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dimanche 4 janvier 2026

Celui qui prend le fils hérite de tout

 

Il y a des années, vivait un homme très riche qui partageait avec son jeune fils une passion pour la collection d'art. Ensemble, ils parcouraient le monde, n'enrichissant leur collection que des œuvres d'art exceptionnelles. Des chefs-d'œuvre de Picasso, Van Gogh, Monet et bien d'autres ornaient les murs de la demeure familiale. Veuf, le père observait avec satisfaction son fils unique devenir un collectionneur d'art averti. L'œil exercé et le sens aigu des affaires du fils faisaient rayonner de fierté son père, tandis qu'ils traitaient avec des collectionneurs du monde entier.
À l'approche de l'hiver, la guerre embrasa le pays et le jeune homme partit servir sa patrie. Quelques semaines plus tard, son père reçut un télégramme : son fils bien-aimé était porté disparu au combat. Le collectionneur d'art attendit anxieusement des nouvelles, craignant de ne jamais revoir son fils. Quelques jours plus tard, ses craintes se confirmèrent. Le jeune homme était mort en transportant un frère d'armes chez un infirmier.
Désespéré et seul, le vieil homme appréhendait les fêtes de Noël avec angoisse et tristesse. La joie de cette période, qu'il attendait avec tant d'impatience avec son fils, ne viendrait plus jamais chez lui. Le matin de Noël, on frappa à la porte pour le tirer de son sommeil. Tandis qu'il se dirigeait vers elle, les chefs-d'œuvre accrochés aux murs ne faisaient que lui rappeler que son fils ne rentrerait pas.
En ouvrant la porte, il fut accueilli par un soldat qui tenait un gros paquet. Il se présenta : "J'étais un ami de votre fils. C'est moi qu'il sauvait lorsqu'il est mort. Puis-je entrer quelques instants ? J'ai quelque chose à vous montrer." Tandis qu'ils engageaient la conversation, le soldat raconta comment le fils de l'homme avait toujours parlé à qui voulait l'entendre de sa passion, et même de celle de son père. "Je suis artiste", dit le soldat, "et je voulais vous offrir ceci." Lorsque le vieil homme déballa le paquet, le papier se déchira pour révéler un portrait du fils.
Bien que le monde ne la considérât jamais comme l'œuvre d'un génie, la peinture représentait le visage du jeune homme avec une précision saisissante. Submergé par l'émotion, l'homme remercia le soldat, promettant d'accrocher le tableau au-dessus de la cheminée. Quelques heures plus tard, après le départ du soldat, le vieil homme se mit à l'œuvre.
Fidèle à sa parole, le tableau trônait bien au-dessus de la cheminée, reléguant au second plan des œuvres d'une valeur inestimable. L'homme s'assit alors dans son fauteuil et passa Noël à contempler le présent qu'il avait reçu. Les jours et les semaines qui suivirent, il comprit que même si son fils n'était plus là, il continuait de vivre à travers ceux qu'il avait marqués. Il apprendrait bientôt que son fils avait sauvé des dizaines de soldats blessés avant qu'une balle ne mette fin à sa vie.
Alors que les récits des actes de bravoure de son fils continuaient de lui parvenir, la fierté et la satisfaction paternelles commencèrent à apaiser son chagrin. Le portrait de son fils devint bientôt son bien le plus précieux, éclipsant de loin tout intérêt pour les œuvres que les musées du monde entier s'arrachaient. Il confiait à ses voisins que c'était le plus beau cadeau qu'il ait jamais reçu.
Au printemps suivant, le vieil homme tomba malade et mourut. Le monde de l'art était en attente !
Sans se soucier de l'histoire du fils unique de cet homme, mais en son honneur, ces tableaux seraient vendus aux enchères. Conformément aux dernières volontés du vieil homme, toutes les œuvres d'art seraient mises aux enchères le jour de Noël, jour où il avait reçu son plus beau cadeau. Le jour J arriva bientôt et des collectionneurs d'art du monde entier se rassemblèrent pour enchérir sur certains des tableaux les plus spectaculaires au monde. Ce jour-là, les rêves allaient se réaliser ; la gloire allait être atteinte, car beaucoup s'exclameraient : "Je possède la plus belle collection !" La vente aux enchères commença par un tableau qui ne figurait sur le catalogue d'aucun musée. C'était le portrait du fils de cet homme. L'encanteur demanda la première enchère. Un silence de mort régnait dans la salle.
"Qui ouvre les enchères avec 100 dollars ?" demanda-t-il. Les minutes passèrent sans que personne ne réponde. Du fond de la salle, on entendit : "Qui se soucie de ce tableau ? Ce n'est qu'un portrait de son fils. Oublions-le et passons aux choses sérieuses."
D'autres voix s'élevèrent en signe d'approbation. "Non, il faut d'abord vendre celui-ci", répondit l'encanteur. "Alors, qui veut bien prendre le fils ?" Finalement, le jardinier de longue date du vieil homme prit la parole : "Accepteriez-vous dix dollars pour le tableau ? C'est tout ce que j'ai. Je connaissais le garçon, alors je le veux bien."
"J'ai dix dollars. Quelqu'un surenchérit ?" lança l'encanteur. Après un silence, il annonça : "Une fois, deux fois… Adjugé !" Le marteau s'abattit, des applaudissements retentirent dans la salle et quelqu'un s'écria : "On peut enfin enchérir sur ces trésors !"
L'encanteur regarda l'assistance et annonça que la vente était terminée. Un silence de stupeur s'abattit sur la salle. Quelqu'un s'écria : "Comment ça, c'est terminé ? On n'est pas venus pour un portrait du fils d'un vieux ! Qu'en est-il de tous ces tableaux ? Il y a des œuvres d'art qui valent des millions ! Je vous demande des explications !" L'encanteur répondit : "C'est très simple. Selon le testament du père, celui qui prend le fils hérite de la totalité du domaine, y compris les tableaux."
Il y a plus de 2000 ans, Dieu a livré son Fils à la mort sur une croix. À l'instar de l'encanteur, son message aujourd'hui est : "Le Fils, le Fils, qui prendra le Fils ?" Car, voyez-vous, celui qui prend le Fils hérite de tout ! Comme ces collectionneurs d'art l'ont découvert ce jour de Noël, le message reste le même : l'amour d'un Père, un Père dont la plus grande joie venait de son Fils, parti donner sa vie pour sauver les autres. Et grâce à cet amour paternel, celui qui prend le Fils hérite de tout.
Auteur inconnu.

jeudi 25 décembre 2025

C'est Noël


C'est Noël. 

