui qui peut faire se relever quelques hommes blessés et prendre une ville forte peut faire triompher un esprit blessé sur le péché et les démons (Jérémie 37:10). L'arche se tenait au milieu du Jourdain jusqu'à ce que tout le camp d'Israël ait traversé en toute sécurité pour entrer en Canaan (Josué 3:17), et il en va de même de l'alliance, dont l'arche n'était qu'une préfiguration.

Oui, le Christ, l'alliance et tout le reste, garantissent aux saints un passage sûr au ciel. Si un seul croyant périt, l'alliance périt avec lui ; le Christ et le saint sont unis comme cohéritiers du même héritage. "Si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers : héritiers de Dieu et cohéritiers du Christ", Romains 8:17. Nous ne pouvons contester l'un, mais nous pouvons remettre en question la validité du titre de l'autre. Quand vous entendez dire que le Christ est chassé du ciel, ou qu'il est prêt à vendre son héritage là-bas, alors, pauvre chrétien, craignez d'y venir, et pas avant. Les cohéritiers ne peuvent vendre l'héritage à moins que tous deux n'y renoncent, ce que le Christ ne fera jamais et ne te permettra jamais.

Troisièmement. Cette vérité appelle quelques mots de prudence. Bien qu'il n'y ait pas lieu de craindre la chute d'un saint, il existe un grand danger que d'autres, forts de cette doctrine rassurante, tombent dans une sécurité insouciante et une audace présomptueuse ; c'est pourquoi un rempart est indispensable, afin que nous puissions, en toute sécurité pour nos âmes, nous tenir debout et contempler la perspective agréable que cette vérité nous offre.

Cette fleur dont l'abeille butine le miel, l'araignée y puise son venin. Ce qui restaure la grâce du saint attise la convoitise du méchant. Ce que Paul disait de la loi s'applique aussi à l'Évangile. Le péché, profitant de la grâce de l'Évangile et de ses douces promesses, trompe le cœur charnel et y engendre toutes sortes de méchancetés. En effet, le péché s'enracine rarement autant que chez ceux qui l'arrosent de la grâce de l'Évangile.

Il y a deux manières d'abuser de cette doctrine : 1). En négligeant son devoir. 2). En se donnant la permission de pécher. Prenez garde aux deux.

1) Prenez garde de négliger son devoir pour cette raison : si vous êtes chrétien, vous ne pouvez pas vous éloigner de la grâce.

Voici trois points importants à retenir pour éviter cela. 

A) Il y a d'autres arguments à invoquer qui te contraindront à accomplir ton devoir avec vigueur et constance, à condition que la crainte de s'égarer ne vienne pas te freiner, sinon tu n'es pas chrétien. Quoi ! Rien ne pousse un enfant à s'occuper des affaires de son père, si ce n'est la crainte d'être déshérité et chassé ! Il y a assurément une meilleure motivation au devoir dans le cœur d'un saint, sinon la religion serait une œuvre bien triste. Parlez pour vous-mêmes, ô saints ! La simple préservation de soi est-elle tout ce que vous demandez dans vos prières et que vous entendez ? 

Si un messager venait du ciel et vous annonçait que le ciel vous appartient, abandonneriez-vous votre vocation spirituelle, au point de ne plus vous soucier de connaître Dieu jusqu'à votre arrivée ? Oh ! combien cela vous paraît cruel ! Des principes sont gravés dans le cœur du chrétien, qui ne toléreront pas longtemps qu'une distance s'installe entre Dieu et lui. Il est soumis à la loi d'une vie nouvelle, qui le pousse à désirer la communion avec Dieu aussi naturellement que l'enfant désire voir le visage de son père bien-aimé ; et chaque devoir est une occasion pour le chrétien de se présenter à lui et d'être comblé par sa présence.

B) Négliger son devoir sous une telle conviction est contraire à la pratique et aux conseils du Christ. Bien que le Christ n'ait jamais douté de l'amour de son Père, ni remis en question l'heureux dénouement de toutes ses tentations, ses agonies et ses souffrances, il prie, et prie encore avec la plus grande ferveur (Luc 22:44). Il dit à Pierre que Satan avait demandé la permission de les cribler, mais il le réconforta néanmoins, lui qui allait être le plus durement éprouvé, en disant : "Mais j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille point."

Certes, notre Sauveur, par cette disposition prise pour lui et les autres, entend leur épargner une tâche qu’ils n’auraient pas à accomplir en veillant ou en priant. Il n’en est rien. Après cela, comme vous pouvez le voir au verset 40, il les appelle à leur devoir : "Priez pour ne pas entrer en tentation." Les prières du Christ pour eux visaient à fortifier leur foi, afin qu’ils puissent eux-mêmes prier pour la même miséricorde ; non à nourrir leur paresse au point qu’ils n’aient pas besoin de prier. Les prières du Christ au ciel pour ses saints sont toutes exaucées, mais leur retour est réservé à la réponse que Dieu enverra à leurs propres prières. Le chrétien ne peut espérer recevoir les miséricordes pour lesquelles le Christ prie au ciel tant qu’il néglige son devoir sur terre. Ils se tiennent prêts, car il les appellera par la prière de la foi ; et s’ils ne sont pas dignes d’envoyer ce messager au ciel, alors ils ne valent vraiment pas grand-chose.

