dimanche 2 mars 2025

Le chrétien en armure complète, par William Gurnall, 8e partie

 

Utilisations et applications.

Premièrement. Cela pèse sur leurs têtes, à eux qui sont si loin d'exercer la grâce, qu'ils marchent dans l'exercice de leurs convoitises. Leurs cœurs sont comme une maison de verre, le feu n'est jamais éteint, les vitrines ne sont jamais fermées, ils sont toujours au travail, martelant quelque projet méchant ou autre sur l'enclume de leur cœur. Il y en a qui donnent libre cours à leurs convoitises ; ce que leur cœur méchant veut, ils l'obtiennent ; ils assouvissent leurs convoitises comme certains de leurs enfants, et ne leur refusent rien, comme il est écrit de David à Adonija. 

Ils ne disent pas même à leur âme : Pourquoi fais-tu cela ? Pourquoi es-tu si fier, si cupide, si profane ? Ils passent leurs journées à faire des provisions pour ces invités ; comme dans certaines auberges, la maison ne se rafraîchit jamais, mais lorsqu'un invité sort, un autre entre. Lorsqu'une convoitise est satisfaite, une autre demande à être servie. Comme certains pratiquent la grâce plus que d’autres, il y a de plus grands marchands de péchés, qui font plus d’efforts que d’autres et qui rendent plus de colère en un jour que d’autres en un mois. Heureux sont ceux qui, en comparaison de ceux-là, sont enchaînés par la contrainte de Dieu sur leur homme extérieur ou intérieur, et qui ne peuvent pas se déchaîner aussi furieusement que ceux qui, par la santé de leur corps, la puissance et la grandeur de leur place, les richesses et les trésors dans leurs coffres, la conscience engourdie et dépravée, sont poussés à remplir la mesure de leurs péchés. 

Nous lisons de l’Assyrien qu’il "a élargi son cœur comme l’enfer", étendant ses désirs comme les hommes le font avec leurs sacs qui sont remplis d’argent pour en contenir davantage, Habacuc 2:5. Ainsi l'adultère, comme si son corps n'était pas assez prompt à exécuter les ordres de sa convoitise, l'attise en envoyant des regards amoureux, qui reviennent chargés d'adultère, attisent son feu avec des sonnets impudiques et des gaîtés de ventre, qui sont des combustibles appropriés pour la cuisine du diable, et l'homme malveillant, qui pour ne pas perdre de temps à cause de sa convoitise, déchire son prochain en morceaux alors qu'il est couché sur son lit, et ne peut dormir à moins qu'un tel sacrifice sanglant ne soit offert à sa convoitise dévorante. 

Oh, combien cela peut-il faire honte aux saints ! Combien de fois votre zèle est-il si ardent que vous ne pouvez dormir avant d'avoir été au ciel, comme vous l'êtes sur vos lits, et d'y avoir été apaisés par la vue de votre cher Sauveur, et par quelques étreintes d'amour de sa part ! 

Deuxième utilisation. Elle réprouve ceux qui se moquent des saints et se moquent d'eux, tout en exerçant leurs grâces. Personne ne se moque autant du saint dans son métier. Les hommes peuvent travailler dans leurs boutiques, et chacun suit son métier aussi diligemment qu'il le souhaite ; et cela ne surprend pas ceux qui passent dans les rues ; mais que le chrétien soit vu à l'œuvre pour Dieu, dans l'exercice de n'importe quel devoir ou grâce, et il sera hué, méprisé, voire haï. 

Rare sont ceux qui sont aussi mauvais, mais qui ne semblent aimer que la notion de religion ; ils louent un sermon de sainteté comme un discours sur Dieu ou le Christ en chaire, mais quand ces choses sont réellement placées devant leurs yeux, comme elles scintillent dans la conversation d'un saint, elles leur sont très méprisables et haïssables. Cette sainteté vivante et ambulante mord, et bien qu'ils aiment l'art du prédicateur de peindre la même chose dans son discours, pourtant maintenant ils les fuient et crachent sur eux. Cet exercice de la grâce offense le cœur profane et attise l'inimitié qui se trouve en lui ; comme Michal, qui ne pouvait s'empêcher de se moquer de David en le voyant danser devant l'arche. Celui qui louait le prédicateur pour avoir fait un discours savant sur le zèle, va insulter un saint exprimant un acte de zèle dans son lieu et sa vocation, car la grâce s'approche trop de lui. 

Un cœur méchant doit se tenir à quelque distance de la sainteté, afin que ses rayons ne frappent pas trop fort sa conscience, et ainsi il l'aime. Ainsi les pharisiens, les prophètes d'autrefois, étaient des hommes saints à leurs yeux, et ils pouvaient prodiguer leur argent pour leurs tombeaux, en leur honneur ; mais le Christ, qui valait plus qu'eux tous, est méprisé et haï. Quel est le mystère de cela ? La raison en est que ces prophètes sont hors de la scène, et le Christ sur scène. L'envie se nourrit des vivants, mais après la mort elle cesse.

Troisièmement. Essaie par là si tu as la grâce ou non. Marches-tu dans l’exercice de ta grâce ? Celui qui a des vêtements, les portera sûrement et ne sera pas vu nu. Les hommes parlent de leur foi, de leur repentir, de leur amour pour Dieu ; ce sont là des grâces précieuses, mais pourquoi ne nous les laissent-ils pas voir dans leur conversation quotidienne ? Sûrement, si de tels invités étaient dans ton âme, ils regarderaient parfois par la fenêtre et seraient vus dehors dans ce devoir et cette action sainte. 

La grâce est d'une nature émouvante, et non pas une chose morte, comme une image que vous pouvez enfermer dans un coffre, et personne ne saura quel Dieu vous adorez. Non, la grâce se montrera ; elle marchera avec vous dans tous les lieux et dans toutes les sociétés ; elle achètera avec vous et vendra pour vous ; elle aura une part dans toutes vos entreprises ; elle vous réconfortera lorsque vous êtes sincère et fidèle à Dieu, et elle se plaindra et vous réprimandera lorsque vous êtes autrement. Allez, fermez sa bouche, et le Ciel entendra sa voix, elle gémira, se lamentera et luttera, comme un homme vivant lorsque vous voudriez l'étouffer. 

Je croirais aussi bien un homme vivant qui repose paisiblement comme s'il était cloué dans son cercueil, sans lutte ni agitation, que celui qui a la grâce et ne l'exerce jamais dans aucun acte de vie spirituelle. Quoi ! homme, as-tu la grâce et es-tu aussi paisiblement qu'un fou porté au cercueil par ta convoitise ? Pourquoi es-tu pendu là, cloué à ta convoitise ? Si tu as la grâce, descends et nous la croirons ; mais si tu es un esclave docile au point de rester assis tranquillement sous le commandement de la convoitise, tu te trompes toi-même!

As-tu de la grâce, et n'en montres-tu rien dans la condition où tu es placé ? Peut-être es-tu riche ; montres-tu ton humilité envers ceux qui sont au-dessous de toi ? Montres-tu un esprit céleste, soupirant après le ciel plus que la terre ? Il se peut que ton cœur soit enflé de ton état, que tu regardes les pauvres comme des créatures d'une espèce inférieure à toi-même, et que tu les méprises, et quant au ciel, tu n'y penses pas.