Une fête où l'amour, le partage et la paix devraient être comme l'étoile au sommet d'un arbre décoré. Parce que l'important n'est pas tant la fête elle-même que Celui qui l'a inspiré; Jésus, qui s'est dépouillé de Sa gloire céleste pour devenir un homme comme nous, partageant nos souffrances et nos tentations en tout point, mais nous montrant aussi le chemin pour en sortir victorieux par la foi.  

C'est aussi une autre année qui se termine. Une année de hauts et de bas, avec des joies et des peines; certains obtenant une guérison ou un exaucement, d'autres apprenant la nouvelle d'une terrible maladie qui les frappe. De nouvelles vies arrivent, d'autres s'éteignent. Nous sommes reconnaissants aujourd'hui, Seigneur Jésus, pour toutes tes bontés, pour tout ce dont tu nous a comblés jusqu'à ce jour. 

Nous nous souvenons particulièrement de ceux qui nous ont précédés dans la Gloire; bien sûr que, lorsque nous nous y arrêtons pour y penser, nous sommes tristes qu'ils ne soient plus avec nous pour rire et s'amuser en partageant nos vies et ces repas familiaux, mais nous Te louons pour Ton amour si grand pour nous; nous te remercions pour Ta patience, pour Ta bonté et Ta miséricorde; nous Te remercions pour Tes promesses de salut, car elles sont vraies, nous ne nous appuyons pas sur nous-mêmes ou sur notre propre bonté pour être sauvés, mais sur Toi seul! Nous Te remercions ces moments que Tu nous as donnés avec ces personnes qui sont allées Te rejoindre et pour l'exemple qu'elles nous ont laissé. 

Notre cœur est comme un livre dans lequel écrivent les personnes que nous côtoyons, alors nous Te remercions pour les pages que ces personnes qui nous manquent aujourd'hui ont écrites. Sans êtres parfaites, elles ont un peu, à leur manière, contribuées à façonner ce que nous sommes, et nous voulons particulièrement nous souvenir des beaux moments et des exemples à suivre. Merci. Merci pour tout.    

Nous Te remercions aussi Seigneur Jésus pour ceux qui ne sont pas avec nous aujourd'hui, merci de veiller sur eux, merci de veiller sur ceux qui sont dans les hôpitaux, merci de glorifier Ton nom en eux, à travers leur situation, comme nous Te supplions de Te glorifier en nous. Tu ne déçois ni rejette personne qui a foi en Toi. Nous croyons en Toi, que Tu leur feras du bien. Tu feras toutes choses bonnes pour eux et pour Ton Nom. Tu es notre appui inébranlable, le Rocher de notre salut, Tu es notre espérance, non seulement en cette vie, car dans ce cas nous serions les plus misérables des hommes, mais Tu es aussi notre espérance pour la vie éternelle. 

Que toutes langues te louent, Seigneur Jésus, car Tu es bon et Tu es digne de recevoir gloire, louange et honneur, et c'est avec un coeur reconnaissant que nous prenons ce repas ensemble. Merci parce que Tu nous combles de Ta présence, merci pour chacune des personnes ici présente; merci de nous aider à écrire dans le livre de leur coeur une page de vie, et que nous soyons les uns pour les autres une exhortation de foi constante à avancer, un jour à la fois, sur le chemin que Tu as préparé devant nous, menant jusqu'à la vie éternelle.

Merci mon Dieu, merci Jésus, Nom au dessus de tout autre nom; Tu surpasses toute domination et toute "puissance", Tu es Saint, nous Te louons aujourd'hui et nous le ferons pour l'éternité en Ta présence glorieuse, là où il n'y aura plus de pleurs, plus de doutes, plus de douleurs, mais où se trouve une joie et une paix qui ne peut se trouver ni s'exprimer en ce monde. Oui, glorifie Ton nom, Seigneur Dieu, glorifie Ton nom dans nos vies et dans nos pays; que Ta volonté se fasse dans nos vies comme elle est faite là haut dans la gloire; Ton amour surpasse tout; purifie-nous de tout ce qui entrave notre marche avec Toi et tout ce qui met un frein à l'action de Ton Esprit. 

Merci mon Dieu, merci de t'être approché de nous, afin que nous puissions aussi nous approcher de Toi. Le voile qui nous maintenait loin du Saint des saint maintenant déchiré, nous avons libre accès à Ta présence par l'intermédiaire de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, à qui nous rendons gloire, louange et honneur, Amen.

samedi 21 décembre 2024

Suivre le Fils de l'homme

 

"Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des nids: mais le Fils de l'homme n'a pas un lieu où il puisse reposer sa tête" (Luc 9:58).


Il y a plus de 2000 ans naissait  sur la terre, dans la pauvreté, le Créateur de l'Univers. Celui qui avait tout dans la présence du Père ne possédait absolument rien lorsqu'Il est venu sur la terre qu'Il avait créé. Vulnérable, et pourtant si fort, Il fit trembler Hérode au point que celui-ci fasse assassiner tous les enfants mâles de Bethléhem (Matthieu 2: 3; 16). Le Christ est venu, tel un étranger dans le monde qu'Il a créé. Jean dira de Lui en Jean 1:11 que la lumière, c'est à dire Christ, "est venue chez les siens, et les siens ne l'ont point reçue." 

Comme nous, Il a été fatigué, Il devait se reposer, mais Il n'avait nulle part où rester. En ce sens, Il était plus pauvre que la plupart des Judéens de Son époque. Matthieu 8:19 nous parle de cette histoire où un scribe s'est approché de Jésus en Lui disant: "Maître, je Te suivrai partout où Tu iras". Et c'est à ce moment, comme en Luc 9:58, que Jésus lui fit remarquer qu'Il ne possédait rien Lui même! Il est bien probable que ce scribe s'attendait à recevoir gloire et fortune s'il suivait Jésus, et la réponse du Seigneur fût sans équivoque; on ne vient pas à Christ pour devenir populaire ou pour être fameux. Ceux qui recherchent ces choses démontrent qu'ils n'ont rien compris aux choses du Royaume de Dieu! 

Grand et puissant, Il s'est fait "Fils d'homme", s'humiliant Lui-même et se rendant obéissant "jusqu'à la mort de la croix" (Philippiens 2:8). Et Paul poursuit au verset suivant en disant: "C'est pourquoi aussi Dieu l'a souverainement élevé, et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre, et que toute langue confesse que Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père". 