C) Considérons que, même si le chrétien peut être préservé d'une apostasie totale et définitive, il peut néanmoins succomber affreusement au remords de sa conscience, à l'affaiblissement de sa grâce et au reproche adressé à l'Évangile, autant de raisons suffisantes pour le maintenir sur ses gardes, d'autant plus que, généralement, les écarts de conduite des saints commencent par l'accomplissement de leurs devoirs. De même que les commerçants, dans le monde, négligent d'abord leur travail, s'absentent souvent de leur boutique, puis voient leurs biens se détériorer, de même les chrétiens, ici, manquent d'abord à leurs devoirs, puis leur grâce et leur réconfort déclinent, et parfois même, se livrent à des comportements scandaleux. Un tissu perd de son éclat avant de s'user ; le chrétien, quant à lui, perd de son éclat et de sa force dans l'exercice assidu de son devoir.

2) Prenons garde à ne pas abuser de cette doctrine pour nous autoriser à pécher. Allons-nous pécher parce que la grâce abonde ? Allons-nous nous laisser aller à la débauche parce que Dieu nous lie fermement par sa promesse ? À Dieu ne plaise ! Seul le diable nous enseignerait une telle logique. C'est à un comble que ces malheureux Juifs s'adonnaient à la boisson et à la beuverie, tandis que la mort les observait par la fenêtre : "Mangeons et buvons, car demain nous mourrons." C'est là qu'ils ont découvert leur athéisme. Mais à quel point le péché doit-il être avancé pour que l'homme puisse pécher sous la protection de la promesse et puiser son encouragement au péché dans l'amour éternel de Dieu ? Mangeons et buvons, car nous sommes assurés de vivre et d'être sauvés. La grâce ne peut demeurer dans un cœur qui tire une conclusion aussi funeste des prémisses de la grâce divine.

Les saints n'ont pas ainsi appris le Christ. L'apôtre en déduit des doux privilèges dont nous jouissons dans l'alliance de grâce qu'il ne faut pas se complaire dans le péché, mais, forts de ces promesses, se purifier de toute souillure de la chair et de l'esprit (2 Corinthiens 7:1). La foi, cette grâce qui s'appuie sur les promesses, a pour nature de purifier le cœur. Or, plus la foi témoigne avec certitude de l'amour de Dieu, conformément à la promesse faite à l'âme, plus elle purifie le cœur. Car l'amour par lequel la foi agit s'enflamme davantage pour Dieu, et une fois que cette affection s'embrase, il devient impossible de la maintenir.

dimanche 15 février 2026

Le chemin tracé par Dieu

 

"Jésus lui dit: Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi" (Jean 14:6).

Toutes les religions du monde prétendent tracer un chemin vers leur dieu, ou vers Dieu. Toutes dépendent des œuvres des hommes; selon leurs actions, le nombre de prières qu'ils font par jour, et plus ils seront assidus à accomplir diverses tâches, plus ils s'approcheront (supposément) de cette divinité qui se laisse si difficilement atteindre.

Il n'en est pas ainsi avec le seul vrai Dieu. Par Jésus-Christ, Il va droit au but. Il dit : "Je suis le chemin, la vérité et la vie". Il est le seul chemin, qui a été tracé par Dieu dès la création du monde. Ce n'est pas l'homme qui trace son chemin vers Dieu, mais Dieu qui s'est approché de lui par Jésus-Christ. De plus, Il se fait connaître par Sa création (Romains 1:20), qui rend témoignage de Sa grandeur et de Sa puissance. 

Ainsi, que pourrait faire un homme pour l'atteindre? Pour s'attirer Sa miséricorde? Dieu a placé en l'homme la pensée de l'éternité (Ecclésiaste 3:11). L'homme sait naturellement qu'il existe un Dieu plus grand que lui-même; c'est, pourrions-nous dire, le souffle de Dieu en nous qui en est la cause. Il nous a créé pour que nous le cherchions. C'est la raison pour laquelle beaucoup de religions ou de systèmes de croyances anciens ont conservé l'idée qu'i existe une entité divine, mais ils ont corrompu et perdu le chemin. Certains en sont venus à commettre des atrocités dans le but d'attirer l'attention ou d'obtenir les faveurs de ce dieu si distant.   

Aujourd'hui, beaucoup de cultures pensent avoir "évoluées" en ayant rejeté les commandements de Dieu. Cela a créé des sociétés où les hommes sont livrés à eux-mêmes, croyant que le bien et le mal n'existent pas, ou que, du moins, chacun est libre de sa propre interprétation de ce qu'ils représentent. Le résultat est un désordre sans nom; un fouillis indescriptible de confusion et d'anarchie qui ne cesse de décourager les honnêtes gens qui ne demandent qu'à vivre et laisser vivre. Mais même dans le cœur des moins endurcis, il y a cette quête qui dure et qui perdure; rien ne peut combler ce vide à l'intérieur.

Récemment, l'homme le plus riche du monde a dit: "Celui qui a dit que l'argent ne pouvait pas acheter le bonheur savait de quoi il parlait". La richesse, la poursuite du bonheur à tout prix, la volonté de voir ses désirs être comblés, le sentiment de culpabilité; tant de choses distraient l'homme de tourner ses regards vers Dieu et de trouver ainsi le seul chemin de la paix. Même les gens les plus religieux, souvenons-nous de Saul de Tarse, ont prouvé que, malgré toute leur intelligence et tous leurs efforts, il est impossible à l'homme de se rapprocher lui-même de Dieu.