Comme ce prince méchant qui disait : Il perdrait sa part au paradis plutôt qu'à Paris. Es-tu pauvre ? Pourquoi n'exerces-tu pas la grâce dans cette condition ? Es-tu content, diligent ? Peut-être qu'au lieu de contestation,, tu te plains, tu ne vois pas une belle dentelle sur le tissu de ton riche frère sans en être jaloux ; au lieu de concourir avec la providence en t'empressant de subvenir à tes besoins, tu es prêt à percer la haie pour entrer dans le gras pâturage de ton voisin, servant ainsi ton propre intérêt par un péché, plutôt que d'attendre la bénédiction de Dieu sur ton honnête diligence. S'il en est ainsi, ne te fâche pas que nous t'appelions par ton vrai nom, ou du moins ne te demande pas si nous pouvons t'appeler chrétien, toi dont la conduite est si contraire à ce nom sacré, qui est trop saint pour être écrit sur un poteau pourri! 

Quatrièmement. Soyez exhortés, ô vous, saints de Dieu, à marcher dans l'exercice de la grâce. C'est le devoir du ministre, avec le souffle continuel de l'exhortation, et si besoin est, de la réprimande, de garder ce feu céleste pur sur l'autel des saints. Pierre a vu qu'il était nécessaire d'avoir toujours le soufflet dans ses mains : "Je ne négligerai pas de vous rappeler toujours ces choses, bien que vous les sachiez et que vous soyez affermis dans la vérité présente", 2 Pierre 1:12. 

Cela ne le détournera pas ; tant qu'il sera dans ce tabernacle, il dit qu'il les réveillera et leur rappellera leur souvenir, (verset 13). Il y a une maladie du sommeil à laquelle nous sommes sujets dans cette vie ; bien que le Christ ait réveillé ses disciples deux fois, il les laisse pourtant dormir la troisième fois. Soit tu exerces ta grâce, soit Satan agira par la corruption ; quand un seau descend, l'autre monte ; il y a un corps de péché à l'intérieur, qu'un groupe malin guette probablement pour un moment pour monter en selle, et il est plus facile de les maintenir à terre que de les faire descendre. 

Ton temps est court et ton chemin long, tu ferais mieux de te préparer, de peur d’être surpris par la nuit avant d’être en vue de la maison de ton Père. Combien il est inconfortable pour un voyageur sur la route du ciel, plus que pour tout autre, d'aller marcher dans l’obscurité, beaucoup peuvent te le dire avec le cœur douloureux. Et qu’as-tu donc à penser de cela ? Sont-ce des soucis et des plaisirs du monde ? Est-il sage de dépenser tant d’argent pour ton bien que tu vas quitter, et d’oublier ce que tu dois emporter avec toi ? Avant que les fruits de ces choses que tu sèmes maintenant ne soient mûrs, tu pourrais toi-même pourrir dans la tombe. "Le temps est court", dit l’apôtre en 1 Corinthiens 7:29.

Le monde est près de son port, et c'est pourquoi Dieu a contracté les voiles de la vie de l'homme ; mais encore un moment, et il n'y aura plus de question de choisir si nous avons eu des épouses ou non, des richesses ou non ; mais il y aura une grande différence entre ceux qui ont eu la grâce et ceux qui n'en ont pas eu; oui, entre ceux qui ont fait un commerce rapide dans l'exercice de celle-ci, et ceux qui ont été plus négligents.

L’un aura une "entrée abondante dans la gloire", 2 Pierre 1:2 ; tandis que l’autre subira une perte dans une grande partie de son chargement, qui sera jeté par-dessus bord, comme une marchandise qui n’aura aucun prix dans ce pays céleste. Oui, pendant que tu es ici, d’autres s’en sortiront mieux grâce à tes grâces vivantes. Ta gaieté et ton activité dans ton parcours céleste aideront les autres qui voyagent avec toi ; il est vraiment ennuyeux celui qui ne veut pas revêtir cet armure, quand il voit tant pour Dieu en toi qui montres la voie. Oui, ta grâce mettra un frein aux péchés des autres, qui ne se tiennent jamais dans une telle crainte, comme lorsque la grâce s’avance et s’assoit comme un souverain à la porte, pour être vu de tous ceux qui passent. 

 Le jureur ne sait pas qu’une telle majesté est présente, quand le chrétien est mielleux, et va ainsi de l’avant et ne craint aucune couleur, tandis que la grâce, si elle n’avait que son poignard de zèle prêt, et le courage de le tirer dans une sage réprimande, lui ferait quitter le lieu du péché, et avec honte s’enfuir dans son trou : "Les jeunes hommes m’ont vu et se sont cachés ; et les vieillards se sont levés. Les princes se sont abstenus de parler et ont mis la main sur leur bouche", Job 29:8, 9. 

Et Dieu ne mérite-t-il pas le meilleur service que tu puisses lui rendre dans ta génération ? T’a-t-il donné la grâce de l’amasser dans un arbre mort, et aucune pour être meilleur ? Ou peux-tu dire qu’il te manque dans son amour et sa miséricorde ? Ne sont-ils pas toujours en exercice pour ton bien ? L’œil de la providence est-il toujours fermé ? Non, celui qui te garde ne sommeille pas. Est-ce qu’Il est à un moment loin de toi ? Non, "l’œil du Seigneur est sur le juste" ; il l’a fixé pour toujours, et avec un plaisir infini s'y complaît. Quand son oreille ou sa main ont-elles été fermées pour recevoir tes cris ou pourvoir à tes besoins ? Non. Ton état n’absorbe-t-il pas les pensées de Dieu ? Et sont-elles autres que des pensées de paix qu’il entretient ? Quelques gouttes de cette huile maintiendront la roue en mouvement!

dimanche 23 février 2025

Le chrétien en armure complète, par William Gurnall, 7e partie

 

L'utilisation de notre armure spirituelle : revêtir toute l'armure de Dieu. Notre armure ou notre grâce doit être maintenue en exercice.

Le quatrième et dernier élément de l’équipement des saints est l’usage qu’ils doivent en faire : revêtir toute l’armure de Dieu. En bref, quel est ce devoir de revêtir son armure ? Comme il s'adresse à beaucoup de saints, il ne s'agit pas seulement de les revêtir par la conversation, ce que certains d'entre eux n'ont peut-être pas encore, mais il veut aussi qu'ils mettent en pratique ce qu'ils ont. C'est une chose d'avoir une armure dans la maison, et une autre chose de l'avoir attachée, d'avoir de la grâce dans les principes et de la grâce dans les actes. Donc, je ne comprends pas pourquoi nos instructions seront:

La doctrine. Il ne suffit pas d’avoir la grâce, mais il faut la garder en exercice. L’armure du chrétien est faite pour être portée; il ne faut pas la déposer ni la retirer avant d’avoir fait notre combat et achevé notre course. Notre armure et notre vêtement de chair s’en vont ensemble, alors seulement, nous n’aurons plus besoin de garde et de protection, ni de bouclier ni de casque. Ces devoirs militaires et ces grâces sur le terrain, que je peux appeler la foi, l’espérance et le reste, seront honorablement accomplis.

