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dimanche 19 avril 2026

Le chrétien en armure complète, par William Gurnall, 48e partie

 

Le devoir du chrétien de rester à sa place et le danger de traîner.

Deuxièmement. Tenir ferme signifie que chacun doit rester à son rang et à sa place, ce qui s'oppose à tout désordre ou à tout déplacement intempestif. Lorsqu'un capitaine voit ses soldats marcher ou combattre hors de leur rang et de leur ordre, il leur ordonne de tenir ferme. La discipline militaire est si stricte en la matière qu'elle ne permet à personne de quitter sa place sans autorisation spéciale. Certains y ont perdu la vie pour avoir combattu hors de leur position, même avec un grand succès.

De là, nous avons:

Doctrine. Chaque chrétien doit veiller à occuper la place que Dieu lui a assignée. La méthode du diable consiste d'abord à semer la discorde, puis à ruiner. L'ordre suppose la compagnie ; celui qui marche seul ne peut s'égarer. La place et le rang que le chrétien doit occuper sont donc liés à la société ou au groupe dans lequel il évolue. 

On peut considérer le chrétien comme appartenant à une société tripartite : l’Église, la communauté et la famille. Dans chacune d’elles, il existe plusieurs rangs et différentes places. Dans l’Église, les responsables et les simples fidèles ; dans la communauté, les magistrats et le peuple ; dans la famille, les maîtres et les serviteurs, les parents et les enfants, le mari et la femme. Le bien-être de ces sociétés repose sur l’ordre qui y règne : lorsque chaque rouage fonctionne harmonieusement, lorsque chacun contribue, en accomplissant son devoir, au bien de la société tout entière.

Plus précisément, une personne trouve sa place en ordre lorsqu’elle accomplit ces trois choses :

Premièrement, lorsqu'il comprend le devoir particulier lié à sa fonction et à sa relation avec autrui ; "La sagesse de l'homme prudent est de comprendre sa voie" (Proverbes 14:8); sa voie, c'est-à-dire le chemin qu'il doit emprunter. Il est inutile de connaître le chemin de York si l'on se rend à Londres ; pourtant, combien sommes-nous enclins à étudier la voie et le travail d'autrui plutôt que les nôtres. Le serviteur s'intéressant davantage au devoir de son maître qu'au sien envers lui; le peuple se demandant ce que le ministre devrait faire à sa place, plutôt que ce qui lui incombe de la part de ceux qui le dirigent dans le Seigneur.

Ce n'est pas en connaissant le devoir d'autrui, ni en blâmant sa négligence, mais en accomplissant notre propre devoir, que nous parviendrons sains et saufs au terme de notre voyage. Et comment le faire si nous ne le savons pas ?

Salomon n'a jamais fait preuve d'une plus grande sagesse qu'en demandant à Dieu la sagesse nécessaire pour remplir les fonctions de sa charge. 

Deuxièmement, conscients de notre devoir, nous l'accomplissons consciencieusement et nous nous offrons à Dieu. Paul exhortait Timothée, à sa place, comme tout chrétien doit le faire : "Médite sur ces choses" et "donne-toi entièrement" à l'accomplissement de son devoir de chrétien, dans sa fonction et son ministère. "Occupe-toi de ces choses, que ton cœur soit tourné vers ton œuvre, et que tu t'y consacres entièrement" (1 Timothée 4:15). C'est là que réside la véritable puissance de la piété.

La religion, si elle n'est pas mise en pratique dans nos différents lieux et vocations, devient ridicule et se réduit à une notion vide, presque insignifiante. Pourtant, nombreux sont ceux qui n'ont rien pour prouver leur foi chrétienne, si ce n'est une profession de foi superficielle. On pourrait dire d'eux, comme on le dit du cannelier, que l'écorce vaut plus que tout le reste.

C’est de ceux dont parle l’apôtre : "Ils prétendent connaître Dieu, mais ils le renient par leurs actes ; ils sont abominables, désobéissants et incapables de toute bonne œuvre" (Tite 1:16). Les bonnes œuvres dont parle l’apôtre seront précisées dans la suite (Tite 2), où, en opposition à celles-ci, il insiste sur les devoirs que les chrétiens, dans leur situation et leurs relations particulières, doivent accomplir selon la sainteté.

Un bon chrétien et une épouse désobéissante, un homme pieux et un serviteur infidèle ou un enfant indiscipliné : voilà une contradiction insoluble. Celui qui ne vit pas droit dans sa maison n'est qu'un hypocrite à l'église. Celui qui n'est pas chrétien dans sa boutique ne l'est pas non plus dans sa chambre, même s'il prie à genoux.

Si la piété est touchée à un endroit, elle l'est partout. Si elle décline d'un côté, elle ne peut prospérer de l'autre. Tous ceux qui échouent en matière de religion ne le font pas de la même manière. Il en va de même pour notre vie naturelle : certains, observe-t-on, meurent en montant, d'autres en descendant. Chez l'un, ce sont les extrémités, les pieds, qui sont les premières touchées, et ainsi la maladie remonte jusqu'aux jambes, pour finalement s'emparer des organes vitaux ; chez l'autre, ce sont les parties supérieures qui sont atteintes en premier.

Ainsi, en matière de profession, certains présentent d'abord un déclin dans la négligence de leurs devoirs liés à leur vocation particulière et à leurs obligations envers autrui, de par leur position et leur lien de parenté, bien qu'ils puissent paraître très zélés et fervents dans leurs devoirs religieux, notamment dans l'écoute des rites et la prière. D'autres, en revanche, faiblissent d'abord dans ces domaines, tout en paraissant très rigoureux dans les autres.

Ces deux attitudes sont également destructrices pour l'âme ; elles convergent dans la ruine de la puissance de la piété. Celui qui se tient en ordre est conscient de tous les devoirs qui lui incombent envers Dieu ou envers les hommes.

Troisièmement, pour rester en ordre, il est nécessaire de respecter les limites de notre place et de notre vocation. Il fut ordonné à chaque Israélite de camper et "de se placer près de son étendard" (Nombres 2:2). La Septante traduit par "en ordre". Dieu ne tolère aucun retardataire dans son armée de saints. "Que chacun marche comme le Seigneur l’a appelé" (1 Corinthiens 7:17). Notre marche doit suivre le chemin tracé par notre vocation.

Il nous est donc commandé à chacun de "s’occuper de ses propres affaires" (1 Thessaloniciens 4:11). Ce qui relève du commandant dans l’armée n’est pas celui du simple soldat ; ce qui relève du magistrat n’est pas celui de ses sujets ; ce qui relève du ministre n’est pas celui du peuple. Ce qui est justice chez le dirigeant est meurtre chez un autre. Ce sont nos propres affaires, celles qui relèvent de notre vocation générale ou particulière. En dehors de celles-ci, nous sommes hors de notre champ d'action.