C'est exactement ce que les mages ont fait lorsqu'ils sont venus à Bethléhem pour l'adorer; fléchir les genoux devant ce grand Roi et Maître (Matthieu 2:11). C'est cette humilité que nous devons avoir pour marcher dans les traces de Christ. Nous devons faire fléchir notre "moi", notre volonté propre et la soumettre à Sa volonté, comme Lui même s'est soumis au Père. Nous ne nous lasserons jamais d'admirer Sa grandeur et Son humilité. Le miracle de Son incarnation nous dépasse, et pourtant, de cela dépendait l'expiation de nos péchés. En effet, s'Il restait Dieu le Fils, ne venant pas ici bas, et sans devenir chair comme nous, comment l'expiation aurait-elle pu se faire? Le sang de l'Agneau parfait devait être versé une fois pour toutes pour la rémission des péchés de tous ceux qui croiraient en Lui. 

Il sauve ceux qui se confient en Lui. Il n'a jamais écrit de livre, et cependant, quelle bibliothèque pourrait contenir tous les livres qu'Il aurait pû écrire? Qui pourrait contenir un tel savoir, une telle connaissance? Et quelqu'un a dit: "Il n'a jamais fondé d'école, mais pourtant, ceux qui ont été à son écoute ne pourraient tenir sur les bancs de toutes les écoles du monde. Jamais Il ne commanda d'armée, et cependant, aucun chef n'a jamais rassemblé autant de volontaires qui aient amené autant de rebelles à déposer les armes".

Toute sa vie, Il n'a fait que le bien, guérissant les malades, redonnant du courage à ceux qui étaient désespérés. Pourtant, les gens supposément "biens" de son époque, les gens religieux le haïssaient et voulaient le faire mourir. Et beaucoup de ceux qui le suivaient, ceux qui l'ont accueilli en héros lors de son arrivée à Jérusalem (Matthieu 21:9-10) se sont tournés contre Lui et criaient avec la multitude.: "Crucifie-le" (Matthieu 27:22). Nous sommes loin ici de la gloire et de la fortune probablement espérée par le scribe en Matthieu 8:19!

Et donc, vers l'âge de trente-trois ans, le Christ, trahi par Judas, est livré aux autorités afin qu'on le cloue sur une croix. Mais en réalité, Il s'est livré Lui-même; "Il a été mis au nombre des malfaiteurs, parce qu'il a porté les péchés de beaucoup d'hommes, et qu'il a intercédé pour les coupables" (Esaïe 53:12). Et Il intercède encore aujourd'hui pour tous ceux qui croient en Lui (Romains 8:34), pour tous ceux qui placent leur confiance en Lui pour être sauvés.

En suivant le Christ, nous n'obtiendrons peut-être pas la gloire et la richesse, mais nous obtiendrons bien plus si nous persévérons en Lui: une demeure là haut dans la gloire, celle-là même qu'Il est allé préparé pour ceux qui Lui appartiennent (Jean 14:3). 

Que toute la gloire soit rendue à Dieu seul, Amen.      

dimanche 24 décembre 2023

Livraison retardée, par Cathy Miller, raconté par James Dobson

Chers amis. Il y a environ 20 ans, j'ai collaboré avec plusieurs auteurs pour préparer un livre intitulé Un Noël en famille. Il se composait de neuf histoires qui vous réchaufferont le cœur. Il était entièrement illustré de magnifiques peintures réalisées par un artiste de renom et mon ami, le regretté Gerald Harvey. Un Noël en famille n'est plus imprimé, ce que je regrette car il a capturé l'âme de la saison de Noël. J'ai donc choisi de vous lire un extrait de ce livre qui n'est plus disponible.


Quels trois mots de notre langue anglaise véhiculent des souvenirs plus chargés d'émotion qu'A Family Christmas ? Quelle autre phrase simple déclenche un tel flot de nostalgie, de désirs à moitié oubliés; de goûts et d'odeurs, de sons, de mélodies et d'images bien mémorisés. Joyeux ou triste, festif ou calme, Un Noël en famille nous transporte d'où nous sommes à là où nous sommes allés ou peut-être là où nous voulons être. Il suffit de fermer les yeux pour me retrouver dans des scènes d'enfance au Texas avec ma mère et mon père, des scènes qui sont souvent entrelacées d'images de l'Oklahoma, de la Californie et du Kansas autour de la cheminée avec Shirley, Danae et Ryan. Les lumières sont baissées, le feu crépite et claque sur la grille et le doux parfum des bougies de Noël remplissant la pièce. Ce sont parmi les souvenirs les plus précieux de ma vie.

Le livre rappelle également d’autres images que la plupart d’entre nous n’ont vues que dans la littérature, l’art ou le cinéma. Ils représentaient une époque révolue avant la naissance de la plupart d’entre nous. Et pourtant, ils font partie de l’héritage de Noël qui est encore présent aujourd’hui. Les peintures de Gerald Harvey se concentraient sur des scènes du début du siècle qui étaient parfaitement préservées sur toile. Les traîneaux tintent le long des routes de campagne enneigées et le bruit des sabots des chevaux dans les rues pavées, la douce lueur des lampes à gaz autour de la place de la ville remplie de clients et de petites églises, les nuits étoilées, la lumière entrant à travers les fenêtres et les bonnes gens du village; rassemblement pour un service de chants et de louanges la veille de Noël. Tout était là pour que nous puissions en profiter.

Vous pouvez comprendre pourquoi je ressens une certaine tristesse face à la disparition d’une époque. Que nous parlions de notre propre famille ou de la famille mondiale de Dieu, cette période est une période sans pareille pour donner et recevoir. Ce que je vais partager avec vous maintenant, c'est l'histoire d'ouverture du livre A Family Christmas écrite par Cathy Miller. Elle l'a intitulé "Livraison retardée".

"Il n'y a jamais eu un hiver comme celui-ci. Stella regardait depuis le refuge de son fauteuil les rafales de neige se transformer en blizzard. Elle avait peur de se tenir près de la fenêtre, craignant de manière déraisonnable que le blizzard puisse l'atteindre là, l'aspirant, essoufflée, dans le chaos. Les maisons de l'autre côté de la rue étaient pratiquement rendues invisibles par la fureur des flocons transportés par le vent. Distraitement, la vieille femme redressa les housses des accoudoirs de son fauteuil, les yeux rivés sur le spectacle qui se déroulait de l'autre côté des fenêtres.