Au ciel, nous n’apparaîtrons pas en armure, mais en robe de gloire. Mais ici, nous devons l porter nuit et jour; nous devons marcher, travailler et dormir avec elle, sinon nous ne sommes pas de vrais soldats du Christ. C’est ce que Paul prétend s’efforcer de faire. "C’est là ce que je m’exerce à faire, c’est d’avoir toujours une conscience sans reproche devant Dieu et envers les hommes", Actes 24:16. Nous avons ici ce saint homme en armures, s’entraînant et s’exerçant dans ses postures, comme un soldat qui manie lui-même sa pique et s’endurcit avant la bataille.

Premièrement. Le Christ nous ordonne de revêtir notre armure, d’exercer notre grâce. "Que vos reins soient ceints et vos lampes allumées", Luc 12:35. Le Christ parle soit dans une phrase martiale, comme aux soldats, soit dans une phrase domestique, comme aux serviteurs. S’il s’agit de soldats, alors, que vos reins soient ceints et vos lampes allumées, c’est-à-dire que nous devrions être prêts à marcher, ayant notre armure sur nous, car la ceinture est passée par-dessus tout, et notre allumette allumée, prête à donner le feu à la première alarme de la tentation.

Si, en ce qui concerne les serviteurs, cela semble plus naturel, il nous ordonne, comme notre maître qui est parti en voyage, non pas par paresse ou par sommeil, de retirer notre armure et d’éteindre nos lumières, mais de nous tenir prêts à ouvrir quand il viendra, même à minuit. Il ne convient pas que le maître se tienne à la porte pour frapper, et que le serviteur dorme à l’intérieur. Il n’y a pas de devoir qui n’implique un exercice quotidien : il faut prier, mais comment ? "Sans cesse". Se réjouir, mais quand ? "Toujours". Rendre grâces, pour quoi ? "En toutes choses" (1 Thessaloniciens 5:16-18). Le bouclier de la foi et le casque de l’espérance, nous devons les garder jusqu’au bout (1 Pierre 1:13). La somme de tout cela est que nous devons marcher dans l’exercice constant de ces devoirs et de ces grâces. Où le soldat est placé, il se tient là, et ne doit ni bouger ni dormir jusqu’à ce qu’il soit amené. Quand le Christ viendra, seule l’âme qu’il trouvera en train de faire ainsi aura sa bénédiction.

Deuxièmement. L’avantage de Satan est grand quand la grâce n’est pas en exercice. Quand le diable a trouvé le Christ si prêt à recevoir sa charge et à repousser sa tentation, il en a vite eu assez. Il est triste de voir qu’il n'est parti que pour un temps (Luc 4:13), comme si dans sa retraite honteuse, il s’était réconforté dans l’espoir de surprendre le Christ à l’improviste, à un autre moment plus avantageux pour son dessein. Et nous le voyons revenir, au moment qu'il croit le plus propice où il aurait pu atteint son but, si son ennemi avait été un homme et non Dieu.

Or, si ce démon audacieux a veillé et observé le Christ de temps à autre, ne te convient-il pas de regarder autour de toi, de peur qu'il ne prenne ta grâce à un moment ou à un autre ? Ce qu'il a manqué maintenant par ta vigilance, il peut le gagner bientôt par ta négligence. En fait, il espère que tu seras fatigué dans ton devoir continuel. Certes, dit Satan, quand il voit le chrétien debout et fervent dans le devoir, cela ne durera pas longtemps. Quand il le trouve tendre de conscience et scrupuleux quant aux occasions de pécher, il dit: "Ce n'est que pour un temps, avant longtemps je lui ferai défaire son arc, déboucler son armure, et alors je l'attaquerai". 

Satan sait quels ordres tu gardes dans ta maison et dans ton lieu de prières, et bien qu'il n'ait pas la clé de ton cœur, il peut se tenir dans la pièce voisine et entendre à la légère ce qui s'y murmure. Il traque le chrétien à l'odeur de ses propres pieds, et s'il sent une fois dans quelle direction ton cœur penche, il sait comment comprendre l'allusion; si une seule porte est déverrouillée, une seule œuvre est laissée sans surveillance, une seule grâce est retirée de son chariot, c'est un avantage suffisant.

Troisièmement. Parce que c’est une tâche si difficile et si pénible que de retrouver l’activité perdue et de faire revivre un devoir désuet. "J’ai ôté ma tunique", dit l’épouse, Cantique 5:3. Elle s’était laissée aller à la paresse, était couchée sur son lit de paresse, et comme il est difficile de la relever! Son bien-aimé est à la porte, la suppliant par tous les noms d’amour qui pourraient lui rappeler la proche parenté qui les unit ; il crie : "Ma sœur, mon amour, ma colombe, ouvre-moi", et pourtant elle ne se lève pas. Il lui dit que "ses cheveux sont remplis des gouttes de la nuit", mais elle ne bouge pas. Qu’est-ce qui se passe ? Son manteau est enlevé et elle répugne à le remettre. Elle s’est laissée aller à sa paresse et maintenant elle ne sait pas comment s’en débarrasser. Elle aurait été heureuse d’avoir la compagnie de son Bien-Aimé, si lui-même avait ouvert la porte ; et il désirait tout autant la sienne, si elle se levait pour le laisser entrer, et c'est à ces conditions qu'ils se séparent.

Plus une âme a négligé un devoir, plus elle a de difficultés à le faire ; en partie par honte, car l'âme, ayant fait l'école buissonnière, ne sait plus comment regarder Dieu en face; et en partie à cause de la difficulté du travail, qui est double de ce que trouve une autre personne qui marche dans l'exercice de sa grâce (sans discontinuer). Ici tout est en désordre. Il lui faut plus de temps et de peine pour accorder son instrument que pour un autre pour jouer la leçon. Il se met à l'œuvre comme s'il s'agissait d'un nouvel ouvrage, comme un élève qui n'a pas regardé son livre depuis un certain temps ; sa leçon lui est presque sortie de la tête, tandis qu'un autre qui était encore en train de la réviser, la connaît sur le bout des doigts.

Peut-être est-ce une affliction à laquelle tu es appelé, et ta patience n'est pas exercée. Tu n'as eu que peu ou pas de pensées pour un tel temps, alors que tu gambadais dans un pâturage en plein air, et maintenant tu regimbes et tu te débats, comme un taureau non habitué au joug, (Jérémie 31:18); tandis qu'un autre va humblement et patiemment sous la même croix, parce qu'il a réveillé sa patience et ajusté le joug à son cou. 

Vous savez quelle confusion il y a dans une ville lors d'une alerte soudaine au milieu de la nuit; l'ennemi aux portes, et eux endormis à l'intérieur. Ô quel cri entend-on ! L'un manque de ses vêtements, l'autre son épée, un troisième ne sait que faire pour la poudre. Ainsi, effrayés, ils courent de long en large, ce qui ne serait pas le cas si l'ennemi les trouvait sur leurs gardes, attendant en ordre son approche. Un tel brouhaha est dans une âme qui ne garde pas son armure ; telle pièce et telle autre il faudra chercher quand faudra s'en servir.