Oh ! quel monde paisible nous aurions si chaque chose et chaque personne connaissait sa place ! Si la mer gardait sa place, nous n'aurions point d'inondations ; si les hommes avaient la leur, nous n'aurions vu ni de tels flots de péché, ni de telles misères, dont cette époque malheureuse a presque été submergée. Mais il faut une rive sacrément solide pour contenir nos esprits fluctuants selon nos propres règles. Pierre lui-même fut sévèrement réprimandé pour s'être mêlé, par curiosité, de ce qui ne le regardait pas. "Qu'y a-t-il entre toi et moi?" (Jean 21:22). Comme si le Christ avait dit : "Pierre, mêle-toi de tes affaires, cela ne te concerne pas."

Cette réprimande cinglante, dit-on, aurait bien pu inciter Pierre à condamner si sévèrement ce péché, à le stigmatiser avec une telle véhémence, comme on peut le lire en 1 Pierre 4:15, où il place l’insidieux parmi les meurtriers et les voleurs.

Pour remettre chacun à sa place et tous les persuader de s’y tenir en ordre, ces cinq considérations, me semble-t-il, peuvent avoir un certain poids, surtout pour ceux à qui la Parole de Dieu, dans l’Écriture, fait encore autorité pour guider et orienter leurs pensées.

Cinq arguments pour persuader tout le monde de tenir ferme.

1. Ce que vous faites en dehors de votre rôle n'est pas acceptable à Dieu, car vous ne pouvez le faire par « foi », sans laquelle « il est impossible de plaire à Dieu » ; et cela ne peut être fait par la foi, car vous n'avez pas d'appel. Dieu ne vous remerciera pas de faire ce qu'il ne vous a pas demandé. Peut-être avez-vous de bonnes intentions. 

Uzza avait fait de même en retenant l'arche, et pourtant Dieu n'apprécia pas son zèle (voir 2 Samuel 6:7). Saül lui-même aurait pu raconter une belle histoire de son sacrifice, mais cela ne lui servit pas. Il nous importe non seulement de nous interroger sur ce que nous faisons, mais aussi sur qui nous le demande. Assurément, Dieu finira par nous poser cette question, et nous en serons responsables si nous ne pouvons justifier notre mission. Nous négligerons nécessairement notre devoir tant que nous nous occuperons de ce qui n'en est pas un.

L'épouse le confesse : "Ils m'ont confié la garde des vignes, mais je n'ai pas gardé ma propre vigne " (Cantique des Cantiques 1:6). Elle ne pouvait s'occuper à la fois de leurs vignes et des siennes ; notre propre fer se refroidit pendant que nous martelons celui d'autrui. Et cela ne peut que déplaire à Dieu : abandonner l'œuvre qu'il nous confie pour faire ce qu'il n'a jamais commandé. Lorsqu'un professeur réprimande un élève absentéiste qui a manqué plusieurs jours d'école, serait-il judicieux pour ce dernier de prétendre avoir passé tout ce temps dans l'atelier de son maître, à travailler avec ses outils ? Non, il est clair que son rôle était à l'école, et non dans cet atelier.

2. En nous éloignant de notre place et de notre vocation, nous nous éloignons de la protection de Dieu.

La promesse est qu’il "nous gardera dans toutes nos voies" (Psaume 91:11). Lorsque nous nous égarons, nous nous éloignons de sa protection. Nous avons un excellent précepte à ce sujet : "Que chacun demeure avec Dieu là où il est appelé" (1 Corinthiens 7:24). Notez bien cette expression : demeurer avec Dieu. Puisque nous aimons marcher en compagnie de Dieu, nous devons demeurer à notre place et accomplir notre vocation. Tout pas en dehors de cela nous éloigne de Dieu ; et mieux vaut rester chez soi, dans un lieu humble et une humble fonction, où nous pouvons goûter à la douce présence de Dieu, que d’aller à la cour et y vivre sans lui.

Vous avez probablement entendu parler de ce saint évêque qui, en voyage, entra dans une auberge et, après avoir discuté avec l’aubergiste, l’ayant trouvé athée, ou très athée, il demanda aussitôt à son serviteur de lui apporter son cheval, déclarant qu’il ne logerait pas là, car Dieu n’était pas en ce lieu. En vérité, lorsque tu te trouves en un lieu ou que tu t'adonnes à une tâche pour laquelle tu n'es pas appelé, nous pouvons affirmer sans risque que Dieu n'est pas présent dans ce lieu ni dans cette entreprise. Et quelle audace que de rester là où l'on ne peut compter sur sa présence pour nous aider ou nous protéger !

"Tel un oiseau qui s’égare loin de son nid, ainsi est l’homme qui s’égare loin de son foyer" (Proverbes 27:8). Dieu veille tout particulièrement à ce que l’oiseau couvant ses œufs dans son nid ne soit pas blessé (Deutéronome 22:6), mais nous ne trouvons rien pour le protéger si il se trouve à l’extérieur. En accomplissant notre devoir, nous avons la parole du ciel pour notre sécurité ; mais à nos risques et périls si nous nous égarons. Alors, nous sommes comme Shimeï hors de son enceinte, et nous nous exposons à un jugement quelconque. Il est tout aussi dangereux de faire ce à quoi nous ne sommes pas appelés, et de négliger ou d’omettre d’accomplir notre devoir.

De même que la terre ne put supporter l'usurpation par Coré et sa suite de ce qui ne leur appartenait pas, mais les engloutit, de même la mer ne put que témoigner contre Jonas, le prophète fugitif, dédaignant d'emporter celui qui avait fui le lieu et la mission auxquels Dieu l'avait appelé. Bien plus, le ciel lui-même ne voulut abriter les anges, lorsqu'ils eurent quitté la place et la fonction que leur Créateur leur avait assignées ; c'est ainsi que je comprends comme très probable l'interprétation de ces mots "quittèrent leur demeure", Jude 6.

La ruine de nombreuses âmes les frappe à cette porte. D'abord, elles rompent les rangs, puis elles sont entraînées plus loin dans la tentation. Absalom, le premier, regarde par-dessus la haie, animé par ses pensées ambitieuses. Il rêvait d'être roi, et ce désir vagabond, qui le poussait à s'aventurer au-delà de sa place, l'amena à commettre ces péchés sanglants : rébellion, inceste et meurtre. Ces actes le préparèrent à la vengeance divine et, finalement, le livrèrent entre ses mains.

L'apôtre associe l'ordre et la constance : "Je suis avec vous en esprit, me réjouissant de votre ordre et de la fermeté de votre foi" (Colossiens 2:5). Si une armée se tient en ordre serré, chacun à sa place, accomplissant son devoir et satisfait de sa tâche, elle est en quelque sorte imprenable. Comment expliquer que tant de personnes, de nos jours, aient failli à leur constance, sinon en rompant l'ordre ?

3. On ne nous reprochera jamais de ne pas avoir fait le travail d'autrui. "Rends compte de ta gestion", Luc 16:2, c'est-à-dire de ce qui t'a été confié par ta fonction. Il se peut en effet que nous soyons complices du péché et de l'échec d'autrui.