Détournant son regard de la fenêtre, elle se força à se lever de sa chaise et attendit un moment que l'équilibre lui revienne. Redressant son dos contre la douleur qui menaçait de la retenir, elle se dirigea avec détermination vers la cuisine. Sur le seuil de la pièce voisine, elle s'arrêta, l'esprit vide, se demandant quel but l'avait poussée là. Depuis la bouche d'aération au-dessus du poêle, le cri du vent menaçait de canaliser la tempête de l'après-midi directement dans la petite maison. Stella concentra ses yeux marron sur l'horloge de la cuisinière. Trois heures quinze lui rappela qu'elle était entrée là pour sortir quelque chose du congélateur pour son souper. Encore un repas solitaire qu'elle n'avait pas envie de préparer, encore moins de manger. Elle saisit la poignée du réfrigérateur et appuya son front contre la surface blanche et fraîche de la porte alors qu'une vague d'apitoiement sur elle-même menaçait de la noyer. C'était trop dur à supporter de perdre son bien-aimé Dave cet été. Comment supporter la douleur, le néant quotidien ? Elle sentit la douleur familière dans sa gorge et serra les yeux pour retenir ses larmes.

Stella se redressa et secoua la tête en signe de châtiment silencieux. Elle réitéra sa litanie de remerciements. Elle avait sa santé, elle avait sa petite maison, un revenu qui devrait lui suffire pour le reste de ses jours. Elle avait ses livres, ses émissions de télévision, ses travaux d'aiguille. Il y avait les plaisirs de son jardin au printemps et en été, les promenades dans le parc au bout de sa rue et les oiseaux d'hiver qui égayaient les mangeoires devant la baie vitrée de sa cuisine. Pas aujourd'hui, cependant, pensa-t-elle tristement, alors que le blizzard se précipitait contre le mur est de sa cuisine. "Ah, Dave, tu me manques tellement ! Les tempêtes ne me dérangeaient pas quand tu étais ici." Le son de sa propre voix résonnait sourdement dans la pièce. Elle alluma la radio qui se trouvait sur le comptoir à côté d'une rangée de bidons en bois soigneusement descendants. Un soudain et joyeux chœur de musique de Noël remplit la pièce, mais cela ne fit qu'approfondir sa solitude.

Stella s'était préparée à la mort de son mari. Depuis que le médecin avait déclaré qu'ils avaient un cancer du poumon en phase terminale, ils avaient tous deux fait face à l'inévitable, s'efforçant de tirer le meilleur parti du temps qu'il leur restait ensemble. Les affaires financières de Dave avaient toujours été mises en ordre. Il n’y avait pas de nouveaux fardeaux dans son état de veuve. C'était juste l'horrible solitude, le manque de but dans ses journées. Ils formaient un couple sans enfants. Leurs vies avaient été bien remplies et riches. Ils s'étaient contentés de carrières bien remplies et de l'un de l'autres. Ils avaient beaucoup d'amis. Avait. C’était le mot clé ces jours-ci. C'était déjà assez pénible de perdre la seule personne que l'on aimait de tout son cœur.

Mais au cours des dernières années, elle et Dave ont dû faire face à plusieurs reprises au décès de leurs amis et de leurs relations. Ils étaient tous d’une époque, celle où les corps humains commençaient à abandonner, à mourir. Il  fallait y faire face. Ils étaient vieux. Et maintenant, pour ce premier Noël sans Dave, Stella serait seule. Mabel et Jim l'avaient invitée à passer les vacances avec eux en Floride, mais d'une manière ou d'une autre, cela lui avait semblé pire que de rester seule à la maison. Non seulement son mari lui manquerait, mais la neige, l'hiver et la familiarité de sa maison lui manqueraient également.

Les doigts tremblants, elle baissa le volume de la radio pour mettre la musique en sourdine. Elle jeta un bref coup d'œil dans le réfrigérateur, puis décida qu'un bol de soupe chaude serait plus réconfortant ce soir. À sa grande surprise, elle vit que le courrier était arrivé. Elle n'avait même pas entendu le grincement de la fente à levier dans la porte d'entrée. Pauvre facteur, dehors par ce temps. Ni grêle, ni grésil. Avec l'inévitable grimace de douleur, elle se pencha pour récupérer les enveloppes blanches et humides sur la porte. Entrant dans le salon, elle s'assit sur le banc du piano pour les ouvrir. Il s'agissait pour la plupart de cartes de Noël, et ses yeux tristes souriaient devant la familiarité des scènes traditionnelles et les messages affectueux qu'elles contenaient.

Avec précaution, ses doigts arthritiques les disposèrent parmi les autres regroupés sur le dessus du piano. Dans toute sa maison, ils constituaient la seule décoration saisonnière. Les vacances étaient dans moins d'une semaine, mais elle n'avait pas le cœur de planter un arbre idiot, ni même d'installer la crèche que Dave avait construite de ses propres mains. Soudainement engloutie par la solitude de tout cela, Stella enfouit son visage ridé dans ses mains, abaissant ses coudes sur les touches du piano dans une discorde dure et abrasive, et laissa les larmes couler. Comment pourrait-elle passer Noël et l’hiver qui suivrait ? Elle avait envie de se mettre au lit et de s'enfouir dans un cocon de couvertures, pour ne sortir que lorsque ses amis et le printemps seraient revenus.

La sonnerie de la sonnette faisait écho aux notes aiguës et discordantes du piano et était si inattendue que Stella dut étouffer un petit cri de surprise. Maintenant, qui pourrait bien sonner par un jour comme aujourd'hui ? En s'essuyant les yeux, et elle remarqua pour la première fois à quel point la pièce était devenue sombre. La sonnette retentit une seconde fois. Utilisant le piano comme levier, elle se releva et se dirigea vers le hall d'entrée, allumant la lumière du salon en passant. Elle ouvrit la porte en bois et regarda à travers la fenêtre grillagée de la contre-porte avec consternation. Sur son porche, secoué par les vagues de vent et de neige, se tenait un étrange jeune homme, dont la tête sans chapeau était à peine visible au-dessus du grand carton qu'il tenait dans les bras. Elle regarda au-delà de lui dans l'allée, mais rien dans la petite voiture ne donnait la moindre idée de son identité.

En retournant son regard vers lui, elle vit que ses mains étaient nues et que ses sourcils s'étaient levés dans une expression d'espoir qui disparaissait rapidement derrière le givre se formant sur le verre. Reprenant son courage, la vieille femme ouvrit légèrement la porte et il fit un pas de côté pour parler dans l'espace. "Mme Thornhope ?" Elle hocha la tête en signe d'affirmation, son bras tendu commençant à trembler de froid et de l'effort de tenir la porte contre le vent. Il reprit la parole : "J'ai un colis pour vous."