Quatrièmement. Nous devons garder la grâce dans l’exercice envers nos camarades soldats. Paul avait cela à l’esprit lorsqu’il s’exerçait à garder une bonne conscience, afin de ne pas être un scandale pour les autres. La lâcheté de l’un peut en faire fuir d’autres. L’ignorance d’un soldat qui n’a pas l’habileté de manier ses armes peut faire du mal à ses camarades qui l’entourent. Certains ont tiré sur leurs amis, les prenant pour leurs ennemis. La conduite imprudente d’un chrétien professant fait souffrir beaucoup d’autres. 

Tu dis que tu ne tombes pas au point de devenir un scandale, mais tu peux ne pas être aussi utile à tes frères que tu le devrais. Dieu a ordonné aux Rubénites et aux Gadites d’aller devant leurs frères, prêts et armés, jusqu’à ce que le pays soit conquis. Ainsi, chrétien, tu dois être utile à tes frères, qui n’ont peut-être pas cette paix dans leur esprit que toi, ni cette mesure de grâce ou de réconfort. Tu dois aider ces faibles et aller devant eux, comme armé pour leur défense. Or, si ta grâce n'est pas exercée, tu es d'autant inutile à ton faible frère. Tu es peut-être un maître, ou un parent, qui a une famille sous son aile. Ils se portent autant que tu prospères ; si ton cœur est dans une disposition sainte, ils s'en sortent mieux dans les devoirs que tu accomplis ; si ton cœur est mort et abattu, ils sont perdants. Ainsi, comme la nourrice mange davantage pour le bien du bébé qu'elle allaite, de même tu devrais, pour le bien de ceux qui sont sous ta tutelle, faire plus attention à exercer ta propre grâce et à la chérir.

Objection. Mais, diront certains, c'est un travail vraiment dur, notre armure ne s'enlève jamais, notre grâce est toujours en exercice. Dieu a-t-il jamais voulu que la religion soit une affaire aussi pénible que celle que ce monde a créée ?

Première réponse. Tu parles comme quelqu'un du monde insensé, et tu te montres comme un simple étranger à la vie du chrétien lorsque tu parles ainsi. C'est un fardeau d'exercer la grâce ! Eh bien, ce n'est pas un fardeau d'exercer les actes de la nature comme manger, boire, marcher. Tout nous est agréable dans notre bonne humeur. Mais si l'un de ces actes est différent, la nature est opprimée, comme si on était repus, alors il est difficile de respirer ; si on est malade, alors la viande nous est nauséabonde.

Ainsi, prenez un saint dans son bon caractère, et il sera heureux d’être employé à l’exercice de sa grâce dans tel ou tel devoir : "Je me réjouis quand ils me disaient : Entrons dans la maison du Seigneur", Psaume 122 : 1. Son cœur bondit à cette idée. Quand une occasion le détourne de la communion avec Dieu, même s’il l’aime beaucoup, elle lui est néanmoins désagréable et déplaisante. Quant à vous, qui êtes habitués à être dans vos boutiques du matin au soir, combien il est ennuyeux d’être dehors certains jours, même parmi de bons amis, parce que vous n’êtes pas là où se trouvent votre travail et votre vocation ! 

Un chrétien dans son devoir est un dans sa vocation, comme s’il était dans sa boutique, là où il devrait être, et donc loin d’être ennuyeux. La religion n’est aussi pesante pour personne que pour ceux qui la pratiquent rarement. L’usage rend les choses lourdes légères. Nous sentons à peine le poids de nos vêtements, parce qu’ils nous vont et que nous les portons tous les jours, alors que sinon, le même poids sur nos épaules nous tracasse. Ainsi, la gravité des devoirs religieux pour les êtres charnels est enlevée chez les saints, en partie par leur adéquation aux principes des saints, ainsi que par leur exercice quotidien dans ces derniers. 

Les disciples, lorsqu’ils venaient d’entrer dans les voies du Christ, ne pouvaient pas prier beaucoup ni jeûner longtemps ; les outres étaient neuves et ce vin trop fort, mais au bout de quelques années de marche, ils devinrent puissants dans les deux domaines. Te plains-tu que le chemin du ciel soit accidenté ? Marche-y plus souvent, et cela le rendra plus aisé.

Deuxième réponse. Si cet exercice constant de la grâce était plus pénible pour la chair, qui est la seule à se plaindre, le doux avantage que cela procure au chrétien récompensera abondamment tout son travail et ses peines. L’exercice de ta grâce augmentera ta grâce. "La main de l’homme diligent enrichit." L’homme prévoyant considère comme perdu ce qu’il aurait pu obtenir; non seulement quand son argent est volé dans son coffre, mais quand il y reste sans être augmenté. 

 Une telle marchandise, dit le commerçant, si je l’avais acheté avec cet argent dans mes sacs, m’aurait rapporté un gain si important, qui est maintenant perdu. Ainsi le chrétien peut dire : Ma connaissance naissante, si j’avais poursuivi la connaissance du Seigneur, aurait pu se répandre au grand jour. "J’ai plus d’intelligence", dit David, "que tous mes maîtres." Comment l’a-t-il obtenu ? Il vous le dira dans les paroles suivantes : "Car tes préceptes sont ma méditation", Psaume 119 : 99. Il était davantage dans l’exercice du devoir et de la grâce. Les esprits brillants ne sont pas toujours les plus grands savants, parce que leur étude n’est pas adaptée à leurs fonctions, et celui qui possède le plus grand patrimoine ne prouve pas toujours qu'il est le plus riche. Une petite grâce bien gérée par un exercice quotidien augmentera, alors qu’une plus grande grâce négligée dépérira. 

Tandis que l'exercice augmente, il en est ainsi des preuves de la grâce. Si quelqu'un veut savoir s'il est boiteux ou non, qu'il se lève ; il sera plus vite satisfait par un tour dans une pièce que par une longue dispute et un repos assis. Voulez-vous savoir si vous aimez Dieu ? Exhortez souvent à des actes d'amour; plus le feu est allumé, plus vite il est vu, et ainsi de toutes les autres grâces. Parfois l'âme se demande si elle a de la patience, de la foi, jusqu'à ce que Dieu vienne et la mette dans un état d'affliction, où elle doit soit exercer cette grâce, soit périr.

Alors l'âme ressemble à quelqu'un qui pense ne pas savoir nager, et pourtant, jeté dans la rivière, unissant toutes ses forces, il s'efforce de nager jusqu'à la terre ferme et reconnaît ce qu'il peut faire. Combien de fois avons-nous entendu des chrétiens dire : "Je pensais que je n'aurais jamais pu endurer une telle douleur, ni faire confiance à Dieu dans une telle situation ?" Mais maintenant Dieu m'a appris ce qu'il peut faire pour moi, ce qu'il a accompli en moi. Et cela tu aurais pu le savoir avant, si tu avais plus souvent agité et exercé ta grâce. 

L'exercice de la grâce invite Dieu à se communiquer à une telle âme. Dieu met le chrétien au travail, puis le rencontre dans son travail. Levez-vous et faites, et que le Seigneur soit avec vous. Il place une âme en train de lire comme l'eunuque (Actes 8:27), puis rejoint son char en train de prier, puis vient le messager du ciel : "Ô Daniel, bien-aimé." L'épouse, qui a perdu son bien-aimé sur son lit, le retrouve alors qu'elle revient du sermon. "À peine les avais-je passés, que j'ai trouvé celui que mon cœur aime", Cantique 3:4. 


dimanche 16 février 2025

La lettre et l'esprit

 

"Car la lettre tue, mais l'esprit vivifie" (2 Corinthiens 3:6).