"Ne vous associez pas à eux", dit l'apôtre, Éphésiens 5:7. Il existe une forme de complicité, même si nous n'y prenons pas garde, avec les péchés d'autrui, et c'est pourquoi nous pouvons tous dire "Amen" à la prière de cet homme saint : "Seigneur, pardonne-moi mes autres péchés." Les marchands peuvent faire commerce de biens qui ne leur appartiennent pas, et nous pouvons pécher avec les mains d'autrui de bien des manières ; et l'une d'elles, en particulier, est lorsque nous n'apportons pas à notre frère l'aide qu'exigent notre travail et notre devoir.

Mais ce n’est pas un péché de ne pas pallier la négligence d’autrui en accomplissant ce qui ne relève pas de notre fonction. Nous devons prier pour que les magistrats gouvernent dans la crainte de Dieu ; mais s’ils ne le font pas, nous ne devons pas monter sur le banc et accomplir leur tâche. Dieu n’exige rien de plus que la fidélité. Nous ne blâmons pas un pommier chargé de pommes (fruit naturel de son espèce) même si nous n’y trouvons ni figues ni raisins. Nous n’attendons ces fruits que de leurs racines et de leurs souches respectives. Il est un arbre fertile dans le verger de Dieu, qui "donne son fruit en sa saison" (Psaume 1, 3).

4. Il y a peu de réconfort à souffrir pour avoir fait ce qui n'était pas notre devoir ni notre vocation. Avant de nous lancer dans une entreprise, il nous incombe de nous interroger sérieusement sur les risques encourus, au cas où une tempête nous surprendrait en cours de route. C'est une folie de s'engager dans une entreprise vouée à l'échec, et d'assumer la responsabilité de toutes les pertes et difficultés qu'elle peut engendrer. Or, aucune consolation ni aucun soutien de Dieu ne peuvent être attendus de la souffrance, à moins que nous ne puissions justifier sa responsabilité dans l'affaire pour laquelle nous souffrons. "C'est à cause de toi que nous sommes tués tout le jour", dit l'Église (Psaume 44:22).

Mais si la souffrance nous surprend loin de notre vocation et de notre place, nous ne pouvons dire : "C’est pour toi que nous sommes ainsi affligés", mais "à cause de nous-mêmes". Et vous connaissez le proverbe : "Qui s’occupe de soi-même obtient ce qu’il veut." L’apôtre fait une grande différence entre souffrir "en tant que personne pécheresse" et souffrir "en tant que chrétien" (1 Pierre 4:15-16). C’est à ce dernier qu’il dit : "Qu’il n’en ait pas honte, mais qu’il glorifie Dieu à ce sujet."

Quant à celui qui se mêle de tout, il s'associe aux voleurs et aux meurtriers, et ceux-ci, à mon avis, ont de quoi avoir honte et peur. Le charpentier qui se blesse à la jambe avec sa hache, en exerçant son métier, le supportera avec plus de patience et de sérénité que celui qui s'amuse à manipuler ses outils sans raison particulière, sans se soucier de son travail. Lorsque l'affliction ou la persécution frappe le chrétien qui suit le chemin que Dieu lui a tracé, il peut montrer la Bible, comme l'a fait ce saint homme souffrant pour le Christ, et dire : "Ceci m'a appauvri, ceci m'a conduit en prison", c'est-à-dire, en faisant référence à sa foi dans les vérités bibliques et à son obéissance aux commandements qu'elle contient ; et peut donc s'attendre avec confiance à souffrir pour la gloire de Dieu, comme le soldat s'attend à être entretenu par le prince au service duquel il a perdu ses membres.

Mais celui qui s'éloigne de sa place et endure des souffrances, doit, pour couronner le tout, ne rien attendre de Dieu que de sévères réprimandes pour ses peines, comme l'enfant qui se blesse en vadrouille et qui, rentrant le soir le visage tuméfié, reçoit en prime une correction de son père pour avoir manqué à la maison. Ceci pesait lourdement sur l'esprit de ce savant allemand, Johannis Funccius, qui, ministre de l'Évangile à la cour de son prince, devint ministre d'État et fut finalement condamné à mort pour quelque mauvais conseil, du moins selon la justice. Avant son exécution, il déplora amèrement d'avoir abandonné sa vocation et, pour avertir les autres, laissa ce conseil : "Pour garder ta place et ta vocation, apprends de moi ; fuis comme la peste tout intrus."

5. C'est un esprit instable qui, généralement, éloigne les hommes de leur place et de leur vocation. J'admets qu'il existe un élan héroïque, une impulsion que certains serviteurs de Dieu ont reçue du ciel, les poussant à accomplir des choses extraordinaires, comme nous le lisons dans l'Écriture à propos de Moïse, Gédéon, Phinéas et d'autres. Mais il est dangereux de prétendre à une telle chose, et illicite d'attendre de telles missions immédiates du ciel maintenant, puisqu'il les dispense de manière plus ordinaire et en donne les règles dans sa Parole.

Autant s'attendre à être instruits de façon extraordinaire, sans utiliser les moyens ordinaires, que d'être appelés ainsi. Lorsque je verrai des personnes dotées de dons miraculeux, comme les prophètes et les apôtres, alors je penserai que l'appel immédiat auquel ils prétendent être est authentique. Certes, nous trouvons dans la Parole que l'appel extraordinaire et l'enseignement extraordinaire vont de pair. Voyons donc en quoi consiste cet esprit instable qui éloigne tant de personnes de leur place et de leur vocation. Il n'est pas toujours le même.

A) Parfois, c'est l'oisiveté qui est en cause. Les hommes négligent leurs devoirs et se laissent facilement entraîner à se mêler de ce qui ne les regarde pas. L'apôtre le dit clairement : "Elles apprennent à être oisives, à errer de maison en maison ; et non seulement oisives, mais aussi bavardes et indiscrètes" (1 Timothée 5:13). L'oisif est un parasite. Il a le pied sur le seuil, facilement attiré hors de son propre domaine, et aussitôt dans celui d'autrui. Il a tout le loisir d'écouter les bavardages du diable. Celui qui refuse de servir Dieu, le diable, plutôt que de le voir se faire remarquer, l'enverra accomplir sa mission et le poussera à semer la discorde dans le champ d'autrui.

B) C'est l'orgueil et le mécontentement qui poussent les gens à s'écarter de leur place. Certains hommes en sont profondément malheureux. Leur esprit est trop grand et arrogant pour la place que Dieu leur a assignée. Leur vocation est peut-être humble et basse, mais leur esprit est hautain et démesuré, et au lieu de s'efforcer d'amener leur cœur à la hauteur de leur condition, ils projettent sur la manière dont ils peuvent amener leur condition à la hauteur de leur orgueil. Ils se croient très malheureux, enfermés dans de telles limites. En vérité, le monde entier est un chemin trop étroit pour un cœur orgueilleux, il se débat malheureux dans les frontières étroites du monde.