La curiosité chassa les pensées d’avertissement de son esprit. Elle poussa la porte assez loin pour permettre à l'étranger de la porter sur son épaule et recula dans le hall pour lui faire de la place. Il entra, apportant avec lui le souffle glacé de la tempête. Souriant, il posa soigneusement le fardeau sur le sol et se leva pour récupérer l'enveloppe qui dépassait de sa poche. Alors qu'il le lui tendait, un son sortit de la boîte. Stella sursauta. L'homme rit en s'excusant et se pencha pour redresser les rabats en carton, les gardant ouverts pour qu'elle puisse jeter un coup d'œil à l'intérieur. Elle avança prudemment, puis baissa les yeux. C'était un chien ! Pour être plus exact, un chiot Labrador Retriever doré. Alors que le monsieur soulevait son corps se tortillant dans ses bras, il expliqua : " Ceci est pour vous, Madame. Il a six semaines et est complètement propre. "

Le jeune chiot se tortilla de bonheur après avoir été libéré de sa captivité et envoya ses baisers extatiques et humides en direction du menton de son bienfaiteur. "Nous étions censés vous le livrer la veille de Noël", poursuivit-il avec difficulté, tout en s'efforçant de sauver son menton de la petite langue mouillée, "mais le personnel du chenil commence ses vacances demain. J'espère que cela ne vous dérange pas. Cadeau précoce. "

Le choc lui avait volé sa capacité à penser clairement. Incapable de former des phrases cohérentes, elle balbutia : "Mais, je ne... je veux dire, qui ?" Le jeune homme posa l'animal sur le paillasson entre eux puis tendit le doigt pour taper sur l'enveloppe qu'elle tenait toujours. "Il y a une lettre là-dedans qui explique tout. Le chien a été acheté en juillet dernier alors que sa mère était encore enceinte. C'était censé être un cadeau de Noël. Si vous attendez une minute, il y a certaines choses dans le voiture que je vais chercher pour vous." Avant qu'elle ait pu protester, il était parti et revenait un instant plus tard avec une énorme boîte de nourriture pour chien, une laisse et un livre, "Prendre soin de votre Labrador Retriever". Pendant tout ce temps, le chiot était resté assis tranquillement à ses pieds, haletant joyeusement alors que ses yeux marron l'observaient. Incroyablement, l'étranger se détournait pour repartir. Le désespoir arracha les mots de ses lèvres. "Mais qui ? Qui me l'envoie ?" S'arrêtant dans l'embrasure de la porte ouverte, ses mots presque emportés par le vent qui ébouriffait ses cheveux, il répondit : "Votre mari, Madame". Et puis il était parti.

Tout était dans la lettre. Oubliant complètement le chiot à la vue de l'écriture familière, Stella s'était dirigée comme une somnambule jusqu'à sa chaise près de la fenêtre. Ignorant que le petit chien l'avait suivie, elle se força à lire les paroles de son mari, les yeux remplis de larmes. Il l'avait écrite trois semaines avant sa mort et l'avait laissée aux propriétaires du chenil pour qu'elle lui soit livré avec le chiot comme son dernier cadeau de Noël. C’était plein d’amour, d’encouragement et d’avertissements à être forte. Il jurait qu'il attendait le jour où elle le rejoindrait. Et il lui avait envoyé ce jeune animal pour lui tenir compagnie d'ici là.

Se souvenant de la petite créature pour la première fois, elle fut surprise de le trouver la regardant tranquillement, sa petite bouche haletante ressemblait à un sourire comique. Stella mit les pages de côté et attrapa le paquet de fourrure dorée. Elle pensait qu'il serait plus lourd, mais il n'avait que la taille et le poids d'un petit oreiller et il était si doux et chaud. Elle le serra dans ses bras et il lui lécha la mâchoire, puis se blottit dans le creux de son cou. Les larmes recommencèrent à cet échange d'affection, et le chien la supporta pleurer sans bouger.

Finalement, Stella le posa sur ses genoux, où il la regarda solennellement. Elle essuya vaguement ses joues mouillées, puis sourit d'une manière ou d'une autre. "Eh bien, petit, je suppose que c'est à toi et moi." Sa langue rose haletait en signe d'accord. Le sourire de Stella se renforça et son regard se tourna vers la fenêtre. Le crépuscule était tombé, et la tempête semblait avoir passé le plus fort de sa fureur. À travers les flocons duveteux qui tombaient maintenant à un rythme plus doux, elle aperçut les joyeuses lumières de Noël qui bordaient les toits des maisons de ses voisins. Les airs de "Joy to the World" flottaient depuis la cuisine. Soudain, Stella ressentit la sensation la plus étonnante de paix et de bénédiction l’envahir. C'était comme être enveloppé dans une étreinte amoureuse. Son cœur battait douloureusement, mais c'était de joie et d'émerveillement, pas de chagrin ou de solitude. Elle n'aura plus jamais besoin de se sentir seule.

Reportant son attention sur le chien, elle lui dit : "Tu sais, j'ai un carton au sous-sol et je pense que tu l'aimerais. Il y a un arbre dedans et des décorations et des lumières qui vont t'impressionner comme un fou." Et je pense que je peux trouver la vieille crèche là-bas aussi. Que dirais-tu d'aller la chercher ? Le chiot aboya joyeusement en signe d'accord, comme s'il comprenait chaque mot."

C'est la fin de l'histoire. Et je terminerai avec ces réflexions sur la signification de Noël. L'amour est plus fort que la mort et atteint l'éternité avec des cadeaux de gentillesse, venant de cœurs aimants, qui peuvent réchauffer l'hiver le plus froid et apporter de la lumière dans les endroits sombres et solitaires. Et une nuit sombre dans un petit village appelé Bethléem, chacun de nous a reçu un cadeau pas comme les autres; un don d'une gentillesse surprenante et d'un amour durable, un don qui réchauffe encore aujourd'hui les cœurs, libère les captifs, repousse les ombres et apporte l'espoir et la joie pour transformer les saisons désolées de nos vies. 

Le grand don de Dieu délivré juste au moment où nous en avions le plus besoin, nous guidera à travers chaque épreuve, chaque difficulté, chaque jour de solitude et chaque nuit sans étoiles. Et un jour, nous serons tous ensemble en présence du cadeau où la solitude, la mort, la séparation et les larmes s'effaceront comme un rêve lointain. Ce cadeau est à nous en ce moment. Et Son nom est Jésus. Merci à Dieu pour son don indescriptible.