Aux versets 2 et 3, Paul nous parle d'une première "lettre". Il dit: "C'est vous qui êtes notre lettre, écrite dans nos cœurs, connue et lue de tous les hommes. Vous êtes manifestement une lettre de Christ, écrite, par notre ministère, non avec de l'encre, mais avec l'Esprit du Dieu vivant, non sur des tables de pierre, mais sur des tables de chair, sur les cœurs." De quoi parle-t-il ici? Si nous retournons au verset 1, nous voyons que son ministère était attaqué. Il dit: "Commençons-nous de nouveau à nous recommander nous-mêmes?" Des gens essayaient d'influencer les Corinthiens et de les entraîner loin des enseignements de Paul en leur enseignant un évangile dilué. En effet, en 2 Corinthiens 2:17, Paul dit : "Nous ne falsifions point la parole de Dieu, comme font plusieurs; mais c'est avec sincérité, mais c'est de la part de Dieu, que nous parlons en Christ devant Dieu." 

Nous voyons que déjà à cette époque, les faux enseignants étaient à l'œuvre pour tromper les chrétiens et les éloigner de la vérité. L'ennemi a toujours agit ainsi; il essaie de détourner les chrétiens de la vérité en leur faisant croire des mensonges, ou sinon il essaie de les influencer en leur faisant tout rejeter. Il n'y a rien d'étonnant à cela, il dira en 2 Corinthiens 11: 14-15 que "Satan lui-même se déguise en ange de lumière. Il n'est donc pas étrange que ses ministres aussi se déguisent en ministres de justice." Et il ajoute: "Leur fin sera selon leurs œuvres."

Leurs œuvres prouvent qui ils servent. Nos œuvres prouvent qui nous servons. Si nous faisons les œuvres de la chair, c'est que nous servons la chair; si nous désobéissons à Dieu, c'est que nous avons un cœur rebelle qui n'a pas été régénéré et qui n'est donc pas centré sur Christ, mais sur le "soi". Il ne peut donc pas chercher à obéir à Dieu, car il ne le peut pas. Il en est incapable! Ce sont encore là des œuvres de mort. Et Paul a constamment attaqué dans ses lettre ces faux qui se prétendent croyants, mais qui s'infiltrent dans l'église pour tromper ceux qui sont faibles dans la foi, ou ceux qui sont encore dans la chair et qui désirent un évangile approuvant leur conduite réprouvée. 

Retournons en 2 Corinthiens 2:14, où il dit: "Grâces soient rendues à Dieu, qui nous fait toujours triompher en Christ, et qui répand par nous en tout lieu l'odeur de sa connaissance!" Paul ne cherchait pas son propre intérêt, sans quoi il aurait cessé d'œuvrer dans le ministère dès les premiers vents contraires! Ce qui l'intéressait, c'était l'avancement du royaume de Dieu. Dans tous ses écrits, nous voyons qu'il tirait sa joie de Christ; il se réjouissait malgré les afflictions, il se réjouissait même lorsque le Christ était annoncé par ceux qui se faisaient ses ennemis, car, dit-il: "Christ n'est pas moins annoncé: je m'en réjouis, et je m'en réjouirai encore" (Philippiens 1:17-18). 

Ici, il se réjouit du succès qu'ils ont eu lors de ce que nous appellerions aujourd'hui la "campagne d'évangélisation" auxquelles il a participé. Loin de lui l'idée de se vanter, il est simplement heureux de voir l'Évangile progresser parmi les païens, mais aussi "parmi ceux qui sont sauvés". En effet, il dit au verset 15: "Nous sommes, en effet, pour Dieu la bonne odeur de Christ, parmi ceux qui sont sauvés et parmi ceux qui périssent". C'est dire que la vérité qu'il prêchait redressait ou affirmait ceux qui marchaient déjà avec Christ, et l'avancement qu'il voyait dans l'œuvre que Dieu lui avait donné à faire était pour lui une source de joie, mais c'était aussi une preuve que Dieu approuvait ce qu'il prêchait. "Nous sommes pour Dieu la bonne odeur de Christ". Il ne dit pas: "Nous sommes approuvés des hommes, ô quelle joie", non, mais "pour Dieu" nous prêchons Christ. 

Il dira en 1 Corinthiens 2:2 : "Car je n'ai pas eu la pensée de savoir parmi vous autre chose que Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié."  Et en 2 Corinthiens 4:5 : "Nous ne nous prêchons pas nous-mêmes; c'est Jésus-Christ le Seigneur que nous prêchons". Et cet enseignement était pour Dieu "la bonne odeur de Christ". Les sacrifices que Paul faisait pour le ministère qui lui avait été confié étaient agréables à Dieu. Il dit en Romains 12: 1 : "Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable." Il n'a pas qu'exhorté les autres à s'offrir ainsi comme un sacrifice vivant, c'est ce qu'il vivait!

Du milieu de ses épreuves et de ses tribulations, il se réjouissait de ce que Dieu faisait; des cœurs qui étaient touchés et des vies qui étaient transformées. L'Évangile et la connaissance de Christ se répandait "comme une bonne odeur", et ainsi, ceux qui croyaient étaient, comme le dira Paul en 2 Corinthiens 3:2, comme une "lettre de Christ" écrite par son ministère, c'est à dire que Christ utilisait évidemment le ministère de Son apôtre pour attirer les perdus à Lui. Et ces chrétiens convertis par le ministère de Paul l'ont été non pas à cause de lettres écrites avec de l'encre, mais à cause de l'action du Saint-Esprit qui a gravé en lettres de feu sur les cœurs de ces auditeurs le paroles de l'apôtre. Ils ont ainsi été convaincus "de péché, de justice et de jugement" (Jean 16:8). 

Paul poursuit donc en disant: "Cette assurance-là, nous l'avons par Christ auprès de Dieu." De quelle assurance parle-t-il ici? Il fait référence à ce qu'il a dit plus tôt au chapitre 2; savoir "qu'il était pour Dieu la bonne odeur de Christ". Les fruits, les chrétiens issus de son enseignement étaient la preuve qu'il enseignait de la part de Dieu. N'oublions pas que Corinthe était dégénérée, et pourtant, beaucoup de pécheurs qui y résidaient sont venus à Christ suite aux enseignements de Paul dans cette ville pécheresse. Il savait mieux que quiconque que l'œuvre qui y avait été faite était au-delà de toute capacité humaine; c'était une œuvre divine, surnaturelle. Ces païens convertis étaient, dit-il, "une lettre de Christ", écrite par l'Esprit du Dieu vivant. 