Le monde n'offrait qu'un peu de répit à Alexandre. Devraient-ils se cacher dans la foule, se réfugier dans un coin obscur et mourir avant d'avoir révélé leur valeur au monde ? Non, ils ne pouvaient l'accepter et devaient donc monter sur scène et se mettre en avant d'une manière ou d'une autre. Ce n'était pas le travail du prêtre que Coré et ses complices admiraient tant, mais l'honneur qui y était attaché. Ils désiraient en bénéficier et ne voulaient pas que d'autres s'en emparent. Ce n'était pas non plus le zèle d'Absalom pour rendre justice qui le faisait tant convoiter la couronne de son père, même si cela devait masquer son ambition. Ces lieux d'Église et d'État sont de si belles fleurs que les esprits orgueilleux, de tous les temps, ont ambitionné de les avoir dans leur propre jardin, bien qu'elles ne prospèrent jamais aussi bien que dans leur terre d'origine.

C) En troisième lieu, il y a l'incrédulité. C'est ce qui poussa Uzza à étendre imprudemment la main pour retenir l'arche qui tremblait ; or, n'étant qu'un Lévite, il ne devait pas y toucher (voir Nombres 4:15). Hélas ! homme de bien, c'est sa foi qui trembla plus dangereusement encore que l'arche. Craignant sa chute, il tomba lui-même à terre. Dieu n'a pas besoin de notre péché pour glorifier sa vérité ni son Église.

D) Chez certains, il s'agit d'un zèle mal informé. Beaucoup pensent pouvoir faire quelque chose simplement parce qu'ils en sont capables. Ils peuvent prêcher, donc ils pensent devoir le faire. D'où leur viennent ces dons, sinon ? Certes, les dons des saints ne doivent pas être perdus, aucun d'entre eux, même s'ils ne sont pas mis au service du ministère. Le chrétien, dans sa vie privée, dispose d'un vaste champ d'action où il peut servir ses frères. Il n'a pas besoin de franchir la haie que Dieu a érigée et d'en causer ainsi le désordre dont nous constatons les conséquences.

Nous lisons dans la loi juive, Exode 22, que celui qui met le feu à une haie et que ce feu brûle le blé qui pousse dans un champ, doit réparer le tort causé, même s'il n'a fait qu'incendier la haie; peut-être sans intention de nuire au blé, et la raison en est que son acte d'incendie a provoqué la combustion du blé, bien qu'il ne l'ait pas voulu.

Je n'ose affirmer que chaque chrétien qui, de nos jours, a assumé la charge de pasteur, a eu l'intention de provoquer au sein de l'Église un tel chaos, tel qu'il a sévi et sévit encore parmi nous. Dieu m'en préserve ! Mais oh ! si seulement je pouvais les disculper de toute complicité ! Car ils ont brûlé la haie que Dieu a dressée entre la vocation du ministre et le peuple. Si nous reconnaissons le ministère comme une fonction particulière dans l'Église du Christ (et je crois que la Parole nous y enjoint), alors nous devons aussi confesser que ce n'est l'œuvre de personne, aussi capable soit-elle, si personne n'est appelé à cette fonction.

Nombreux sont ceux qui, dans un royaume, pourraient accomplir la mission du prince, tout comme son ambassadeur, mais nul ne prend sa place sans avoir été envoyé et sans avoir présenté ses lettres de créance. Ceux qui ne sont ni envoyés ni mandatés par l'appel de Dieu pour le ministère peuvent dire la vérité aussi bien que ceux qui le sont, mais celui qui agit en vertu de sa vocation prêche avec autorité, contrairement à ceux qui ne peuvent présenter aucune mission, mais dont l'autorité repose sur leur propre opinion de leurs capacités. 

Aimes-tu le travail de pasteur ? Pourquoi ne désirerais-tu pas cette charge, afin de l’accomplir dignement ? Tu te crois doué pour cette tâche, mais l’Église ne serait-elle pas mieux placée que toi pour en juger ? Et si ceux qui sont chargés de t’évaluer te trouvaient doué, qui ne t’accueillerait pas comme un membre actif de l’Église ? Les ouvriers ne sont pas si nombreux dans le champ du Christ, et ton aide, si elle est compétente, serait la bienvenue. Mais ta conduite actuelle suscite la suspicion chez les chrétiens sérieux, comme le ferait à juste titre celui qui arrive sur le champ de bataille où son prince a une armée, prétendant venir servir ton souverain contre l’ennemi commun, et qui pourtant se tient seul à la tête d’une troupe qu’il a rassemblée, refusant toute commission des officiers de son prince ou de se joindre à eux. Je me demande si le service qu'un tel individu peut rendre (s'il est sincère, ce qui est à craindre) serait aussi bénéfique que la distraction que sa conduite pourrait causer dans l'armée serait nuisible.

dimanche 13 août 2023

L'Alpha et l'Oméga

Je suis l'Alpha et l'Oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin (Apocalypse 22:13).


Le Seigneur Jésus nous indique ici qu'Il est "le commencement et la fin". Jean 1:1-3 nous dit "qu'au commencement était la Parole, elle était avec Dieu, et la parole était Dieu. Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans elle". C'est Jésus qui donne la vie. Il est la source de tout ce qui est bien dans le monde et en nous. Et s'Il a le pouvoir de créer, Il a le pouvoir sur Sa création. Il doit donc être Celui qui règne. Il donne la vie, Il dirige, et par la puissance du Saint-Esprit, nous ressusciteront des morts avec Lui. C'est pourquoi en Apocalypse 1:18, il est dit de Lui: " Je tiens les clefs de la mort et du séjour des morts". En 1 Samuel 2:6, Anne dira: "L'Éternel fait mourir et il fait vivre. Il fait descendre au séjour des morts et il en fait remonter". Romains 6:9: "Christ ressuscité des morts ne meurt plus; la mort n'a plus de pouvoir sur lui". Et Colossiens 2:13 nous dit: "Vous qui étiez morts par vos offenses (...), il vous a rendu à la vie avec lui, par la foi en la puissance de Dieu, qui l'a ressuscité des morts".

Ceci nous amène une question: Jésus-est-Il l'Alpha, le premier dans ma vie? Est-Il Celui qui m'a donné la vie en me libérant de l'esclavage du péché et de la mort? Ou suis-je quelqu'un prétendant seulement être né de nouveau mais vivant encore selon la chair et ses désirs? Pour le vrai chrétien, c'est réconfortant de savoir que Jésus est l'Alpha et l'Oméga, car il peut se reposer sur Lui en toutes choses, sachant que Jésus a les clés de sa vie également, et ce, du début à la fin. Mais le fait est que, si je suis réellement né de nouveau, je porterai les fruits de l'Esprit, et non pas ceux de la chair, qui lui est totalement opposé, et qui ne peut pas se soumettre à Dieu (Romains 8:5-7; Galates 5:17). 