Ici James Dobson, et j'espère que vous avez apprécié cette histoire touchante de Cathy Miller. Vous savez, il me vient à l’esprit qu’il y a certaines personnes parmi notre auditoire qui se sentent comme Stella dans cette histoire. Ils sont seuls et découragés. Peut-être ont-ils perdu un être cher. Est-ce que c'est vous? Si c’est le cas, j’espère que vous trouverez la paix dans l’enfant Christ et la promesse de la vie éternelle. Joyeux Noël à tous. Bénédictions à vous.

dimanche 22 décembre 2019

Où est la paix?

"Gloire à Dieu dans les lieux très hauts, et paix sur la terre parmi les hommes qu'il agrée!" (Luc 2:14)

Pour bien des gens, Noël est la meilleure journée de l'année. Ils s'échangent des présents, ils mangent, ils boivent, ils passent du bon temps. Mais Noël, c'est d'abord la journée pour célébrer la naissance du Prince de la paix (Esaïe 9:6), même si dans notre cœur, nous le célébrons tous les jours. 

Cependant, lorsque nous regardons autour de nous, nous nous apercevons rapidement qu'il n'existe aucune paix de Noël. Je suis certain que si nous aurions la capacité de voir ce qui se passe partout à travers le monde la veille de Noël, nous serions témoins de vols, des meurtres, de familles disloquées, dont les enfants sont laissés à eux-mêmes; de vieillards abandonnés, et ainsi de suite. Si nous nous attardons sur ces événements tragiques, qui prouvent bien qu'il n'existe pas de "paix de Noël", nous dirons comme les incroyants: où est la paix que le Christ devait amener? À la différence de l'incroyant, pour qui il n'existe aucune promesse, et pour qui le Nouveau Testament est semblable à une série de pages vides, nous ouvrons notre Bible et nous lisons la Parole de Dieu. Nous y retrouvons les nombreuses promesses de Dieu envers la race humaine. Mais à chaque fois, comme dans notre premier verset en Luc 2:14, nous comprenons que la venue de Jésus n'était pas un coup de baguette magique qui devait faire disparaître instantanément tout le mal du monde. La paix promise est pour tous les hommes qu'Il agrée, et c'est encore dans Sa parole que nous trouvons comment nous sommes agrées par Dieu; lorsque nous nous repentons de nos péchés et que nous acceptons Jésus comme notre Seigneur et Sauveur, mais surtout, en marchant par la foi en conformité avec Sa parole. Voilà pourquoi la paix promise ne peut prendre effet sur toute la Terre; car le plus grand nombre de croit pas en Jésus. Donc cette paix est une tranquillité individuelle de l'âme, qu'expérimentent seulement ceux qui acceptent Son cadeau du salut. La paix universelle viendra lorsque Jésus régnera sur Son peuple, sur ceux qui auront été trouvés fidèles jusqu'à la mort. 

Remercions Dieu de nous avoir envoyé Jésus pour nous réconcilier avec Lui et pour nous apporter la paix pour nos péchés pardonnés. N'hésitons pas à partager ce message à quelqu'un qui n'a pas encore trouvé la paix annoncée par les anges il y a plus de deux milles ans. 

Merci Seigneur pour tes nombreuses promesses, mais aussi pour toutes les bénédictions dont Tu nous a comblés. Tout ce que Tu fais est pour Ton nom, et nous voulons aujourd'hui plus que jamais glorifier et louer Ton Saint nom, car Toi seul en es digne. Merci pour la paix que Tu nous donnes par Jésus, notre Seigneur et Sauveur personnel, car elle ne réside pas d'abord dans ce que nous faisons, mais en ce que Tu as déjà fait pour nous, et nous acceptons ce cadeau avec joie et reconnaissance. En ces jours dits de réjouissances, donnes-nous de partager ton Amour avec les gens autour de nous, en parole et en action; que nous soyons de fidèles ambassadeurs de Ton royaume sur la Terre, sachant que nous ne sommes ici-bas que pour un peu de temps, mais que notre esprit vivra éternellement. S'il te plaît, touches les cœurs des plus endurcis, mais aussi, rejoins ceux qui sont seuls et abandonnés, Tu sais où ils sont et Tu connais leurs besoins. Merci de soulager leur âme en les rassurant par Ta présence vivifiante. Nous donnons gloire à Ton nom, Seigneur Dieu, car nous n'oublions pas la perfection de Tes œuvres, et en ces jours où nous nous souvenons particulièrement que Tu t'es fait chair comme nous, nous chantons et disons notre joie pour l'oeuvre du salut que Tu as préparé pour tous les hommes qui croiraient. Nous te louons et t'adorons, Jésus; merci d'être la lumière du monde et d'être notre espérance dans un monde rempli de ténèbres. 

Que toute la gloire soit rendue à Dieu seul, Amen. 

dimanche 25 décembre 2016

Pas de place pour Lui

Luc 2:6-7 : "Pendant qu’ils étaient là, le temps où Marie devait accoucher arriva, et elle enfanta son fils premier-né. Elle l’emmaillota, et le coucha dans une crèche, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans l’hôtellerie."

Il n'y avait pas de place pour le Roi des rois, pour le Seigneur des seigneurs. La venue du Messie avait été prophétisée des milliers d'années à l'avance, mais lorsqu'Il est venu, les gens étaient tous trop occupés pour le reconnaître. Il n'y avait pas de place pour Lui. Pourtant, ce soir-là, il est probable que dans les synagogues du pays, beaucoup d'Israélites, à qui la promesse avait été faite, étaient réunis. Peut-être aussi que le passage des Écritures qui était lu ce soir-là à la synagogue de Bethléhem était celui-ci: "Et toi, Bethléhem Ephrata, petite entre les milliers de Juda, de toi sortira pour moi celui qui dominera sur Israël, et dont l’origine remonte aux temps anciens, aux jours de l’éternité." (Michée 5:2) 