Il poursuit sa pensée en disant au verset 5 : "Ce n'est pas à dire que nous soyons par nous-mêmes capables de concevoir quelque chose comme venant de nous-mêmes. Notre capacité, au contraire, vient de Dieu." En d'autres mots: "Je ne suis pas en train de dire que toutes ces conversions sont le fruit de mes capacités, car cela vient de Dieu seul". Il n'y a aucun raisonnement, aucune prédication de notre part qui peut conduire quelqu'un à Christ si l'Esprit n'est pas à l'œuvre en cette personne pour lui faire comprendre l'ampleur de son péché et son ardent besoin d'un Sauveur. Notre travail est de propager avec fidélité l'Évangile de vérité, en parole et en actions, et le reste appartient à Dieu. Paul le dira ainsi en 1 Corinthiens 3:6-7 : "J'ai planté, Apollos a arrosé, mais Dieu a fait croître, en sorte que ce n'est pas celui qui plante qui est quelque chose, ni celui qui arrose, mais Dieu qui fait croître." 

Il poursuit donc au verset 6 en disant: "Il nous a aussi rendus capables d'être ministres d'une nouvelle alliance, non de la lettre, mais de l'esprit; car la lettre tue, mais l'esprit vivifie." Il parle ici d'une autre lettre. Mais d'abord, que dit-il? Il sous-entend qu'il n'est pas grand chose, car, dit-il, "Il (Dieu) nous a rendus capables d'être ministres d'une nouvelle alliance". Encore une fois, il veut que les Corinthiens comprennent bien que c'est Dieu est tout et qui fait tout; lui n'est tout au plus qu'un simple serviteur n'accomplissant que la tâche que Dieu lui a confié. Mais quelle tâche Dieu lui avait-il confié? Évidemment, c'était de proclamer l'Évangile de Jésus-Christ. C'est la raison pour laquelle il dit qu'il a été rendu capable par Dieu "d'être ministre d'une nouvelle alliance". Nous savons tous que l'ancienne alliance est la loi de Moïse, qui ne pouvait pas sauver, mais qui annonçait qu'un Sauveur allait venir; Jésus-Christ.

Le verset se poursuit, et Paul dit: "non de la lettre, mais de l'esprit". Il fait référence ici aux Pharisiens et aux maîtres de la loi de son époque; ils étaient forts sur la lettre, mais ils ne mettaient pas en pratique. Ils avaient le texte annonciateur du Messie, mais ils ne comprenaient pas ce qu'ils lisaient, parce qu'ils s'intéressaient plus aux rites et aux formes extérieures de la religion que de marcher humblement et avec obéissance envers le Seigneur. C'est pourquoi Jésus dira à ses disciples: "Faites donc et observez tout ce qu'ils vous disent; mais n'agissez pas selon leurs œuvres. Car ils disent, et ne font pas" (Matthieu 23:3). 

Ce n'est donc pas sans raison que Jésus passera une partie de son ministère à combattre l'hypocrisie des Pharisiens, qui prenaient un soin jaloux de l'apparence extérieure de leur piété, mais qui étaient remplis de malice et de péchés. Ils prétendaient observer la loi, mais ils croyaient qu'ils se sauvaient eux-mêmes par leurs œuvres. Leur cœur n'était pas droit devant Dieu. Ils n'étaient pas en règle avec Lui. Ils auraient dû connaître le Psaume 51, où David, après son péché avec Bath-Schéba, dira aux versets 16 et 17 : "Si tu eusses voulu des sacrifices, je t'en aurais offert; mais tu ne prends point plaisir aux holocaustes. Les sacrifices qui sont agréables à Dieu, c'est un esprit brisé: O Dieu! tu ne dédaignes pas un cœur brisé et contrit." Oh ils le connaissaient, mais ils étaient incapables de se reconnaître tels qu'ils étaient; le cœur brisé et contrit? Ce n'était pas pour eux. C'était pour le collecteur d'impôts là bas, et pour l'ivrogne là en bas de la rue. 

Paul poursuit donc en disant: "Car la lettre tue, mais l'esprit vivifie." La loi de Moïse avait pour but de provoquer une condamnation du péché; elle faisait connaître ce qui était bien et mal, mais elle ne pouvait pas sauver. Aujourd'hui, nous avons reçu l'Évangile de vérité. Jean dira dans son évangile, au chapitre 1 verset 17 : "Car la loi a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ." La loi de Moïse avait pour but de dénoncer le péché et de produire une condamnation; regardons encore une fois le cœur de David. Il dira au Psaume 32 versets 3 et 4 : "Tant que je me suis tu, mes os se consumaient, Je gémissais toute la journée; car nuit et jour ta main s'appesantissait sur moi, ma vigueur n'était plus que sécheresse, comme celle de l'été". a conscience le condamnait, il ressentait le poids de son péché et, à cause de cela, il savait et reconnaissait qu'il avait besoin d'un Sauveur pour être pardonné. Il poursuit au verset 5 : "Je t'ai fait connaître mon péché, je n'ai pas caché mon iniquité ; j'ai dit : J'avouerai mes transgressions à l'Éternel! Et tu as effacé la peine de mon péché."

Ces étonnant de voir les "chrétiens" modernes citer ce passage de 2 Corinthiens 3:6 pour attaquer celui qui les reprend par rapport à leurs péchés. "Pasteur, tu n'es qu'un légaliste, ne sais-tu pas ce que Paul a dit? Que la lettre tue, mais que l'Esprit vivifie? Sache que je marche par l'Esprit et que je ne suis plus sous l'emprise de la lettre". Ces gens sont ignorants spirituellement car ils se comparent à eux-mêmes. S'ils marchaient par l'Esprit, il leur donnerait de bien comprendre ce passage des Écritures, car en réalité, ce passage les condamne dans leurs péchés! L'esprit de cette nouvelle alliance vivifie; l'Esprit-Saint qui en découle ne nous permet pas de marcher dans le péché, donc dans la mort, car, par l'évangile de grâce, nous sommes  libérés de l'emprise du péché et de la mort!

Jean a dit que la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ. Lorsqu'un tel enseignement est reçu et a fait son œuvre dans le cœur du croyant, ce dernier ne peut plus être le même. Il doit changer. C'est obligé, sinon c'est la preuve que l'Esprit n'est pas à l'œuvre en lui. Lorsque les fruits du péché abondent dans une personne dite "chrétienne", c'est la preuve que ce prétendu croyant est encore dans la mort et qu'il a besoin de repentance. Car l'Esprit vivifie. L'Esprit-Saint ne donne pas le feu vert pour pécher à ceux qu'il dirige. Au contraire, il active tous les signaux d'alarmes lorsque ce dernier s'approche trop près du précipice et qu'il est sur le point de succomber à la tentation! 

Paul dira en Galates 5:17 que la chair a des désirs contraires à ceux de l'Esprit, et que l'Esprit a des désirs contraires à ceux de la chair; ils sont opposés entre eux, "afin que vous ne fassiez point ce que vous voudriez." C'est très clair ici; lorsque nous sommes libérés du pouvoir de la mort en étant morts avec Christ à la croix, nous recevons une vie nouvelle qui n'est en rien comparable à celle d'où nous avons été tirés! Contrairement à la loi de Moïse, qui ne pouvait qu'offrir des rites aux pécheurs en attendant qu'ils puissent recevoir le pardon de Dieu, nous avons maintenant un avocat auprès du Père; Jésus-Christ le juste. Pourquoi voudrions-nous justifier nos péchés alors que nous avons un avocat prêt à plaider pour nous?  