Il lui faut une aide extérieure à ses capacités personnelles. C'est la raison pour laquelle Jésus est apparu à Saul sur le chemin de Damas (Actes 9), et il dira des années plus tard: "Ces choses qui étaient pour moi des gains, je les ai regardées comme une perte, à cause de Christ" (Philippiens 3:7). Que considérait-il comme des gains? Tous les efforts qu'il faisait personnellement pour plaire à Dieu. Et quand Christ s'est fait connaître à Lui, Paul a tout rejeté ces choses en les considérant comme de la boue.       

Auparavant, Il s'est fait connaître à Son peuple de différentes manières, notamment par la bouche de Ses prophètes (Hébreux 1:1); à plusieurs reprises, Il leur a fait savoir qu'Il n'y avait pas d'autres dieux, et que le peuple ne devait pas faire comme les peuples qui les entouraient, à savoir adorer ces faux dieux faits de mains d'hommes. Malheureusement, ils ont fait la sourde oreille, ils sont allés vers ces faux dieux pour les adorer, et Il a prouvé Sa parole en ce qu'ils ont été punis et chassés en grande partie de la Terre Promise (Jérémie 25:6-11). 

Plus tard, Jésus est venu physiquement parmi la création, pointant à Son peuple le chemin du Père qui s'était fait connaître par les prophètes; Lui-même. Son témoignage a atteint son point culminant lorsqu'Il est ressuscité des morts; il n'y avait plus de doute à avoir. Mais encore; qu'ont-ils fait? Ils ont conspiré pour prétendre que la résurrection n'avait pas eu lieu (Matthieu 28:11-15). 

Et cela perdure jusqu'à aujourd'hui. Pourtant, le Chemin est là, mais Jésus l'a comparé à une porte étroite; à un chemin resserré (Matthieu 7:14), et Il ajoute: "Il y en a peu qui les trouvent". Et il est du devoir de tous ceux qui marchent avec Lui de pointer aux perdus le Chemin de la vie. Les disciples prièrent: "Seigneur, vois leurs menaces, et donne à tes serviteurs d'annoncer ta parole avec une pleine assurance" (Actes 4:29), et c'est cette même attitude que nous devrions avoir aujourd'hui; être prêts, comme le dit Pierre, "à vous défendre, avec douceur et respect, devant quiconque vous demande raison de l'espérance qui est en vous" (1 Pierre 3:15), savoir Christ. Et notre témoignage devrait être supporté par une vie, par une marche de tous les jours qui est en concordance avec la vie de Christ en nous (1 Jean 2:6).

Dieu s'est fait connaître à nous; en Jésus-Christ, nous n'avons plus à essayer de Lui plaire ou de le satisfaire de quelque manière que ce soit. Tout ce dont nous avons besoin se trouve en Jésus seul. Lorsque le Père voit le Fils en nous, Il est plus que satisfait, gloire à Dieu! Le chemin est tout tracé; marchons-y, et que chacune de nos vie soit comme un petit doigt qui pointe vers Jésus pour tous ceux qui cherchent, ou qui demandent la raison de l'espérance qui est en nous.

Que toute la gloire soit rendue à Dieu seul, Amen. 

dimanche 18 janvier 2026

L'Esprit dans nos faiblesses

 

"De même aussi l'Esprit nous aide dans notre faiblesse, car nous ne savons pas ce qu'il nous convient de demander dans nos prières" (Romains 8:26). 


Le Saint-Esprit, qui habite dans les vrais chrétiens, est bien sûr celui qui nous aide en toutes circonstances. Il arrive en effet que des circonstances de la vie nous atteignent et que, pour un moment, il semble que nous ne sachions plus où nous tourner pour avoir de l'aide. Et l'Esprit commence doucement à nous rappeler que notre Père céleste est là, qu'Il nous aime et qu'Il prend soin de nous. Nous ne le voyons pas toujours, mais dans nos faiblesses, Il intervient, parfois même de manières miraculeuses. Et toujours, selon Son plan, lorsque cela se manifeste clairement, nous ne pouvons faire autrement que de Lui rendre gloire.  

Notre Père céleste est tellement miséricordieux! Il nous soutient, Il nous encourage, Il nous console, Il nous édifie; tel un enseignant avec ses élèves, Il utilise chaque circonstances pour nous apprendre à Lui faire davantage confiance, mais aussi pour nous épurer, car Son but est toujours de nous rendre semblabe à Christ. En toutes ces choses, nous apprenons à être reconnaissants, à remercier en tout temps, et bien sûr, nous apprenons la persévérance dans la prière, ainsi que l'intercession les uns pour les autres.


Merci Jésus, merci pour ta patience et pour ta bonté, pour ta miséricorde et pour ton amour. Merci parce que Tu es un Dieu inchangé, qui ne changera jamais. Ta gloire, Ta puissance ne sera jamais remise à aucun autre; merci de m'aider à m'effacer afin que Tu prennes toute la place. Merci de glorifier Ton nom dans ma vie en l'utilisant comme témoignage de Ton royaume. Merci pour tant de bonté, pour Tes miracles et pour Ta main puissante, merci mon Dieu pour tout ce que Tu as fait dès la fondation du monde; Ta majesté est visible et se manifeste de tant de manières qui nous échappent. 