La situation de l'époque était difficile en Israël. Les armées romaines dominaient sur la Judée, et un lourd impôt était exigé aux Juifs. Depuis des générations, depuis la sortie d'Égypte, le peuple Juif espérait la venue du Messie. Moïse avait d'ailleurs prophétisé de la part de Dieu: "Je leur susciterai du milieu de leurs frères un prophète comme toi, je mettrai mes paroles dans sa bouche, et il leur dira tout ce que je lui commanderai (Deutéronome 18:18-19). Il était coutume de dire que ce Messie ferait son apparition d'une manière triomphale, un Dieu venant directement des cieux pour sauver son peuple du courroux Romain. Mais après des années et des années d'attente, cette espérance venait à laisser place à une certaine indifférence. À l'évidence, il semblait que le Messie ne viendrait pas au cours de cette génération-ci non plus. Les gens assistaient donc aux réunions à la synagogue, plus par tradition que par une foi vivante en un Dieu en plein contrôle de toutes choses. La noirceur spirituelle régnait à cette époque, et les maîtres de la loi ne comprenaient à peu près pas les Écritures. (Luc 10:25) Comment pouvaient-ils inculquer une quelconque connaissance spirituelle à ceux qui les écoutaient? Aussi ce soir-là, les gens écoutèrent-ils d'une oreille distraite les tentatives d'explication du docteur de la loi, qui essaya d'expliquer ce passage de Michée 5:2 au mieux de ses capacités, mais lorsque la réunion fût terminée, on ne pouvait pas dire que les gens qui y étaient réunis comprenaient beaucoup mieux ce passage que quelques heures auparavant.

L'un venait de s'acheter cinq paires de bœufs, et devait les essayer. Un autre venait de se marier. Un autre encore venait d'acheter un champ, et il avait très hâte d'aller le voir. Tous avaient fort à faire, et peu prenaient du temps pour leur vie spirituelle. Aussi, lorsque la rumeur se répandit dans la région que des voyageurs étrangers appelés "mages" cherchaient de lieu en lieu le "roi des Juifs" afin de l'adorer, à peu près personne ne s'émeut à ce propos. Ce ne fut probablement qu'un léger sujet de discussion, les gens se demandant qui étaient ces voyageurs et d'où ils venaient. En ce qui concernait le "roi des Juifs" nouveau-né, cela devait venir de leur lubie d'étudier les étoiles, car ne prétendaient-ils pas "avoir vu son étoile en Orient"? Les seuls dans tout le pays qui s'émurent à propos de Jésus furent le roi païens Hérode et ses proches collaborateurs, car s'il s'avérait exact que ce nouveau-né était destiné à être roi, son règne pouvait être menacé. Du moins le croyait-il! 

Ici, n'est-il pas intéressant de constater que celui qui crut le plus à la prophétie de Michée fût un païen? Hérode, ayant été joué par les mages qui ne retournèrent pas lui dirent où ils avaient trouvé le Messie, fit périr tous les garçons âgés de deux ans et au-dessous de Bethléhem et dans tout son territoire, tellement il avait peur pour son règne! Mais où étaient les sacrificateurs, les scribes, les docteurs de la loi? Ils avaient les rouleaux des Écritures devant eux tous les jours. Ils citèrent eux-mêmes le passage du livre du prophète Michée au roi Hérode. Mais aucun d'entre eux n'eut à cœur de trouver Jésus. Trois étrangers venus d'Orient, et un roi païen cherchèrent Jésus, le Christ. (Il y a bien eu aussi quelques bergers, divinement avertis en vision de la naissance de Jésus, Luc 2:8-18) Les uns pour l'adorer, l'autre pour l'éliminer. Mais personne en Israël, à qui la promesse d'un sauveur avait été faite, ne crût à la prophétie de Michée. La vie continuait, alors que le sort de l'humanité était en train de s'écrire. Il n'y avait pas de temps ni de place pour Christ. "Il s’est élevé devant lui comme une faible plante, comme un rejeton qui sort d’une terre desséchée; il n'avait ni beauté, ni éclat pour attirer nos regards, et son aspect n’avait rien pour nous plaire. Méprisé et abandonné des hommes, homme de douleur et habitué à la souffrance, semblable à celui dont on détourne le visage, nous l’avons dédaigné, nous n’avons fait de lui aucun cas" (Esaïe 53:2-3). 

Nous imaginons aisément Marie et Joseph allant d'hôtel en hôtel, et, désespérés, sortant de la ville et peut-être même frappèrent-ils par hasard à la porte de l'homme cité plus haut qui venait de s'acheter cinq paires de bœufs, espérant trouver un abri et un peu de chaleur pour l'enfant à naître. Mais tout le monde leur répondait, non sans un peu de gêne: "Désolé, nous n'avons pas de place pour vous, allez voir ailleurs". Alors que les douleurs de l'enfantement étaient à leur paroxysme, n'ayant plus d'espoir de trouver un abri parmi les hommes, ils virent soudain une modeste étable, ouverte aux quatre vents. Lorsqu'ils y entrèrent, les animaux qui essayaient d'y trouver un peu de chaleur firent respectueusement de la place pour les nouveaux venus, et c'est ainsi que le Christ naquit à Bethléhem. Non pas dans une demeure royale, comme il l'eut mérité, Lui, Dieu-homme, car les hommes ne voulaient pas de Lui; mais parmi les bêtes. Les premiers pleurs de Jésus, les larmes de Marie, l'anxiété de Joseph. Personne n'en fût témoin; sinon quelques animaux chétifs qui, entendant l'appel du Berger, se rapprochèrent plus près du nouveau-né et de sa famille, comme pour partager un peu de chaleur et de compassion. Le Messie était né, dans la plus complète indifférence. 

Aujourd'hui, c'est aussi dans l'indifférence la plus complète que les hommes vivent la vie qui leur est prêtée. Il n'y a pas vraiment de place pour Christ. Même parmi les chrétiens, une demi-journée par semaine consacrée aux choses du Royaume de Dieu suffit trop souvent à leurs yeux. Nous voulons bien le salut qu'Il a à nous offrir, mais... La génération dans laquelle nous vivons ne jure que par le confort et la recherche de la satisfaction de notre bien-être par-dessus toutes choses. Ce cancer ronge la vie spirituelle des chrétiens comme il empêche bon nombres de païens de venir au salut, privilégiant ainsi les plaisirs pendant soixante, soixante-dix ans, ou peut-être quatre-vingt ans, à l'éternité. Mais que sont ces plaisirs passagers, ici-bas, qui sont souvent suivis d'amères conséquences et qui ne remplissent pas le vide de nos cœurs? Jamais rien ni personne ne pourra prendre la place que Dieu seul devrait avoir en nous. Nous le savons bien, mais puisque la marche avec Jésus implique de nous soumettre à la volonté de Dieu... Cette génération ne veut plus se soumettre à rien. Chacun veut vivre selon ses propres désirs, à sa manière propre, sans se soucier des autres ni de ce que Dieu en pense. Bien ou mal? Peu leur importe, car ils aiment à croire que cela est personnel. Ce que toi tu appelles mal, disent-ils, moi j'appelle cela bien, et je fais ce que je veux, et personne n'a rien à dire. Dans leur orgueil, aussi insignifiants soient-ils, ils lancent contre Dieu leurs petits poings et croient ainsi, avec leur rébellion, avoir le dernier mot. Peut-être seront-ils libres sur Terre, car Dieu n'est pas un tyran pour forcer qui que ce soit à le suivre, mais les règles sont les mêmes pour tout le monde; et les règles d'entrées dans la présence de Dieu pour l'éternité ont été fixées par Dieu Lui-même, en Jésus-Christ, et rien ni personne ne pourra y changer quoi que ce soit. Soit que nous marchions comme Jésus a marché, soit que nous continuions à marcher comme le monde. Il n'y a pas de zone grise, pas d'entre-deux. 