"Si quelqu'un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus-Christ le juste" (1 Jean 2:1). C'est la grâce. C'est l'espérance du pardon, mais encore faut-il avoir l'humilité de reconnaître nos fautes et de ne pas y persévérer! David n'est-il pas un exemple pour chacun de nous aujourd'hui? Il ne dit pas à Nathan: "Oh tu sais, ce n'est pas bien ce que j'ai fait, mais Dieu est avec moi quand même. La preuve? Je me sens bien quand je suis avec Bath-Schéba. En fait, je n'ai jamais été aussi bien de toute ma vie". Non, ce n'est pas ce que David dit. Il a dit: "O Dieu! aie pitié de moi dans ta bonté; selon ta grande miséricorde, efface mes transgressions. Lave-moi complètement de mon iniquité, et purifie-moi de mon péché. Car je reconnais mes transgressions, et mon péché est constamment devant moi" (Psaume 51:1-3). Et il n'essaie même pas de se soustraire à la punition, car il ajoute au verset 4: "J'ai péché contre toi seul, et j'ai fait ce qui est mal à tes yeux, en sorte que tu seras juste dans ta sentence, sans reproche dans ton jugement."

Wow! Voilà pourquoi il a été appelé "un homme selon le cœur de Dieu". C'est ce que Dieu cherche dans le cœur de celui ou celle qui a péché; ce cœur contrit et brisé par son iniquité. Nous ne parlons pas ici seulement d'être contrit par le fait qu'il y aura peut-être une punition attachée au péché, non, mais un cœur brisé d'avoir brisé celui de Dieu en péchant devant Sa face, après tout ce qu'Il a fait pout nous! C'est cette humilité que nous devons avoir en tant qu'enfants de Dieu nés de nouveau!

Et Paul poursuit donc au verset 12 en disant: "Ayant donc cette espérance, nous usons d'une grande liberté". Encore une fois ici, plusieurs comprennent mal ce que Paul veut dire ici. Il ne veut absolument pas dire que nous sommes libres de faire tout ce que nous voulons, même si c'est contraire à la Parole de Dieu! Jamais! Il dira en Romains 8:24 que "c'est en espérance que nous sommes sauvés". Il est très possible que Paul fasse référence à cette espérance ici; nous vivons dans l'attente d'être réuni avec notre Sauveur pour l'éternité. Mais en attendant, que faisons-nous? Persévérons-nous dans la foi ou dans la poursuite de l'accomplissement de tous nos désirs et de ce que notre nature pécheresse recherche?

Il poursuit en disant aux versets 13 et 14 : "Nous ne faisons pas comme Moïse, qui mettait un voile sur son visage, pour que les fils d'Israël ne fixassent pas les regards sur la fin de ce qui était passager. Mais ils sont devenus durs d'entendement. Car jusqu'à ce jour le même voile demeure quand, ils font la lecture de l'Ancien Testament, et il ne se lève pas, parce que c'est en Christ qu'il disparaît". Oh que cela soit un avertissement pour chacun de nous! Ils ont fixé les regards sur ce qui était passager, c'est à dire terrestre, et ils sont devenus durs d'entendement. Ils ne comprenaient rien aux choses spirituelles, malgré le fait qu'ils avaient avec eux un prophète comme il y en a eu peu sur la Terre; Moïse! Cet endurcissement du cœur s'est poursuivi de génération en génération, et Paul dit: "Jusqu'à ce jour le même voile demeure quand, ils font la lecture de l'Ancien Testament, et il ne se lève pas, parce que c'est en Christ qu'il disparaît".

Prenons garde de ne pas être de ceux qui se justifient eux mêmes et qui sondent les Écritures pour trouver quelque chose pour couvrir leurs péchés. Ils deviennent durs d'entendements, et lorsqu'ils font la lecture du Nouveau Testament, ils ont un voile devant les yeux, et il ne se lève pas, parce que c'est en Christ qu'il disparaît. Puissions-nous nous revêtir d'humilité et nous reconnaître et nous présenter tels que nous sommes devant notre avocat, Jésus-Christ, afin d'obtenir le pardon de nos fautes. 

Jésus dira bien en Luc 21:34 : "Prenez garde à vous-mêmes, de crainte que vos cœurs ne s'appesantissent par les excès du manger et du boire, et par les soucis de la vie, et que ce jour ne vienne sur vous à l'improviste". Le manger et le boire représentent la poursuite des désirs de nos cœurs, qui ne doivent pas être alignés sur ceux de ce monde. Ces choses peuvent d'abord sembler anodines, et puis lorsque nous mettons le doigt dans cet engrenage, nous devenons accaparés par elles et elles nous éloignent de Dieu et endurcissent notre cœur. Quelqu'un a dit : "Prenez garde à vous-mêmes, afin que vous ne soyez pas accablés par les tentations, ni trahis par vos propres corruptions", et cela est tellement vrai! Nous ne savons pas le jour ni l'heure où sera redemandé le souffle de vie qui est en nos narines. Assurons-nous d'être prêts à rencontrer le Seigneur en demeurant dans la force qu'Il nous donne pour résister à l'ennemi qui voudrait nous amener ou nous ramener vers les choses qui nous détruisent et nous séparent de Dieu. 

Terminons en donnant la parole à l'apôtre Paul, qui dit en 2 Corinthiens 18 : "Nous tous qui, le visage découvert, contemplons comme dans un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur, l'Esprit". La gloire de Dieu a été manifestée pour nous en Jésus-Christ, et nous la voyons encore dans Sa Parole, l'Évangile de vérité dans laquelle nous pouvons plonger nos regards à tous les jours. Et celui qui y plonge les regards et qui ne se contente pas de lire ou d'écouter sans mettre en pratique sera certainement transformé, par l'œuvre du Saint-Esprit en lui, à l'image de Celui qui nous a créé et qui désire tant (malheureusement trop souvent plus que nous-mêmes) nous avoir avec Lui pour l'éternité.

"Mais celui qui aura plongé les regards dans la loi parfaite, la loi de la liberté, et qui aura persévéré, n'étant pas un auditeur oublieux, mais se mettant à l'œuvre, celui-là sera heureux dans son activité" (Jacques 1:25). Car Jésus a dit en Jean 8:32: "Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira". 

Que toute la gloire soit rendue à Dieu seul, Amen.

dimanche 9 février 2025

Le chrétien en armure complète, par William Gurnall, 6e partie

 

Premièrement. Parce que la grâce est sujette à se désintégrer, et donc a toujours besoin d’être complétée. C’est comme dans une armée, surtout une qui s’engage souvent dans la bataille; leurs armes sont battues et brisées, l’un a son casque plié, l’autre son épée fendue, un troisième son pistolet décroché, et donc des recrues sont toujours nécessaires. 


Dans une tentation, le chrétien a perdu son casque d’espérance, dans une autre, sa patience est mise à rude épreuve. Le chrétien a besoin d'avoir un atelier d'armurerie à portée de main pour compenser sa perte, et cela rapidement, car Satan est plus susceptible de tomber sur le chrétien quand il est le moins préparé à recevoir la charge. "Simon, Simon, Satan a voulu te passer au crible comme du froment." Il savait qu’ils étaient à ce moment-là faiblement pourvus (Christ, leur capitaine, devait être enlevé de la tête de leur troupe ; le mécontentement entre eux, se disputant pour savoir qui serait le plus grand ; et leurs recrues de grâce plus fortes, que l’Esprit devait apporter, n’étaient pas encore venues). 