Apprends-moi à prier selon Ton coeur, apprends-moi à délaisser le naturel pour m'accrocher à Toi, simplement, comme un enfant s'accroche à son parent avec une confiance absolue. Encore une fois Seigneur Dieu, je viens devant Toi pour tous ceux qui te servent et qui souffrent ou sont persécutés; merci parce que Tu les vois. Merci parce que rien ne Te surprend, Tu es souverain et dans Ta sagesse infinie, Tu n'as pas été pris par surprise par ce qui leur arrive. Merci encore une fois pour Tes promesses, car elles sont vraies. Merci de veiller sur eux, car ils se confient en Toi et il est dit dans Ta parole que Tu es le secours et le bouclier de ceux qui placent leur confiance en Toi. Il est dit que Tu bénis ceux qui Te craignent, et Tu ne ment pas; Tu ne Te repent pas de Ta parole, mais Tu l'accomplis!


Seigneur Dieu, c'est par Tes bontés que l'on jouit de la vie, c'est par Toi que nous respirons. Merci encore de cette promesse que nous ne serons pas tentés au-delà de ce que nous pouvons supporter. Merci parce que Ta main repose sur eux, merci de préserver leur foi et de les protéger de toute souffrance, merci de Te glorifier dans leur vie, parce que ce ne sont pas les morts qui Te célèbrent, mais les vivants! Les morts n'espèrent plus en Ta fidélité, tandis que les vivants tournent les regards vers Toi, d'où vient le secours au temps de la détresse. Merci encore d'accorder paix et repos à Tes serviteurs; merci de Te glorifier en eux, à cause de ta bonté et de ta fidélité! Oui, Ta bonté est de toute éternité, et Tu fais toutes choses bonnes, à cause de Ton nom. 

Merci Père éternel, de ce que nous pouvons, dans toute notre imperfection, mais à cause de Jésus et de ce qu'Il a accompli à la croix, nous présenter devant Toi dans la prière et les supplications, sachant que Tu réponds toujours à ceux qui ont le cœur aligné sur le Tiens, s'attendant à Toi pour l'accomplissement de Ta sainte volonté. Je béni Ton nom Seigneur Dieu, merci d'être avec nous dans les bons et les mauvais moments. Maintenant et à jamais, je veux Te louer et T'adorer, ô Dieu, parce que Tu fais et Tu feras toutes choses bonnes, selon Ton plan et Ta volonté parfaite, par le puissant nom au-dessus de tout autre nom, Jésus, mon Seigneur et Sauveur, amen.

dimanche 24 août 2025

Les jours de mon pèlerinage

 

Jacob répondit à Pharaon: Les jours des années de mon pèlerinage sont de cent trente ans (Genèse 47:9).

C'est intéressant de voir de quelle manière Jacob parle de sa vie terrestre au Pharaon. Il est vrai que, presque toute sa vie, il l'a passé dans les tentes sans jamais vraiment se fixer quelque part, mais n'est-ce pas aussi une représentation de la vie toute personne née de nouveau? Nous savons au fond de nous-mêmes que nous ne sommes pas à la maison dans ce monde; nous attendons la patrie céleste. Ici, nous ne sommes que de passage, exactement comme des pèlerins, cheminant tant bien que mal vers cette patrie céleste, comme nous le rappelle si bien John Bunyan dans son fabuleux "Voyage Du Pèlerin". Hébreux 11 nous parle aussi de ceux qui nous ont précédé; "C'est dans la foi qu'ils sont tous morts, sans avoir obtenu les choses promises; mais ils les ont vues et saluées de loin, reconnaissant qu'ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre. Ceux qui parlent ainsi montrent qu'ils cherchent une patrie. S'ils avaient eu en vue celle d'où ils étaient sortis, ils auraient eu le temps d'y retourner. Mais maintenant ils en désirent une meilleure, c'est-à-dire une céleste. C'est pourquoi Dieu n'a pas honte d'être appelé leur Dieu, car il leur a préparé une cité" (Hébreux 11:13-16).

Comme c'est merveilleux de regarder tous ces exemples de foi, qui nous aident dans notre propre pèlerinage à ne pas abandonner, à avancer sans nous relâcher, malgré les épreuves et les tribulations; malgré aussi, il faut le dire, les temps de douceur où, trop souvent, nous sommes portés à baisser notre garde, ce qui nous rend vulnérable aux attaques et aux tentations de l'ennemi. Ce n'est pas à dire que nous cherchons les épreuves pour autant; la vie ici bas n'est déjà pas facile, et chaque jour peut fournir son lot de peine et de labeur. Bien sûr, nous sommes humains, cela peut parfois nous conduire à l'inquiétude lorsque, pour un moment, nous détournons nos regards de sur Jésus et que nous regardons à tout le trouble autour de nous. Corrie Ten Boom dira à ce sujet : "S'inquiéter, c'est porter le fardeau de demain avec la force d'aujourd'hui; porter deux jours à la fois. C'est avancer vers demain. S'inquiéter ne vide pas demain de sa tristesse, mais vide aujourd'hui de sa force". Jésus n'a-t-il pas dit aussi en Matthieu 6:34 qu'à chaque jour suffit sa peine?