Dans les cercles chrétiens modernes, il est courant de prétendre être "né de nouveau", mais lorsque vous regardez les fruits que portent ces gens, vous savez que c'est faux. Ils vivent comme bon leur semble, ils convoitent la femme de leur prochain, ils ne s'imposent aucune limite, car ils prétendent "être libres en Christ". En d'autres mots, ils sont leur propre "alpha et oméga". Ils ont pour commencement leur chair, et ils auront pour fin la perdition éternelle. La liberté que Christ nous donne n'est pas une liberté pour pécher volontairement. La liberté qu'Il nous donne en est justement une où le péché n'a plus l'emprise qu'il avait jadis sur nous! 

Ne nous trompons pas nous-mêmes! En tant que chrétiens nés de nouveau, notre "moi" n'est plus exalté ou satisfait, mais Christ seul est exalté dans notre vie et Son nom seul est élevé. Nous le servons avec joie, parce que nous l'aimons, Il a la première place dans nos vies. Le Royaume de Dieu ne tourne pas autour de nous, mais de Christ. C'est Lui qui a accompli les plans de Dieu pour nous racheter de nos péchés; c'est Lui qui a accompli les prophéties, c'est Lui, Lui, qui a tout fait, c'est encore Lui qui est notre avocat auprès du Père (1 Jean 2:1), Lui dont le sang par lequel Il nous a racheté plaide encore pour nous, pauvres pécheurs, lorsque nous venons dans la repentance vers le trône de la grâce. C'est par notre Seigneur Jésus que tout a commencé, et c'est par Lui que viendra la fin. 

Quelqu'un a dit: "Être sauvé, c'est être sauvé par Christ. Être pardonné veut dire avoir été pardonné par Christ. Avoir de l'espérance, c'est avoir de l'espérance en Christ. Être chrétiens veut dire être en Christ. Bref, pour le chrétien, Christ est sa vie".  Et cela est confirmé par Paul en Philippiens 1:21, lorsqu'il dit: "Christ est ma vie". Tout le reste était secondaire pour lui, la mort même lui était personnellement préférable à la vie, puisqu'il irait retrouver Son Sauveur. 

Christ est ma vie. Cela signifie que je ne vie plus selon la chair, mais selon l'Esprit qu'Il a placé en moi, si du moins je Lui appartient. Je vie donc pour l'imiter et me rapprocher de Lui, et avec l'aide de l'Esprit, devenir semblable à Lui, bien que toujours faible et imparfait.    

Chrétiens! Les temps sont courts! Ce n'est plus le temps de jouer à la religion! Vivons donc d'une manière digne du nom de Jésus, une vie qui exalte notre Sauveur bien-aimé. L'hypocrisie et les faire-semblants ne seront d'un secours pour personne au jour du jugement, où tous paraîtront devant le trône de gloire. Comme l'apôtre Paul, nous devons pouvoir dire: "Christ est ma vie". Mon seul désir ici-bas est donc de le glorifier, en paroles et en actions, Le servir et Lui obéir, parce que j'aime Sa parole et Ses commandements; j'aime Sa volonté, même si elle n'est pas toujours alignée sur la mienne, parce qu'elle rend gloire à mon Dieu et que, ultimement, elle est pour mon bien. Que notre vie prouve que Jésus est l'Alpha et l'Oméga dans notre vie, lui qui a la primauté sur toutes choses, qui est la perfection et qui est de toute éternité.

Que toute la gloire soit rendue à Dieu seul, Amen!  

dimanche 9 juillet 2023

Jésus lave les pieds de ses disciples

Imaginez marcher sur les routes poussiéreuses de Jérusalem en sandales; la quantité de saleté sur les pieds serait énorme. En entrant dans une maison en tant qu'invité, des pieds propres étaient aussi importants que des mains propres. C'était une pratique ancienne courante de donner de l'eau pour laver les pieds, ou un bas serviteur lavait les pieds d'un invité. En ces temps-là, les gens s'allongeaient généralement sur le côté pour manger, exposant leurs pieds les uns aux autres. Des pieds propres étaient une nécessité.

De plus, pour entrer dans un lieu saint, soit gréco-romain, soit dans le temple juif, il fallait se laver les pieds. L'historien juif du premier siècle Philon (15 av. J.-C.-50 apr. J.-C.) dit : "Il ne faut pas entrer les pieds non lavés sur le trottoir du temple de Dieu. Le lavage des mains et des pieds est le symbole d'une vie irréprochable, d'années de propreté employées dans des actions louables.

Au souper de la Pâque, les disciples se disputaient sur leur sujet préféré : Qui serait le plus grand dans le Royaume des cieux. Jésus, dans l'ironie de toutes les ironies, leur ferme complètement la bouche en lavant les pieds des disciples. C'est le Messie, la Parole Vivante, le Fils de Dieu, faisant l'acte du plus humble des serviteurs inférieurs. Jésus leur dit alors pourquoi il avait fait cela : "Si donc moi, votre Seigneur et Maître, je vous ai lavé les pieds, vous devez aussi vous laver les pieds les uns aux autres. Car je vous ai donné un exemple, afin que vous fassiez aussi comme je vous ai fait".

Le bibliste John J. Pilch donne un aperçu historique, ce qui peut expliquer pourquoi Jésus a ressenti le besoin d'enseigner cette leçon au milieu de l'argumentation des disciples. Il a déclaré : "Aux temps bibliques, les gens considéraient les mains et les pieds comme une zone du corps humain symbolisant l'activité humaine. Se laver les pieds (ou les mains) revient à laver les actes offensants accomplis par ces membres; c'est le pardon. Lorsque Jésus les exhorte à répéter cette action, il ne les exhorte pas à se laver les pieds mais plutôt à se pardonner comme il leur pardonne. Le résultat final d'un tel pardon mutuel, bien sûr, est une plus grande cohésion et solidarité de groupe. En fait, c'est ce que Jésus construit ici".

Le réformateur Martin Luther disait :
"Le Christ désire que nous apprenions de cet événement à nous humilier, et non à abuser de notre position et de notre pouvoir par insolence et arrogance envers nos semblables, mais à les aider et à les servir avec nos moyens autant que nous le pouvons, même si Lui-même, le Seigneur de gloire, est devenu humble et de basse condition, se faisant même le serviteur de ses disciples". Jésus lui-même explique la signification du lavement des pieds lorsqu'il dit : "Savez-vous ce que j'ai fait pour vous ? Vous m'appelez Maître et Seigneur, et à juste titre, parce que je le suis. Si donc moi, votre Seigneur et Maître, je vous ai lavé les pieds, vous devez aussi vous laver les pieds les uns les autres. Je vous ai donné un exemple pour que vous fassiez comme j'ai fait pour vous. En vérité, en vérité, je vous le dis, aucun serviteur n'est plus grand que son maître, ni un messager plus grand que celui qui l'a envoyé. Si vous savez ces choses, vous serez bénis si vous les faites". 

Nous voyons ici ce que signifie vraiment ce lavement des pieds, et que cette histoire nous est racontée afin que nous puissions imiter ses préceptes avec soin et diligence.