Maintenant, il a un plan pour les surprendre ; et donc Christ, pour le prévenir, promet d'envoyer rapidement son Esprit pour leur apporter son soutien (Actes 1:4), et en attendant Il les envoie à Jérusalem, pour se tenir sur leurs gardes dans leurs supplications communes, pendant qu'il vient à leur secours, nous montrant ainsi dans la faiblesse de notre grâce ce qu'il faut faire, et où aller pour obtenir de l'aide.

Deuxièmement. Parce que Satan est en train de parachever son habileté et sa colère. Ce n'est pas pour rien qu'on l'appelle le vieux serpent ; subtil par nature, mais plus par expérience, naturellement colérique, mais chaque jour plus enragé ; comme un taureau, plus il est appâté, plus il montre de fureur. Et c'est pourquoi nous qui devons lutter avec lui, maintenant que son temps est si court, devons venir sur le terrain bien préparés.

Troisièmement. C'est le but de toutes les dispensations de Dieu, de parachever Ses saints dans leurs grâces et leurs consolations. Pourquoi élague-t-il et taille-t-il par les afflictions, sinon pour purifier, afin qu'ils portent plus de fruits, c'est-à-dire plus abondants et plus beaux ? Jean 15:2. La tribulation produit la patience. Romains 5:3; c'est le but que Dieu a prévu pour cela. Elle produit, c'est-à-dire qu'elle augmente les saints. La patience exaspère en effet les méchants, mais elle adoucit les saints. C'est son but dans l'évangile ; il prêche pour conduire Ses saints de "foi en foi", (Romains 1:17), et en conséquence Il a fourni à Son Église des instruments, et à ceux-ci des dons, "pour le perfectionnement des saints, pour l'édification du corps de Christ", Éphésiens 4:12.

Pourquoi l'échafaudage est-il maintenu, et l'ouvrier dessus, si l'édifice ne s'élève pas ? Ne pas progresser par de tels moyens revient à annuler le conseil de Dieu. C'est pourquoi l'apôtre blâme les Juifs chrétiens pour leur manque de compétence dans l'école du Christ : "Alors que depuis longtemps vous devriez être des maîtres, vous avez besoin qu'on vous enseigne de nouveau les premiers éléments des oracles de Dieu", Hébreux 5:12. 

Utilisation et application.

Utilisation. Oh combien peu nombreux sont ceux qui s'efforcent ainsi de progresser dans leur état spirituel et qui travaillent à parfaire ce qui leur manque encore dans la connaissance, la patience et le reste. 

Premièrement. Parlez à certains de l’ajout de foi à la foi, d’un degré de grâce à un autre, et vous verrez qu’ils ont plus d’esprit pour joindre maison à maison, et ajouter champs à champs. Leurs âmes sont assoiffées, toujours en quête de plus. Mais de quoi ? Ni du Christ ni du ciel. C’est de la terre. Ils ne pensent jamais en avoir assez, jusqu’à ce que la mort vienne et leur ferme la bouche avec une pelle pleine, tirée de leur propre tombe. Quelle vie de tourment doivent-ils avoir, eux qui crient toujours pour plus de poids, et pourtant ne peuvent pas pousser leurs désirs cupides jusqu'à la mort ? Ô messieurs, le seul moyen (si les hommes le croient) ​​d’étancher cette soif de la créature, serait d’en avoir une autre envers le Christ et le ciel. Ayez seulement un grand cœur assoiffé avec véhémence de ces choses, et l’autre mourra seule, comme la soif fiévreuse le fait lorsque la nature se met en colère.

Deuxièmement. D’autres ne travaillent pas ainsi à parfaire la grâce, parce qu’ils s’imaginent qu’ils sont déjà parfaits, et, dans cette idée, ils abandonnent la prière, l’écoute et toutes les autres ordonnances, comme des cordes pour porter ces enfants dans la grâce qui ne sont pas parvenus à leurs hautes réalisations. O quels fous l’orgueil rend les hommes ! Vraiment, le ciel ne serait pas un endroit aussi désirable, si nous ne devions pas être plus parfaits que cela; une sorte de peuple trop élevé pour ce monde et trop bas pour un autre. La manière dont Dieu guérit cette frénésie d’orgueil, nous l’avons vu ces jours-ci, ressemble quelque peu à celle de Nébucadnetsar : il leur donne le cœur d’une bête, je veux dire, pour un temps, pour les laisser tomber dans des pratiques bestiales, par lesquelles il leur montre combien ils sont loin de cette perfection dont ils ont rêvé si vainement.

Troisièmement. D’autres ont la vraie grâce et désirent la faire progresser, mais sont découragés dans leurs efforts pour en obtenir davantage, à cause d’un sentiment trop profond de leur indigence actuelle. Demandez à certains de ces travailleurs d’acquérir plus de pouvoir sur la corruption, plus de foi et d’amour envers Dieu, afin qu’ils puissent faire la volonté de Dieu avec joie, et la supporter patiemment dans les plus grandes afflictions, oui, avec reconnaissance, et ils ne croiront jamais que ceux dont la foi est si faible, l’amour si froid et les fonds si modestes en main puissent jamais atteindre un tel niveau. Vous pouvez aussi bien persuader un mendiant avec un pauvre penny dans sa bourse, que s’il va faire du commerce avec cela, il deviendra maire de Londres avant de mourir. Mais pourquoi, pauvres cœurs, méprisez-vous ainsi le jour des petites choses ? Ne voyez-vous pas un petit grain de moutarde se développer en un arbre, et la grâce faible comparée à lui, pour sa croissance à la fin aussi bien que pour sa petitesse au début ? Oses-tu dire que tu n'as aucune grâce du tout ? Si tu en as une, même la plus petite qu'il y ait jamais eue au début, j'ose te dire qu'il a fait plus pour toi en cela, qu'il ne le devrait en rendant ce qui est maintenant si faible, aussi parfait que la grâce du saint l'est maintenant au ciel. 

Il a fait plus, en considérant cela comme un acte de puissance. Il y a un plus grand gouffre entre l'absence de grâce et la grâce, qu'entre la grâce faible et la grâce forte, entre un chaos et le néant, qu'entre un chaos et cette belle structure du ciel et de la terre. Le travail du premier jour des deux créations est le plus grand. Considérez cela comme un acte de grâce. C'est une plus grande miséricorde de donner la première grâce de conversion, que de la couronner de gloire. C'est plus de grâce et de condescendance de la part d'un prince d'épouser une pauvre demoiselle, que de l'avoir épousée, de l'habiller comme une princesse ; il était libre de faire la première ou non, mais sa relation avec elle plaide fortement en faveur de l'autre. Dieu aurait pu choisir de t'accorder ou non sa grâce, mais après avoir fait cela, ta relation avec lui, et aussi son alliance, l'obligent à ajouter de plus en plus, jusqu'à ce qu'il t'ait préparée comme une épouse pour lui-même dans la gloire.