Les paroles de Jacob nous rappellent aussi que nous sommes des étrangers sur la terre. Nous lisons en effet en 1 Pierre 2:11: "Bien-aimés, je vous exhorte, comme étrangers et voyageurs sur la terre". Étrangers et voyageurs. Bien sûr, nous pouvons nous fixer quelque part, mais nous savons que ce n'est que pour un temps extrêmement limité. Jésus dira de ceux qui Lui appartiennent qu'ils sont dans le monde, mais qu'ils ne sont pas du monde (Jean 17: 11, 14). C'est l'idée ici; nous sommes bien dans ce monde, mais nos valeurs ne sont pas les mêmes. Nous ne vivons plus dans l'idolâtrie; c'est le Christ qui est notre tout et notre but est de glorifier Dieu en toutes choses. C'est la raison pour laquelle la suite du verset 11 de 1 Pierre nous exhortera de "nous abstenir des convoitises charnelles qui font la guerre à l'âme". Elles ne glorifient pas Dieu, et elles nous détruisent!   

En reprenant notre lecture de Genèse 47:9, Jacob poursuit en parlant des jours "des années de sa vie qui ont été peu nombreux et mauvais, et ils n'ont point atteint les jours des années de la vie de ses pères durant leur pèlerinage". Cent trente ans, et il parle de jours. Cent trente ans, et il dit que non seulement les jours de sa vie ont été peu nombreux, mas qu'ils ont été mauvais. Jacob n'a pas toujours vu le monde de cette manière. Plus jeune, il était égoïste et il n'hésitait pas à flouer les autres pour son propre avancement personnel. Mais après sa rencontre avec Dieu en Genèse 32, sa vision des choses est recentrée sur celle de Dieu, qui change d'ailleurs son nom pour Israël, et il dira au verset 30: "J'ai vu Dieu face à face, et mon âme a été sauvée". 

"Enseigne-nous à bien compter nos jours, afin que nous appliquions notre cœur à la sagesse" (Psaume 90:12). Lorsque, comme Jacob, nous "comptons bien nos jours", nous constaterons qu'ils sont peu nombreux. Que sont-ils comparé à l'éternité? Si nous appliquons notre cœur à l'étude de ces choses, nous comprendrons aisément que c'est une folie de négliger l'éternité pour une poignée de plaisirs éphémères sur la terre. Jésus ajoutera: "Que sert-il à un homme de gagner tout le monde, s'il perd son âme?" (Marc 8:36 ). Il nous exhortera également à nous "amasser des trésors dans le ciel, où la teigne et la rouille ne détruisent point, et où les voleurs ne percent ni ne dérobent" (Matthieu 6:20). Il s'agit de vivre dans une repentance constamment renouvelée, avec le pardon de nos péchés et l'espérance de la vie éternelle par la foi en Jésus-Christ. 

Ces quelques versets seulement expliquent la mentalité du pèlerin chrétien. Il ne s'agit pas d'aller dans un certain lieu, au moins une fois dans notre vie, mais c'est une marche constante avec Christ sur le sentier étroit, en ne nous embarrassant pas des choses de ce monde. Le pèlerin, bien souvent, n'a qu'un sac à provision et un bâton de marche. Cela est suffisant. Bien sûr, il nous arrivera de trébucher lors de cette marche, ou cette course, comme d'autres versets de la Bible le mentionnent, mais par la grâce de Dieu, Il nous relèvera et nous persévèrerons "dans la carrière qui nous est ouverte" (Hébreux 12:1). La carrière représente ce monde, c'est notre arène, c'est notre stade; le verset nous exhorte à y "courir avec persévérance". Cela est intéressant. La notion de courir en est une de "se porter vers l'avant, sans regarder en arrière", car il y a un prix, il y a un but à atteindre à la fin de cette course. Mais qui la guide, cette course? Hébreux 12:2 répond à cette question: "Ayant les regards sur Jésus, le chef et le consommateur de la foi". Il est le guide; Il est Celui qui fixe les règles de la course et Il est Lui-même le chemin (Jean 14:6). Et Il nous a laissé Sa parole, qui nous instruit sur ce qu'Il attend de nous, et que nous comprenons et mettons en pratique avec l'aide du Saint-Esprit.  

Revenons un instant à Hébreux 12:2; Jésus, le chef et le consommateur de la foi. Cela signifie simplement qu'Il est le créateur de la foi, mais qu'Il en est aussi la fin; le but. Il est Celui qui est au départ de ce pèlerinage, mais Il est aussi Celui sur qui nous gardons les yeux fixés, pour ne pas dévier et nous éloigner du prix. Non seulement cela, mais Il est aussi Celui qui décide à l'avance de quelle longueur sera notre pèlerinage sur la terre. La suite de ce verset nous dit que Jésus, "en vue de la joie qui lui était réservée, a souffert la croix, méprisé l'ignominie, et s'est assis à la droite du trône de Dieu". Et le verset 3: "Considérez, en effet, celui qui a supporté contre sa personne une telle opposition de la part des pécheurs, afin que vous ne vous lassiez point, l'âme découragée". 

Oh oui, il y aura des obstacles dans ce pèlerinage, il y aura de l'opposition, à commencer par notre propre chair, mais nous sommes entourés d'une nuée de témoins qui ont vécu et ont vaincu par la foi, à commencer par notre Maître et Seigneur Jésus-Christ Lui-même! Gloire à Dieu! Il ne nous laissera pas tomber; Il ne nous abandonnera pas. Il va nous donner la force de terminer le parcours jusqu'au bout et de recevoir le prix de la victoire en Jésus-Christ. 
 