Et la fête de Noël n'y échappe pas. Elle ne représente plus pour les uns qu'une fête commerciale où les gens s'endettent pour s'offrir des cadeaux qu'ils ne peuvent même pas se payer. Pour d'autres, cette fête représente une occasion parmi d'autres de se saouler et/ou de tromper leur épouse ou leur mari. Pour d'autres encore, elle est synonyme de tristesse, de séparation, de division ou d'abandon. En un peu plus de 2000 ans, rien n'a changé. Qui prend le temps pour Jésus? L'un vient de s'acheter le jeu vidéo dernière génération, et il doit l'essayer. Un autre vient de se trouver une nouvelle concubine, et il doit l'essayer également. Un autre encore vient de s'acheter le terrain de ses rêves sur lequel il construira - en s'endettant lourdement - un palace dans lequel il s'ennuiera une fois installé. Jésus? Parlez-leur de Jésus. Parfois gêné, parfois non, ils vous répondront: "Désolé, nous n'avons pas de temps pour cela, allez voir ailleurs". 

"Cependant, ce sont nos souffrances qu’il a portées, c’est de nos douleurs qu’il s’est chargé; et nous l’avons considéré comme puni, frappé de Dieu, et humilié. Mais il était blessé pour nos péchés, brisé pour nos iniquités; le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris. Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait sa propre voie; et l’Éternel a fait retomber sur lui l’iniquité de nous tous. Il a été maltraité et opprimé, et il n’a point ouvert la bouche, semblable à un agneau qu’on mène à la boucherie, à une brebis muette devant ceux qui la tondent; il n’a point ouvert la bouche. Il a été enlevé par l’angoisse et le châtiment; et parmi ceux de sa génération, qui a cru qu’il était retranché de la terre des vivants et frappé pour les péchés de mon peuple?" (Esaïe 53:4-8)

Prions.

Seigneur, nous sommes devant Toi en ce jour où nous nous souvenons de Ton sacrifice ultime. Tu n'as pas voulu qu'Abraham sacrifie son fils Isaac, car cela n'aurait servi à rien, mais c'était une ombre des choses à venir où Ta Parole sortirait de Toi et viendrait jusqu'à nous, prendrait un corps de chair, comme nous, et souffrirait, comme nous, et cette Parole est appelée ton Fils, Jésus, le Christ. Oui, cette parole a été faite chair, elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité, et en elle, en Toi Jésus, nous contemplons la gloire de notre Père céleste. Humblement Tu es venu, humblement Tu as vécu, Tu as offert toi-même de quitter temporairement la gloire du Père lorsque Tu as dit: "je publierai ton nom parmi mes frères, je te célébrerai au milieu de l’assemblée." Aide-nous s'il te plaît à marcher humblement, comme Tu as marché, à aimer comme Tu nous as aimés, sans compromis. Tu es venus dans l'indifférence la plus totale; personne ne se souciait de Ta venue; ils ne pouvaient pas savoir que tes petites mains et tes petits pieds seraient plus tard percées par les clous rageurs, ni que ta douce peau serait arrachée par le fouet romain, ou que tes petits cheveux seraient maculés de ton propre sang à cause de la couronne d'épine qui a été posée sur ta tête. Ton amour était si grand; toute ta vie Tu n'as fait que le bien. Pourtant déjà lorsque Tu étais à Jérusalem, tu te demandais si tu trouverais la foi sur la Terre, lors de Ton retour. 
L'indifférence spirituelle est aujourd'hui partout; c'est pourquoi nous te supplions de renouveler en nous ce vif désir de vivre pour Toi, car c'est la moindre des choses que nous puissions faire après tout ce que Tu as fait pour nous. Apprends-nous à nous oublier pour notre prochain. Tu as porté nos péchés, Tu as intercédé pour les coupables, dont nous sommes tous et tu t'es chargé du juste châtiment qui nous était réservé. S'il te plaît, augmente notre foi et notre connaissance de Ta parole, afin que nous ne vivions pas en vain. Accorde-nous Ta joie et Ta paix du cœur, afin qu'en toutes situations, nous persévérions sur le sentier du salut. Prends en nous la place qui te revient; la première place. Nul n'est comme Toi, et nous te sommes infiniment reconnaissants pour le pardon de nos péchés et pour le salut que Tu nous accordes. Ta grâce est infinie, et à cause d'elle, Tu aimes et Tu désires délivrer et pardonner le pire des pécheurs. Touches les intelligences les plus endurcies, transforme les cœurs de pierre en cœur de chair. Oui, que Ton Esprit vienne faire son oeuvre transformatrice parmi les hommes de cette génération perdue, et délivre-nous de l'indifférence. Nous ne voulons pas être cette génération qui, comme Bethléhem il y a un peu plus de 2000 ans, était endormie et indifférente lors de la venue de son Sauveur. Ta venue est proche, elle est certaine comme celle de l'aurore; aides-nous à demeurer éveillés et vigilants, car nous savons que l'ennemi veut nous faire périr comme il a cherché à Te faire périr lors de Ta naissance. Mais Père Éternel, soit que nous vivions, soit que nous mourrions, nous savons que rien ne nous séparera jamais de Ton amour manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur et Sauveur personnel, pourvu que nous tenions ferme dans l'obéissance à Ta parole et à Ta sainte volonté. Avec ton aide, nous te louerons, nous t'adorerons tous les jours de notre vie. À Dieu soit la gloire, pour aujourd'hui et pour toujours, Amen.