Auteur inconnu

dimanche 25 décembre 2022

Un travail à accomplir

"Ainsi parle l’Éternel des armées: Ce peuple dit: Le temps n’est pas venu, le temps de rebâtir la maison de l’Éternel" (Aggée 1:2).

"Maintenant, fortifie-toi... Et travaillez, car je suis avec vous, dit l'Éternel des armées" (Aggée 2:4).

Ce problème est récurrent; le temps de construire est là, mais le peuple de Dieu dort, ou, du moins, n'est pas suffisamment en alerte. La parole a été semée, mais nous ne la laissons pas agir en nos cœurs, par paresse, ou par les distractions que cette vie présente place devant nous. 

Il faut être sincèrement au service du Seigneur. Il n'est pas question de vivre dans une relation tiède avec le Créateur de toutes choses, Celui qui a donné Sa vie pour nous à la croix du calvaire. "Je fais de mon mieux" est la réponse toute prête de ceux qui se plaisent à considérer Dieu comme leur pourvoyeur de biens temporels, mais qui ne se soucient pas de Sa volonté. Il est plus que temps que le peuple de Dieu sorte de son sommeil spirituel et se mette au service de Dieu. La moisson est grande, mais il y a peu d'ouvriers (Matthieu 9:37). 

Nous voyons dans nos versets d'origine que Dieu attendait quelque chose de Son peuple: qu'il construise le temple. Dieu leur disait: "Je suis avec vous". Mais ils n'en faisaient qu'à leur tête. Le peuple disait: "Oh, le temps n'est pas encore venu". Ils avaient autre chose à faire. Ils étaient trop occupés. C'est ce qu'on appelle l'indifférence. Ils étaient bien comme ils étaient. La présence de Dieu, oui, mais pas trop. Plus de Lui n'était pas une nécessité. Ils avaient besoin de tout leur temps pour les affaires du monde. Cet état d'esprit s'est poursuivi jusqu'au moment où le Messie promit est venu, dans l'indifférence la plus complète; le peuple ne l'ayant pas reconnu. Le malheur est que beaucoup sont comme cela aujourd'hui. Nous n'avons rien appris. 

Mais le fait demeure que Dieu les encourageait à travailler à la construction du Temple, car Il voulait les bénir. La Bible nous exhorte à "travailler à notre salut avec crainte et tremblement" (Philippiens 2:12). Nous n'avons pas idée le nombre de bénédictions que Dieu a en réserve pour nous, si seulement nous voulions nous lever et nous mettre avec obéissance à Son service. Lorsque nous lisons ces chapitres en Aggée, nous voyons que Dieu châtiait leur désobéissance, mais Sa fidélité ne se démentait pas. En Aggée 2:9, Il dira: "La gloire de cette dernière maison sera plus grande que la première". Cette même gloire, Il veut la faire resplendir en nous, dans Son peuple des temps de la fin, par la présence de Jésus en nous, le Saint-Esprit nous guidant dans toute la vérité; nous n'aurons jamais rien à faire par nos propres forces, mais Dieu nous fournira la capacité et les moyens de nous conformer à Sa volonté. 

Alors que les distractions sont grandes dans cette période de Noël, n'oublions pas d'où nous avons été tirés par la grâce de Dieu, et allons de l'avant, ne nous lassant pas de chercher Sa présence en tout ce que nous faisons. La grâce de Dieu a été manifestée envers nous, pauvres pécheurs, il est ensuite de notre devoir de nous employer aux œuvres qui accompagnent ceux qui ont cru, qui ont été lavés de leurs péchés et qui ont été régénérés par le sang de Jésus pour mener une vie pure et sainte. Nous savons que ces œuvres ne sauvent pas, pas plus qu'elles ne sauvèrent le peuple qui bâtit le temple, mais c'est l'obéissance qui plaît à Dieu, Lui qui a préparé d'avance des œuvres pour nous afin que nous les pratiquions. Pour Sa gloire. Par Sa gloire. 

Gloire à Dieu, les croyants n'ont plus peur de la mort ni de l'enfer; la seule crainte qui nous habite désormais, c'est de déplaire à ce Dieu qui nous a tant aimé qu'Il a souffert la croix avec Son Fils pour Se réconcilier avec nous et nous donner l'espérance de la vie éternelle. Et Dieu, qui place en nous le vouloir et le faire (Philippiens 2:13), rendra nos cœurs malléables à Sa volonté, ne cherchant plus une vaine gloire, mais, remplis d'humilité, sous l'influence du Saint-Esprit, assoiffés de justice et de salut, nous poursuivront notre marche chrétienne avec joie et assurance, remplis de Sa volonté, nous travaillerons pour la gloire de Dieu. 

Lorsque Dieu est avec nous, et que nous Le servons, peu importe nos circonstances, la paix est aussi en nous.

Que toute la gloire soit rendue à Dieu seul, Amen. 

dimanche 11 septembre 2022

L'Éternel notre justice, par Chales H. Spurgeon

L'Éternel notre justice (Jérémie 23:6).

Cela produit toujours chez le chrétien le plus grand calme, la tranquillité, le bien-être et la paix, que de penser à la justice parfaite de Christ. Que de fois les saints de Dieu sont abattus et tristes! Je ne pense pas qu’il devrait en être ainsi chez eux. Je ne pense pas qu’ils le seraient s’ils pouvaient toujours voir leur perfection en Christ. Certains sont toujours à parler de la corruption et de la perversité du cœur, et de la méchanceté innée de l’âme. C’est tout à fait vrai, mais pourquoi ne pas aller un peu plus loin, et se souvenir que nous sommes parfaits en Jésus-Christ. Ce n’est pas étonnant que ceux qui demeurent sur la vision de leur propre corruption soient en train d’afficher un tel spectacle d’abattement.
   
Mais si nous nous rappelons que Christ est fait pour nous justice, nous serons de bonne humeur. Qu’importe que la détresse m’afflige, ou que Satan m’assaille, qu’importe qu’il y ait encore bien des choses à expérimenter avant d’être au Ciel, toutes ont été faites pour moi dans l’alliance de la grâce divine. Rien ne manque dans mon Seigneur. Christ a tout fait. Sur la croix il a dit: Tout est accompli! 

Et si tout est accompli, alors je suis parfait en lui, et je peux me réjouir d’une joie ineffable et glorieuse! Non avec ma justice, celle qui vient de la loi, mais avec celle qui s’obtient par la foi en Christ, la justice qui vient de Dieu par la foi. Vous ne trouverez pas de ce côté du ciel un peuple plus saint que celui dont les membres ont reçu dans leurs cœurs la doctrine de la justification par la foi en Christ. Quand le croyant déclare: Je vis par Christ seul, je me repose uniquement sur lui par le salut, et je crois que, malgré mon indignité je suis pourtant sauvé en Jésus, alors s’élève de mon cœur un motif de gratitude, cette pensée qui me pousse à dire: Ne vivrais-je pas pour Christ? Ne l’aimerais-je pas, et ne le servirais-je pas sachant que je suis sauvé par ses mérites? 