Mais notre cité à nous est dans les cieux, d'où nous attendons aussi comme Sauveur le Seigneur Jésus-Christ, qui transformera le corps de notre humiliation, en le rendant semblable au corps de sa gloire, par le pouvoir qu'il a de s'assujettir toutes choses (Philippiens 3:20-21).

Que toute la gloire soit rendue à Dieu seul, Amen.

dimanche 8 décembre 2024

Dieu t'entend; prie!

 

Celui qui a planté l'oreille n'entendrait-il pas? (Psaume 94:9)

Nous avons dans ce passage un encouragement à la prière. En effet, le psalmiste nous rappelle ici que Celui qui a créé l'oreille est bien évidemment en mesure d'entendre! Par contre, il est une chose que ce passage ne dit pas, et c'est que Dieu nous donnera tout ce que nous Lui demandons! Mais Il entend effectivement lorsque nous nous adressons à Lui dans la prière et les supplications. 

Nous ne parlons pas ici de prières apprises par cœur, les répétant jour après jour comme un perroquet pourrait le faire, mais nous parlons d'un véritable cri du cœur venant d'une personne qui veut plus de Dieu, plus de Sa présence et plus de Sa sagesse. Ce sont d'abord ces chose que nous cherchons dans la prière, puisque Jésus a dit de d'abord rechercher les choses du royaume et de la justice de Dieu, sachant qu'Il nous donnera le reste ensuite (Matthieu 6:33). Cela ne nous empêche évidemment pas de prier pour nos besoins ou ceux de notre prochain, puisque l'apôtre Paul lui-même nous dit en Philippiens 4:6 de "faire connaître nos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâces".

Ce qu'il ajoute à la fin est très important: "Avec des actions de grâces". Trop souvent, nous ressemblons à un enfant insolent qui n'arrête pas d'exiger des friandises à ses parents alors qu'il a déjà la bouche et les mains pleines. Il convient d'être d'abord reconnaissant envers Dieu pour ce qu'Il a déjà fait, et ce qu'Il fait encore pour nous, avant de Lui demander encore plus. Souvent, des frustrations peuvent survenir suite à de telles prières, parce que Dieu ne semble pas répondre, mais Il veut simplement nous apprendre à être d'abord reconnaissants pour ce que nous avons avant de nous donner davantage!

Jésus n'a-t-il pas montré à ses disciples à commencer ainsi leur prière?  "Notre Père qui est aux cieux, que Ton nom soit sanctifié". Il commence par célébrer et sanctifier le Père. Pourquoi cela? Parce que c'est l'expression première d'un cœur entièrement reconnaissant. En effet, quel homme, s'il venait d'être absout d'un crime par un roi terrestre, se présenterait devant lui sans d'abord le remercier et le louer pour ce qu'il a fait pour lui? Ne serait-il pas à juste titre traité d'ingrat? Au contraire, tout homme saint d'esprit offrirait d'abord ses remerciements venant du plus profond de son cœur à ce bon roi, et ensuite seulement, il oserait lui présenter ses demandes. Quelqu'un a dit que "prier, c'est de s'adresser à Dieu comme un enfant le fait avec son père, avec confiance et respect". Et cela est vrai. 

Nous l'avons vu, prier, c'est d'abord la reconnaissance, mais c'est aussi de présenter à notre Père céleste "nos besoins", comme l'apôtre Paul a dit. Ce n'est pas que Dieu ne connaît pas déjà nos besoins, mais Il aime que nous nous approchions de Lui avec confiance et humilité. La prière honnête nous aide d'ailleurs à rester humbles et petits à nos propres yeux. Elle est non seulement un canal de communication avec le Père, mais elle est une voie sûre pour que l'âme humaine ne s'enfle pas d'orgueil.   

Nous l'avons dit précédemment, Dieu connaît déjà nos besoins, comme il est écrit en Psaume 139: 4 : "Car la parole n'est pas sur ma langue, que déjà, ô Éternel! tu la connais entièrement." Cela signifie qu'Il connaît non seulement ce que nous disons, mais Il connaît aussi les non-dits, ces choses qui sont au plus profond de notre cœur et qui ne sont pas toujours proprement exprimées, pour quelle que raison que ce soit. 

Bien sûr, lorsque nous prions, nous devons avoir l'assurance que Dieu nous entend, sans quoi nous prions en vain. 1 Jean 5:14 dit en effet que "Nous avons auprès de lui cette assurance, que si nous demandons quelque chose selon sa volonté, il nous écoute." Il est également dit en Proverbes 15:29 que "l'Éternel s'éloigne des méchants, mais qu'il écoute la prière des justes". Ne sont pas justes tous ceux qui se justifient eux-mêmes, mais ceux là seuls qui ne placent leur confiance qu'en Christ Jésus, non seulement pour leur salut, mais pour le pardon de leurs péchés, pour leur justification et leur sanctification. 

Ayant donc l'assurance qu'Il nous entend et qu'Il nous répondra selon Sa volonté, selon ce qui est bon pour nous à ce moment de notre vie, nous ne nous lassons pas de venir et de revenir dans Sa présence pour être rafraîchis et restaurés spirituellement. Ce n'est pas sans raison que Jésus passait des heures en prière, et que la veille même de son arrestation, nous le trouvons avec ses disciples au jardin de Gethsémané. Bien sûr, Il était Dieu, mais Il était aussi homme, et Il nous a montré le chemin à suivre, car la Bible nous dit qu'Il est passé par les mêmes épreuves. 

"Car nous n'avons pas un souverain sacrificateur qui ne puisse compatir à nos faiblesses; au contraire, il a été tenté comme nous en toutes choses, sans commettre de péché." Et le passage se poursuit en disant: "Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce, afin d'obtenir miséricorde et de trouver grâce, pour être secourus dans nos besoins."

Wow! Quel encouragement à persévérer sans la prière! Si Dieu nous parle à travers Sa parole, nous, nous Lui parlons par la prière! Il n'existe pas d'autres moyens. Il n'est pas insensible, Il n'est pas distant. Il est dit en Psaume 33:13-14 que l'Éternel, du lieu de Sa demeure, observe et voit les habitants de la terre. Il est une aide et un soutien dans nos épreuves. Nous lisons également en 2 Chroniques 16:9 que "l'Éternel étend ses regards sur toute la terre, pour soutenir ceux dont le cœur est tout entier à lui." 

Oui, le Seigneur est notre soutien, notre délivrance, riche en miséricorde et en bonté. Il entend la prière, gardons notre cœur fixés sur Lui. La prière, c'est comme une ligne téléphonique privilégiée avec note Père céleste. Apprenons à prier avec humilité et soumission; n'oublions jamais que si nous voulons que notre relation avec Dieu soit en santé, nous devons prier, nous devons être nourris de Sa parole ainsi qu'être rafraîchis par Sa présence, alors que nous prions et cherchons Sa face. Demandons-Lui surtout tout ce qui nous est nécessaire pour poursuivre victorieusement notre marche chrétienne jusque dans la vie éternelle. Il regarde à la sincérité de notre cœur; Il accorde la sagesse à ceux qui demandent. Il nous connaît mieux que nous mêmes! Cherchons-Le de tout notre cœur, et Il ne nous abandonnera jamais non plus!

Ô Seigneur, fait que notre prière soit en accord avec Ta sainte volonté! Reçois favorablement les paroles de ma bouche et les sentiments de mon cœur, ô Éternel, mon rocher et mon libérateur!

Que toute la gloire soit rendue à Dieu seul, Amen.

dimanche 17 novembre 2024

Le mal est-il créé par Dieu?

 

Qui dira qu'une chose arrive, sans que le Seigneur l'ait ordonnée? (Lamentations 3:37)


"Le hasard a bien fait les choses". Qui n'a pas entendu cette phrase au moins une fois dans sa vie? Bien sûr, la plupart des gens ne pensent pas mal faire en disant cela, mais est-ce que le hasard a réellement fait quelque chose, ou n'est-ce pas Dieu qui a permis que la chose arrive? 

Dans Lamentations 3:37-38, nous lisons en effet: "Qui dira qu'une chose arrive, sans que le Seigneur l'ait ordonnée? N'est-ce pas de la volonté du Très-Haut que viennent les maux et les biens"? 
Ici, plusieurs posent la question, tout à fait légitime du point de vue de notre nature humaine: "Attend une minute; de Dieu viennent les maux et les biens? Dieu crée le mal?" 

Non, Dieu ne crée pas le mal, mais Il peut le permettre. Et même si nous ne comprenons pas toujours pourquoi, nous savons que "toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu" (Romains 8:28). Dieu connaît nos cœurs mieux que nous mêmes. Parfois, les afflictions sont la seule chose qui nous feront réfléchir et qui nous ramèneront à Lui, dans les supplications et la repentance, un peu comme le fils prodigue de la parabole de Jésus en Luc 15. Nous ne connaissons pas le plan global de Dieu, nous ne voyons que l'instant présent. Nous nous endormons trop facilement lorsque tout va bien; nous ne glorifions pas Dieu comme nous le devrions. Comme les païens, trop de chrétiens mettent sur le dos du hasard ou de leurs propres efforts le fait qu'ils ont une vie aisée, oubliant que c'est Dieu qui leur donne la santé et la capacité de bien vivre. 

C'est lorsque ces choses nous sont enlevées que nous comprenons l'ampleur de la bénédiction de Dieu. Ainsi, Jérémie 32:42 dira: "Car ainsi parle l'Éternel : De même que j'ai fait venir sur ce peuple tous ces grands malheurs, de même je ferai venir sur eux tout le bien que je leur promets". Pourquoi Dieu avait-Il permis que le malheur atteigne les israélites? Parce que leur cœur s'était éloigné de Lui. Non, cela ne veut pas dire que tous ceux qui souffrent ou qui font face à l'adversité sont des rétrogrades, loin de là! Mais pour les uns comme pour les autres, notre Père céleste utilise ces choses pour nous rapprocher de Lui et pour nous donner un témoignage. Cela peut paraître étrange, mais celui qui fait toujours tout ce qu'il désire et qui ne fait jamais face à aucun vent contraire, quel témoignage possède-il? Comment peut-il vraiment compatir avec ceux qui souffrent s'il n'a pas lui même traversé le feu dans la main protectrice de Dieu?