L’amour de Christ nous contraints, afin que ceux qui vivent ne devraient par conséquent plus vivre pour eux-mêmes mais pour celui qui est mort pour eux. Si donc sauvés parce que la justice nous est imputée, nous évaluerons ou considérerons largement ce que la justice nous enseigne.

Par Charles H. Spurgeon

samedi 20 novembre 2021

Une moisson mûre

Qu'ils sont beaux, sur les montagnes, les pieds de celui qui apporte de bonnes nouvelles, qui publie la paix! De celui qui apporte de bonnes nouvelles, qui publie le salut (Esaïe 52:7).


Jésus a dit qu'il y avait beaucoup d'appelés, mais peu d'élus (Matthieu 22:14). Tout le monde est invité au repas des noces de l'Agneau, mais bien peu s'y présentent. Alors que le monde entier semble frappé de berlue et est incapable de distinguer le bien du mal, notre cœur est brisé à la pensée que tant de gens se dirigent tout droit vers l'éternité sans s'y être adéquatement préparés. Nous ne voulons pas que le sacrifice de Jésus soit inutile pour les humains. Aussi nous demandons à Dieu, dans la prière et les supplications, de nous donner la force et le courage d'être des serviteurs fidèles, avec un témoignage inébranlable dans les temps difficile que nous vivons. Alors que l'amour du plus grand nombre se refroidit, nous voulons brûler du même amour de Jésus pour les perdus, Lui qui aurait même donné Sa vie si seulement une personne l'avait accepté. Nous avons cru à la vérité, et elle nous affranchi de tous liens du péché. Elle nous rend libre de servir Dieu avec joie tout au long de notre pèlerinage terrestre. 

La promesse d'entrer dans le repos du Seigneur subsiste encore (Hébreux 4:1); si cela n'était pas, Il serait déjà revenu! Au jours de Sa chair, Jésus a présenté avec de grands cris et des larmes des supplications au Père, et Il a été exaucé (Hébreux 5:7). L'Ancien et le Nouveau testament se rejoignent afin de nous exhorter à crier vers Dieu nous aussi, selon l'exemple laissé par Jésus. Prions afin qu'Il nous accorde de l'assurance et une pleine espérance, afin de n'être pas à peu près convaincus et de ne laisser aucune place au doute en nous. Prions afin d'être des porteurs de lumière; d'être le sel de la Terre, d'être ce sel qui ne perd pas sa saveur et que notre lumière ne s'éteigne point. Dieu appelle tous les croyants à être à Son service: l'un d'une manière, l'autre d'une autre manière. Soyons courageux! Et lorsque le courage diminuera, Dieu Lui-même interviendra afin de le renouveler. Il nous donnera d'être un exemple parfait en toute notre conduite. Un exemple d'amour afin que tous soient sauvés. Un exemple de pitié, comme Dieu a eu pitié de nous au temps de notre folie afin de nous sortir de la boue de nos péchés dans laquelle nous nous étions plongés. Que le Seigneur nous remplisse de zèle pour vivre dans Sa sainte volonté.    

Grand Dieu, nous voulons intercéder auprès de Ton autorité pour notre pays, pour notre monde. Ils sont tellement nombreux à ne pas connaître Ta parole, et plusieurs d'entre eux ont faim et soif d'entendre la vérité révélée par le Saint-Esprit. Seigneur de gloire, il est dit dans Ta parole qu'ils sont beaux les pieds de ceux qui annoncent la Bonne Nouvelle. Aide-nous, s'il te plaît, par Ton Esprit, à être de ceux qui proclament cette Bonne Nouvelle, en paroles et en actions. La moisson est mûre, mais les ouvriers sont trop peu nombreux. Père Éternel, ouvre les cœurs, prépare-les à recevoir Ta parole, tandis qu'ils sont amenés à son obéissance et à la soumission; à la vérité, Ta vérité. 

Envoie des serviteurs et des servantes remplis du Saint-Esprit, que nous soyons nous-mêmes de ceux qui portent la lumière jusqu'aux endroits les plus ténébreux, afin que tous la voient et que les forces du mal qui retiennent tant de captifs s'enfuient. Nous Te prions qu'en ces temps de moisson, une multitude se rassemble au pied de Ton autel afin de recevoir Ta vérité, toute la vérité. Tu n'as pas besoin d'aide, mais Tu veux nous faire participer à rassembler Ton peuple avant la grande révolte finale! Cela fait partie de notre héritage et est intégré à Ton plan de salut parfait. 

Merci grand Dieu, merci Jésus, merci puissant Saint-Esprit pour ce grand champ de travail qui se présente devant ceux qui croient et espèrent en Ton plan de salut. Crions-le intérieurement! Ô Dieu! Tu es grand! Tu es puissant, Dieu créateur des lumières célestes! Dans la splendeur de Ta gloire, Tu as façonné tout ce qui est visible et invisible, à partir d'une seule parole. Éternel Dieu vivant, nous croyons que Tu as tout pouvoir de Te soumettre toutes choses, non pas d'abord pour écraser, mais pour manifester Ta majesté. Merci parce que Tu n'as rien perdu de Ta puissance, car elle est encore à l'œuvre aujourd'hui. Merci Jésus d'être venu jusqu'à nous afin de nous apporter la miséricorde et l'amour du Père. Merci Jésus pour Ton sacrifice à la croix. Merci de nous avoir laissé Ton enseignement merveilleux, cette Parole de vie. Merci de ne pas nous avoir abandonné dans une vie de péché et de rébellion, mais de nous avoir libérés de tout ce qui est contraire à Ta volonté et à Ton plan de salut parfait. Merci de nous avoir laissé le Saint-Esprit, car il nous éclaire et nous aide à comprendre Ta parole et à la mettre en pratique. Merci mon Dieu de nous guider et de nous diriger par Ton Esprit saint. 

Jésus, toi l'héritier de la gloire céleste, Tu nous as permis d'être cohéritiers en Ton puissant nom. Fais de nous une multitude de serviteurs dévoués en qui l'égoïsme n'existe pas, selon qu'il est écrit "de ne pas nous complaire en nous-mêmes" (Romains 15:1). Père Éternel, Tu as remis tout pouvoir dans les mains de notre Seigneur Jésus-Christ afin que le règne de notre Sauveur soit parfait sur toute la Création. En ce jour, plus que jamais Seigneur, je suis rempli du désir de travailler en ton Royaume. 