Notre Père céleste peut bouleverser mer et monde pour sauver une âme perdue; Il sait, par le Saint-Esprit, toucher le cœur de ceux qui ont besoin de Son secours, et Il veut nous utiliser, non pas seulement malgré, mais à cause de notre petitesse. Il ne peut pas utiliser les orgueilleux, mais ceux qui sont petits à leurs propres yeux peuvent être comme un simple petit doigt qui pointe vers Dieu, Lui donnant toute gloire à cause de toutes les bonnes choses qu'Il a faites. 

Il sait que le feu que nous avons traversé il y a quelque temps nous servira de témoignage aujourd'hui, pour quelqu'un qui traverse une situation semblable. Et alors que nous souffrions et que nous Lui demandions la question universelle? "Pourquoi, Seigneur"? Il avait déjà mis sont plan en branle, rien ne Le surprend. Comme Paul l'a dit en 1 Corinthiens 10:13, Il nous a donné la capacité de résister à l'épreuve et aux tentations, Il a préparé Lui-même un moyen d'en sortir, afin que nous ne nous égarions pas loin de Sa face. Pierre le dira ainsi en 2 Pierre 2:9 : "Le Seigneur sait délivrer de l'épreuve les hommes pieux, et réserver les injustes pour être punis au jour du jugement".

Prenons un exemple concret. Souvenons-nous de l'histoire de Joseph en Genèse 37. Vendu par ses frères, il se retrouve en Egypte. Là, il devient un serviteur d'un des officiers de Pharaon; la femme de cet officier voulu coucher avec lui, qui se sauve plutôt que de pécher contre Dieu. Elle l'accuse d'avoir voulu coucher avec elle, il se fait jeter en prison, et on l'y oublie. Mais pendant tout ce temps, Dieu n'avait pas perdu de vue Son plan pour sa vie. Il transformait Joseph à travers ces épreuves; Il l'humiliait, Il le préparait pour l'œuvre qu'Il lui avait donné à faire, qui était grandiose, et Il lui donnait un témoignage pour les jours à venir.

Et en Genèse 45:5, Joseph dit à ses frères, dans une des scènes de retrouvailles les plus émouvantes de la Bible: "Maintenant, ne vous affligez pas, et ne soyez pas fâchés de m'avoir vendu pour être conduit ici, car c'est pour vous sauver la vie que Dieu m'a envoyé devant vous". Et au verset8, il ajoute :"Ce n'est donc pas vous qui m'avez envoyé ici, mais c'est Dieu; il m'a établi père de Pharaon, maître de toute sa maison, et gouverneur de tout le pays d'Egypte". 

Il est probable que Joseph, durant ses épreuves, a dû penser, comme nous le faisons aujourd'hui: "Pourquoi Seigneur? Pourquoi? Qu'attends-tu de moi?" Mais à travers tout cela, il n'a jamais perdu de vue que le Dieu qu'il servait avait la puissance de le soutenir, et Dieu l'a utiliser pour glorifier Son saint nom. Est-ce que Dieu a créé ce mal? Non, mais Il l'a utilisé et l'a transformé en bien. Rien ne Lui échappe, et alors qu'il nous semble perdre tout espoir, Il est toujours au contrôle. 

"Tu marcheras sur le lion et sur l'aspic, tu fouleras le lionceau et le dragon. Puisqu'il m'aime, je le délivrerai; je le protégerai, puisqu'il connaît mon nom. Il m'invoquera, et je lui répondrai; je serai avec lui dans la détresse, je le délivrerai et je le glorifierai. Je le rassasierai de longs jours, et je lui ferai voir mon salut" (Psaume 91:13-16). 

Notons que ce passage ne dit pas: "J'éloignerai de ton sentier le lion et l'aspic". Non, mais il dit: "Tu marcheras sur le lion et l'aspic". C'est un merveilleux rappel de la grâce de Dieu. Il va y avoir des épreuves et des vents contraires sur mon sentier, mais Dieu me tiendra la main; "puisqu'il m'aime, je le délivrerai, je le protégerai", et, "Il m'invoquera, et je lui répondrai". Nous avons parfois besoin de rencontrer le lion et l'aspic pour réellement apprendre à invoquer le nom de l'Éternel. C'est une image forte de Christ qui a été meurtri à la croix, mais Il a piétiné le serpent afin qu'il ne puisse jamais nous arracher de la main de Dieu. Il n'a aucun pouvoir, notre Seigneur lui a écrasé la tête, gloire à Dieu!

Quel privilège de savoir que, lorsque nous invoquons le nom de notre Dieu, Il nous entend, et Il nous répondra! En toutes occasions, apprenons à nous tourner vers Lui, dans la prière et les supplications, dans la lecture de la Parole. Il nous enseignera, Il nous guidera, Il nous encouragera et Il fera même au-delà de tout ce que nous pouvons penser ou imaginer (Éphésiens 3:20), toujours dans le but que toute la gloire Lui soit rendue, non seulement par nous, mais par tous ceux qui recevront le témoignage et le cantique nouveau qu'Il aura mit dans notre bouche, alors que nous apprenions à nous dépouiller de nous mêmes pour nous laisser revêtir par Lui de Ses vêtements de justice et de sanctification. 

Non, le mal ne vient pas de Dieu, et n'oublions jamais que, malgré que nous ne méritons rien, toutes choses concourent au bien de ceux qui l'aiment et le servent.

Que toute la gloire Lui soit rendue, dans le nom de Jésus, Amen.