Ô Dieu! Tu aimes entendre nos voix, lorsque nous Te rendons gloire, louange et honneur, mais aussi lorsque nous t'apportons nos supplications. C'est comme si Tu disais: Criez plus fort vers moi! Criez encore plus fort, je veux entendre vos voix! Et alors que nous sommes devant Toi, remplis de reconnaissance pour tout ce que Tu as fait pour nous, nous Te demandons de nous remplir de zèle et d'audace pour de proclamer Ton saint nom béni. Merci Esprit de sagesse et de vérité; ne nous laisse pas dire une seule parole que nous ne devons pas dire, ou accomplir une seule action contraire à la volonté du Père. Donne-nous le discernement de ce qui est bon, dans ce monde où chacun possède sa propre définition de ce qui est bien ou mal. Ne nous laisse pas être trompés ou nous tromper nous-mêmes, mais garde-nous attachés à Toi, tandis que nos cœurs soupirent après Toi comme la biche soupire après les courants d'eau. Père Éternel, nous Te supplions; protège-nous, rend nous vigilants et prudents, que Ta parole et Ta volonté s'accomplisse en nous, et que nous l'apportions fidèlement à nos frères et sœurs qui ne sont pas encore en sécurité dans Ta bergerie. 

Merci grand Dieu, merci Jésus, mon Sauveur et Rédempteur, roi de l'Univers et Seigneur de gloire. Merci précieux Saint-Esprit de la joie et de la paix du Père que Tu nous donnes, en toutes circonstances. Car les circonstances et les souffrances du temps présents sont peu de choses, lorsque nous avons un si grand salut en Jésus-Christ pour l'éternité, dans la joie ineffable de notre Dieu. 
Gloire te soit rendu, ô Dieu, dans le précieux nom de Jésus notre sauveur, Amen.  

samedi 19 décembre 2020

Son histoire

Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu (Jean 1:1).


Selon un plan établi d'avance, le Sauveur du monde devait d'abord venir comme un petit enfant, en toute humilité, dans une étable, ceci parce que les hommes n'avaient pas de place pour Lui. Nous pouvons imaginer le désarroi de Marie lorsque, d'un endroit à l'autre, les portes restaient fermées, ou si elles étaient ouvertes, c'était pour leur dire qu'il n'y avait pas de place pour eux. Les douleurs de l'enfantement atteignant leur paroxysme, Marie et Joseph avisèrent une étable et s'y installèrent. 

Inévitablement, la question qui se pose est celle-ci: serait-ce tellement différent si le Sauveur devait naître aujourd'hui plutôt qu'il y a deux mille ans? Y aurait-il plus de place pour Lui? Lorsque nous voyons l'hypocrisie et la haine qui dirige notre monde, nous pouvons penser que la situation ne serait guère différente. Malheureusement, la situation à l'intérieur même de l'église s'est dégradée à un point tel qu'il est de plus en plus difficile pour le Christ de l'appeler sa fiancée.

Une autre question surgit: y-a-t-il de la place pour le Christ dans ton cœur, présentement? Es tu trop accaparé par les choses du siècle présent pour penser à l'éternité? As-tu déjà tout prévu d'avance pour les prochaines années que tu passeras sur Terre au point que le Seigneur ne peut plus y inscrire Son histoire? C'est justement pour sauver un monde froid, égoïste et vide que Jésus est venu. Ne l'oublions pas. Alors, ne faisons pas comme si nous pouvions nous passer de Lui. 

C'est connu, nous avons tous besoin d'un refuge au temps de la détresse. Mais le Seigneur Jésus est plus que cela. Il n'est pas seulement un refuge lorsque tout va mal ou que les choses ne vont pas comme nous le voudrions. Dans un monde où tout tourne autour du "moi", les gens ont tendance à trop souvent considérer Jésus comme un copain à qui faire appel lorsqu'ils ont besoin d'aide. Toujours serviable, ce Jésus auquel ils croient serait devenu en quelque sorte leur serviteur personnel. Il est vrai qu'il s'est fait le Serviteur de tous, pour le salut du plus grand nombre, mais il serait utopique de croire que cette relation que les gens ont trop souvent avec Jésus va perdurer. En effet, qui d'entre nous apprécierait d'être l'ami à qui l'on pense seulement lorsqu'on a besoin d'un peu d'aide? Ne s'est-il pas lui-même fait serviteur afin de nous montrer le chemin à suivre? Laissons le monde à ses convoitises et à son égoïsme, et marchons sur les traces du Sauveur, qui s'est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu'à la mort sur la croix. "C’est pourquoi aussi Dieu l’a souverainement élevé, et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom" (Philippiens 2:9). 

Le fait qu'il n'y avait pas de place pour Jésus lorsqu'Il est venu au monde n'a plus autant d'importance que celle de savoir si nous serons prêts lorsqu'Il reviendra. "Quel est donc le serviteur fidèle et prudent, que son maître a établi sur ses gens, pour leur donner la nourriture au temps convenable? Heureux ce serviteur, que son maître, à son arrivée, trouvera faisant ainsi" (Matthieu 24:45-46). 

Quelle est donc cette nourriture que le serviteur fidèle et prudent devait donner aux gens de la maison de son maître? "Car ma chair est vraiment une nourriture, et mon sang est vraiment un breuvage" (Jean 6:55). C'est bien entendu, le Christ lui-même! Le serviteur fidèle, c'est celui qui ne se contente pas de recevoir constamment du Seigneur, mais qui partage avec les brebis égarées. Dans ce monde ténébreux, nous les chrétiens, nous participons en quelques sorte à la recherche de ces brebis égarées, pour autant que nous n'en soyons pas une nous-mêmes! "Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang demeure en moi, et je demeure en lui" (v. 56). Ce n'est pas seulement quand tout va mal que nous prenons plaisir à regarder à Jésus. Le psalmiste dira en effet: "Je fais mes délices de tes statuts, je n’oublie point ta parole" Psaumes 119:16).

Alors que les attaques de l'ennemi contre les chrétiens et les valeurs chrétiennes sont de plus en plus virulentes dans le monde, et qu'il semble que le monde n'a jamais été aussi prêt à s'agenouiller devant n'importe quel antichrist, la question qui doit être répondue demeure donc: reste-il de la place dans ton cœur pour que le Seigneur puisse y inscrire Son histoire? Qu'as-tu à craindre de te confier entièrement en Jésus, qui est allé jusqu'à mourir pour que tes péchés ne te soient pas imputés? Viens comme tu es! Ne crains pas, car Il n'est pas un Dieu qui rejette, mais qui pardonne et qui sauve!  

Avec Jésus-Christ, l'Éternel Dieu a écrit Son histoire, car, au commencement de toutes choses était la Parole (Jésus), elle était Dieu, car elle était Dieu (Jean 1:1). Cette histoire, c'est le salut de millions de personnes qui ont, et qui auront reconnues n'être que des pécheurs et qui se seront repenties de tous leurs péchés, se laissant transformer dans l'intelligence par la puissance de l'Esprit de Dieu qui agit en eux. Ils n'ont pas eu peur d'échanger leurs désirs et leurs rêves pour ceux de Dieu, sachant que Son histoire était de beaucoup supérieure à tout ce qu'ils auraient pu espérer ou imaginer. 

N'attend pas! Viens, ou reviens à Jésus, avant qu'il ne soit trop tard! Laisse le Seigneur écrire Son histoire en toi en aplanissant tes sentiers et en t'accordant Sa paix et Sa joie, en toutes circonstances.

Que toute la gloire soit rendue à Dieu seul, Amen.